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La société esclavagiste cubaine et la révolution haïtienne

Published online by Cambridge University Press:  04 May 2017

Ada Ferrer*
Affiliation:
New York University

Résumés

Cet article étudie les répercussions de la révolution haïtienne (1791-1804) à Cuba. Il vise à aller au-delà des généralisations sur la peur et la terreur engendrées par les sociétés d’esclaves avoisinantes en révolution et à comprendre ainsi les multiples références à Haïti. Á Cuba, la révolution haïtienne a eu des effets paradoxaux : elle a, d’une part, proposé un exemple de la révolution des esclaves et, d’autre part, contribué à la consolidation d’un système basé sur la traite des Africains. En étudiant les réactions des esclavagistes et de l’État colonial espagnol sur la révolution, l’auteur prête une attention particulière à une conspiration présumée d’esclaves en 1806, dans laquelle l’exemple de la révolution haïtienne semble avoir inspiré à un groupe d’esclaves la volonté de recouvrer leur liberté par la rébellion.

Summary

Summary

This article examines the repercussions of the Haitian Revolution (1791-1804) in Cuba. It seeks to move beyond the generalizations about the fear and terror generated by the revolution in neighbouring slave societies, and to understand instead the multiple uses of the recurrent mentions of Haiti. In Cuba, the Haitian Revolution had potentially paradoxical effects: on the one hand, it provided a graphic sample of slave revolution, and, on the other, it helped consolidate a system based on the enslavement of Africans. Surveying responses to the Revolution among slaveholders and the Spanish colonial state, the article devotes considerable attention to an alleged slave conspiracy of 1806, in which the example of the Haitian Revolution appears to have inspired and animated a diverse group of slaves to attempt to win their freedom through rebellion.

Type
Révolutions dans l’aire caraïbe
Copyright
Copyright © Les Éditions de l’EHESS 2003

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References

1 Voir en particulier Trouillot, Michel-Rolph, « An Unthinkable History: The Haïtian Revolution as a Non-Event », in ID., Silencing the Past: Power and the Production of History, Boston, Beacon, 1995, pp. 70107 Google Scholar ; Buck-Morss, Susan, « Hegel and Haïti », Critical Inquiry, 26, 2000, pp. 821867 CrossRefGoogle Scholar ; et Geggus, David Patrick, Haitian RevolutionaryStudies, Boomington, Indiana University Press, 2002, pp. 157158 Google Scholar.

2 Voir Hobsbawm, Eric, The Age of Revolution, 1789-1848, New York, New American Library, 1964 Google Scholar ; Godechot, Jacques, France and the Atlantic Revolution of the EighteenthCentury, New York, Free Press, 1965 Google Scholar ; Furet, François et Ozouf, Mona, Dictionnairecritique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988 Google Scholar, ne comporte pas d’entrées Haïti, Saint-Domingue, Esclavage, Caraïbes ou Colonies.

3 M.R. TROUILLOT, « An Unthinkable History… », art. cit., p. 71.

4 Je traite de cette tendance dans le Cuba de la fin du XIXe siècle ( Ferrer, Ada, InsurgentCuba: Race, Nation, and Revolution, 1868-1898, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1999 Google Scholar).

5 Voir Dubois, W. E. B., The Suppression of the Atlantic Slave-Trade to the United States ofAmerica, 1638-1870, New York, Social Science Press, 1954, chap. 7Google Scholar ; Genovese, Eugene, From Rebellion to Revolution: Afro-American Slave Revolts in the Making of the Modern World, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 1979, pp. 113114 Google Scholar ; Hunt, Alfred N., Haiti's Influence on Antebellum America: Slumbering Volcano in the Caribbean, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 1988, pp. 109110 Google Scholar.

6 Voir Aimes, Hubert, A History of Slavery in Cuba, 1511-1868, New York, Octagon Books, 1967 Google Scholar, et Murray, David, Odious Commerce: Britain, Spain, and the Abolition of theSlave Trade to Cuba, Cambridge, Cambridge University Press, 1980, chap. 1Google Scholar.

7 L’argumentation sur le lien entre la révolution haïtienne et la continuation du règne espagnol à Cuba domine largement. Pour des exemples, voir Kuethe, Allan J., Cuba,1753-1815: Crown, Military and Society, Knoxville, University of Tennessee Press, 1986 Google Scholar ; Ibarra, Jorge, Ideología mambisa, La Havane, Instituto Cubano del Libro, 1967 Google Scholar ; Fraginals, Manuel Moreno, España/Cuba, Cuba/España, Barcelone, Editorial Crítica, 1995 Google Scholar ; et Pérez, Louis A., Cuba Between Reform and Revolution, New York, Oxford University Press, 1988 Google Scholar.

8 Voir Lynch, John, «The Origins of Spanish American Independence », in Bethell, L. (éd.), The Independence of Latin America, Oxford, Oxford University Press, 1987, p. 47 Google Scholar ; Lynch, John, The Spanish American Revolutions, 1808-1826, New York, Norton, 1986, chap. 6Google Scholar ; et Izard, Miguel, El miedo a la revolución: la lucha por la libertad en Venezuela(1770-1830), Madrid, Editorial Tecnos, 1979 Google Scholar.

9 Il importe de souligner que les planteurs cubains créaient un nouveau Saint- Domingue dans un contexte très différent de celui qui avait permis l’essor de la colonie française. Le « boom » à Cuba au début du XIXe siècle eut lieu alors que le commerce des esclaves et l’esclavage lui-même étaient mis à mal par la révolution haïtienne et contestés par le développement des mouvements abolitionnistes anglais. Ceci favorisa et, paradoxalement, relança la servitude dans de nouveaux territoires, tel Cuba, au point que l’on parle parfois de « deuxième esclavage ». Voir Tomich, Dale, « Spaces of Slavery, Times of Freedom: Rethinking Caribbean History », World Perspectives: ComparativeStudies of South Asia, Africa and the Middle East, 57, 1997, pp. 6780 Google Scholar, et ID., « The Second Slavery: Bonded Labor and the Transformation of the Nineteenth-Century World Economy », in RamÎrez, F. O., Rethinking the Nineteenth Century: Contradictions and Movement, New York, Greenwood Press, 1998, pp. 103117 Google Scholar.

10 Voir par exemple, Ignacio Leyte Vidal à Juan Bautista Vaillant, Baracoa (28 août 1791), dans « Documentos referentes a la sublevación de negros esclavos en la isla de Santo Domingo » (Archivo Nacional de Cuba [ANC], Fondo Asuntos Políticos [AP], leg. 4, exp. 33) ; Minuta,Muy reservada, al Exmo. Sr. Conde de Floridablanca (7 septembre 1791) : ANC, Correspondencia de los Capitanes Generales [CCG], leg. 42, exp. 5 ; Manuel GonzÁles a Juan Bautista Vaillant, Kingston, Jamaica (13 décembre 1791) : ANC, CCG, leg. 42, exp. 8. Les deux dernières sont aussi réimprimées dans Franco, José Luciano, Documentos para la historia de Haití en el Archivo Nacional, La Havane, ANC, 1954, pp. 6470 Google Scholar. La question de savoir à quelle époque un plus large public prit connaissance de la rébellion est moins sûre. La couverture médiatique, à travers les journaux espagnols circulant à La Havane, débuta en novembre 1791. Une entrée intrigante et peu claire dans les débats du cabildo de La Havane attribue une pénurie de porcs à une émeute de Noirs peut-être liée auxévénements de Saint-Domingue (” Actas Capitulares del Ayuntamiento de la Habana transuntadas de Enero 1791 a Diciembre 1791 » (9 septembre 1791) : Archivo del Museo de la Ciudad de La Habana [AMCH], 1791, f. 247).

11 Vizieu de Sombrages au gouverneur. D. Juan Bautista Vaillant, San Luis de Geremí ?as (1er novembre 1791), dans « Traducción de dos cartas fechadas 1 Nov. 1791 referentes a la rebelión en Santo Domingo » (ANC, AP, leg. 4, exp. 35). Le schéma selon lequel les observateurs commencèrent à décrire des scènes de rébellion ou d’invasion pour ensuite se rétracter, invoquant la nature horrible ou incroyable des événements, continua cependant pendant des décennies après la révolution elle-même. L’auteur ou l’orateur cessent leur description sous prétexte que le public est capable par lui-même d’imaginer de telles horreurs ou parce qu’elles dépassent justement leur imagination.

12 «Conde de Floridablanca al Sr. Gobernador de Cuba, San Lorenzo (26 de Noviembre 1791) » : ANC, CCG, leg. 42, exp. 7. Beaucoup de ces bandos sont reproduits dans J. L. FRANCO, Documentos…, op.cit. Pour un débat sur la réponse des États esclavagistes coloniauxde l’Atlantique à la révolution, voir JULIUS S. SCOTT, The Common Wind: Currents of Afro-American Communication in the Era of the Haitian Revolution, Ph. D., Duke University, 1986 ; A. N. HUNT, Haiti's Influence…, op.cit ., et Franco, José Luciano, Revoluciones y conflictos internacionales en el Caribe, 1789-1854, La Havane, Academia de Ciencias, 1965, en particulier les chapitres 1 à 4Google Scholar.

13 L’expression « sociologie intuitive » est empruntée à Farge, Arlette et Revel, Jacques, The Vanishing Children of Paris: Rumors and Politics before the French Revolution, Cambridge, Harvard University Press, 1991, p. 53 Google Scholar.

14 Francisco Arango y Parreño, au nom de l’ayuntamiento de La Havane, avait sollicité la concession pour trois ans auxEspagnols et auxétrangers d’introduire des esclaves africains à Cuba. La « Real Cédula » du 28 février 1789 la leur accordait pour deuxans. En août 1791, Arango demanda une extension de cette licence. Des informations en provenance d’Haïti parvinrent auxautorités espagnoles pendant que l’examen de la pétition était encore en cours. Arango la retira en novembre, et une prolongation de six ans fut accordée, à partir du 1er janvier 1792. Voir FRANCISCO ARANGO Y PARREñ O, « Representación hecha a S. M. con motivo de la sublevación de esclavos en los dominios franceses de la Isla de Santo Domingo » (20 novembre 1791), in Obras, 1-111/112 ; et H. AIMES, A History of Slavery in Cuba…, op.cit. , pp. 48-50. Pour un débat sur Arango, la « plantocratie » et sa notion de développement économique dans l’après-révolution haïtienne, Daletomich, , « The Wealth of Empire: Francisco Arango y Parreñ o, Political Economy, and the Second Slavery in Cuba », Comparative Studies in Society and History, 1, 2003, pp. 428 Google Scholar.

15 F. ARANGO Y PARREÑO, « Representación hecha a S. M… », art. cit., t. 1, pp. 111-112.

16 Ibid., p. 107.

17 Sur les migrations de Saint-Domingue vers Cuba, voir Duharte, Rafael, La huellafrancesa en Santiago de Cuba, Paris, L’Harmattan, 1988 Google Scholar. Sur les restrictions d’entrée ou de résidence des esclaves à Saint-Domingue, voir J. L. FRANCO, Documentos…, op.cit.

18 Kiple, Kenneth, Blacks in Colonial Cuba, 1774-1899, Gainesville, University Press of Florida, 1976, pp. 2728 et 38Google Scholar. L’auteur discute les différentes estimations de la population et les données des recensements, et accepte les chiffres de Ramón de la Sagra pour 1774 et 1792. Pour 1817, il se base sur ceux, officiels, de l’administration espagnole.

19 Les défenseurs d’un commerce d’esclaves moins réglementé arguaient que les Français, en 1781, à un moment où « la colonie de Guarico était dans une situation similaire à la nôtre aujourd’hui », permettaient l’importation de Noirs sur des vaisseauxprovenant de pays ennemis s’ils battaient pavillon neutre. De ce précédent, ils concluèrent que les autorités espagnoles devaient autoriser la même chose pour Cuba. Voir « Accuerdo de la Junta de Gobierno del Real Consulado » (18 octobre 1797), et Juan TomÁs de Jaurrequí au capitan général (23 octobre 1797), dans «Expediente relativo a las precauciones y seguridad en orden a los negros en general y en particular a los introducidos de las colonias extranjeras », ANC, Real Consulado y Junta de Fomento [RCJF], leg. 209, exp. 8993 ; voir aussi Memorias de la Sociedad Patriótica de la Habana, 1793, pp. 13-14, 36-38).

20 Sur les recensements à Cuba au XIXe siècle, voir K. KIPLE, Blacks in Colonial Cuba…, op.cit. , et l’oeuvre du « premier démographe » de Cuba, ANTONIO DEL VALLEHERNÁ NDEZ, Sucinta noticia de la situación presente de esta colonia, 1800, avec une introduction de Juan Pérez de la Riva, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 1977. Pour une discussion des liens entre la formation de l’État et les statistiques dans les contextes coloniaux, voir Appadurai, Arjun, « Number in the Colonial Imagination », in ID., Modernity atLarge: Cultural Dimensions of Globalization, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1996, pp. 114135 Google Scholar ; et Anderson, Benedict, « Census, Map, Museum », in ID., ImaginedCommunities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, Londres-New York, Verso, [1983] 1991, pp. 163185 Google Scholar.

21 « Memorias de la Real Sociedad Patrió tica de la Habana », 1794, manuscrit, La Havane, Instituto de Literatura y Lingüística.

22 « Acta de Cabildo de la Habana sobre como aumentar la población blanca », BNJM, CM Morales, t. 80, no 13.

23 Voir l’introduction de Juan Pérez de la Riva au livre de A. DEL VALLE HERNÁNDEZ, Sucinta noticia…, op.cit. , pp. 10-11. Voir «Expediente sobre las noticias comunicadas por el Sr. Síndico Don Francisco Arango y Parreñ o adquiridas en el viage que por encargo de S. M. ha hecho a Ynglaterra, Portugal, Barbada y Jamayca 1795 » (ANC, RCJF, leg. 92, exp. 3923).

24 « Real Consulado. Copia del Expediente no 134 sobre proponer al Rey un plan para asegurar la tranquilidad y obediencia de sus servios de esta Colonia en Representación de 10 de Julio de 1799 » («Expediente sobre el fomento de la población blanca en esta Ysla », ANC, RCJF, leg. 184, exp. 8330). Voir aussi Sebastian KindelÁn au capitaine général Someruelos, suite à la lettre du 7 mars 1804 (Archivo General de Indias [AGI], Cuba, leg. 1549).

25 « Gobernador Marqués de Someruelos instruye de las noticias que le ha dado el Gobernador de Cuba 1804 » (Archivo Historico Nacional [AHN], Madrid, Estado, leg. 6366, part. 2, exp. 87). « KindelÁn a Someruelos, oficio no 1151 » (AGI, Cuba, leg. 1549) ; « Marqués de Somuerelos participa haber llegado alli dos cuidadanos franceses que saliéron de la Ysla de Santo Domingo con una comisión para Europa (12 de Julio de 1800) » (AHN, Estado, leg. 6366, exp. 15).

26 Voir, par exemple, les appels à une aide cubaine provenant des réfugiés et résidents de Santo Domingo, conservés dans Archivo del Ministerio de Asuntos Exteriores [AMAE], Política Exterior, Repú blica Dominicana, leg. 2372 ; et Demorizi, Emilio Rodríguezy, Invasiones haitianas de 1801, 1805, y 1822, Ciudad Trujillo, Editorial del Caribe, 1955 Google Scholar.

27 Sur la capture et parfois le meurtre de marins espagnols, voir «El Gobernador Marqués de Someruelos da cuenta de haber apresado los negros de Santo Domingo un bergantin españ ol y del cruel procedimiento que resulta tubieron con la tripulación (16 de Octubre de 1804) », (AHN, Estado, leg. 6366, exp. 95 ; « El Gobernador Marqués de Someruelos ynstruye del apresamiento de un buque españ ol por los negros rebeldes de Santo Domingo, 1804 » (AHN, Estado, leg. 6366, exp. 100) ; « Joseph Murillo a Someruelos (7 de Octubre de 1804) » (AGI, Cuba, leg. 1648) ; et témoignage de Juan Bautista Faget (16 avril 1804) (AGI Cuba, leg. 1648). Sur la capture de vaisseauxd’esclaves par les forces haïtiennes, voir « Oficio de la Junta Consular al CapitÁn General (26 de Junio de 1811) » (Biblioteca Nacional José Martí [BNJM], CM Morales, t. 79, no 26).

28 Pour les rumeurs spécifiques d’invasion, voir « Manuel Guevara Vasconcelos, Capita ?n Gral. de Caracas, al Ministro de Estado (4 de Enero de 1804) » (AGI, Estado, leg. 68, exp. 3) ; « Carta reservada dirigida al Yntendente de la Habana, dando cuenta de los designios hostiles de los negros y mulatos de la parte francesa de Santo Domingo (19 de Mayo de 1818) » (ANC, AP, leg. 99, exp. 101) ; « Sebastian KindelÁn al Sr Yntendente del Ejercito, 1822 » (ANC, AP, leg. 113, exp. 8) ; « Comunicación del Comandante Militar de Baracoa al Gobernador de Santiago de Cuba pidiendo resfuerzos militares en vista de las amenazas de un ataque por parte de Haití (30 de Junio de 1823) » (ANC, AP, leg. 113, exp. 104) ; « Reservada, Carta no 2900, Ystancia de la alarma en que ha puesto a la Repú blica de Haití la misión del Intendente de Cuba Don Felipe FernÁndez de Castro […], 1830 » (ANC, Gobierno Superior Civil [GSC], leg. 524, exp. 18739) ; « Comunicación del Comandante de la 2a Sección al Comandante General del Departamento Oriental, Bayamo, dando cuenta de las disposiciones adoptadas en vista de temerse una invasión desde la república de Haití 1830) » (ANC, AP, leg. 121, exp. 23) ; « Documento re. intención del gobierno de Haití de revolucionar esta Isla (18 de Diciembre de 1830 ?) » (ANC, AP, leg. 215, exp. 89) ; du capitaine général de Puerto Rico au secrétaire d’État (1830) (AHN, Estado, leg. 6376, exp. 31).

29 « Comisión de Arango en Santo Domingo », in Obras, op.cit. , 1, pp. 340-383. Pour une description du voyage, voir DomÎnguez, Francisco Ponte, Francisco Arango y Parreñ o, El estadista colonial, La Havane, Editorial Trópico, 1937, pp. 158169 Google Scholar. L’informateur français d’Arango semble avoir été Pascal Sabes, général de brigade (Calander of Rochambeau Papers, entrée 1699).

30 Sur ce « piratage », voir B. ANDERSON, Imagined Communities…, op.cit.

31 Lettre de Rafael Castillo au gouverneur de Santiago de Cuba (23 juin 1841), in «La comisión dada por el gobernador de Cuba a D. Ramón Arango para adquirir noticias de Haití e igual comisión a Dn. Rafael Castillo » (ANC, AP, leg. 136, exp. 26).

32 Voir par exemple, « […] Carta al CapitÁn General Someruelos […], 1805 » (AGI, Cuba, leg. 1549 [note 285]).

33 « Expendiente instructivo para suavizar la suerte de los negros esclavos » (ANC, RCJF, leg. 150, exp. 7405). Sur la circulation de ce récit, Manuel Barcia, communication personnelle (juillet 1999).

34 Knight, Franklin, Slave Society in Cuba during the Nineteenth Century, Madison, University of Wisconsin Press, 1970 Google Scholar ; De La Riva, Juan PéRez, El barracón: Esclavitud ycapitalismo en Cuba, Barcelone, Editora Crítica, 1978 Google Scholar ; Ortiz, Fernando, Los negros esclavos, La Havane, Revista Bimestre Cubana, 1916 Google Scholar ; et Fraginals, Manuel Moreno, ElIngenio, 3 vols, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 1978 Google Scholar.

35 On dit que cela eut lieu dans l’hacienda de Serapio Recio à Santa Cruz, Puerto Príncipe, le 7 juin 1795. Lettre au capitaine général (14 juin 1795), « Correspondencia del oficio del Teniente Gobernador de la Villa de Puerto Príncipe D. Alfonso de Viana con la Capitanía General sobre negros, su expulsión y levantamientos » («Expediente relativo a las precauciones y seguridad… », ANC, RCJF, leg. 209, exp. 8993).

36 Viana au capitaine général (9 avril 1796), in ibid.

37 Recherches personnelles en cours sur la véracité de ces incidents présumés. Pour une liste et une discussion des conspirations et rébellions à travers les îles caraïbes de la période suivant la révolution d’Haïti jusqu’en 1815, voir Geggus, David Patrick, « Slavery, War and Revolution in the Greater Caribbean », in Gaspar, D. B. et Geggus, D. P. (éds), A Turbulent Time: The French Revolution and the Greater Caribbean, Bloomington, Indiana University Press, 1997, pp. 150 Google Scholar.

38 Pour une discussion sur la manière dont l’étiquette « révolte d’esclaves » a été utilisée avec abus par les historiens et les contemporains, voir D. P. GEGGUS, « Slavery, War and Revolution… », art. cit., et Thorton, John K., Africa and Africans in the Making ofthe Atlantic World, 1400-1800, Cambridge, Cambridge University Press, 1998, pp. 300301 CrossRefGoogle Scholar. Pour une discussion sur la manière dont cette utilisation par les planteurs et l’État justifia les réponses de « terrorisme racial », voir Johnson, Walter, « Possible Pasts: Some Speculations on Time, Temporality, and the History of the Atlantic Slave Trade », in Amerikastudien/American Studies, 45-2000, pp. 485499 Google Scholar. Voir aussi Aptheker, Herbert, American Negro Slave Revolts, New York, International Publishers, 1963, chap. 7Google Scholar, et Walvin, James, Questioning Slavery, Londres, Routledge, 1996, p. 121 CrossRefGoogle Scholar.

39 « Noticias acaecidas en la Villa de Puerto del Príncipe el día 12 de Junio de 1798 », in «Expediente relativos a las precauciones y seguridad […] » (ANC, RCJF, leg. 209, exp. 8993).

40 « Relación de los conatos de levantarse en armas los negros esclavos de la jurisdicción de Camagüey », in F. DE ARREDONDO, « Relación de los acontecimientos políticos occurridos en el Camagüey » (BNJM, CM Arredondo, no 8).

41 De Avellaneda, Gertrudis Gómez, Autobiografía y epístolarios de amor, éd. par Alexander Roselló Selimov, Newark, Juan de la Cuesta, 1999, p. 51 Google Scholar.

42 O’Farill, López et Patrón au comte de Santa Clara (18 août 1798), in «Expediente relativo a las precauciones y seguridad » (ANC, RCJF, leg. 209, exp. 8993). Tandis que les abolitionnistes anglais et les missionnaires intensifiaient leur propagande, les références auxdangers causés par les esclaves anglais commencèrent aussi à apparaître.

43 ANC, AP, leg. 9, exp. 27. Le document original est fort endommagé. (Je remercie Pedro Guibovich pour l’aide apportée à sa transcription.) Voici ce que j’interprète comme une référence à Haïti : « […] que quedarían asolutos y livres como el Gua […] ». Le dossier sur la rébellion est «Expediente criminal contra Francisco Fuertes y demÁs negros […] sobre levantamiento en el pueblo de Güines, 6 de Mayo de 1806 ».

44 L’original est plutôt décousu. « Los preparativos demuestran el liberado Ánimo y las atrosidades que debían resultar de esta empresa [si no se] hubiera descubierto oportunamente […] se ve que era bastante arduo […] con el plan concertado […] haverse evitado los mas sangrientes sucesos » (pp. 222-227).

45 La progression se poursuivit au-delà, puisque la région comptait quarante-sept moulins à sucre en 1827 et soixante-six en 1846 (M. MORENO FRAGINALS, El Ingenio, op.cit. , 1, p. 140). Les chiffres donnés par Marrero, Leví, Cuba: economía y sociedad, Madrid, Editorial Playor, 10, p. 141 Google Scholar, diffèrent quelque peu : huit moulins en 1796, vingt-sixen 1800. Sur la révolution du sucre à Güines, voir M. MORENO FRAGINALS, El Ingenio, op.cit., 1, pp. 57-62.

46 M.Moreno Fraginals, El Ingenio, op.cit. , 1, pp. 58 et 110. Voir aussi L. Marrero, Cuba…, op.cit. , 10, pp. VI-VII (illustration et description du moulin Amistad).

47 Bergad, Laird, García, Fe Iglesias et Barcia, Maríadel Carmen, The Cuban SlaveMarket, 1790-1880, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, p. 27 CrossRefGoogle Scholar.

48 L.Marrero, Cuba…, op.cit. , 9, pp. 217 et 221. Voir aussi « Resumen general de los moradores que comprehende el Partido de Guara en todo el añ o de 1799 » («Expendiente instruido con objeto de fomentar la población blanca de esta Ysla », ANC, RCJF, leg. 184, exp. 8324). La population du district de Guara, qui servait de centre à la conspiration, se répartit comme suit : 304 Blancs, 266 esclaves noirs, 4 esclaves mulâtres, 4 Noirs libres, 6 mulâtres libres.

49 La vaste littérature sur les formes de résistance et les révoltes d’esclaves dans les sociétés esclavagistes du Nouveau Monde les a qualifiées d’« africaine », « restaurationniste », « créole », etc. Ces tentatives de classement les interprètent comme des épisodes au sein d’histoires plus vastes de transformation politique et culturelle. Pour E. GENOVESE, From Rebellion to Revolution…, op.ci t., cette transformation allait des rébellions africaines et restaurationnistes jusqu’à la révolution bourgeoise ou créole – une transformation qu’il date des révolutions française et haïtienne et qui, pour lui, marque l’entrée des Noirs esclaves dans la modernité et l’histoire du monde. Michael Mullin et Michael Craton ont aussi argumenté en faveur d’une transformation dans la nature et la forme des rébellions, certaines clairement « africaines », tôt dans l’histoire du monde atlantique, d’autres, créoles, plus tardivement au XIXe siècle. Ils y voient les transformations culturelles parmi les Africains soumis à l’esclavage devenant de plus en plus Américains, créoles ou Noirs ( Mullin, Michael, Africa in America: Slave Acculturation and Resistance in the American South and the British Caribbean, 1736-1831, Urbana, University of Illinois Press, 1992 Google Scholar; Craton, Michael, Testing the chains: Resistance to Slavery in the BritishWest Indies, Ithaca, Cornell University Press, 1982 Google Scholar.

50 H. APTHEKER, American Negro…, op.cit. , p. 139. Voir aussi E. GENOVESE, From Rebellion to Revolution…, op.cit ., p. XXIV.

51 Sur des revendications similaires, lors d’une autre conspiration, voir le témoignage des esclaves en 1793 à Hincha, Santo Domingo, dans « Autos seguidos sobre la insurrección pretendida por los negros esclavos en Hincha » (ANC, AP, leg. 4, exp. 43).