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Le temps du récit: Histoire, fiction, littérature

Published online by Cambridge University Press:  04 August 2021

Le temps du récit: histoire, fiction, littérature

Les fondateurs des Annales, Lucien Febvre en tête, rêvaient d’annexer l’objet littéraire au territoire de l’historien. Depuis lors, l’approche historienne des textes littéraires est restée un thème récurrent de la revue. De l’histoire du livre à l’étude des savoirs de la littérature, les années récentes ont pleinement renoué avec cette tradition, dans un contexte marqué par un intérêt grandissant des historiens non seulement pour les textes littéraires du passé, mais aussi pour la façon dont les écrivains contemporains se saisissent de l’histoire. Concurrence déloyale ou fascination mutuelle ? La question doit être posée différemment, car elle invite surtout à s’interroger sur les formes narratives et les procédés textuels de l’écriture historiographique. Comment expliquer que le débat, vif dès les années 1970, se soit ensuite absenté des pages de la revue, au moment même où il battait son plein dans d’autres lieux ? Y réfléchir, c’est aussi comprendre comment les Annales se situent dans le paysage historiographique et éditorial et comment évoluent les formats et les modèles de l’écriture savante dans une revue internationale. C’est également ouvrir des pistes pour l’avenir : entretenir une approche réflexive des formes d’écriture historique, en dialogue avec la diversité des littératures contemporaines, n’implique nullement d’effacer la frontière entre l’écriture savante et la littérature, mais de réfléchir à l’historicité de l’une et de l’autre, afin de mieux cerner une histoire des styles historiographiques.

Narrating time: history, fiction, literature

Narrating Time: History, Fiction, Literature

The founders of the Annales, especially Lucien Febvre, dreamed of annexing the literary to history. Since then, the historical approach to literary texts has remained a recurrent theme within the journal. From the history of the book to the study of literary knowledge, this tradition has been fully renewed in recent years, in a context marked by a growing interest on the part of historians not only in the literary texts of the past but also in the ways contemporary authors seize history. Unfair competition? Mutual fascination? We suggest, rather, shifting the question toward the narrative forms and textual tools of historiographical writing itself. We must also ask how and why this debate, which was lively from the 1970s onwards, subsequently disappeared from the pages of the journal, at the very moment it was flourishing in other venues. Such a reflection yields useful elements to situate the Annales in the historiographical and editorial landscape and to consider how the formats and models of scholarly writing evolve in an international journal. It also opens up avenues for the future: maintaining a reflexive approach to forms of historical writing, in dialogue with the diversity of contemporary literature, does not mean erasing the border between scholarly writing and literature, but rather reflecting on the historicity of both to better define a history of historiographic styles.

Type
Au miroir des sciences sociales
Copyright
© Éditions de l’EHESS

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References

1 Raymond Aron, « Comment l’historien écrit l’épistémologie. À propos du livre de Paul Veyne », Annales ESC, 26-6, 1971, p. 1319-1354 et Michel de Certeau, « Une épistémologie de transition : Paul Veyne », Annales ESC, 27-6, 1972, p. 1317-1327.

2 Roland Barthes, Le degré zéro de l’écriture, Paris, Éd. du Seuil, [1953] 1972.

3 Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Éd. du Seuil, [1971] 1978, p. 70.

4 P. Veyne, Comment on écrit l’histoire, op. cit., p. 41 et 65-69.

5 Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, 1975 ; Paul Ricœur, Temps et récit, t. 1, L’intrigue et le récit historique, Paris, Éd. du Seuil, 1983.

6 M. de Certeau, L’écriture de l’histoire, op. cit., p. 70.

7 Id., La possession de Loudun, Paris, Gallimard, [1970] 1990, p. 7.

8 Ibid., p. 327.

9 Michel de Certeau, La fable mystique. xvi e -xvii e siècle, t. 1, Paris, Gallimard, 1982, p. 320.

10 Id., « L’histoire, science et fiction », Le genre humain, 1-7, 1983, p. 147-169, ici p. 160.

11 Id., L’écriture de l’histoire, op. cit., p. 119.

12 Id., « Une épistémologie… », art. cit., p. 1321.

13 Dans l’historiographie contemporaine, constituée comme discipline universitaire depuis le xix e siècle, cette communauté savante est aussi une communauté professionnelle. Il existe bien sûr, dans le passé européen comme dans d’autres traditions savantes extra-européennes, des dispositifs différents, où l’articulation du récit et de la preuve s’agence autrement, sans que cette différence soit nécessairement irréductible. Cette perspective comparatiste a été remarquablement absente des débats ici évoqués, du moins jusqu’aux années récentes. Voir Velcheru Narayana Rao, David Shulman et Sanjay Subrahmanyam, Textures du temps. Écrire l’histoire en Inde, trad. par M. Fourcade, Paris, Éd. du Seuil, 2004 et Nathalie Kouamé (dir.), Historiographies d’ailleurs. Comment écrit-on l’histoire en dehors du monde occidental ?, Paris, Karthala, 2014.

14 Paul Ricœur, Temps et récit, Paris, Éd. du Seuil, 3 vol., 1983-1985.

15 Id., « L’écriture de l’histoire et la représentation du passé », Annales HSS, 55-4, 2000, p. 731-747, ici p. 736. Voir aussi id., La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Éd. du Seuil, 2000.

16 Michel Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l’histoire », in Dits et écrits (1954-1988), t. 2, 1970-1975, éd. par D. Defert et F. Ewald, Paris, Gallimard, [1971] 1994, p. 136-157.

17 M. Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l’histoire », art. cit., p. 149.

18 Lawrence Stone, « Retour au récit ou réflexions sur une nouvelle vieille histoire », Le Débat, 4-4, 1980, p. 116-142 ; Carlo Ginzburg, « Signes, traces, pistes. Racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 6-6, 1980, p. 3-44.

19 Hayden White, The Content of the Form: Narrative Discourse and Historical Representation, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1987 ; id., Metahistory: The Historical Imagination in Nineteenth-Century Europe, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1975.

20 Pierre Vidal-Naquet, « Lettre », in L. Giard (dir.), Michel de Certeau, Paris, Centre Georges Pompidou, 1987, p. 71-72, cité par Patrick Boucheron dans « ‘Toute littérature est assaut contre la frontière’. Note sur les embarras historiens d’une rentrée littéraire », Annales HSS, 65-2, 2010, p. 441-467, ici p. 465.

21 Lucette Valensi, « Présence du passé, lenteur de l’histoire », L. Valensi (dir.), no spécial « Présence du passé, lenteur de l’histoire. Vichy, l’Occupation, les Juifs », Annales ESC, 48-3, 1993, p. 491-500, ici p. 497.

22 Carlo Ginzburg, « Just One Witness », in S. Friedlander (dir.), Probing the Limits of Representation: Nazism and the “Final Solution”, Cambridge, Harvard University Press, 1992, p. 82-96, repris sous une forme révisée dans id., « Unus testis. Lo sterminio degli ebrei e il principio de realtà », Quaderni storici, 80-2, 1992, p. 529-548. Cette question du « témoin unique » se trouve déjà semblablement articulée à celle de l’énonciation littéraire de la vérité historique chez Pierre Vidal-Naquet dans sa préface « Du bon usage de la trahison », in Flavius Josèphe , La guerre des Juifs, trad. par P. Savinel, Paris, Éd. de Minuit, 1977, p. 9-115).

23 Carlo Ginzburg, Rapports de force. Histoire, rhétorique, preuve, Paris, Éd. de l’EHESS/Gallimard/Éd. du Seuil, 2003.

24 James Clifford et George Marcus, Writing Culture: The Poetics and Politics of Ethnography, Berkeley, University of California Press, 1986.

25 Philippe Descola, « Post-scriptum. Les écritures de l’ethnologie », in Les lances du crépuscule. Relations jivaros, Haute Amazonie, Paris, Plon, 1993, p. 479-482, ici p. 481-482.

26 Même l’article de Daniel S. Milo, qui plaidait, en 1990, pour une « gaie histoire », expérimentale et iconoclaste, libérée des habitudes et des servitudes disciplinaires, esquive étrangement cette question : Daniel S. Milo, « Pour une histoire expérimentale, ou la gaie histoire », Annales ESC, 45-3, 1990, p. 717-734.

27 On remarquera par exemple que Jacques Rancière, Les noms de l’histoire. Essai de poétique du savoir, Paris, Éd. du Seuil, 1992 n’a pas été recensé dans les Annales. Pas davantage que le livre, paru la même année et qui porte sur la politique de la Nouvelle Histoire, de Philippe Carrard, Poetics of the New History: French Historical Discourse from Braudel to Chartier, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1992, traduit en français en 1998. Les livres d’Hayden White ne font l’objet d’aucune recension et ne sont cités qu’à deux reprises : voir D. S. Milo, « Pour une histoire expérimentale… », art. cit., p. 731 et P. Ricœur, « L’écriture de l’histoire… », art. cit., p. 743-744.

28 Voir notamment Jacques Revel, « Ressources narratives et connaissance historique », Enquête, 1, 1995, p. 43-70.

29 Yannick Haenel, Jan Karski : roman, Paris, Gallimard, 2009 ; Claude Lanzmann, « Jan Karski de Yannick Haenel : un faux roman », Marianne, 666, janv. 2010, p. 23-29, republié dans Les Temps modernes, 657-1, 2010, p. 1-10 ; Annette Wieviorka, « Faux témoignage », L’Histoire, 349-1, 2010, p. 30-31. Yannick Haenel dépeint ainsi un Roosevelt libidineux, plus soucieux du corsage de sa secrétaire que des propos de Jan Karski, alors que ce dernier, dans ses mémoires, loue au contraire la qualité d’écoute du président américain. Se trouve validée, de la sorte, la thèse, historiquement problématique, d’une indifférence américaine au sort des Juifs d’Europe.

30 Voir par exemple Bruce Mazlish, « The Question of The Question of Hu », History and Theory, 31-2, 1992, p. 143-152.

31 Javier Cercas, Le point aveugle, trad. par É. Beyer et A. Grujičić, Arles, Actes Sud, 2016.

32 Le début du siècle fut notamment marqué par la réception des œuvres d’auteurs européens majeurs comme W. G. Sebald et Hans Magnus Enzesberger, par le succès du livre de Jonathan Littell, Les bienveillantes, Paris, Gallimard, 2006 et par l’apparition sur la scène littéraire du collectif Inculte (réunissant, entre autres, Mathias Énard et Maylis de Kerangal), d’Emmanuel Carrère et d’Éric Vuillard. Pour le compte rendu critique de ce moment de vacillement des frontières entre « fiction » et « non-fiction » et de l’émergence corrélative de la notion de « littérature du réel », voir Françoise Lavocat, Fait et fiction. Pour une frontière, Paris, Éd. du Seuil, 2016 et Alexandre Gefen, Réparer le monde. La littérature française face au xxi e siècle, Paris, José Corti, 2017. Il s’agit également, dans le champ poétique français, d’une période de « retour au réel », sur fond de critique et parfois de répudiation des expériences « textualistes » des années 1970 (incarnées notamment par la revue Tel quel) – un tournant que signalent bien la montée en puissance de la topique du « monde » et le retour en grâce de la thématique pongienne des « choses ». Voir sur ce point Michel Collot, Le chant du monde dans la poésie française contemporaine, Paris, José Corti, 2019.

33 Patrick Boucheron, Léonard et Machiavel, Lagrasse, Verdier, 2008.

34 Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998.

35 Pierre Senges, La réfutation majeure, Paris, Gallimard, 2005.

36 Romain Bertrand, Qui a fait le tour de quoi ? L’affaire Magellan, Lagrasse, Verdier, 2020.

37 Lucien Febvre, « Littérature et vie sociale. Un renoncement ? », Annales d’histoire sociale, 3-3/4, 1941, p. 113-117. Voir Anne Simonin, « Histoire et Littérature », in Y. Potin et J.-F. Sirinelli (dir.), Générations historiennes. xix e -xxi e siècle, Paris, CNRS Éditions, 2019, p. 697-717.

38 Roland Barthes, « Histoire et littérature : à propos de Racine », Annales ESC, 15-3, 1960, p. 524-537, ici p. 525.

39 Christian Jouhaud (dir.), no spécial « Littérature et histoire », Annales HSS, 49-2, 1994 et Jacques Poloni-Simard (dir.), no spécial « Pratiques d’écriture », Annales HSS, 56-4/5, 2001. On pourra comparer l’article de 1994 de Roger Chartier, « George Dandin, ou le social en représentation », Annales HSS, 49-2, 1994, p. 277-309, et son plaidoyer pour une histoire des représentations dans le numéro de 1989, id., « Le monde comme représentation », Annales ESC, 44-6, 1989, p. 1505-1520.

40 Étienne Anheim et Antoine Lilti (dir.), no spécial « Savoirs de la littérature », Annales HSS, 65-2, 2010.

41 Voir par exemple, récemment, Anaïs Fléchet et Élie Haddad (dir.), no spécial, « L’écriture de l’histoire : sciences sociales et récits », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 65-2, 2018.

42 Luc Boltanski, Énigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes, Paris, Gallimard, 2012.

43 Michel Foucault et Claude Bonnefoy, Le beau danger. Un entretien de Michel Foucault avec Claude Bonnefoy, Paris, Éd. de l’EHESS, [1968] 2011.

44 Lucien Febvre, « Face au vent. Manifeste des Annales nouvelles », Annales ESC, 1-1, 1946, p. 1-8, ici p. 5 et 7-8, reproduit dans le présent numéro : « 90 ans d’éditoriaux », p. 725-796.

45 Id., Le problème de l’incroyance au xvi e siècle. La religion de Rabelais, Paris, Albin Michel, [1942] 2003, p. 15.

46 Voir Étienne Anheim, Jean-Yves Grenier et Antoine Lilti (dir.), no spécial « Statuts sociaux », Annales HSS, 68-4, 2013 et en particulier l’article d’Étienne Anheim, « Les hiérarchies du travail artisanal au Moyen Âge entre histoire et historiographie », p. 1027-1038 ; Antoine Lilti, « Le pouvoir du crédit au xviii e siècle. Histoire intellectuelle et sciences sociales », Annales HSS, 70-4, 2015, p. 957-978 ; Vincent Azoulay, « Repenser le politique en Grèce ancienne », Annales HSS, 69-3, 2014, p. 605-626.

47 Clémence Revest, « La naissance de l’humanisme comme mouvement au tournant du xv e siècle », Annales HSS, 68-3, 2013, p. 665-696.

48 Ivan Jablonka, L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Paris, Éd. du Seuil, 2014.

49 Voir les reproches adressés à Éric Vuillard par Robert Paxton dans « The Reich in Medias Res », New York Review of Books, 6 déc. 2018 et, dans le présent numéro, le compte rendu par Romain Bertrand de Tristesse de la terre d’Éric Vuillard, p. 826-831.

50 Laurent Demanze, Un nouvel âge de l’enquête. Portraits de l’écrivain contemporain en enquêteur, Paris, José Corti, 2019 ; Marie-Jeanne Zenetti, Factographies. L’enregistrement littéraire à l’époque contemporaine, Paris, Classiques Garnier, 2014.

51 Enzo Traverso, Passés singuliers. Le « je » dans l’écriture de l’histoire, Montréal, Lux, 2020. Voir aussi, dans ce numéro, le compte rendu par Antoine Lilti des Disparus de Daniel Mendelsohn, p. 860-864.

52 Philippe Artières, Vie et mort de Paul Gény. Récit, Paris, Éd. du Seuil, 2013.

53 Voir, dans des styles différents et parmi bien d’autres exemples possibles, Simona Cerutti, Étrangers. Étude d’une condition d’incertitude dans une société d’Ancien Régime, Montrouge, Bayard, 2012 et Jacques Dalarun, Gouverner c’est servir. Essai de démocratie médiévale, Paris, Alma éditeur, 2012.

54 Françoise Zonabend, « Retour sur archives ou comment Minot s’est écrit », L’Homme, 200-4, 2000, p. 113-140 et Bernard Paillard, « Une enquête pluridisciplinaire en sciences humaines. Plozévet (1960-1965) : son histoire, ses archives », no spécial « Richesse et diversité : à la découverte des archives des sciences humaines et sociales », La Gazette des archives, 212-4, 2008, p. 57-67.

55 Joël Lehr et Jacques Poirier (dir.), Retour à l’auteur, Reims, Éditions et Presses universitaires de Reims, 2015.

56 Vincent Debaene, L’adieu au voyage. L’ethnologie française entre science et littérature, Paris, Gallimard, 2010 ; Alban Bensa et François Pouillon (dir.), Terrains d’écrivains. Littérature et ethnographie, Toulouse, Anacharsis, 2012.

57 Patrick Boucheron, « On nomme littérature la fragilité de l’histoire », Le Débat, 165-3, 2011, p. 41-56.

58 Laurent Binet, Civilizations, Paris, Grasset, 2019. Voir aussi Florian Besson, « Entretien. Imaginer une autre histoire des ‘Grandes Découvertes’ », Actuel Moyen Âge, 2019, http://actuelmoyenage.wordpress.com/2019/09/17/entretien-imaginer-une-autre-histoire-des-grandes-decouvertes.

59 Pierre Bourdieu, Manet, une révolution symbolique. Cours au Collège de France (1999-2000), Paris, Éd. du Seuil, 2013.

60 Pierre-Michel Menger, Le travail créateur. S’accomplir dans l’incertain, Paris, Gallimard/ Éd. du Seuil, 2009.

61 Éditorial, « Les Annales, aujourd’hui, demain », Annales HSS, 67-3, 2012, p. 557-560, reproduit dans le présent numéro : « 90 ans d’éditoriaux », p. 725-796.

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