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  • Print publication year: 2017
  • Online publication date: May 2017

Conclusion (français)

Summary

Entre mer et hinterland naît un nouveau développement économique de réussite, pour les territoires et leurs populations, qui contribue à la construction progressive d'un espace mondial. Les ports, aux mains des états et des investisseurs qui donnent l'impulsion à une circulation maritime dense où officient des communautés de gens de mer de plus en plus internationalisées, en sont les pivots. La ville portuaire devient le miroir de cette nouvelle configuration du monde. Réussir par la mer certes, mais dominer par la mer devient pour certains états une ambition qui inspire une stratégie de puissance et de domination, même si la conjugaison de la puissance avec la modernité économique, sociale et politique paraît une condition nécessaire et donc discriminatoire.

ENTRE MER ET HINTERLAND, UN NOUVEAU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

La croissance et la diversité des flux de marchandises sont impressionnantes. Les produits alimentaires de base constituent le substrat de cette économie d'échanges. La mer, de par le développement du transport maritime, bouleverse l'agriculture des arrière-pays littoraux d'abord en accélérant la commercialisation des productions vers des régions déficitaires stimulant les liaisons de cabotage sur l'ensemble des littoraux européens, africains, américains et asiatiques, ensuite en étant à l'origine de spécialisations agricoles choisies ou sollicitées, enfin en favorisant l'adoption de productions ultramarines comme le maïs et la pomme de terre. Mais dans les territoires coloniaux pour répondre à une demande grandissante les productions agricoles – sucre, café, cacao, tabac, thé, épices – imposées deviennent des monocultures qui sont souvent transplantées là où elles n'avaient jamais existé, repoussant les cultures vivrières. En Europe, parmi ces produits le vin occupe une place particulière. Le vin joue un rôle moteur dans l'expansion du commerce maritime – en Europe mais aussi à destination de l'espace colonial – qui lui-même dynamise l'extension des vignobles. Au début du XVIe siècle, trois grands courants commerciaux coexistent sur les destinations majeures que sont les marchés septentrionaux européens : les vins doux de Méditerranée, les vins blancs verts de la vallée du Rhin, les vins blancs doux secs et les rouges des vignobles atlantiques notamment du Bordelais et de Gascogne qui s'imposent en Europe septentrionale et dans les territoires coloniaux, favorisant le développement de la consommation des vins rouges. Les routes du sel vont aussi contribuer à structurer les circuits du commerce entre l'Europe du nord et les ports des marais salants atlantiques et méditerranéens.