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Rites, Espaces et Finances. La recomposition de la souveraineté dans la Chine du 11e siècle

Published online by Cambridge University Press:  26 July 2017

Christian Lamouroux*
Affiliation:
École française d'Extrême-Orient

Extract

La reconstruction de l'unité impériale par la dynastie des Song du Nord (960-1127), après deux siècles de troubles et de divisions, doit prendre en charge un double héritage. A l'extérieur, la puissance militaire de la dynastie Liao (916-1123) contraint très vite les Song à renoncer au rêve d'une unification totale des terres du Nord qu'ils considèrent pourtant comme leurs : les Song doivent apprendre à régner sous la menace d'un autre État, avec lequel ils entretiennent dès 1005 des rapports tributaires. A l'intérieur, la stabilité de l'empire, que les Song ont unifié après une vingtaine d'années de guerres, dépend de leur capacité à intégrer les réalités régionales contrastées engendrées par le morcellement politique de la première moitié du 10e siècle.

Summary

Summary

After the peace of Chanyuan (1005), the Northern Song dynasty (960-1127) had to deal with the problem of rebuilding the unity of the Chinese Empire in spite of his military weakness and the very strong economie autonomy of the various regions. Given that historical context, the “Heavenly Text” affair (1008), involving both ritual practices and financial reforms, can be interpreted as a major political shift. Through the study of the program and the activities ofthe so-called “Five devils” clique whoforged the affair, it is possible to shed light on the making of a new territory. Thanks to the three imperial sacrifices made in prestigious places, the emperor Song Zhenzong and Kaifeng, his capital city, became the center of a holy world where the transfer of goods and money was regulated by the Imperial Treasure. The reshaping of the financial structures made possible the commitment of the State in the development of an empirewide economy, which is one of the main features of the Song dynasty.

Type
La Souveraineté au Moyen Age
Copyright
Copyright © École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris, 1996

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References

* Je tiens à remercier John Lagerwey et Isabelle ANG, dont les réactions à la lecture d'une première version de ce texte m'ont permis d'orienter mes lectures et de nuancer plus d'une idée sur les rapports entre rites et espace. Le lecteur désireux de se procurer la liste des caractères chinois peut s'adresser à la rédaction des Annales.

1. kekuan, Sun, Song-Yuan daojiao zhi fazhan — The Development of Taoism during the Sung and Yuan Dynasties, Taizhong, Donghai daxue, 1965, pp. 7192 Google Scholar. Cahill, Suzanne, «Taoism at the Sung Court : The Heavenly Text Affair of 1008 », Bulletin of Sung-Yuan Studies, 16,1980, pp. 2344 Google Scholar. Sur le thème plus général du rôle du taoïsme vis-à-vis de la légitimation politique cf. Lagerwey, John, Taoist Ritual in Chinese Society and History, New York, Mac- Millan, 1987, pp. 253264.Google Scholar

2. Michel Soymié, Annuaire de l'École pratique des Hautes Études, années 1974 (« Étude du Yisheng baode zhuan », pp. 961-965), 1975 (« La politique des empereurs Taizong et Zhenzong des Song », pp. 997-1002) et 1976 (« La politique religieuse des empereurs Zhenzong et Renzong des Song », pp. 1027-1034).

3. Olsson, Karl, « The Structure of Power under the Third Emperor of Sung China : The Shifting Balance after the Peace of Shan-yiian », thèse inédite, University of Chicago, 1974.Google Scholar

4. Cet aspect a été signalé et précisément étudié par Hartwell, Robert, « The Impérial Treasuries : Finance and Power in Song China », Bulletin of Sung-Yuan Studies, 20, 1988, p. 24 Google Scholar. Cf. également Umehara Kaoru, « Songdai de neizang yu zuozang (Trésor privé et Trésor de gauche à l'époque des Song) » (traduction en chinois de « Sôdai no naisô to sasô », publié en 1971), Shihuo yuekan, 6/1-2, 1976, pp. 34-66.

5. Les Wu gui sont Liu Chenggui (950-1013), Chen Pengnian (961-1017), Wang Qinruo (962- 1025), Ding Wei (962-1033) et Lin Te (s. d.), cf. Li Tao, Xu zizhi tongjian changbian (Compilation pour faire suite au Miroir général pour aider au gouvernement, désormais XZCB), j. 78, Pékin, Zhonghua shuju, 1979, t. 6, pp. 1788-1789. Notons dès à présent que le terme Wu gui est le nom d'une constellation néfaste, apparemment redoutée avant même la fondation de l'empire, cf. Hou Chinlang, « The Chinese Belief in Baleful Stars », dans Welch, Holmes et Seidel, Anna, Facets of Taoism — Essays in Chinese Religion, New Haven-Londres, Yale University Press, 1979, pp. 194 et 225.Google Scholar

6. XZCB, j . 67 (6/1506) ; cf. également Duanlin, MA, Wenxian tongkao (Examen général des écrits et documents), ;'. 84,Jiaoshe 17, Taibei, Xinxing shuju, 1965, pp. 769770.Google Scholar

7. guang, Sima, Shushui jiwen (Notes en prose de la rivière Shu), j . 6, Taibei, Shijie shuju, 1982, p. 62 Google Scholar, rapporte un dialogue encore plus cynique, dans lequel Wang souligne que « la nature des Barbares étant de craindre le Ciel et de croire aux démons et aux esprits, mieux vaut aujourd'hui établir sa gloire en se valorisant grâce aux talismans et aux ordonnances célestes ».

8. Wang avait été déjà accusé de prévarication à propos d'une affaire de fraude aux examens en 1002. Seule la faveur de l'empereur lui avait permis de détourner ces accusations sur un autre fonctionnaire, cf. XZCB,]. 51 (5/1119-1120).

9. XZCB, j . 68 (6/1518) : c'est le nom de l'ère (1008-1016) qu'inaugure l'empereur cette année-là.

10. Anna Seidel, « Impérial Treasures and Taoist-Sacraments Taoist Roots in the Apocrypha », dans Strickmann, Michel éd., Tantric and Taoist Studies — in Honour of R. A. Stein, vol. 2, Bruxelles, Institut belge des Hautes Études chinoises, 1983, pp. 291371 Google Scholar, en particulier la première et la dernière partie, pp. 296-308 et 348-366.

11. Wang Qinruo, Yisheng baode zhenjun zhuan (Biographie du Parfait authentique Saint serviteur Impérial et Protecteur de la vertu), dans Zhengtong Daozang (Canon taoïste), 1285, n° 1006 ; Yunji qiqian, 1032, n° 677-702 ; Soymié, Annuaire, \91A.

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14. En 1002, Wang obtient une sanction contre un ancien préfet de Caizhou, Gao Ruhui, accusé d'avoir osé écrire : « Sa Majesté ne voit que le visage de ses serviteurs sans en considérer le coeur ; dans l'incapacité de leur témoigner sa mansuétude, elle ordonne de les rejeter », cf. XZCB, j . 50 (5/1155-1156) ; en 1003, il fait sanctionner un certain Wang Youzhi pour avoir proposé ou pris en un peu plus d'un mois des mesures qu'il juge draconiennes, cf. XZCB, j . 54 (5/1189-1190).

15. XZCB, j . 67 (6/1509).

16. Il interdit à Wang Dan de signaler une rime fautive dans un poème que l'empereur a rédigé et offert à ses ministres, cf. XZCB, j . 82 (7/1882).

17. Wang Zeng, Wang Wenzheng bilu (Notes au fil du pinceau de Wang Wenzheng), dans Zongyi, Tao, Shuofu san zhong, Shanghai, Shanghai guji, 1989, t. 3, p. 771.Google Scholar

18. XZCB, j . 61 (5/1361-1363).

19. Xiu, Ouyang, Taichang yinge li (Évolution des rites du Bureau du Rituel), ;'. 30, Congshu jicheng, Taibei, Taiwan Shangwu, 1966, t. 2, pp. 188192.Google Scholar

20. Ibid., p. 188 ; XZCB, j . 61 (5/1361).

21. Taichang yinge li, j . 30 (2/190).

22. Id.

23. XZCB, j . 61 (5/1361, 1362, 1363).

24. Argument rhétorique déjà à l'oeuvre dans le plaidoyer que développe Kuang Heng sous les Han en faveur d'une modification des rites : cf. Hanshu (Histoire des Han), ;'. 25, Jiaosi xia, Pékin, Zhonghua shuju, 1983, t. 4, p. 1257 (traduction de Bujard, M., « Recherches sur le sacrifice au Ciel à l'époque des Han antérieurs », thèse inédite, Paris, EPHE, 1994, p. 313 Google Scholar).

25. Il s'agit des esprits qui président aux calamités. Les changements concernant le statut de ce rite sont également rappelés dans shaoyu, Jiang, Songchao shishi leiyuan (Florilège raisonné des événements et des faits de la dynastie des Song),;'. 18, Shanghai, Shanghai guji, 1981, t. 1, p. 219.Google Scholar

26. Marc Kalinowski, « La transmission du dispositif des Neuf palais sous les Six-Dynasties », dans Strickmann, Michel éd., Tantric and Taoist Studies — in honour of R. A. Stein, vol. 3, Bruxelles, Institut belge des Hautes Études chinoises, 1985, pp. 773811.Google Scholar

27. Taichang yinge li, j . 30 (2/192).

28. XZCB, j . 61 (5/1361).

29. Chavannes, Edouard, Le T'aichan. Essai de monographie d'un culte chinois, Paris, Leroux, 1910, p. 12.Google Scholar

30. Cf. Les édits du Song da zhao ling ji (Recueil des principaux édits et ordonnances des Song), cités dans Quan Song Wen (Collection complète de la prose des Song, désormais QSW), t. 6, Chengdu, Ba-Shu shushe, 1989, pp. 321-322.

31. É. Cha Vannes, Le Taishan…, op. cit., pp. 344-348.

32. M. Bujard, « Recherches », p. 237.

33. Ibid., p. 307 ss ; Loewe, Michael, Crisis and Conflict in Han China — 104 BC to AD 9, Londres, Allen & Unwin, 1974, ch. 5, pp. 154192.Google Scholar

34. C'est la définition du Wuxing dayi au 6e siècle, cf. Kalinowski, Marc, Cosmologie et divination dans la Chine ancienne, Paris, EFEO, 1991, p. 398.Google Scholar

35. Xu Song, Song huiyaojigao (Compilation des documents importants des Song, désormais SHY), Li 51/4 ; XZCB, j . 72 (6/1637) ; Li You, Songchao shishi (Événements et faits de la dynastie des Song), ;'. 7, Pékin, Zhonghua shuju, 1985, p. 110. Dans un premier temps au moins ces sanctuaires sont dédiés au culte des Trois purs Sanqing et à l'empereur de Jade. Comme on va l'évoquer, l'épisode de la rencontre de 1012 et de l'agrandissement de ces temples par des ailes désignées comme « palais consacrés au Saint ancêtre » incitent à penser que le culte est alors élargi à Huangdi.

36. Song da zhao ling ji, j, 179, dans QSW, 6/351-352. Ce temple sera achevé en 1014, après sept ans de travail au lieu des quatorze escomptés, et détruit par un incendie.

37. XZCB, j . 74 (6/1691).

38. Sur l'importance de la communication établie par le rayonnement de l'empereur, susceptible d'attirer « les habitants du royaume », cf. Schipper, K. M., L'empereur Wou des Han dans la légende taoïste — Han Wou-Ti nei-tchouan, Paris, EFEO, 1965, pp. 4648 Google Scholar. De la même façon, le traité taoïste du 6e siècle, le Wushang Biyao affirme en reprenant le Zhouli : « C'est le roi qui établit l'État ; son éclat remplit l'empire. S'il veut gouverner par le rayonnement de sa vertu, il doit utiliser les armes avec prudence », cf. Lagerwey, John, Wu-shang Pi-yao somme taoïste du 6’ siècle, Paris, EFEO, 1981, pp. 8 et 51.Google Scholar

39. En 1012, référence à Tang Xuan-Yuanzong, XZCB, j . 79 (6/1797) ; cf. QSW, t. 5, pp. 314- 316/318/320-321 et Songshi (Histoire des Song, désormais SS), j . 431, Pékin, Zhonghua shuju, 1985, t. 37, pp. 12802-12805, pour les critiques de Sun Shi, l'assistant à la Cour des rites (pantaichang Li yuan) qui représente la figure emblématique de la faible opposition aux projets religieux des Cinq démons.

40. XZCB, j . 79, (6/1797-98).

41. Renhuang, le souverain Humain, est l'un des trois empereurs légendaires de la haute antiquité, avec Tianhuang, l'empereur Céleste, et Dihuang, l'empereur Terrestre, cf. Cihai (L'océan des mots), Pékin, Shangwu, 1979,1.1, p. 32, article Sanhuang qui cite différentes listes possibles pour ces Trois empereurs mythiques.

42. XZCB, j . 79 (6/1798).

43. A. Seidel, La divinisation…, op. cit., pp. 54-55.

44. Taichang yinge li, j . 68 (3/303-310).

45. Cf. Koichi, Yamauchi, « Hoku-Sô no kokka to gyokukô (L'État et l'empereur de Jade sous les Song du Nord) », Tôhô gaku, 62, 1981, pp. 8397.Google Scholar

46. XZCB, j . 79 (6/1807).

47. Bi Yuan, Xu Zizhi tongjian (Suite au Miroir général pour aider au gouvernement), ;'. 30, Shanghai, Shanghai guji, 1993, p. 138.

48. Koichi, Yamauchi, « Hoku-Sô jidai no Shingyo ten to keirei ten ﹛Shenyu dian et Jingling dian à l'époque des Song du Nord) », Tôhô gaku, 70, 1985, pp. 115.Google Scholar

49. SHY, Fangyu 5/16 ; Xu Zizhi tongjian, j . 30 (p. 138).

50. Taiping yulan (Lectures impériales à l'ère de la Grande paix), j . 159, Bozhou, Pékin, Zhonghua shuju, 1992, t. 1, p. 773 ; rappelons que c'est à Bozhou que l'empereur se rendra en 1014 pour conclure les trois grandes pérégrinations religieuses qui nous intéressent ici.

51. Yinglin, Wang, Yuhai (La mer de jade), j . 28, Zhejiang shuju 1883 (rééd. Shanghai : Jiangsu guji chubanshe, 1987, vol. 2, p. 542)Google Scholar. Ces travaux de compilation tinrent une place importante dans la politique de l'empereur Taizong, soucieux de valoriser la réunification militaire de l'empire dès lors promis à une ère de Grande paix (Taiping), expression emblématique que l'on retrouve dans trois des plus importantes encyclopédies de l'époque (Taiping guangji, Taiping yulan et Taiping huanyu ji). Sur ce point, cf. Kirkland, Russel, « A World in Balance : Holistic Synthesis in the T'ai-ping kuang-chi », Journal of Sung-Yuan Studies, 23, 1993, pp. 4370.Google Scholar

52. XZCB, j . 70 (6/1580) pour la proposition de Chen ; ;'. 74 (6/1692) pour la remise des 50 juan.

53. XZCBJ. 81 (7/1845).

54. D'après le XZCB, Wang est, entre 997 et 1014, responsable ou membre associé de 7 compilations historiques ou religieuses, auxquelles on peut sans doute ajouter le premier recensement en 997 des chiffres du Recouvrement des arriérés fiscaux jusque-là inconnus, ce qui lui vaut d'ailleurs de gagner alors la faveur impériale.

55. XZCB, j . 74 (6/1694).

56. Sur ces activités, cf. le tableau chronologique dressé par Noritada, Kubo, Daojiao shi (Histoire du taoïsme), Shanghai, Shanghai Renmin, 1987 (traduction en chinois de Dôkyô shi, publié en 1980), pp. pp. 312314.Google Scholar

57. Seidel, Anna, La divinisation de Lao Tseu dans le taoïsme des Han, Paris, EFEO, 1969 (rééd. 1992), pp. 5455.Google Scholar

58. Cf. notamment les nombreux édits qui, lors des grands sacrifices, interdisent l'abattage des animaux et l'interdiction d'appliquer les peines dans les prisons. Il m'est difficile pour l'instant d'articuler précisément ce qui, dans ces édits, traduit une grâce impériale et le souci d'éviter tout ce qui entraînerait une souillure du sacrifiant.

59. Benn, Charles D., « Taoism as Ideology in the Reign of Emperor Hsuan-Tsung (712- 755) », thèse inédite, The University of Michigan, 1977, pp. 178184 Google Scholar. On se souvient de la phrase déjà citée (n. 39) du Wushang Biyao.

60. Karl Olsson, « The Structure of Power… », op. cit., pp. 24-28.

61. Ibid., p. 89, qui cite Kracke, Edward A. Jr.,, Civil Service in Early Sung China, Cambridge, Harvard University Press, 1953, p. 55.Google Scholar

62. C'est déjà la conclusion de l'article de Suzanne Cahill, « Taoism at the Sung Court », art. cité, pp. 41-42.

63. On a déjà évoqué l'isolement de Sun Shi : sur ce point cf. Mai, Hong, Rongzhai suibi (Notes au fil du pinceau de (Hong) Rongzai), Taibei, Taiwan Shangwu, 1979, t. 2 (Sanbi), pp. 6061.Google Scholar

64. Karl Olsson, « The Structure of Power… », op. cit., p. 24.

65. XZCBJ. 17 (3/369).

66. Id.

67. XZCB, j . 65 (5/1446).

68. Taizu lui même vante devant le roi de Wu-Yue, venu en tributaire à Kaifeng, les « Trois ceintures », c'est-à-dire les trois canaux — le Bian he, le Huimin he et le Wuzhang he — qui enserrent et alimentent la ville, anecdote citée par Baozhu, Zhou, Songdai Dongjing yanjiu (Recherches sur la capitale Orientale à l'époque des Song), Kaifeng, Henan daxue, 1992, p. 171.Google Scholar

69. XZCB, j . 66 (6/1489).

70. Huangchao wenjian (Documents de la dynastie des Song), ;'. 42, cité dans QSW 5/315. Tous ces thèmes rhétoriques du danger et du coût de l'opération se trouvent déjà à l'oeuvre dans le plaidoyer de Kuang Heng sous les Han, cf. Hanshu, j . 25 (4/1257) (M. Bujard, « Recherches… », op. cit., pp. 307-308).

71. XZCBJ. 74 (6/1682) ; ce texte mentionne les suppliques rituelles adressées par la population à l'empereur pour l'inviter à sacrifier sur le site de Fenyin.

72. Taiping yulan, j . 158 (1/767), citation extraite du Hanshu.

73. Taiping huanyuji (Notes sur la géographie du monde à l'ère de la Grande paix),;'. 1, Taibei, Wenhai, 1980, p. 2a.

74. Taiping yulan, j . 158 (1/769), citation extraite du Bowu zhi. Il est d'ailleurs remarquable que ce soit dans ce seul passage du Taiping yulan que la phrase du Bowu zhi se termine par l'allusion à la fondation de la cité par le roi Wu après sa victoire sur les Yin, cf. Ning, Fan, Bowu zhi jiaozheng (édition critique du Traité sur la connaissance des êtres), Pékin, Zhonghua shuju, 1980, p. 15.Google Scholar

75. Qian, Sima, Shiji (Mémoires historiques), ;'. 129,Pékin, Zhonghua shuju, 1989, t. 10, pp. 32623263 Google Scholar. Le « Tripode » est bien évidemment un des emblèmes de la souveraineté.

76. Taichang yinge li, j . 41 (2/253-254).

77. XZCB, j . 69 (6/1545).

78. SHY, Shihuo 41/36.

79. XZCB, j . 70 (6/1561).

80. Fuliang, Chen, « Fu Guiyangjun ni zou shi zhazi, 2 », Zhi zhai ji (Recueil [des oeuvres de Chen] Zhizhai), ;'. 19, Qinding Siku quanshu, p. 5 Google Scholar-a.

81. Ce sont les dates données par Duanlin, Ma, Wenxian tongkao,j. 23, Guoyong kao 1, t. 1, p. 227 Google Scholar, où Ma cite abondamment Chen. On sait que c'est en 1007 qu'un quota de 6 millions de shi de riz est arrêté et qu'il atteindra même 7 millions en 1008, cf. SS, j . 175, Shihuo shang 3 (13/ 4251-4252), SHY, Shihuo 42/3 et XZCB, j . 64 (5/1439). D'autre part c'est le commissaire provi-soire aux Finances, Ding Wei, qui propose une logique de quotas pour l'impôt sur la base des recensements de population dont il présente les résultats également en 1007, cf. XZCB, j . 66 (6/1473-1474).

82. SHY, Li 22/4.

83. XZCB, j . 71 (6/1617).

84. XZCB, j . 78 (6/1779).

85. Id.

86. XZCB, j . 80 (6/1825-1826).

87. SS, j . 7, Benji 3, (1/138) ; Song Da zhaoling ji, j . 145, dans QSW 6/325/337 ; XZCB, j . 83 (7/1899).

88. XZCB, j . 71 (6/1608)

89. SS, j . 1, Benji 3, (1/138).

90. Cf. les différents édits que mentionnent le Tongzhi Zhili Jinzhou zhi (Monographie de la préfecture de Jin du Zhili à l'ère Tongzhi), dans QSW 6/323, le Qiu gu lu (Notes à la recherche de l'antiquité), dans QSW 6/324, le Qianlong Qufuxian zhi (Monographie de la sous-préfecture de Qufu à l'ère Qianlong), dans QSW 6/326.

91. SS, j . 1, Benji 3 (1/138).

92. Respectivement SS, j . 1, Benji 3 (1/138), SHY, Fangyu 5/16 et SHY, Fangyu 5/38.

93. Sur la tradition qui relie les dénominations et l'autorité politique, cf. LÉVI, Jean, « Quelques aspects de la rectification des noms dans la pensée et la pratique politiques de la Chine ancienne », Extrême-Orient-Extrême-Occident, vol. 15, 1993, pp. 2353.CrossRefGoogle Scholar

94. Sur les mesures concernant Yanzhou cf. XZCB, j . 68 (6/1532) ; sur les réquisitions de matériaux et les emprunts de voiture à la population, cf. SHY, Li 22/4 ; pour le déplacement à Fenyin cf. SHY, Xingfa 2/159 et XZCB, j . 74 (6/1686).

95. Respectivement XZCB, j . 71 (6/1608) et SHY, Li 22/11.

96. Le déplacement jusqu'au Taishan aurait coûté 8 millions de ligatures, d'après SS, j . 179, Shihuokuaiji (13/4349) ; celui à Fenyin, 1,2 million, d'après CAI Meipiao, Zhongguo tongshi (Histoire générale de la Chine), vol. 5, Pékin, Renmin, 1978, p. 126.

97. Wei, Ding, Ding Jingong tanlu (Recueil des propos du duc Ding de Jin), dans Shuofu sanzhong (3/777-778), ainsi que QIN Huitian, Wuli tongkao (Examen général des Cinq rites), j . 52, Jiangsu shuju, 1880, pp. 25a25b.Google Scholar

98. Le gongyong qian est en principe une allocation versée aux administrations locales. Cet argent est confondu, sans doute autant dans certains textes que dans la pratique, avec le gongshi qian qui représente une part du budget de fonctionnement local, destiné par exemple à couvrir les frais de représentation des fonctionnaires. Ces sommes sont d'ailleurs souvent utilisées par ceux-ci à des fins lucratives : prêts, investissements commerciaux, etc. Sur ces fonds publics, cf. SS, j . 172 (12/4144) et Zongxian, Yu, « Songdai gongshi qian yanjiu (Recherches sur les fonds d'allocation à l'époque des Song) », Song shi yanjiu lunwenji, Hangzhou, Zhejiang Renmin, 1987, pp. 82108.Google Scholar

99. Ce passage, décisif pour notre propos, est malheureusement ambigu, puisque le terme po que je traduis par « acquitté » est absent de l'édition du Wuli tongkao dont la leçon donne ruo, ce qui signifierait alors « comme pour les fonds publics ». Cependant on retrouve bien l'expression po dans le texte de la stèle célébrant la construction des temples de la félicité Céleste, cf. Yuan, Chen et al., Daojia jin shi lue (Abrégé des inscriptions épigraphiques taoïstes), Pékin, Wenwu, 1988, p. 249.Google Scholar

100. On sait qu'en 1008, la préfecture de Yan est gratifiée mensuellement d'un versement « particulier » de 200 000 pièces (?) au titre des fonds publics, cf. XZCB, j . 68 (6/1532) et on trouve confirmation du plan concernant les offices de crédit et de leur mise en place dans une entrée très simplifiée du XZCB, j . 70 (6/1565-1566).

101. Fuliang, Chen, « Fu Guiyangjun ni zou shi zhazi, 2 », Zhi zhai ji, j . 19, p. 4b.Google Scholar

102. L'année qui suit le sacrifice au Taishan, le même Ding Wei, qui défend le projet très coûteux de construction du temple Zhaoying, est soupçonné explicitement de « vouloir épuiser (dan) les ressources de l'État », aussi souligne-t-il pour emporter l'adhésion de l'empereur que : « (Sa) Majesté étant riche de la possession de l'empire, comment Lui serait-il impossible de construire un temple consacré très respectueusement à l'empereur d'En Haut ? », cf. XZCB, j . 71 (6/1602). Comme dans le cas du déplacement au Taishan, les dépenses prestigieuses sont engagées en relation avec le contrôle de l'empereur sur l'empire.

103. Minsheng, Cheng, « Lun Bei-Song caizheng de tedian yu jipin de jiaxiang (Des particularités et de l'apparente dégradation des finances publiques sous les Song du Nord) », Zhongguo shi yanjiu, 1984, 3, pp. 2740.Google Scholar

104. Robert Hartwell, « The Impérial Treasuries », art. cité, p. 24.

105. Robert Hartwell a ainsi calculé qu'entre 970 et 1020 le Trésor avait prêté à la commission des Finances près de deux millions de kilo-argent (unité destinée à quantifier les prêts de différentes natures — or, argent, monnaies ou soieries), soit une moyenne annuelle de 40 000 kilo-argent, environ le quart des revenus annuels moyens de l'empereur durant la même période (autour de 170 000 kilo-argent), la plupart de ces opérations étant par la suite transformées en dons : cf. « The Impérial Treasuries », pp. 54-55. Pour les chiffres des revenus, cf. le tableau p. 37.

106. La plupart de ces commissions sont présentées dans l'article de Yoshiyuki, Sutô, « Hokû-Sô ni okeru San-shi no kôhai (Essor et déclin de la commission des Finances sous les Song du Nord) », Sôdai shi no kenkyû, Tokyo, Tôyô bunko, 1969, pp. 2777.Google Scholar

107. XZCB, j . 68 (6/1525).

108. XZCB, j . 42 (4/887-889).

109. SHY, Shihuo, 51/1.

110. XZCB, j . 71 (6/1602).

111. SHY, Shihuo 51/1.

112. XZCB, j . 85 (7/1936). L'ordonnance précise qu'au-delà des vice-commissaires il est interdit à tout fonctionnaire de l'institution de détenir ces informations.

113. XZCB, j . 82 (7/1866).

114. Sutô, « San-shi no kôhai », art. cité, pp. 62-63 et 73, souligne qu'au début de la dynastie beaucoup d'agents des différents bureaux de la commission des Finances, tout comme certains responsables des trésors, portent encore des titres d'employés subalternes ou de petits grades militaires (li, kongmu guan). Dès qu'il monte sur le trône, l'empereur Zhenzong explique d'ailleurs son choix d'employer Wang Qinruo en ces termes : « Qinruo n'est qu'un petit fonctionnaire, le seul qui ose plaider en faveur du peuple, ce à quoi répugnent les grands fonctionnaires », cf. XZCB, j . 42 (4/888).