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Y a-t-il une géographie de l'individu biologique?

Published online by Cambridge University Press:  22 September 2017

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Le beau livre de Maximilien Sorre, Les bases biologiques de la Géographie humaine, essai d'une écologie de l'homme — sur lequel, dans un volume précédent des Mélanges, Lucien Febvre a déjà attiré l'attention de nos lecteurs — n'est pas, comme son titre l'indique à l'avance, un ouvrage de conclusion ou d'ensemble sur la géographie humaine. L'œuvre est capitale, d'un intérêt puissant, elle pose beaucoup de problèmes, mais non pas tous les problèmes à la fois. Elle est une découverte, une recherche limitée, exposée dans tous ses détails, une série de prises de contact. D'où ses prudences, ses procédés et ses solutions. Plus qu'une introduction originale et solide, aussi concrète et terre-à-terre que possible, à un traité de géographie humaine générale, qui reste à décrire : disons, une première opération, le développement d'un thème préalable.

Type
Problémes et Bilans
Copyright
Copyright © Les Éditions de l'EHESS 1944

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References

page 26 note 1. Paris, Armand Colin, 1943, 440 p. gr. 8°, 31 figures dans le texte. — Le sous-titre me semble discutable : y a-t-il, sans plus, une écologie de l'homme, machine vivante, étudiée, en dehors de ces réalités sociales ? M. S. écrit, il est vrai, Essai d'une écologie, et non pas Ecologie. — Quant au titre, le mot biologique prête à double sens : il désigne* la biologie de l'homme, sans doute, mais l'habitude s'est prise de parler d'une géographie biologique, celle des plantes ou des animaux. Dans le livre I l'un des deux sens, biologie de l'homme ; dans les livres II et III tes deux sens et spécialement le second. Mais au vrai, les mots de « géographie humaine » eux-mêmes ne sont-ils pas discutables ?

page 28 note 1. Voir sur ces questions, outre l'article de Kratzer sur le climat des villes. 1937, utilisé par M. S., les tratvaux récents de R. Geiger, Das Klima der boden nahen Lujtsahicht (2e éd. 1942, et de Car Troll, Thermische Klinstypen der Erde. Petermanns Mitteilungen, mars-avril 1943.

page 29 note 1. Pour écologie et œkoumène, je conserve l'orthographe du livre. Evidemment si l'on voulait discuter !

page 29 note 2. Page 188.

page 31 note 1. Y a-t-il, selon l'hypothèse de Nicolle, suppression dans certaines maladies du vecteur, et transmission directe, ensuite, du germe pathogène d'homme à homme, ainsi dans les cas de la tuberculose ? Cf. Sorre, p. 293.

page 33 note 1. [Puisque Fernand Braudel veut bien rappeler ce travail dont j'ai eu l'idée et qui fut mené sous ma direction (il aurait dû s'intituller, d'ailleurs, Essai d'une carte des graisses de cuisine en France ; les fonds de cuisine sont autre chose), il serait diésirable en effet qu'ill fût repris par de bons enquêteurs ; les géographes en disposent de toute une armée ; il importerait d'ailleurs que leur enquête fût historique en même temps que géographique ; l'histoire des substitutions de graisses à graisses serait passionnante. (L. F.)]

page 33 note 2. Est-ce dans la mesure où ces maladies entraîneraient l'étude d'une action de l'homme sur l'homme, donc une étude sociale ? Tuberculose, maladie des villes ???

page 33 note 3. Max Sorre se prononce en effet, sans fournir de preuves pesonnelles, en faveur de l'origine américaine. Voir p. 342 : « La syphilis paraît sûrement être d'origine américaine, quoiqu'on en ait dit parfois. »

page 33 note 4. Nous n'avons pas pu prendre connaissance du livre de Pierre Delbet : Politique préventive du cancer, Paris, Denoël, 1944.

page 33 note 5. P. 314, à propos de la destruction du premier empire des Mayas et des théories d'Huttington. — Le climat changerait-il sous nos yeux ? La, question est de celles qut doivent tout de même intéresser les climatologues et les géographes ? Cette variation du climat, si variation il y a, ne remettrait-elle pas en cause tous les problèmes, tous les ordres, lous les équilibres de la vie ? Beaucoup d'auteurs répondent par l'affirmative sous le couvert de preuves et d'autorités assez douteuses, j'en conviens. Selon les plus catégoriques d'entre eux, il y aurait, étalées sur plusieurs siècles à la fois, de lentes modulations de climat passant par de très faibles variations successives et des dénivelées totales assez peu importantes, de périodes sèches et chaudes à des périodes moins chaudes et surtout plus humides. Suffit-il pour trancher la question de répondre par la négative, sans plus, ou même de ne pas poser ou reposer cette question ? Il y a cependant l'exemple des avancées et des reculs des glaciers des Alpes (voire du Caucase), le retrait de la banquise arctique, assez net depuis la fin du XIXe siècle, le long des rivages russes et sibériens… Toute la politique des Soviets dans ce Nord arctique nous est présentée comme fondée sur l'hypothèse d'un réchauffement actuel de l'Arctique ; est-ce là une erreur ? Historiquement,, les exemples douteux mais troublants ne manquent pas. Est-ce à cause des hommes seulement qu'au IXe s. les sources superficielles se tarissent en Sicile ? Au XIVe et au Xve s., faut-il penser, avec Gaston Roupnel, que les,, calamités européennes sont imputables finalement à des perturbations de climat ? On constate, avec la fin du XVIe s., oserai-je dire, une aggravation des conditions climatiques dans la Basse-Toscane, productrice de grains, en tout cas des inondations dévastatrices, des hivers plus rudes, si rigoureux parfois que les oliviers gèlent… De même Huttington a-t-il raison, malgré tout, quand il soutient que le premier empire maya a été victime d'un cataclysme, d'un changement climatique ? Tel n'est pas l'avis de Maximilion Sorre : « F. Huttingion, écrit-il, a cherché l'explication de cette singularité (la disparition de florissants établissements urbains dans les pays du Péten et de l'Usumacinta), dans l'hypothèse de changements de climat entraînant une variation de la morbidité infectieuse. Cette hypothèie n'est pas nécessaire. » Je “souligne la phrase, mais le fait est-il si sur ? — Dans un cas analogue, pour expliquer la recrudescence de la malaria dans l'Italie du XVIe s. (et plus généralement dans la Méditerranée de ce temips-là), Philipp Hiltebrand suppose l'arrivée de germes maléfiques nouveaux, ceux d'une malaria tropicalis, en provenance rapide (ultra-rapide même) d'Amérique. A la manière d'Huttington, ne pourrait-on pas penser (surtout s'agissant du XVIIe s. d'ailleurs) à une augmentation légère des précipitations atmosphériques et à une montée conséquente dans les bas pays méditerranéens des eaux stagnantes, par suite à une multiplication des gîtes anophéliques ? Tout en songeant, je le veux bien, à d'autres explications aussi plausibles : l'augmentation des hommes notamment, la multiplication des « bonifications » créatrices (à leurs débuts, surtout, mais plus tard encore quand elles ne sont pas victorieusement achevées) d'une aggravation de la malaria, comme tout remuement du sol en ces zones dangereuses ? Bien d'autres petits faits seraient à citer, discutables, obscurs aussi : ils ne résolvent pas le problème contre l'opinion des géographes partisans de l'immuabilàté du climat durant les époques historiques : non sans doute, mais, si je ne me trompe, ils le posent avec plus de netteté. Cf. à ce sujet les notes prudentes d'E. de Marlonne dans La France (G. U., 1943), 1er partie, p. 313 : « L'esprit du savant se tourne plutôt vers l'hypothèse d'une périodicité. » Et, p. 314 : « Une périodicité d'environ 30 ans n'est pas loin d'être vraisemblable. »

page 34 note 1. A noter le paragraphe consacré aux survivances des régimes alimentaires primitifs, p. 239, et la note, p. 240, sur la primauté ancienne des céréales! a bouillie et notamment des millets, « on pourrait parler… d'un âge des millets ».

page 34 note 2. Dommage qu'il n'ait pas été parlé des conséquences que purent avoir certaines grandes révolutions alimentaires de l'époque moderne en Europe. Tableau sommaire de ces révolutions dans le manuel classique d'histoire économique de Kulisder. Pour certains aspects sociaux de ces transformations (à propos du café, du thé, de la bière) voir Henri Brunschwig : Les origines du romantisme en Prusse : Essai d'histoire sociale (à paraître).. Les historiens français contemporains sont assez inattentifs en général à l'histoire de l'alimentation, peut-être aussi intéressante, après tout, que le système de Law ou tout autre grande question classique. Avons-nous une histoire de la ou mieux des cuisines françaises ? ou par exemple une histoire de l'huile ou du beurre — voire dans la Méditerranée du XVIe s., une histoire du beurre rance que l'on a transporté alors par bateaux de Bône à Alger, de Djerba à Alexandrie, peut-être même jusqu'à Constantinople ! Beaucoup d'historiens connaissent-ils les difficultés de la fabrication du biscuit, dans la Méditerranée des navires ronds et des navires h rames, condition des plus glorieuses armadas ? Pas de blé, pas de flotte, pourrait-on dire. Combien encore, nous citons au hasard, connaissent teille note révélatrice de W. Sombart sur l'essor que prirent les industries de conserves aux XVe et XVIe siècles — ou cette histoire nordique et atlantique du bœuf salé qu'H. Hauser aimait expliquer dans ses cours ?

page 35 note 1. Cf. sur ce point la nobe de François Perroux, Cours d'économie politique, 1re année, p. 137. « Elle [la géographie] définit peu et mal les termes qu'elle emploie », etc…

page 36 note 1. Cholley, André, Guide de l'étudiant en géographie, Presses universitaires, 1943, p. 9.Google Scholar Mais description « homocentrique », p. 121.

page 36 note 2. Demangeon, Albert. Problèmes, p. 28.Google Scholar

page 36 note 3. Selon l'expression de Maurice Halbwachs.

page 36 note 4. P. 37-38. Bien caractéristique, le fait que M. S. ait réservé (cf. p. 10) à un autre ouvrage, celui-là à paraître, l'étude du milieu climatique urbain.