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Jerusalem Ou Valence : La Premiere Colonie D'occident

Published online by Cambridge University Press:  04 May 2017

Josep Torró*
Affiliation:
Université de Valence

Résumé

Au début des annees 70, le médiéviste israelien Joshua Prawer indiquait que le royaume croisé de Jérusalem avait constitue la premiére action colonisatrice de l'Occident, premier pas d'une dynamique continue menant à la conquête des Amériques et aux colonisations plus récentes. Prawer posait ainsi une question d'une grande importance pour la connaissance de la généalogie de l'expansion européenne, au-delà même du saut océanique des xve-xvie siecles. Cependant, aussi bien l'acceptation que le refus de la notion de « colonie » appliquée aux conquêtes de la chrétienté latine médiévale ne se sont pas accompagnés d'une réflexion conceptuelle suffisante. C'est ce probléme qui est discuté dans ce travail. La thése défendue est que la nature spécifique de la colonisation occidentale réside dans la subversion et 1'articulation des systemes sociaux extérieurs. On considére par ailleurs que la premiére expérience de ce type n'eut pas lieu dans les États latins d'outre-mer, mais qu'elle se réalisa, de facon particuliérement claire, dans le royaume de Valence conquis par Jacques Ier d'Aragon au milieu du xiie siécle.

Summary

Summary

At the beginning of the seventies, the Israeli medievalist Joshua Prawer observed that the crusader kingdom of Jerusalem was the result of the first Western colonizing act, the first step in a dynamical move toward the conquest of the Americas and the more recent colonizing efforts. Prawer was raising a major question concerning the genealogy of European expansion, even beyond the overseas leap of the 15th and 16th centuries. However, the acceptance as well as the refusal of the notion of “colony” applied to the conquest of the medieval Latin Christendom were not accompanied by sufficient conceptualization. This particular problem is discussed in the present article in which it is argued that the specific nature of Western colonization resided in the subversion and structuring of external social systems. It is also argued that the first experience of this type did not take place in Latin overseas States, but quite clearly in the kingdom of Valencia, which was conquered by James I of Aragon in the middle of the 13th century.

Type
Contre Les Stéréotypes. Études Sur La Colonisation Et L'esclavage
Copyright
Copyright © Les Éditions de l’EHESS 2000

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References

1 Chaunu, Pierre, L'expansion europeenne du xnf au xv” siècle Paris, Puf, 1969, p. 102. Annates HSS, septembre-octobre 2000, n° 5, pp. 9831008.Google Scholar

2 henri lapeyre, ,Géographie de I'Espagne morisque Paris, Sevpen, 1959, pp. 25-28.Google Scholar

3 Burns, Robert I., Islam under the Crusaders. Colonial Survival in the Thirteenth-Century Kingdom of Valencia Princeton, Princeton University Press, 1973 ;Google Scholar id., The Crusader Kingdom of Valencia. Reconstruction on a Thirteenth-Century Frontier 2 vols, Cambridge, Harvard University Press, 1967. Pour une critique formelle de I'utilisation du mot « croisade » pour l'entreprise militaire valencienne, voir Pierre Guichard, « Participation des Mé ridionaux a laReconquista dans le royaume de Valence »,Cahiers de Fanjeaux 18,Islam et Chrétiens du Midi (XIIe-xvie siecles) 1983, pp. 115-131. On peut voir une dè fense trè s idé aliste de « La conquesta valenciana en tant que croada » dans l'appendice à l'é dition catalane deIslam under the Crusaders (L'Islam sota els Croats Valence, E. Climent, II, 1990, pp. 193-199).

4 Prawer, Joshua, The Latin Kingdom of Jerusalem. European Colonialism in the Middle Ages Londres, Weidenfeld & Nicholson, 1972 Google Scholar ; R. I. Burns,Islam under the Crusaders…, op. cit. note 2 du prologue.

5 Burns, Robert I., Medieval Colonialism. Postcrusade Exploitation of Islamic Valencia Princeton, Princeton University Press, 1975 ;Google Scholar id., Muslims, Christians, and Jews in the Crusader Kingdom of Valencia. Societies in Symbiosis Cambridge, Cambridge University Press, 1984, p. xvm ; Prawer, Joshua, « The Roots of Medieval Colonialism » ,in V. P. Goss (éd.), The Meeting of Two Worlds. Cultural Exchange between East and West during the Period of the Crusades Kalamazoo, Western Michigan University, 1986, pp. 23-38 (p. 34).Google Scholar

6 L'inté rêt particulier des mé dié vistes israé liens pour le royaume de Jé rusalem ne peut pas s'expliquer en fonction de la seule coincidence gé ographique. Marc Ferro souligne que, pour les musulmans du Proche-Orient, « encore au xxe siècle la formation des etats francs de Syrie est ressentie comme une preYnisse des “ invasions “ futures, celle d'Israel en dernier lieu… »(Histoire des colonisations. Des conquetes aux independences, xme-xxe siecle Paris, Le Seuil, p. 20). Sur cette question, Maxime Rodinson,Israel, a Colonial Settler State ? New York, 1973 ; voir, aussi, les considerations de J. Prawer dans Giles Constableet alii « The Crusading Kingdom of Jerusalem. The First European Colonial Society ? A Symposium »,in B. Z. Kedar (ed.),The Horns of HattTn ? Jerusalem, Israel Exploration Society, 1992, pp. 360-361

7 Pour le dé bat sur J. Prawer : se reporterà G. Constableet alii « Crusading Kingdom… », art. cit., pp. 341-366.

8 J.|Prawer,Latin Kingdom…, op. cit pp. 60-61 et 470. L'auteur signale aussi le fait que cette id6e avaité té ” dé jà suggé ré e dans le texte de Charles Verlinden, « Pré cé dents mé dié vaux de la colonie en Amé rique »,in Homenaje a José Marti. Comisión Panamericana de Historia Mexico, 1954.

9 Finley, Moses I., « Colonies. An Attempt at a Typology », Transactions of the Royal Historical Society 26-5, 1976, pp. 167-188.Google Scholar En ce qui concerne la critique de M. I. Finley, J. Prawer a posterieurement insisté , d'une part, sur l'absence de filiation avec les colonisations de l'Antiquité , et, d'autre part, sur la continuité entre les croisades et l'expansion europeenne de la premié reé poque moderne (les Açores et 1'Amé rique): « I do not know if there is a complete filiation which can be proved, but this I would say: here was made the first step of teaching Europe how to colonize » (in G. Constableet alii « Crusading Kingdom… », art. cit., pp. 361 et 365-366).

10 Rey, Emmanuel G., Les colonies franques en Syrie aux xne et xme siècles Paris, 1883 Google Scholar; Rene Grousset, , Histoire des croisades et du royaume latin de Jérusalem Paris, II, 1935, p. 754 Google Scholar (voir le commentaire de B. Z. Kedar, « The Subjected Muslims of the Frankish Levant »,in Powell, J. M. (é d.), Muslims under Latin Rule, 1100-1300 Princeton, Princeton University Press, 1990, p. 167)Google Scholar.

11 Observations d'Emmanuel Sivan, dans G. Constableet alii, « Crusading Kingdom… », art. cit., pp. 354-356.

12 Bartlett, Robert, The Making of Europe. Conquest, Colonization and Cultural Change 950-1350Londres, Allen Lane, 1993, p. 314 Google Scholar.

13 II y a cependant le pré cé dent d' R.Lewis, Archibald, « The Closing of the European Frontier », SpeculumXXXIII-4, 1958, pp. 475-476.Google Scholar

14 On est par exemple surpris de voir figurer, dans l'excellent ouvrage collectif dirigé par Balard, Michel et Ducellier, Alain,Coloniser au Moyen Âge: methodes d'expansion et techniques de domination en Méditerranée du xi’ au xvi’ siècle Paris, Armand Colin, 1995 Google Scholar, à coté d'é tudes sur les implantations pisanes, gé noises ou catalanes, sur Chypre sous les Lusignan ou Murcie sous la dynastie castillane, un travail — par ailleurs d'un grand inté rêt — de Irène Beldiceanu-Steinherr et Nicoara Beldiceanu, sur la « Colonisation et déportation dans l'etat ottoman des xive-xvie siecles » (pp. 172-185).

15 Au xne siècle, saint Bernard disait des Irlandais formellement soumis à Rome qu'ils étaient « Chrétiens de nom, pai'ens de fait » ; s'agissant des Gallois, Jean de Salisbury affirmait: « Nominalement ils professent le Christ, mais ils le rejettent dans leur vie et dans leurs coutumes. » Les témoignages ne peuvent être plus éloquents et R. Bartlett le remarque parfaitement: ces considérations sur les Celtes Chretiens, en dépit de leurs rites et croyances, venaient du fait qu'en réalité leur ordre social ne correspondait pas aux « normes sociales de l'Europe de l'Ouest” (R. Bartlett,The Making of Europe…, op. cit. pp. 6-7, 21-23).

16 Guerreau, Alain, Le féodalisme. Un horizon theorique Paris, Le Sycomore, 1980, pp. 173-210 ;Google Scholar id., « Fief, feodalite, féodalisme. Enjeux sociaux et réflexion historienne »,Annates ESC 45-1, 1990, pp. 137-166. Le beau travail rdcent de Dominique Iogna-Prat,Ordonner et exclure. Cluny et la soci ét échr étienne face à Vh ér ésie, au judaïsme et à Vislam, 1000-1150 Paris, Aubier, 1998, représente une magnifique démonstration non seulement de l'identité entre les notions d'Église et de société dans l'Occident latin des xie-xne siecles, mais aussi de l'implacable logique « excluante » et expansionniste contenue dans l'idéologie ecclésiastique formulée a partir de Cluny (voir surtout pp. 11-15, 32 et 361-367).

17 Alain Guerreau, « Quelques caractères spécifiques de l'espace féodal européen »,in Bulst, N., Descimon, R. et Guerreau, A. (dir.), L'État ou le roi. Les fondations de la modernite monarchique en France (xiv'-xvne si è cles) Paris, Editions de la Msh, 1996, p. 94;Google Scholar id. « Réflexions sur les ressorts de l'extension spatiale du système féodal europe'en »,in De la sociedad isldmica a la feudal. Veinte alios de al-Andalus. Homenaje a Pierre Guichard (Granada y Valencia, mayo 1996) (sous presse).

18 The Modern World-System. Capitalist Agriculture and the Origins of the European World-Economy in the Sixteenth Century New York, Academic Press, 1974. II en va de même d' Frank, Andre Gunder, L'accumulation mondiale 1500-1800 Paris, Calmann-Le'vy, 1977 Google Scholar.

19 Guerreau, Alain, « (Re)leer a Marx », Taller d'historia(Valence), 5, 1995, p. 29.Google Scholar

20 Wolf, Eric. R., Europe and the People without History Berkeley, University of California Press, 1982, pp. 20-23, 101-125 et 295-298.Google ScholarPubMed

22 J'ai dé jà relevé le caractè re heterogè ne, en dé pit des louables efforts desé diteurs et de la qualité des contributions, que presé ntent les recueils de Michel Balard (dir.),État et colonisation au Moyen Âge et àla Renaissance , Lyon, La Manufacture, 1989, et M. Balard et A. Ducellier (dir.),Coloniser au Moyen Âge…, op. cit. , 1995. Voir aussi le tout ràcent ouvrÂge sous la direction des màmes auteurs,Le partÂge du monde. Échanges et colonisation dans la Méditerranée médiévale , Paris, Publications de la Sorbonne, 1998.

21 P. Chaunu,L'expansion européenne…, op. cit. , pp. 334-339 ; Immanuel Wallerstein,The Modern World-System…, op. cit , chap. 1 ; on peut voir aussi Meyer, Jean, Les Européens et les autres. De Cortès à Washington, Paris, Armand Colin, 1975 Google Scholar(ré imprimé en 1996 sous le titreL'Europe et la conquête du monde, xvie-xvme siècle) , chap. 7 et 8. Dans son compte rendu du livre de R. Bartlett, Chris Wickham, « Making Europes »,New Left Review , 208, 1994, p. 134, dé crit parfaitement cette té lé ologie et la difficulte qu'il y aàl'é viter﹛It is […] easy to focus one's attention on those features of European history that make the area special […] more adventurous and creative) . Ré cemment, Goody, Jack, The East in the West, Cambridge, Cambridge University Press, 1996,CrossRefGoogle Scholar a pré senté une critique rigoureuse des conceptions europé ocentriques relatives au dé veloppement de la rationalité , des institutions et des techniques occidentales. L'un des principaux aspects traité s, l'organisation inté gré e de l'é change à grandeé chelle, met directement en cause l'argument de I. Wallerstein sur la rupture que repré sente le systè me mondial en 1500. Sur ce point, voir aussi Janet Abulughod, L. Before European Hegemony. The World System A.D. 1250-1350, Oxford, Oxford University Press, 1989.Google Scholar

23 R. Bartlett,The Making of Europe…, op. cit. , pp. 24-59, 106-138, 177-196.

24 Definition cité e par M. Ferro,Histoire des colonisations…, op. cit. , p. 31.

25 Leroy-Beaulieu, Paul, De la colonisation chez les peuples modernes, Paris, Guillaumin et Cie, [1874] 1891, p. xv.Google Scholar

26 Ni videmment, aux dé placements des populations nomades, ou aux dé portations massi ves imposé es par les appareils d'fitat.

27 L'hé sitation de P. Leroy-Beaulieu sur le cas des « colonisations » russes est tres significative. En fait, il n'en parle que dans la quatrié meé dition de son livre (1891), non sans ré serves justifié es. II souligne d'abord la « ressemblance frappante » entre le moujik russe et le paysan kirghize ou turkmé ne, et il ajoute : « Un colon prive, un emigrant, ou une famille d'emigrants a la mode anglaise ou allemande, se perdrait au milieu de ces immensité s et s'y dé courÂgerait. Au contraire, toute une section de commune russe, venant […] se transplanter dans ces solitudes forme […] un faisceau difficile à entamer. » (P. Leroy-Beaulieu,De la colonisation…, op. cit. , pp. 667-668.) Pour une ré flexion importante sur la mecanique des migrations paysannes hors d'Occident, voir Miquel Barcel6, « Immigration berbé re eté tablissements paysans dans 1'ile d'Eivissa (902-1235): a la ré cherche de la logique de la construction d'une nouvelle socié té »,Castrum VII , Rome, 1995 (sous presse). La recherche archeologique s'avè re indispensable pour comprendre ces processus migratoires, mais l'absence d'un systè me conceptuel adé quat et 1'acceptation universelle des sché mas occidentaux —é trangers à la structuration gé né alogique des socié té s — ont conduit à poser le problé me sur la base de considé rations « ethnicistes » sans contenu pré cis, comme on le constate encore dans la discussion sur les survivances indigé nes dans la Bretagne occupé e par les Anglo-Saxons : voir l'inté ressant recueil de John Chapman et Helena Hamerow (é ds),Migrations and Invasions in Archaeological Explanation , Oxford, Archaeopress, Bar International Series, 664, 1997, et surtout le livre recent de Jones, SiSn, The Archaeology of ethnicity. Constructing Identities in the Past and Present, Londres, Routledge, 1997.Google Scholar

28 Sur cette question il faut tenir compte du travail de BarcelÓ, Miquel, « Cré er, discipliner et diriger le dé sordre. Le controle du processus de travail paysan : une proposition sur son articulation (xe-xie siècle) », Histoire et sociétés rurales, 6, 1996, pp. 95-116.Google Scholar Meillassoux, Claude, Femmes, greniers et capitaux, Paris, Maspero, 1975, pp. 9-10,Google Scholar remarque que ni le fé odalisme ni le capitalisme « ne contiennent les mecanismes institutionnels regulateurs ou correcteurs […] de la reproduction physique des etres humains ». Sur la (de)ré gulation force“e des structures gé né alogiques de la paysannerie promue par l'Eglise, voir les analyses de A. Guerreau,Le féodalisme…, op. cit. , pp. 187-191, 195, 201-210, et de Jack Goody,The Development of the Family and MarriÂge in Europe , Cambridge, Cambridge University Press, 1983,passim . Critiquant l'oeuvre de J. Goody, Richard M. Smith doute que le « comportement populaire » soit aussi mallé able aux « pressions ideologiques des forces institutionnelles » (” Discontinuidades cronologicas y continuidades geogràficas en la demografía de la Europa medieval : implicaciones de algunas investigaciones recientes »,in V. PÉRez Moreda et D.-S. Reher (é ds),Demograf ía històrica en España , Madrid, El Arquero, 1988, pp. 55-71). Le fait est que, du moins depuis le xe siècle, il ne s'agit pas seulement d'une pression idé ologique mais aussi et surtout d'une ré organisation autoritaire des activité s paysannes par le pouvoir feodal, basé e sur la concentration ré sidentielle. L'Église participe directement à ce processus par le biais de la cré ation decelleres , sauveté s,sagreres, kirchenburgen .

29 R.|Bartlett,Making of Europe…, op. cit. , pp. 135-138, remarque cependant la pré sence de paysans moyens quié migrent, en dé pit des risques, à la recherche d'une amé lioration de leur sort: ils fonté videmment l'objet d'une documentation plus abondante.

30 Id., ibid. , pp. 145-148.

31 Grenfell Price, A., White Settlers in the Tropics, New York, American Geographical Society, 1939 Google Scholar ; Mcneill, William Hardy, Plagues and Peoples, Oxford, Blackwell, 1977 Google Scholar; Crosby, Alfred W., Ecological Imperialism. The Biological Expansion of Europe, 900-1900 Cambridge, Cambridge University Press, 1986.Google Scholar

32 Remarques dé veloppé es par M. BarcelÓ, « Immigration berbé re… », art. cit. (sous presse).

33 Duffy, Seàn, Ireland in the Middle Âges, Londres, Macmillan, 1997, pp. 111-113,CrossRefGoogle Scholar note que, dans les ré gions soumises ou la population indigene ne fut pas remplacé e, le paysÂge ne fut pas non plus transformé : le programme de colonisation n'yé tait pas le même. Sur le transfert deV open field en Nouvelle-Angleterre, Ault, Warren Ortman, Open Field Husbandry and the VillÂge Community: A Study of Agrarian by-Laws in Medieval England, Philadelphie, The American Philosophical Society, 1965, pp. 10-11.Google Scholar

34 Bishko, Charles J., « The Peninsular Background of Latin American Cattle Ranching », Hispanic American Historical Review, XXXII, 1952, pp. 491-515,CrossRefGoogle Scholar etid. , « The Castilian as Plainsman: The Medieval Ranching Frontier in La Mancha and Extremadura »,in Lewis, A. R. et Mcgann, T. F. (é ds), The New World Looks at its History, Austin, University of Texas, 1963, pp. 47-69 ;Google Scholar Glick, Thomas F., « The Old World Background of the Irrigation System of San Antonio, Texas », Southwestern Studies, 35, 1972, pp. 3-67.Google Scholar

35 C. Wickham, « Making Europes », art. cit., pp. 141-143 ; BurÉsi, Pascal, « Entre Occident chré tien et Orient musulman : la peninsule Ibé rique au Moyen Âge et son histoire », Cahiers d'Histoire, 65, 1996, pp. 108-109.Google Scholar

36 Ainsi, l'historiographie surV Ostsiedlung a-t-elle pré senté comme naturel et né cessaire le dé placement de colons germaniques vers les terres forestié res et maré cÂgeuses de l'Est, toujours du point de vue de la logique sociale des defrichements et de la mise en culture des grandesé tendues cé ré alières, sans jamais considé rer les autres options subsistantielles des peuples slaves. La bonne synthé se de Charles Higounet va aussi dans ce sens : le « front pionnier » allemand — au sens amé ricain du terme frontié re —, « comme sur les marges de la Reconquete ibé rique ou sur le front d'expansion mé diterrané enne », repré sente « 1'expression de la vitalité et l'explosion de l'Occident mé dié val », « une des expressions de la croissance dé mographique eté conomique de l'Europe mé dievalé » creatrice d'un « dé sé quilibre dé mographique » avec les pays slaves, qui justifiera finalement les migrations desxiie-xiiie siècles(Les Allemands en Europe centrale et orientale au Moyen Âge , Paris, Aubier, 1989, pp. 29, 45 et 365.

37 Cf. P. Leroy-Beaulieu,De la colonisation…, op. cit. , pp. 750-751.

38 Cf. C. Meillassoux, voir la seconde partie deFemmes, greniers et capitaux, op. cit. , pp. 137-218.

39 Quelques correctifs à cette faiblesse furent apportés par la strategic des propriétaires d'haciendas consacrées à l'élevÂge et par une assimilation minimale à certains niveaux, juste suffisante pour permettre la reproduction des colonisateurs ; cela n'empecha pas une véritable ségrégation des indigénes, ce que MartÍnez, Severo a appelé la « patrie du Créole » ﹛La patria del criollo. Ensayo de interpretatiòn de la realidad colonial guatemalteca, Guatemala, Universidad de San Carlos, 1970).Google Scholar

40 Ainsi le fait que les administrateurs et les éleveurs éuropeens au Nouveau-Mexique étaient trés peu nombreux facilita leur expulsion en 1680 lors de la révoke générale des Indiens pueblo ; la domination espagnole se rétablit dix ans plus tard, mais sa consolidation doit compter avec une migration hispanique plus importante. Voir le livre Knaut, d'Andrew L., The Pueblo Revolt of 1680. Conquest and Resistance in Seventeenth-Century New Mexico, Norman, University of Oklahoma Press, 1995.Google Scholar

41 P. Leroy-Beaulieu,De la colonisation…, op. tit. , p. 333, sur 1'Algérie : « On peut dire que la difficulte de la conquêté fut Forigine de la colonisation. » 42. Sur la question complexe de la poussée de la classe féodale, voir R. Bartlett,The Making of Europe…, op. cit. , pp. 47-51. Sur le rôle de la parente dans la dynamique expansive des premieres bandes féodales, se reporter a Eleanor Searle,Predatory Kinship and the Creation of Norman Power, 840-1066 , Berkeley, University of California Press, 1988. Le processus de contrôle de la paysannerie par les féodaux dans l'Europe chretienne avait commence au moins trois siècles avant la croisade : C. Wickham, « Making Europes », art. cit., pp. 138-143. Sur la difficulté d'évaluer la véritable implantation de ce que Prawer, J. a appelé « a Frankish agricultural society, a sane peasant class », voir Prawer, J., Latin Kingdom…, op. cit., pp. 82-84, et id., Crusader Institutions, Oxford, Clarendon Press, 1980, pp. 102- 142.Google Scholar Richard, Jean avait déjà étudié cette question dans Le Royaume latin de Jerusalem, Paris, Puf, 1953, pp. 114-121.Google Scholar On n'a encore identifié que trés peu de villages francs en Palestine ; voir toutefois : A. J. Boas, « A recently discovered frankish village at Ramot Allon, Jérusalem »,in M. Balard(6d.), Autour de la premi ére croisade , Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, pp. 583-594, et Ellenblum, Ronnie, Frankish Rural Settlement in the Latin Kingdom of Jerusalem, Cambridge, Cambridge University Press, 1998.CrossRefGoogle Scholar

43 Claude Cahen, « Notes sur l'histoire des croisades et de l'Orient latin. II. Le régime rural syrien au temps de la domination franque »,Bulletin de la Facult édes Lettres deStrasbourg , 29-7, 1951, pp. 286-310 (p. 309) ; J. Prawer,Latin Kingdom…, op. cit. , p. 157 ;id., Crusader Institutions, op. cit. , 1980, pp. 143-195, et B. Z. Kedar, « Subjected Muslims… »,art. cit., 1990, pp. 151-152, 167-172. Johns, Jeremy, «Malik Ifriqiya: The Norman Kingdomof Africa and the Fatimids », Libyan Studies, XVIII, 1987, pp. 89-101.CrossRefGoogle Scholar

44 C. Cahen, « Notes… », art. cit., p. 309. Voir aussi, J. Prawer,Latin Kingdom…, op. cit. , pp. 65-76, 126-140, etCrusader Institutions, op. cit. , 1980, pp. 195-200 ; Jonathan Rileysmith, « The Survival in Latin Palestine of Muslim Administration », in Holt, P. M. (ed.), The Eastern Mediterranean Lands in the Period of the Crusades, Warminster, Aris and Phillips, 1977, pp. 9-22;Google Scholar et l'ouvrage pionnier de John La Monte, L., Feudal Monarchy in the Kingdom of Jerusalem, 1100 to 1291, Cambridge, The Medieval Academy of America, 1932, pp. 166-175Google Scholar. Sur Chypre sous les Lusignan, voir Edbury, Peter W., The Kingdom of Cyprus and the Crusades, Cambridge, Cambridge University Press, 1991, pp. 191-195Google Scholar. Pour Yehoshua Frenkel, Ayyoubides et Mamelouks n'ont pas modifié fondamentalement les structures fiscales et administratives « croisées » aprés leur reconquete : « The Impact of the Crusades on Rural Society and Religious Endowments: The Case of Medieval Syria(Bilad al-Sham) »,in Lev, Y. (é d.), War & Society in the Eastern Mediterranean, 7th-15th Centuries, Leyde, E. J. Brill, 1997, pp. 237-248Google Scholar. Sur l'« etat» du Cid, voir Guichard, Pierre, Les musulmans de Valence et la Reconquete (xie-xm’ siècles), Damas, Ifead, 1990-1991, I, pp. 75-76, et II, p. 252.Google Scholar

45 J. Prawer,Latin Kingdom…, op. cit. , pp. 157-158. Quant au royaume de Valence, il est « un pays plein de seigneurs », selon l'expression de GarcÍA-Oliver, Ferran, Terra de feudals. El Paìs Valencià en la tardor de I'Edat Mitjana, Valence, Eds. Alfons el Magnanim, 1991, pp. 67-94.Google Scholar

46 Sur cette question, J. Prawer,Latin Kingdom…, op. cit. , pp. 76, 125, etid., Crusader Institutions…, op. cit. , 1980, pp. 3-45.

47 Jacoby, David, « Les archontes grecs et la féodalité en Morée franque », Travaux et Memoires du Centre de Recherche d'Histoire et Civilisation Byzantines, 2, 1967, pp. 421- 481 ;Google Scholar sur le cadre légal de 1'implantation occidentale, voir du même auteur, , La féodalite en Grécé médievalé. Les « Assises de Romanie », sources, application et diffusion, Paris-La Haye, Mouton, 1971 Google Scholar. Sur l'aggravation de la condition juridique des paysans grecs, cf. Jacoby, David, « Les États latins en Romanie : phénomènes sociaux et économiques (1204-1350 environ) », in XV” Congres international d'études byzantines. Rapports et co-rapports, Athènes, 1976, I, 3, pp. 35-41 ;Google Scholar cet historien (pp. 14-17) distingue d'une part les territoires francs « dans lesquels la féodalité s'est superposée au substrat byzantin » et ou, du fait des expropriations, se serait devéloppée la « privatisation des prérogatives juridiques et fiscales », désormais exercées par les seigneurs latins, et, d'autre part, les territoires passés directement aux mains des Vénitiens, des Catalans et des Génois, oil 1'on constate une plus grande persistance de l'autorité de type ancien ou étatique, résultant de l'absence des « privatisations » de droits et prérogatives. Ainsi D. Jacoby suggere-t-il une plus grande dureté du régime franc en Morée, mais en fait, les paréques depéndants de Venise s'enfuient en masse non seulement vers le despotat byzantin, mais aussi vers 1'Achaïe franque et le duché d'Athénes, comme l'indique Thiriet, Freddy,« La condition paysanne et les problemes de l'exploitation rurale en Romanie gréco-vénitienne », Studi Veneziani, IX, 1967, p. 58 Google Scholar.

48 Carile, Antonio, « Signoria rurale e feudalesimo nell'impero latino di Constantinopoli (1204-1261) », in Structures féodales et féodalisme dans I'Occident m, Rome, École frangaise de Rome, 1980, pp. 667-678 ;Google Scholar F. Thiriet, « La condition paysanne… », art. cit., pp. 35-52.

49 Jacoby, David, «Phénoménes de démographie rurale à Byzance aux xme, xive et xve siècles », Études rurales, 5-6, 1962, pp. 167-176.CrossRefGoogle Scholar Richard, Jean, « Une “ économie coloniale ? “ Chypre et ses ressources agricoles au Moyen Âge », Byzantinische Forschungen, V, 1977, pp. 331-352 ;Google Scholar on y trouve encore en 1413 des communautés paysannes suffisamment organisées pour réclamer l'eau qui irrigue leurs champs et alimente leur moulin (p. 334). En Créte, le coton et le sucre sont cultivés à partir de 1350, mais dans des zones trés restreintes et avec une main-d'oeuvre servile (Grecs, Tartars et Turcs); voir F. Thiriet, « La condition paysanne… », art. cit., pp. 63-65.

50 Matthew, Donald, The Norman Kingdom of Sicily, Cambridge, Cambridge University Press, 1992, pp. 90-91 ;CrossRefGoogle Scholar Jeremy Johns, « La Monreale Survey. Insediamento médievalé in Sicilia occidentale : premesse, metodi, problemi e alcuni resultati preliminari »,Castrum 2 : Structures de I ‘habitat et occupation du sol dans les pays m éditerran éens : les m éthodes et Vapport de I'arch éologie extensive , Rome-Madrid, École française de Rome/Casa de Velazquez, 1988, pp. 3-28. On peut voir aussi l'excellente étude Bercher, d'Henri, Courteaux, Annie etMouton, Jean, « Une abbaye latine dans la société musulmane : Monreale au xne siècle », Annales ESC, 34-3, 1979, pp. 525-547,Google Scholar qui démontre que, avant les pressions exercées par la constitution de l'abbaye, dans le village musulman, « les fonctions sociales témoignent d'une vie autonome qui ne doit rien à 1'administration latine », et met en évidence le rôle structurant de lağanuta (p. 533).

5I Bresc, Henri, « Féodalité coloniale en terre d'Islam. La Sicilie (1070-1240) », Structures féodales et feodalisme dans VOccident mediterraneen (xe-xine siècles, Rome, Ecole franchise de Rome, 1980, pp. 633-636 et 641-643 ;Google Scholar id. , « Mudejares des pays de la couronne d'Aragon et Sarrasins de la Sicilie normande : le probléme deV acculturation »,in X Congreso de Historia de la Corona de Aragón , II, Saragosse, 1982, pp. 53-54 et 58 ; et « La propriété fonciere des musulmans dans la Sicile du xif siécle : trois documents inedits »,in Del nuovo sulla Sicilia musulmana , Rome, Accademia Nazionale dei Lincei, 1995, pp. 69-97. Voir aussi, David S. H. Abulafia, « The End of Muslim Sicily »,in J. M. Powell (ed.),Muslims…, op. cit. , pp. 108 et 110-111.

52 L'ambigui'té du terme français « andalou » justifie l'adjectif « andalousien » pour designer les habitants d'al-Andalus ; 1'usage en a été suggéré par Jean-Pierre Molenat.

53 Guichard, P., Musulmans de Valence…, op. cit., II, p. 252 ; Jean-Pierre Molenat, Campagnes et monts de Toléde du xil’ au xv’ siécle, Madrid, Casa de Vélazquez, 1997, pp. 27- 42 :Google Scholar la forte communauté mozarabe tolédane des xiie-xme siècles est issue principalement d'une migration depuis le sud, provoquee par 1'intervention almohade en al-Andalus au milieu du XIIC siécle. On peut se demander si l'organisation sociale duregnum Toleti entre le milieu du xne siécle et le milieu du xiif siécle, avec une population majoritairement mozarabe, n'est pas comparable a celle d'un État croisé peuplé de sujets chretiens non latins.

54 Clay Stalls consacre auxexaricos le dernier chapitre de son livrePossessing the Land. Aragon's Expansion into Islam's Ebro Frontier under Alfonso the Battler (1104-1134) , Leyde, E. J. Brill, 1995. L'auteur a raison, semble-t-il, d'affirmer — contre la routine historiographique — que lesexaricos ne sont pas des serfs attachés à la terre, mais il va contre les evidences documentaires qu'il apporte en en faisant des paysans capables de disposer de la terre qu'ils cultivent et de la transmettre librement. A mon avis, la perception la plus claire de la dichotomie entre les Sarrasinsexaricos et ceux desaljamas est encore celle de Lacarra, Jose Maria, «Introductión al estudio de los mudéjares aragoneses », In I Simposio Internacional de Mudejarismo, Madrid-Teruel, CSIC/Diputación Provincial, 1981, pp. 17-28.Google Scholar

55 Soto, R., « La situació dels andalusins (musulmans i batejats) a Mallorca després de la conquesta catalana de 1230 », Melanges de la Casa de Velazquez XXX-1, 1994, pp. 167- 206.CrossRefGoogle Scholar Cet auteur a mis en évidence l'insignifiance du nombre des Andalousiens non réduits en esclavage, contrairement aux spéculations Lourie, d'Elena, « Free Moslems in the Balearics under Christian Rule in the Thirteenth Century », Speculum, XLV, 1970, pp. 624-629.CrossRefGoogle Scholar

56 « La renda vos en baixarà, que no us valdra tant per crestians com per sarraïns » (chap. 366 de la chronique du roi Jacques), passage commenté par TorrÓ, Josep, « Colonitzacio i renda feudal. L'origen de lapeita al regne de Valéncia », in Colloqui Corona, Municipis i Fiscalitat a la Baixa Edat Mitjana, Lleida,Institut d'Estudis Ilerdencs, 1997, pp. 467-494.Google Scholar Sur la permanence de la fiscalité étatique aprés la conquête féodalé, P. Guichard,Musulmans de Valence…, op. cit. , II, pp. 259-273, doc. 58 et 59.

57 Miguel Angel Ladero Quesada,Los mudéjares de Castillo y otros estudios de historia medieval andaluza , Grenade, Universidad de Granada ; Manuel GonzÁLez JiméNez,En torno a los orígenes de Andalucía. La repoblación del siglo xm , Séville, Publicaciones de la Universidad, 1988, pp. 67-79 ; Fontes, Juan Torres, « Los mudéjares murcianos en la Edad Media », in III Simposio International de Mudejarismo Teruel, Instituto de Estudios Turolenses, 1986, pp. 61-62Google Scholar.

58 P. Guichard,Musulmans de Valence…, op. tit. , II, pp. 421-433

59 TorrÓ, Josep, « La herencia de la conquista. Immigratión colonial, ócupacion del espacio y reparto de la población en el reino de Valencia », in La población valenciana. Pasado presente y futuro, Alicante, Diputación Provincial, 1998, pp. 321-344.Google Scholar La carte fournie par P. Guichard,Musulmans de Valence…, op. cit , II, pp. 470-471 et doc. 7, fait ressortir que les zones occupées par lesaljamas en 1278 sont déjà celles de l'époque de l'expulsion de 1609.

60 Torró, Josep, « L'assalt a la terra. Questions sobre l'abast de la colonització feudal al regne de Valéncia (1233-1304) », in P. Sénac (dir.), Histoire et archeologie des terres catalanes au Moyen Âge, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, 1995, pp. 317-338 Google Scholar (pp. 334- 336); etEl naixement d'una cólbnia. Dominació i resistencia a lafrontera valenciana (1238- 1276) , Valence, Publicacions de la Universitat de Valéncia 1999, pp. 193-202.

61 J. Torró, « La herencia de la conquista… », art. cit., pp. 323-324, 336-339. 1007

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