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Valeurs religieuses et mythiques de la terre et du sacrifice dans l'Odyssée

  • Pierre Vidal-Naquet

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Il s'agit ici de la terre et je me permettrai d'introduire cet essai par le rappel de quelques données empruntées non à Homère mais à Hésiode. Aussi bien, la Théogonie et les Travaux et les Jours ne se limitent pas, comme on le croit souvent, à éclairer les œuvres qui leur succèdent, mais aussi celles qui les précèdent ou celles qui leur sont, comme c'est peut-être le cas de l'Odyssée, à peu près contemporaines.

Du « mythe des races » et de celui de Pandore, dans les Travaux, du mythe de Prométhée dans ce même poème et dans la Théogonie, on peut tirer, je crois, ce qu'on pourrait appeler une définition à la fois anthropologique et normative, à la fois exclusive et inclusive de la condition humaine. L'exclusion est double : l'homme hésiodique est celui de l'âge du fer, ce qui signifie d'abord qu'il n'est pas celui de l'âge d'or, le temps mythique où les hommes « vivaient comme des Dieux », sans vieillesse et sans mort véritable.

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page 1278 note 1. Cet exposé a été présenté au Colloque de Royaumont (16-22 septembre 1969) sur les problèmes de la terre dans le monde grec, organisé par le Centre de Recherches comparées sur les Sociétés anciennes (École des Hautes Études, VIe section). Un recueil d'ensemble des communications sera prochainement publié. La discussion qui a suivi mon exposé a été très utile et je remercie tous les participants. Je tiens à remercier également les membres de mon séminaire à l'École des Hautes Études, notamment F. Hartog, et mes amis M. I. Finley et J.-P. Vernant, qui ont lu avec attention mon manuscrit et m'ont fait bien des observations utiles.

page 1278 note 2. Travaux, 112-119; ici et plus loin je modifie quelque peu la traduction P. Mazon. Sur le « mythe des races », cf. J.-P. Vernant, « Le mythe hésiodique des races, essai d'analyse structurale », Revue de l'Histoire des Religions, 1960, pp. 21-54, repris dans Mythe et Pensée chez les Grecs, Paris, 1965, pp. 19-47, et « Le mythe hésiodique des races; sur un essai de mise au point », Revue de Philologie, 1966, pp. 247-276.

page 1279 note 1. A vrai dire, l'opposition porte sur la « race du fer » et toutes les races précédentes. Même les hommes du bronze, qui travaillent avec du bronze (), ne « travaillent » pas à proprement parler, mais accomplissent un rite militaire (cf. J.-P. Vernant, Mythe et Pensée, p. 34); mais de la seule « race d'or » il est dit formellement qu'elle ne travaille pas.

page 1279 note 2. Travaux, 167-173; je rétablis à la place que lui donnent les manuscrits le vers 169, sur la royauté de Cronos.

page 1279 note 3. J.-P. Vernant a montré combien ce mythe était étroitement solidaire de celui des races ; cf. Mythe et Pensée, p. 38, et surtout, Revue de Philologie, 1966, pp. 253-56.

page 1279 note 4. Travaux, 90-93. Le vers 93, que je rétablis ici, est une citation de V Odyssée 19, 360.

page 1279 note 5. On a peut-être déclaré un peu rapidement interpolé (Lehrs suivi notamment par P. Mazon) le vers 108 des Travaux qui introduit le mythe des races en le liant à celui de Pandore : « Car dieux et mortels ont la même origine ».

page 1279 note 6. Travaux, 276-78.

page 1280 note 1. Travaux, 232-37, On sait que ces thèmes apparaissent à plusieurs reprises dans les textes des serments; cf. le serment des Amphictyons, in Eschine, Contre Ctésiphon, 111, et le serment des Drériens, in Inscriptiones Creticae, I, IX (Dréros), I, 85-89. Dans le monde de l’ triomphante décrit à la fin du mythe des races, il est dit : « le père alors ne ressemblera plus à ses fils ni les fils à leur père » ﹛Travaux, 182).

page 1280 note 2. Ibid., 47-50.

page 1280 note 3. Ibid., 59-82; cf. Vernant, Mythe et Pensée, pp. 38-39, où il est rappelé que Pandora est aussi appelée sur les représentations figurées Anesidora, et est représentée comme émergeant du sol. Pandore est donnée comme présent de malheur aux hommes qui mangent du pain, (Travaux, 82). Il n'est pas inutile de rappeler ici qu', le mangeur de pain, adjectif homérique, est construit sur la racine ed-od, manger, parallèlement, et en opposition, avec , celui qui mange cru, le carnassier ; cf. P. Chantraine, la Formation des noms en grec ancien, Paris, 1933, p. 315.

page 1280 note 4. Le parallélisme est souligné par l'emploi répété de , Théogonie, 536 et 562. Toute l'affaire se déroule dans un même temps duratif : « C'était aux temps où se réglait () la querelle des dieux et des hommes [mortels. » Je remercie J. Bollack d'avoir attiré mon attention sur ce point.

page 1280 note 5. On remarquera que les récits hésiodiques ne laissent aucune place à une période nomade de l'histoire de l'humanité. L'homme est agriculteur ou n'est pas homme.

page 1280 note 6. Un exemple caractéristique est celui que fournit le livre d'E. Havelock, The Libéral Temper in Greek Politics, Londres, 1957, dont le chapitre II, « History as Regress », pp. 36-51, analyse côté à côte le mythe des races et les mythes du Politique et des Lois de Platon. Faut-il insister sur le fait qu'à l'époque d'Hésiode il ne peut y avoir ni conception du progrès ni conception de la régression, parce qu'il n'y a pas à proprement parler de conception de l'histoire? Parce qu'il est centré sur une époque précise et traite de conflits idéologiques réels, le livre d'un disciple de Havelock, T. Cole, Democritus and the Sources of Greek Anthropology, Princeton, 1967, est au contraire très utile.

page 1281 note 1. A. O. Lovejoy et G. Boas, Primitivism and Related Ideas in Antiquity, Baltimore, 1935 (réimpression, New York, 1965), p. 196.

page 1281 note 2. Le recueil cité ci-dessus de Lovejoy et Boas est certainement l'instrument de travail le plus précieux pour cette étude.

page 1281 note 3. Par exemple, entre cent autres, Empédocle, Purifications, fr. 128 Diels-Kranz : sous le règne de Cypris, les sacrifices ne se composaient que de myrrhe, d'encens et de miel. Le sacrifice sanglant était considéré comme une abomination, ainsi que toute nourriture carnée; de même dans le mythe du Politique de Platon, 272 a-b. Le végétarisme est implicite dans les textes d'Hésiode. Pour une vue d'ensemble de la tradition, cf. J. Haussleiter, Der Vegetarismus in der Antike, Berlin, 1935.

page 1281 note 4. Evhémère, in Lactance, Div. Inst., 1, 13, 2 : « Saturne et son épouse ainsi que les autres hommes de ce temps avaient l'habitude de manger de la chair humaine et c'est Jupiter qui le premier interdit cette coutume » (Evhémère est cité dans la traduction d'Ennius); Denys d'Halicarnasse, Ant. Rom., 1, 38, 2 : « On dit que les anciens sacrifiaient à Cronos à la façon dont cela se passait à Carthage tant que dura la cité »; Sextus Empiricus, Hyp., III, 208 : « Certains sacrifiaient un homme à Cronos comme les Scythes sacrifiaient des étrangers à Artémis. » Pour d'autres références, cf. Lovejoy et Boas, op. cit., pp. 53-79.

page 1281 note 5. Cf. Diog. Laert., V, 72-73; VI, 34; Dion Chrysost., X, 29-30; Julien, Orat., VI, 191-193. Pour d'autres indications, cf. Haussleiter, op. cit., pp. 167-184.

page 1281 note 6. Euripide, Bacchantes, 677 sq.

page 1281 note 7. Théogonie, 459 sq. D'une façon générale, sur le thème de l'anthropophagie et de l'allélophagie dans la littérature grecque voir, outre les ouvrages déjà cités de Haussleiter et de Lovejoy et Boas, A. J. Festuoiere, Harvard Theological Review, 1949, pp. 209-239.

page 1281 note 8. Politique, 272 d-e: « Il n'y avait [parmi les animaux] aucune espèce sauvage; ils ne se mangeaient pas entre eux et il n'y avait parmi eux ni guerre ni querelle politique d'aucune sorte. » Il s'agit des animaux, mais le vocabulaire est volontairement « humain ».

page 1281 note 9. Hippocrate, Ancienne Médecine, III (Festugière).

page 1282 note 1. Cf. le vase reproduit et commenté par D. M. Robinson, « Bouzygès and the Fisrt Plough on a Krater by the Painter of the Naples Hephaïstos », American Journal of Archaeology, 2e série, 35 (1931), pp. 152-160.

page 1282 note 2. Cf. les textes rassemblé par S. G. Pembroke, « Women in charge : the function of alternatives in early Greek tradition and the ancient idea of Matriarchy », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, 30 (1967), pp. 26-27 et 29-32; voir aussi ma communication au Colloque d'histoire sociale de Caen, avril 1969, à paraître aux éditions du C.N.R.S., « Esclavage et gynécocratie dans la tradition, le mythe, l'utopie ».

page 1282 note 3. Odyssée, 13, 354. La formule a déjà été utilisée une fois par le poète lorsqu'il décrit l'arrivée d'Ulysse dans l'île des Phéaciens (5, 463), mais naturellement le premier hémistiche du vers est autre. On verra que ce rapprochement n'est pas indifférent.

page 1282 note 4. La distinction des deux mondes de l'Odyssée est très fermement tracée par Gabriel Germain, Genèse de l'Odyssée, Paris, 1954, pp. 511-582.

page 1282 note 5. Cf. Ch. P. Segal « The Phaecians and the Symbolism of Odysseus’ Return », Arion, 1, 4 (1962) pp. 17-63, voir p. 17. Sur la valeur de cette distinction dans La Tempête, cf. R. Maroenstras, « Prospero ou le machiavélisme du bien », Bull. Fac. Lettres Strasbourg, 43 (1965), pp. 899-917.

page 1282 note 6. 7, 59, 108, 110.

page 1282 note 7. Plus exactement 9 jours de tempête, le 10e étant marqué par l'arrivée chez les Lotophages, Odyssée, 9, 82-83. « Le nombre 9 sert essentiellement à exprimer un temps, au terme duquel, le dixième jour, ou la dixième année, arrivera un événement décisif. » G. Germain, Homère et la mystique des nombres, Paris, 1954, p. 13.

page 1282 note 8. « Der Sturm verschlagt den Helden ins Fabelland », P. Von der Muehl, R. E., suppl. VII, c. 720.

page 1283 note 1. Odyssée, 4, 555-58; 17,138-44. Ménélas est de retour, comme le dit Nestor (3, 319-20) « d'un monde où il n'y a pas pour les hommes grand espoir de retour ».

page 1283 note 2. Cf. Ch. P. Segal, loc. cit. supra. Il y a cependant un autre lieu où la communication est possible, mais échoue, c'est l'île, au demeurant flottante (10,3), d'Éole.

page 1283 note 3. Odyssée, 14, 191-359; 19, 165-202. Le second récit à Pénélope, 19, 262-306, pose une difficulté réelle puisque Ulysse fait intervenir les Phéaciens là où ils n'ont manifestement que faire, Pénélope n'étant pas encore au courant des aventures et de l'identité d'Ulysse. Aussi, parmi les « interpolations » découvertes par la critique du XIXe siècle, celle des vers 273-286 est une des très rares qu'il faille sans doute retenir. Dans le premier récit, Ulysse au détour du cap Malée se rend en Crète (19, 187), ce qui est parfaitement raisonnable et rétablit la vérité « géographique » précisément au point où elle avait été abandonnée. Les « vérités » glissées dans les « mensonges » et qui s'opposent aux « mensonges » dont sont faits les récits « véridiques » sont une donnée fondamentale du récit homérique, comme l'a bien vu T. Todorov, « Le récit primitif », Tel Quel, 30 (été 1967), pp. 47-55.

page 1283 note 4. Est-il besoin de dire que je n'ai pas le moindre espoir de contribuer à décourager les amateurs de géographie homérique et d'identification des sites, bien que ce jeu soit en définitive aussi absurde que celui qui consisterait, pour reprendre une comparaison de mon ami J.-P. Darmon, à chercher le terrier de lapin par lequel Alice est entrée au « pays des merveilles »? Bien entendu, cela n'empêche pas les « merveilles » homériques d'avoir, comme toutes les merveilles du monde, des rapports avec les « réalités de leur temps », avec la Méditerranée occidentale essentiellement, et sans doute plus anciennement avec la Méditerranée orientale (cf. K. Meuli, Odyssée und Argonautika, Berlin, 1921). Après tout, il y a sans doute plus de rapports entre les « merveilles » visitées par Alice et l'Angleterre victorienne qu'entre ce même séjour et la Chine des Mandchous!

page 1283 note 5. « The movement of the Odyssey is essentially inwards, homewards, towards normality », W. B. Stanford, The Ulysses Thème 4, Oxford, 1968, p. 50; voir surtout l'article cité ci-dessus de Ch. P. Segal.

page 1283 note 6. Odyssée, 10, 114, 120.

page 1283 note 7. lbid., 10, 136, 228; 11, 8; 12, 150, 449.

page 1284 note 1. Ibid, 9, 89 ; 10,101. De même, le Cyclope ne « ressemble pas à un bon mangeur de pain » (10, 101).

page 1284 note 2. Cela n'a pas été vu par W. Richter, dans son ouvrage : Die Landwirtschaft im Homerischen Zeitalter, Goettingen, 1968, collection « Archaeologia Homerica ».

page 1284 note 3. 9, 45 sq.; 9, 165, 197. Je ne sais vraiment pourquoi Haussleiter considère que les Kikones sont des cannibales ! (op. cit., p. 23). Le texte ne dit rien de tel.

page 1284 note 4. Euripide, Cyclope, 115-116, traduction Méridier. Je dois cette référence à la thèse inédite d'Y. Garlan : La poliorcétique grecque.

page 1284 note 5. L'emploi de l'expression ÇetSoipoç Spoopa, terre donneuse de blé, ne fournit pas un critère très satisfaisant puisque Hésiode l'emploie à propos de l'âge d'or ; je note cependant que sur 9 emplois, 3 seulement désignent un lieu précis : Ithaque (13, 354), la Phéacie (5, 463), l'Egypte (4, 229); tous les autres ont une portée générale et signifient quelque chose comme « ce bas monde ».

page 1284 note 6. Odyssée, 10, 147, 150, 197, 251.

page 1284 note 7. Ibid., 10, 98; il y a aussi une fumée venant de chez Circé, 10,196. Quand Ulysse, venu de chez Eole, s'approche d'Ithaque, il peut voir les hommes autour du feu , 10, 29.

page 1284 note 8. Ibid., 10, 98.

page 1284 note 9. Ibid., 12,159; cf. Hymne homérique à Hermès, 72, Euripide, Hippolyte, 74.

page 1284 note 10. Odyssée, 5, 63-74.

page 1284 note 11. Ibid., 23, 183 sq.

page 1284 note 12. Ibid., 9, 320; 236; cf. Segal, loc. cit., pp. 45, 62. 63.

page 1284 note 13. Ibid., 5, 196-99.

page 1285 note 1. Ibid., 5, 101-102.

page 1285 note 2. Ibid., 10, 516-21, 571-72; 11, 23-29.

page 1285 note 3. Ibid., 10, 524-25; 11, 30-33.

page 1285 note 4. , 9, 231.

page 1285 note 5. Ibid., 232. Sur le sacrifice manqué des boeufs du Soleil, cf. infra, pp. 1288-1289.

page 1285 note 6. Ibid., 9, 552 55.

page 1285 note 7. Ibid., 9, 488-91.

page 1285 note 8. Ibid., 9, 84, 94-97.

page 1285 note 9. Ibid., 12, 227.

page 1285 note 10. L'équivalence entre les personnages rencontrés par Ulysse dans les voyages et les peuples sauvages est explicitement posée en 1,198-99, quant Athéna, sous le masque de Mentes, se demande si Ulysse n'est pas captif d'hommes , et lorsque le héros lui-même s'interroge sur le type d'humanité auquel appartiennent les hôtes de la Cyclopie : (9, 175-76 ; la même interrogation revient, en 13, 201-202, à Ithaque, avant qu'Ulysse ait compris qu'il se trouve chez lui. Elle est venue aussi au moment du débarquement en Phéacie : 6, 120-21. Ces pages étaient déjà composées lorsque j'ai pris connaissance de l'excellent chapitre sur les Cyclopes qu'on trouvera dans le livre de G. S. Kirk, Myth, ils meaning and functions in ancient and other cultures, Cambridge, Berkeley et Los Angeles, 1970, pp. 162-171. Je ne puis qu'inviter le lecteur à comparer nos deux analyses.

page 1286 note 1. Odyssée, 9, 130-135.

page 1286 note 2. Ibid., 116, 120, 129-135.

page 1286 note 3. Politique, 1, 1256 a sq.

page 1286 note 4. Odyssée, 9, 108-115.

page 1286 note 5. Ibid., 109-111, traduction Bérard modifiée; cf. aussi 123.

page 1286 note 6. Ibid., 122.

page 1286 note 7. Ibid., 357-59.

page 1286 note 8. Il est insuffisant d'écrire simplement, comme le faisait Haussleiter, op. cit., p. 23, n. 2 : « Die Anthropophagie des Kyklopen Polyphem erscheint mehr als vereinzelter Fall »; le fait méritait mieux qu'une simple note.

page 1286 note 9. Odyssée, 9, 190-91, 234, 292-93. Ces détails et d'autres ont été très heureusement mis en relief par D. Page, dans le chapitre de son Homeric Odyssey, Oxford, 1955, pp. 1-20, où il confronte le Cyclope d'Homère et celui du Folklore.

page 1286 note 10. Ibid., 9, 107.

page 1286 note 11. Ibid., 1, 68-73.

page 1286 note 12. Ibid., 9, 275-76.

page 1287 note 1. Iliade, 13, 5-6.

page 1287 note 2. Fragment 196 Nauck 329 Mette, reproduit in Lovejoy-Boas. op. cit., p. 315. Cf. aussi sur les Abioi ou Gabioi, ou Hippomolgoi, Nicolas De Damas, F. Gr. Hist., 70,104.

page 1287 note 3. Les principaux textes sont rassemblés par Lovejoy et Boas, op. cit., pp. 304, 358, 411. Le plus remarquable est peut-être le discours prêté par Plutarque à un compagnon d'Ulysse, qui, transformé en cochon chez Circé, a l'expérience de la vie animale comme de la vie humaine et qui fait l'éloge de la « vie cyclopique » en comparant la riche terre de Polyphème et le maigre sol d'Ithaque (Gryllos, 986f-987a).

page 1287 note 4. F. Gr. Hist., 70, 42; cf. aussi les Androphages d'Hérodote, IV, 18, personnages situés en bordure du désert, et êtres humains-limites.

page 1287 note 5. Cf. supra, pp. 1281-1282. Quand, dans VIliade, Achille et Hécube parviennent au comble de la douleur ou de la fureur, ils rêvent de manger leurs ennemis, 22, 347; 24, 212.

page 1287 note 6. Odyssée, 10,3-19.

page 1287 note 7. Ibid., 10, 6-7.

page 1287 note 8. Ibid., 10, 11-12.

page 1287 note 9. Ibid., 10, 120-121.

page 1287 note 10. 10, 168; , 171; sur Circé voir maintenant Ch. P. Segal, « Circean Temptations : Homer, Vergil, Ovid », Traits. Amer. Phil. Ass., 99 (1968), pp. 419-42.

page 1287 note 11. Ibid., 212-218.

page 1288 note 1. Il n'y a aucune raison de modifier, au vers 235, le ol-rcp des manuscrits.

page 1288 note 2. Ibid., 239-243.

page 1288 note 3. Ibid., 304. Au vers 287, Hermès dit simplement à Ulysse qu'en « ayant sur lui ce valeureux remède », , il sera en sécurité. Il ne s'agit donc pas d'un talisman dont on se sert mais d'un objet qui préserve.

page 1288 note 4. C'est Hermès, le dieu proche de l'humanité, qui remet le moly à Ulysse, et c'est à Hermès qu'Eumée sacrifie un porc (14, 435).

page 1288 note 5. Ibid., 11, 14-16.

page 1288 note 6. Ibid., 12, 42-43.

page 1288 note 7. Ibid., 45-46.

page 1288 note 8. Ibid., 1, 8-9.

page 1288 note 9. Ibid., 12, 329-30.

page 1288 note 10. Ibid., 331-33.

page 1288 note 11. Ibid., 344 sq.

page 1288 note 12. Ibid., 357-58; cf. Eustathe, ad 12, 359 : dans le sacrifice homérique, cf. J. Rudhardt, Notions fondamentales de la pensée religieuse et actes constitutifs du culte dans la Grèce classique, Genève, 1958, p. 253.

page 1289 note 1. Odyssée, 12, 362-63; le plus curieux est que, dans le sacrifice homérique, l'eau recueillie dans les , joue normalement un rôle dans la préparation de l'immolation (cf. J. Rudhardt, ibid., p. 254), le poète a choisi de ne pas en parler, mais d'insister sur la libation de vin qui succède à regorgement. Ce passage a jadis attiré l'attention de S. Eitrem, Opferritus und Voropfer der Griecher und Rômer, Kristiana, 1915, pp. 278-80, qui a cru y voir le témoignage d'un rite plus archaïque que le sacrifice sanglant, rite qui se serait préservé dans la Phyllobolia (jets de feuilles) attestée dans certains rituels funéraires. « Ils [les compagnons d'Ulysse] savaient que plus anciennement ou ailleurs on avait procédé ainsi ». Inutile de dire qu’ « expliqué » ainsi le texte homérique perd toute espèce de signification. L. Ziehen, R.E., s.v. « Opfer », c. 582 (1939), avait pensé, contre Eitrem, à « ein durch die Situation gegebener Einfall der Dichter ».

page 1289 note 2. Ibid., 395-96.

page 1289 note 3. Les fabuleux Éthiopiens, convives de Poséidon dans l'Odyssée, jouissent chez Hérodote (III, 18 et 23-24) d'une alimentation qui est l'exacte antithèse du repas sacrilège des compagnons d'Ulysse. La terre leur fournit directement, dans une prairie située en avant de la ville, la table du soleil, les viandes bouillies des quadrupèdes. Disposant d'une fontaine de jouvence parfumée, les Éthiopiens « longue-vie » sont à peine des mortels. Leurs cadavres eux-mêmes ne sentent pas mauvais. Par rapport au soleil, ils sont donc des hôtes et non les étrangers absolus que sont les compagnons d'Ulysse.

page 1289 note 4. Odyssée, 1,50.

page 1289 note 5. Ibid., 5, 136 ; 23, 336.

page 1289 note 6. Cf. supra, p. 1284.

page 1289 note 7. Odyssée, 5, pp. 121-25.

page 1289 note 8. Cf. F. Buffière, les Mythes d'Homère et la pensée grecque, Paris, 1956, p. 461 sq.

page 1289 note 9. Cf. Ch. P. Segal, Arion, I, 4 (1962), p. 20.

page 1289 note 10. Il en est de même d'autres pays qui ne sont évoqués que brièvement ; toutefois une île, celle d'où est originaire Eumée, Syros, pose un problème particulier. Il s'agit bien d'une terre à blé et à vin (15,406). Mais on n'y connaît ni la maladie ni la famine, et la mort y est douce (406-409). Syros étant située « du côté du couchant » (409), on ne peut l'identifier avec l'île égéenne de même nom. Je remercie F. Hartog d'avoir attiré mon attention sur ce point. Je laisse également ici de côté les questions posées par les mystérieux « Taphiens ».

page 1289 note 11. Odyssée, 4, 605-606.

page 1290 note 1. Ibid., 13, 244-46, trad. V. Bérard; cf. aussi pour le blé, 13, 354, et 20,106-110 (moulins); pour les vaches, 17,181; Ulysse possède aussi des vaches à Céphalonie, 20, 210.

page 1290 note 2. Ibid., 19, 111-14; sur ce texte qui relève d'une conception très archaïque — à l'époque d'Homère — de la royauté, cf. M. I. Finley, le Monde d'Ulysse, trad. Cl. Vernant-Blanc, Paris, 1969, p. 98.

page 1290 note 3. Odyssée, 11, 128; 23, 275.

page 1290 note 4. Cf. par exemple pour Pylos 3, 495, pour Sparte 4, 41 ; 602-604, etc.

page 1290 note 5. Ibid., 3, 5 sq.

page 1290 note 6. Ibid., 4, 382 sq.; 425 sq.; cf. les détails : l'orge et l'eau lustrale, 440 sq., le hurlement des femmes, 450; de même encore, 15, 222-23

page 1290 note 7. Comparez 4, 71-74 et 7, 86.

page 1290 note 8. Cf. 4, 617; 15, 113-19; 7, 92.

page 1290 note 9. 4, 352, 478.

page 1290 note 10. 4, 563-69; au contraire Ulysse peut dire : « Je ne suis pas un dieu » : 16,187.

page 1290 note 11. 4, 4 sq.

page 1291 note 1. Cf. 1, 296-97 et les remarques de M. I. Finley, op. cit., pp. 75 et 88. En dépit d'efforts anciens et encore récemment renouvelés (K. Hirvonen, Matriarchal Survivais and certain trends in Homer'sfemale characters, Helsinki, 1968, pp. 135-162), il n'y a rien dans le personnage de Pénélope qui permette de parler de matriarcat, fût-ce à titre de « traces ». La « position spéciale » de Pénélope s'explique simplement par l'absence d'Ulysse.

page 1291 note 2. Cf. 2, 56; 14, 74; 16,454; 17,181 ; 17, 600; 20, 2; 20, 264.

page 1291 note 3. Cf. 18, 153-56 et 414-28; Amphinomos est tué en 22, 94; l'hécatombe de 20, 276-79 est anonyme; en tout cas, elle n'est pas faite par les prétendants.

page 1291 note 4. Cf. 21, 265-68. Liodès, qui fut le des prétendants, est tué par Ulysse (22, 312-329) ; les sacrifices accomplis dans le passé pour le compte des prétendants n'ont donc pas été agréés. Le est un devin, cf. J. Casabona, Recherches sur le vocabulaire du sacrifice en grec des origines à la fin de l'époque classique, Aix-Gap, 1966, pp. 118-19.

page 1291 note 5. 14, 420-21 ; cf. aussi 2, 423-33 (Télémaque), 4, 761 et 67 (Pénélope), 14, 445-48 (Eumée); 18, 151 (Ulysse), 19 198 (récit « mensonger » d'Ulysse), 1, 60-62; 4, 762-64; 17, 241-43 (rétrospective des sacrifices d'Ulysse); 19, 397-98 (rétrospective des sacrifices d'Autolycos, grand-père d'Ulysse). N'oublions pas non plus les sacrifices promis par Ulysse : cf. ci-dessus, p. 1290.

page 1291 note 6. Casabona écrit : « L'idée de banquet passe au premier plan » (op. cit., p. 23); c'est en effet le moins qu'on puisse dire.

page 1291 note 7. Odyssée, 1, 71 ; 13, 96 sq. Cf. Ch. P. Segal, loc. cit., p. 48.

page 1291 note 8. 13, 109-112.

page 1291 note 9. 13, 122, 372.

page 1291 note 10. Ch. P. Segal, Arion, I, 4 (1962), p. 17; cf. aussi, ibid., p.27 : «The Phaeacians… while the instrument of Odysseus’ return to the world of reality, are also the last afterglow of the phantasy realm he is leaving ». Toute la démonstration de Segal me paraît devoir être retenue, mais non cependant le vocabulaire « symboliste » et « psychologique » qui est parfois le sien; voir aussi son article « Transition and Ritual in Odysseus’ Return », Parola del Passato, 116 (1967), pp. 321-42, et H. W. Clarke, The Art ofthe Odyssey, Englewood Cliffs, N. J., 1967, pp. 52-56. M. F. Hartog a soutenu sur ce sujet un diplôme de maîtrise à la faculté des lettres de Nanterre en juin 1970.

page 1292 note 1. Odyssée, 5, 32; il a cependant bénéficié de l'aide d'Inô-Leucothéa et du dieu-fleuve de Phéacie (5, 333-53; 5, 445-52).

page 1292 note 2. Ibid., 5, 477; les deux arbres ont le même tronc. Toute l'antiquité a interprété le mot comme désignant l'olivier sauvage (cf. les références in Richter, op. cit., p. 135). Seuls certains modernes ont estimé qu'il pouvait s'agir de myrte (Pease, R.E. s.v. « Oelbaum », c. 2006).

page 1292 note 3. 5,279-80.

page 1292 note 4. 5, 610. Les historiens de la colonisation ont naturellement relevé ce vers; cf. en dernier lieu D. Asheri, « Distribuzioni di terre nell’ Antica Grecia », Ment. delV Ac. dell. se. di Torino. Se. Stor. e Fil, Turin, 1966, p. 5.

page 1292 note 5. Odyssée, 6, 259.

page 1292 note 6. Ibid., 6, 177, 191; cf. aussi , 6, 13.

page 1292 note 7. Ibid., 6, 76-79, 99, 293.

page 1292 note 8. Ibid., 8, 560-61.

page 1292 note 9. Ibid., 6, 130-33; 13, 21-35.

page 1292 note 10. Ibid., 7, 112-132; il va de soi qu'il ne saurait être question d'expulser de l'Odyssée cette description fameuse sous le prétexte vraiment inepte que jamais les « robustes mais étroites enceintes [des villes mycéniennes] n'ont eu en leurs murailles de place pour les quatre arpents de ce verger, de ce double vignoble et de ce potager » (Bérard, édition Budé, I, p. 186). Il est bon de noter aussi que le caractère utopique et mythique de ce texte a été bien senti dans l'Antiquité; ainsi l'Utopie hellénistique de Iamboulos cite les vers 120-21 (Diodore, 2, 56).

page 1293 note 1. Ibid., 24, 342-44, trad. Bérard; cf. Segal, toc. cit., p. 47; il se pose ici un problème que je me sens incapable de résoudre. Tous les rapprochements effectués dans ces pages et dans celles qui suivent tendent, me semble-t-il, à renforcer la position de ceux qui admettent, pour le moins, un « architecte » d'ensemble, ce que G. S. Kirk appelle « a monumental composer » qui aurait donné aux poèmes homériques leur équilibre actuel (cf. G. S. Kirk, The songs ofHomer, Cambridge, 1962, pp. 159-270; à compléter par A. Parry, « Hâve we Homer's Iliad ? », Yale Class. St. 20 (1967), pp. 175-215.) Cette position est aussi la mienne, mais il faut bien reconnaître que le chant 24 pose des difficultés particulières et que les anomalies, surtout linguistiques, sont nombreuses (cf. D. Page, op. cit., pp. 101-136 qui donne une vue extrême et G. S. Kirk, op. cit., pp. 248-251). On sait d'ailleurs que les critiques de l'époque hellénistique, Aristarque et Aristophane, considéraient que l'Odyssée s'arrêtait au vers 286 du chant 23. Admettons par hypothèse que toutes ces critiques soient fondées, s'ensuit-il que le rapprochement proposé entre le chant 7 et le chant 24 soit absurde? Pour ceux qui pratiquent l'analyse structurale en se fondant exclusivement sur le modèle linguistique, la question n'a guère de sens, et on ne voit pas, d'ailleurs, ce qui les empêcherait de « structurer » un ensemble composé de l'Iliade, du Mahabharata et du Paradis Perdu. L'historien alors se retire en saluant! Mais il est possible de prendre les choses tout a fait autrement, Les recherches de Propp et de ses disciples proches ou lointains (cf. V. J. Propp, Morfologia délia Fiaba, trad. G. L. Bravo, Turin, 1966, Cl. Brémond, « le message narratif », Communications, 4 (1964), pp. 4-32, « Postérité américaine de Propp », ibid., 11 (1968), pp. 147-164, et l'ensemble du n° 8 (1967) de Communications), montrent que dans une aire culturelle commune, un ensemble complexe de récits peut se réduire à un petit nombre d'éléments simples occupant des positions variables. Il me paraît clair, effectivement, que dans l'Odyssée, le thème du jardin de l'âge d'or fait face au thème du jardin cultivé parles hommes, de même que le thème de la jeune fille hospitalière fait face au thème de la jeune fille orientant les visiteurs vers la mort. Il me semble aussi que l'analyse thématique du récit épique, telle que la pratiquent les disciples de Milman Parry, va finalement dans le même sens (cf. A. B. Lord, The Singer of Taies, Cambridge, Mass., 1960, notamment pp. 68-98) dans la mesure où elle montre qu'un thème ancien ( et on voit mal comment la rencontre définitive d'Ulysse et de Laërte aurait pu ne pas être un thème ancien) peut avoir été fixé à une date tardive. Ces deux disciplines auraient intérêt à se rencontrer. Je ne crois donc pas qu'une Odyssée partiellement composite dans son histoire ne puisse aussi être une Odyssée homogène, structuralement parlant, mais je dois admettre que la démonstration de détail reste encore à apporter.

page 1293 note 2. Plus exactement nous avons ici l'équivalent de ce qu'Hésiode et ses successeurs appellent ainsi, car je n'oublie pas que la terre du Cyclope est, elle aussi, fécondée par Zeus : 9, 111, 358 ; Le Cronos d'Homère n'est, on le sait, que le père, enfermé au Tartare, de Zeus (Iliade, 8,478-81).

page 1293 note 3. Odyssée, 7, 91-92; 17, 290-327; Eumée a aussi des chiens tout à fait réels et aboyants, 14, 21- 22.

page 1293 note 4. Ibid., 7,191; cf. 7, 180-81.

page 1293 note 5. Ibid., 13, 26 et 13, 30 sq. (libations à Zeus).

page 1293 note 6. Ibid., 13, 184.

page 1294 note 1. Ibid., 7, 201-203. Les Phéaciens ont ainsi le même privilège que les Ethiopiens mythiques : 1, 24-25; cf. aussi 6, 203-205 : « Nous sommes très chers aux immortels; nous habitons à l'écart, au sein de la mer démontée, au bout du monde et aucun mortel ne nous fréquente »; voir S. Eitrem, JR. E., s.v. « Phaiaker, » c. 1523. La familiarité avec les dieux telle qu'elle s'exprime dans les théoxénies et l'éloignement d'avec les hommes vont de pair. Quand Athéna participe aux sacrifices accomplis par Nestor et ses fils (Od., 3, 43 sq.), elle le fait sous un déguisement; au contraire, Alcinoos insiste sur le fait que chez les Phéaciens, les dieux ne se déguisent pas, , (7, 205). Le repas sacrificiel est pris en commun ( 7, 203). De même chez les Ethiopiens, Poséidon est présent au festin ( 1, 26). En apparence Athéna déguisée a bien fait de même chez Nestor ( 3, 420). Mais, dès lors qu'elle s'est révélée en prenant la forme d'un oiseau (3, 371-72), c'est en déesse invisible qu'elle vient prendre sa part de sacrifice (3, 435-36). Nestor et Télémaque ne jouissent donc pas du même privilège que les Phéaciens.

page 1294 note 2. Cf. 7. 196-98 et 13, 59-62.

page 1294 note 3. Ibid., 5, 35 et 19, 279.

page 1294 note 4. Ibid., 6, 8.

page 1294 note 5. Segal, loc. cit., p. 33.

page 1294 note 6. Une hospitalité assez ambiguë cependant, car Athéna déguisée prévient Ulysse : “ Les étrangers ici sont assez mal reçus ; on ne fête ni ne caresse ceux qui viennent du dehors ” (7, 32-33) ; rien, bien entendu, dans la suite, ne justifiera cet avertissement d'Athéna. Mais Nausicaa a déjà signalé (6, 205) que les hommes fréquentent peu les Phéaciens (Cf. ci-dessus, n. 1) et Athéna elle-même a enveloppé Ulysse de brume “ de peur que, le croisant, un de ces orgueilleux Phéaciens ne l'insultât et ne lui demandât son nom ” (14-17.). On lit donc, en transparence, sous les Phéaciens hospitaliers, comme l'image d'une Phéacie comparable à la Cyclopie.

page 1294 note 7. Odyssée, 1, 205-206.

page 1294 note 8. Ibid., 10, 120.

page 1294 note 9. Ibid., 7, 296-315.

page 1294 note 10. Ibid., 10, 103-115.

page 1295 note 1. Ibid., 6, 16; 6, 67 ; 6, 102 sq.; 7, 291 ; 8, 457.

page 1295 note 2. Ibid., 6, 244-45; 7, 313.

page 1295 note 3. Ibid., 12, 184-91.

page 1295 note 4. Ibid., 8, 499-531.

page 1295 note 5. Cf. M. Détienne, les Maîtres de Vérité dans la Grèce archaïque, Paris, 1967.

page 1295 note 6. Odyssée, 10, 21.

page 1295 note 7. Cf. 10, 31 et 13, 92; sur le thème du sommeil dans l'Odyssée, voir Ch. P. Segal Parola delPassato, 116 (1967), p. 324-29.

page 1295 note 8. Odyssée, 7, 44-45.

page 1295 note 9. Une scholie indique qu’ « Hésiode » tenait Alcinoos et Arété pour frères et soeur (cf. Schol. Odys. i\ (7), 54, p. 325 (Dindorf) = Hésiode, fr. 122 (Merkelbach-West); voir aussi Eustathe, ad n. (7), 65). Dès lors, deux solutions sont possibles, ou bien constater avec un scholiaste (E.P.Q., ibid.) que , que « cela ne va pas avec la suite », et il faut, comme cela a été pratiqué depuis A. Kirchoff (Die Composition der Odyssée, Berlin, 1869, 54-56) considérer comme interpolés les vers 7, 56-68, et le vers 7, 146 (où Arété est appelée fille de Rhéxénor), ou bien admettre que le poète a donné au couple royal une apparence d'inceste qui est ensuite corrigée; dans le sens d'un rapprochement entre Eole et Alcinoos, cf. G. Germain, Genèse, p. 293.

page 1295 note 10. Et d'abord, naturellement, le roi et la reine, ainsi les mêmes formules sont utilisées pour décrire le coucher du couple royal à Pylos, Sparte et à Schéria : cf. 3, 402-403 ; 4, 304-305 et 7, 346-47.

page 1296 note 1. Cf. 22, 421 et 7, 103.

page 1296 note 2. Par exemple il y a une intendante à Schéria (7, 166, 175; 8, 459) et une autre à Ithaque (17, 94) ainsi du reste qu'à Pylos (3, 392), une nourrice à Schéria (7, 32) et une autre à Ithaque (9, 27; 14, 357 sq.), un aède à Schéria (8, 261 sq.), un autre à Ithaque (22, 330 sq.). L'épisode phéacien et les scènes d'Ithaque ont souvent été rapprochés. On comparera par exemple les arguments étrangement semblables, à soixante-cinq ans d'intervalle, et malgré la variation des modes explicatives (les « interpolations » en cascade dans le premier cas, la composition orale dans le second), de S. Ettrem, « Die Phaiakenepisode in der Odyssée », Vidensk. Selsk. Skrift. Hist. Filos. Kl. 1904, fascicule 2, et de Mabel Lano, « Homer and Oral Technique », Hesperia, 38 (1969), pp. 159-68.

page 1296 note 3. Odyssée, 8, 131 sq.; 8, 396-412.

page 1296 note 4. Ibid., 7, 318-320; 8, 558, 566; 16, 227-328.

page 1296 note 5. Ibid., 22, 465-70.

page 1296 note 6. Ibid., 8, 390-91.

page 1296 note 7. Il suffit de se reporter à 7,146 sq. et de lire ces vers sans schéma préconçu de « matriarchie », tel qu'il est encore conservé par M. Lano, loc. cit., p. 163.

page 1296 note 8. Cf. l'intervention d'Échénéos, 7, 155-66.

page 1296 note 9. Comparez au discours d'Échénéos celui du vieil Égyptios, 2, 15-34.

page 1296 note 10. Odyssée, 8, 246.

page 1296 note 11. Ibid., 8, 25 sq.

page 1296 note 12. Ibid., 1, 385; 2, 65.

page 1296 note 13. C'est ce que me fait remarquer avec juste raison M. I. Finley.

page 1297 note 1. Cf. M. I. Finley, Le Monde d'Ulysse, p. 101.

page 1297 note 2. Sur ce thème, cf. M. I. Finley, « Utopianism Ancient and Modem », The Critical Spirit (Mélanges Herbert Marcuse), Boston, 1967, pp. 3-20. J'accepte pleinement sur le plan théorique les remarques de Finley, mais il est juste, je crois, de dire qu'en pleine époque hellénistique, les utopies mêleront étroitement les mythes archaïques et millénaristes aux représentations politiques; cf. L. Gernet, « La cité future et le pays des morts », Rev. Et. Gr., XLVI (1933), pp. 293-310, repris dans Anthropologie de la Grèce ancienne, Paris, 1969, pp. 139-153. Il n'en était pas de même au Ve siècle; une utopie comme celle d'Hippodamos de Milet (Aristote, Politique, II, 1267 b 30 sq.) ne saurait s'expliquer par référence à la pensée mythique.

Valeurs religieuses et mythiques de la terre et du sacrifice dans l'Odyssée

  • Pierre Vidal-Naquet

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