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En quête de classe moyenne en inde. Grandeur, recomposition, forfaiture

Published online by Cambridge University Press:  04 May 2017

Jackie Assayag*
Affiliation:
CNRS-CEIAS

Résumé

Après un siècle d'études, il subsiste une zone en friche dans le champ des sciences sociales de l'Asie du Sud : celle de la ou des classes moyennes. Se posent non seulement les questions de son estimation numérique et de sa recomposition depuis cent cinquante ans, mais aussi celle de sa forfaiture puisque d'aucuns la considèrent comme responsable de la fabrication de la démocratie la plus inégalitaire dans le monde. Ces questions sont abordées à partir de réflexions sociologiques, historiques et épistémologiques.

Summary

Summary

The Indian middle-class or middle-classes have remained one unexplored field after one century of research in South Asian studies. Neither its demographie estimate nor the ways in which it as evolved and transformed itself over the last 150 years are a matter of consensus even today. Some scholars hold the middleclasses responsible for manufacturing one of the most unequalitarian democracies in the world. These issues are discussed through sociological, historical and epistemological approaches.

Type
Catégories Sociales de L'espace Politique
Copyright
École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris, 2000

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References

À propos de l'ouvrage de Pavan K. VARMA, The Great Indian Middle Class, New Delhi, Viking/Penguin Books India, 1998, 232 p. Je remercie Jacques Pouchepadass (CNRS) et Sanjay Subrahmanyam (EHESS) de leurs remarques critiques d'une première version de ce texte et pour quelques références bibliographiques afférentes. Je reste évidemment seul responsable des propos tenus dans cet article.

1. S'agissant de l'Europe, on renvoie aux analyses des débats sur la pauvreté, en rapport avec la construction des outils statistiques : cf. Alain Desrosières, La politique des grands nombres, Paris, Éditions La Découverte, 1993, chap. 8. Un article de Jackie Assayag, « La politique du nombre. État, statistiques et minorités en Inde (Karnataka) », Espace, populations, sociétés, 213*, 1997, pp. 279-289, a tenté d'exporter cette approche en Inde à partir du problème de la construction des minorités.

2. C'est-à-dire l'encadrement strict des activités privées par le contrôle des investissements, soumis à autorisation préalable de l'administration, celui des prix et du crédit par les limites posées à la concurrence intérieure et extérieure et par le jeu croisé de multiples strates de subventions.

3. Arun Kumar, « The Black Economy. Missing Dimension of Macro Policy-Making in India », Economie and Political Weekly, Xxxiv-12, 1999, pp. 681-695, propose une approche quantifiée de cette « économie noire », qu'il considère comme le problème macro-économique majeur de l'Inde dans les années soixante-dix/quatre-vingt, plaidant sa prise en compte dans l'analyse à court terme de l'économie nationale ; voir également Dilip K. Bhattacharyya et Susmita Ghose, « Corruption in India and the Hidden Economy », Economie and Political Weekly, 44, 1998, pp. 2795-2805.

4. Au regard de la diversité des origines sociales d'un grand nombre de personnes arrêtées, on peut légitimement disputer cette affirmation de l'auteur, sans doute abusé par le conformisme social et l'idée corrélative de suppôt du pouvoir en place, généralement associés à la notion de classe moyenne.

5. En dépit des travaux de Aijaz Ahmad, « Class, Nation, and State: Intermediate Classes in Peripherical Societies », in Limages of the Présent. Political Essay, New Delhi, Tulika, 1996, pp. 44-72, et id., « In the Eye of the Storm: The Left Chooses », Economie and Political Weekly, Xxxi-22, 1996, pp. 1329-1343, Tapan Basu et alii, Khaki Shorts and Saffron Flags. A Critique of the Hindu Right, Bombay, Orient Longman, 1993, Prabhat Paitnaik, « The Fascism of Our Times », Social Scientist, 21-3/4, 1993, pp. 69-77, Sumit Sarkar, « The Fascists of the Sangh Parivar », Economie and Political Weekly, Xxviii-5, 1993, pp. 163-167, et Achin Vanaik « Situating the Threat of Hindu Nationalism: Problems With the Fascist Paradigm », in The Furies of Indian Communalism. Religion, Modernity and Secularization, Londres-New York, Verso, 1994, pp. 237-295, on manque d'une étude en profondeur des mouvements fascistes qui ont accompagné la construction du nationalisme en Asie du Sud.

6. Pour une présentation en français de la gamme des réactions à cette commission, on lira l'article de Nicholas B. Dirks, « Différence et discrimination. La politique des castes dans l'Inde post-coloniale », Annales HSS, 52-3, 1997, pp. 593-619.

7. L'imperative action indien a eu pour effet de continuer à transformer la nature de la caste. En effet (et pour résumer), alors que pendant cinquante ans les castes avaient revendiqué un haut statut, aujourd'hui elles se proclament de bas statut afin de bénéficier des protections économiques et des opportunités dans le système éducatif ou la sphère de l'emploi.

8. Jacques Pouchepadass, « Les Subaltern Studies ou la critique postcoloniale de la modernité », L'Homme, 156, 2000, pp. 161-186.

9. Selon Jacques Pouchepadass, « tout le courant anglo-saxon (puis indien) de l'histoire sociale du mouvement national qui s'est développé à partir des années soixante jusqu'aux années quatre-vingt […] a fait de l'histoire des classes moyennes indiennes au xixe siècle sans (vouloir) le savoir » (communication personnelle). Ainsi en est-il des études sur les « élites régionales » produites par l'école de Cambridge, mais également des travaux sur l'ascension et le leadership de la paysannerie dominante ; sur cette conjoncture de recherche, on peut se reporter à Bayly, Christopher A., « Epilogue: Historiographical and Autobiographical Note », in Origins of Nationality in South Asia. Patriotism and Ethical Government in the Making of Modem India, Delhi, Oxford University Press, 1999, pp. 307322 Google Scholar, dans laquelle s'inscrit d'ailleurs sa monographie sur la ville de Allahabad : Local Roots of Indian Politics: Allahabad, 1880-1920, Oxford, Oxford University Press, 1975.

10. Le constat est établi par R. B. Fox, « Urban Class and Comunal Consciousners in Colonial Punjab: The Genesis of India's Intermediate Régime », Modem Asian Studies, 18- 3. 1984, pp. 459-489, Burton Stein, « Towards an Indian Petty Bourgeoisie. Outline of an Approach », Economie and Political Weekly, Xxvi-4,1991, PE-9-PE-20, et surtout Christopher A. Bayly, Rulers, Townsmen and Bazaars. North Indian Society in the Age ofBritish Expansion, 1770-1870, Delhi, Oxford University Press, [1983] 1992, p. 474, dont l'un des objectifs dans ses enquêtes historiographiques est de combler cette lacune pour la période coloniale. Burton Stein discute la catégorie de « régime intermédiaire » — proposée et élaborée par Micha Kalecki, « Social and Economie Aspects of “Intermediate Régimes” », in Selected Essays on the Economie Growth of the Socialist and Mixed Economy, Cambridge, Cambridge University Press, 1972, et Ashok Mitra, Terms ofTrade and Class Relations: Essay in Political Economy, Londres, Blackwell, 1977 et JHA, Prem Shankar, India: A Political Economy of Stagnation, Bombay, Oxford University Press, 1980 Google Scholar — dans son article d'obédience marxiste sur l'« Indian Petty Bourgeoisie » ; voir également l'analyse plus récente de Terence J. Byres. The State and Development Planning in India, Delhi, Oxford University Press, 1994, pp. 31- 37 et l'article bilan de David A. Washbrook, « Progress and Problems: South Asian Economie and Social History c. 1720-1860 », Modem Asian Studies, 22-1, 1988, pp. 57-96.

11. Il faut cependant citer les exceptions que sont les ouvrages de l'historien compilateur B. B. Misra, The India Middle Class. Their Growth in Modem Times, Londres-New York- Bombay, Oxford University Press, 1961, et de l'économiste Angus Maddison, Class Structure and Economie Growth. India and Pakistan since the Moghuls, Londres, George Allen & Unwin Ltd, 1971, semble-t-il inconnus de P. K. Varma.

12. Ronald Inden, Imagining India, Oxford-Cambridge, Basil Blackwell, 1990, a poussé le plus loin la critique selon laquelle la caste n'est qu'une institution sociale parmi d'autres qui doit être rendue à son contexte et à sa contingence. Pour lui, la caste doit-être « désessentialisée » (selon son jargon) afin d'éviter de « solipsiser » (même remarque) l'Inde dans le champ des sciences sociales ; pour une présentation de ce type de critiques, on pourra se reporter à Jackie Assayag, « La construction de l'objet en anthropologie. L'indianisme et le comparatisme de Louis Dumont », L'Homme, 146, 1998, pp. 165-189.

13. Par ailleurs, la prépondérance des études sur les systèmes de revenus fonciers, l'élite agraire et le travail asservi a contribué à négliger la classe moyenne (cf. Christopher A. Bayly, « Beating the Boundaries: South Asian History, c. 1700-1850 », in S. Bose (éd.), South Asia and World Capitalism, Delhi, Oxford University Press, 1990, pp. 27-39 (spécialement p. 29).

14. Christopher A. Bayly, Rulers, Townsmen and Bazaars. North Indian Society in the Age ofBritish Expansion, 1770-1870, Delhi, Oxford University Press, [1983] 1992.

15. Sarkar, Sumit, Writing Social History, Delhi, Oxford University Press, 1998.Google Scholar

16. Au travers des fictions de l'écrivain nationaliste Bankimchandra Chattopadhyay, Kaviraj, Sudipta (The Unhappy Consciousness. Bankim Chandra Chattopadyaya and the Formation of Nationalist Discourse in India, Delhi, Oxford University Press, 1995 Google Scholar) s'intéresse également aux productions idéologiques de la classe moyenne bengalie qui, à la fin du xixe siècle, a négocié par ce truchement sa position dans la société coloniale. Partha, Chatterjee, The Nation and Its Fragments. Colonial and Postcolonial Historiés, Princeton, Princeton University Press, 1993 Google Scholar (chap. 3), aborde, quant à lui, le problème des agents du nationalisme à travers les figures de Keshabchandra Sen, leader influent du Brahmo Samaj, et de Ramakrishna, cet ascète illettré qui devint le gourou des classes moyennes hindoues.

17. Initialement membre du groupe des historiens dits « subalternistes », Sarkar, Sumit, Writing Social History, Delhi, Oxford University Press, 1998 Google Scholar (chap. 3), critique l'évolution de la série des volumes impulsés par l'historien indien Ranajit Guha, Subaltern Studies. Writing on South Asian History and Society, Delhi, Oxford University Press, 6 vols, 1982-1989 ; cf. la présentation critique mais nuancée des travaux de cette « école » par J. Pouchepadass, « Les Subaltern Studies… », art. cit.

18. A. Ahmad, « Class, Nation, and State… », art. cit.

19. B. R. Tomlinson, « The Historical Roots of Indian Poverty: Issues in the Economie and Social History of Modem South Asia: 1880-1960 », Modem Asian Studies, 22-1, 1988, pp. 123- 140 (citation p. 139).

20. Pour une définition et la discussion de ces termes, se reporter à l'article d' Mayer, Arno, «The Lower Middle Class as Historical Problem », Journal of Modem History, 47, 1975, pp. 425452.CrossRefGoogle Scholar

21. Cette transformation sociologique sur la longue durée est explicitée par Richard G. Fox, « Hindu Nationalism in the Making, or the Rise of Hinduism », in R. G. Fox (éd.), Nationalist Ideology and the Production of National Cultures, Washington, American Anthropological Association, 1990, pp. 63-80, qui s'appuie notamment sur Bardhan, Pranab, The Political Economy of Development in India, Oxford, Basil Blackwell, 1984.Google Scholar

22. On sait que la question de la désignation d'un ensemble multiple par un nom unique avait déjà été posée par Guillaume d'Occam, au xivc siècle, à la faveur de l'opposition entre philosophes nominalistes et réalistes. Mais on néglige souvent le contexte : il s'agissait alors pour Occam de défendre la position des franciscains face au pape (cf. A. Desrosières, La politique des grands nombres…, op. cit., pp. 88-91). Dans cette même veine, mais cette fois sur le plan historiographique, Jacques Rancière souligne l'écart entre nominations et classifications, afin de montrer que « les classes ne sont pas des classes » puisqu'il est impossible d'attribuer rigoureusement un nombre fini de propriétés communes à des ensembles d'individus (Les mots de l'histoire. Essai de poétique du savoir, Paris, Le Seuil, 1992, p. 74).

23. La question est extraite de la quatrième de couverture de l'ouvrage de Luc Boltanski, Les cadres. La formation d'un groupe social, Paris, Éditions de Minuit, 1982.

24. L'expression de « cohésion d'ensemble flou » sert de titre à la conclusion du livre de L. Boltanski, Les cadres…, op. cit.

25. Pour un développement de cette idée, on se reportera à l'article suggestif de Crossick, Geoffrey, « La bourgeoisie britannique au 19e siècle. Recherches, approches, problématiques », Annales HSS, 53-6, 1998, pp. 10891130.CrossRefGoogle Scholar

26. La démonstration en a été faite pour la France, l'Allemagne et l'Angleterre par A. Desrosières, La politique des grands nombres…, op. cit. Pour l'Inde, on retiendra l'impressionnant travail de Galanter, Marc, Competing Inequalities. Law and the Backward Classes in India, Delhi, Oxford University Press, 1984 Google Scholar, qui fournit quelques indices en dépit d'une approche plus juridique qu'épistémologique des classifications concernant d'abord les « tribus » et les « classes arriérées » (backward).

27. Conformément à la typologie webérienne des hiérarchies sociales du « groupe de statut », de la « classe », de l'« élite » ou « classe dirigeante ».

28. Rapports étudiés, s'agissant de l'Inde, par Nandy, Ashish, The Intimate Enemy : Loss and Recovery of Self Under Colonialism, Delhi, Oxford University Press, 1983 Google Scholar, mais on retiendra surtout l'ouvrage de Bayly, Chnstopher A., Empire and Information. Intelligence Gathering and Social Communication in India, 1780-1870, Cambridge, Cambridge University Press, 1996.Google Scholar

29. On s'inspire de l'article en forme de bilan critique de G. Crossick, « La bourgeoisie britannique… », art. cit.

30. Cf. le récent ouvrage de Khilnani, Sumil, The Idea oflndia, Londres, Hamish Hamilton, 1997 Google Scholar, tentative élégante de réhabiliter (le legs de) Nehru, très décrié ces derniers temps par nombre d'intellectuels du sous-continent qui défendent une position « indigéniste néogandhienne », tels Ashish Nandy et Partha Chatterjee.

31. Pour une présentation de ces questions sur la longue durée en Inde, cf. Jackie Assayag, « Trajectoire de la violence : de l'ashram à la nation (hindoue) », in F. HÉRitier (éd.), De la violence, vol. 2, Paris, Odile Jacob, 1999, pp. 215-243.

32. C'est pourquoi en Inde, cette période a été fréquemment qualifiée par la gauche de « révolution passive ». Cette expression d'Antonio Gramsci (dans ses Cahiers de prison) désigne le réformisme de nouveaux détenteurs du pouvoir politique n'ayant pas la force sociale de lancer un assaut décisif contre les anciennes classes dominantes ; pour son application en Inde, cf. Partha Chatterjee, « Development Planning and the Indian State », in Byres, T. J. (éd.), The State and Development Planning in India, Delhi, Oxford University Press, 1994, pp. 5172 Google Scholar (spécialement pp. 63-66), et sa critique par Kaviraj, Sudipta, « A Critique of the Passive Révolution », Economie and Political Weekly, XXIII-45/46/47, 1988, pp. 24292444.Google Scholar

33. L'argument est emprunté à Amartya Sen (Jean Drèze et sen, Amartya, « Introduction », in Indian Development. Selected Régional Perspectives, Delhi, Oxford University Press, 1997, p. 14 Google Scholar).

34. Une évaluation mesurée des résultats économiques et sociaux de l'Inde, comparés notamment à ceux de la Chine, est faite par sen, Amartya, dans « Indian Development: Lessons and Non-Lessons », Doedalus, 118-4, 1989, pp. 369392.Google Scholar

35. Pour une discussion sur la pertinence de ces seuils, et les problèmes que pose la définition sociologique de la classe moyenne en Inde, RAO, voir S. L., « Consumer Markets: Myth and Reality », Economie and Political Weekly, XXXIII-44, 1998, pp. 27782781.Google Scholar

36. On trouvera un échantillon représentatif de cette copieuse production dans les bibliographies des articles du volume coordonné par Jacques Pouchepadass (éd.), Castes et classes en Asie du Sud, Paris, Éditions de l'Ehess, « Purusârtha n° 6 », 1982.

37. Pour une discussion de cette notion, voir l'article Assayag, de Jackie, « La culture comme fait social global ? Anthropologie et (post)modernité », L'Homme, 148, 1998, pp. 201224.CrossRefGoogle Scholar

38. Cf. la brève synthèse qu'en fait Cytru, Jean-Paul, « Le rôle de l'économie dans la transformation sociale », Pouvoirs, 90, 1999, pp. 139149 Google Scholar ; voir également S. L. RAO, « Consumer Markets… », art. cit., et l'exploitation des données de l'enquête sur la « middleclass in India », Seth, D. L., « Secularization of Caste and Making of New Middle-Class », Economie and Political Weekly, Xxxiv-34/35, 1999, pp. 25022510.Google Scholar

39. C'est le titre de l'ouvrage de Rudolph, Llyod I. et Susan Hoeber, Rudolph, In Pursuit of Lakshmi: The Political Economy of the Indian State, Bombay, Orient Longman, 1987.Google Scholar Soulignons en passant l'importance de la fraude fiscale : sur les cent cinquante millions de foyers fiscaux de la classe moyenne seuls quatre millions paieraient des impôts, 2 % des urbains s'en acquittent et 70 % des cent cinquante entreprises les plus importantes du pays ne paient aucune taxe.

40. Il faut noter cependant que, depuis 1998, nombre de communautés comme les « autres castes répertoriées » (OBCs), les « castes répertoriées » et les « tribus répertoriées » (STs) et même certains musulmans ( Heath, Oliver, « Anatomy of BJPs Rise to Power. Social, Régional and Political Expansion», Economie and Political Weekly, XXXIV-34/35, 1999, pp. 2511 2519 Google Scholar) accordent leur soutien au parti nationaliste BJP.

41. Nous empruntons les thèses qui suivent à son récent ouvrage, The Saffron Waves. Democracy and Hindu Nationalism in Modem India, Princeton, Princeton University Press, Ï999.

42. Cf. Srinivas, Mysore N. (éd.), Caste. Its Twentieth Century Avatars, Delhi, Viking/ Penguin Books India, 1996 Google Scholar ; voir également la synthèse proposée Assayag, par J., « Caste, démocratie et nationalisme. Les avatars du “castéisme” dans l'Inde contemporaine », Pouvoirs, 90, 1999, pp. 5566.Google Scholar

43. Encore a-t-on pu souligner la « forte contradiction entre les slogans séculiers et non communautaires utilisés publiquement par le Congrès, ainsi que ses déclarations officielles, et l'idiome adopté par ses orateurs » (C. A. Bayly, « Local Roots… », art. cit., pp. 132, 142).

44. Tandis que les journaux se font largement l'écho des « affaires » mettant en cause les politiciens, on sait moins, hors de l'Inde, que les travailleurs du secteur public doivent acheter leur emploi, y compris les plus vils ; il en coûte ainsi deux mille roupies à Bombay (en 1999) pour accéder à la fonction d'éboueur. (1 roupie ±0,15 F.) Pour une analyse « par le bas » de la corruption dans le discours villageois, on lira Akhil, Gupta, « Blurred Boundaries: The Discourse of Corruption, The Culture of Politics, and the Imagined State », American Ethnologist, 22-2, 1995, pp. 375402.Google Scholar

45. Cf. Basu, Kausik et Subrahmanyam, Sanjay (éds), Unravelling the Nation. Sectarian Conflict and India's Secular Identity, New Delhi, Penguin Books India, 1996.Google Scholar

46. Cf. les analyses de Bayly, Christopher A., Origin of Nationality in South Asia. Patriotism and Ethical Government in the Making of Modem India, Delhi, Oxford University Press, 1998 Google Scholar (chap. 1, 2, 3, 4) concernant le « vieux patriotisme » entre xive et xvme siècle en Inde, qui n'est ni « proto-national » — catégorie téléologique — ni « tradition inventée » — notion anachronique ; sur la dimension interprétative du nationalisme culturel au cours des xrxe et xxc siècles, voir Assayag, Jackie, Désir de nation. Les pratiques de l'imaginaire patriotique en Inde, Paris, Odile Jacob Google Scholar (à paraître en 2001).

47. Pour une présentation du thème de la nation comme « Mère » au Bengale, se reporter à Bagchi, Jasodhara, « Representing Nationalism: Ideology of Motherhood in Colonial Bengal », Economie andPolitical Weekly, XXV-42, 1990, pp. 6568 Google Scholar, et Sugata Bose, « Nation as Mother: Représentations and Contestations of “India” in Bengali Literature and Culture », in Bose, S. et Jalal, A. (éds), Nationalism, Democracy and Development. State and Politics in India, Dehli, Oxford University Press, 1996, pp. 5075 Google Scholar ; on retiendra aussi l'article d'Indira Chowdhurysengupta, « Mother India and Mother Victoria: Motherhood and Nationalism in Ninetheenth- Century Bengal», South Asia Research, 12-1, 1992, pp. 20-37, qui ajoute Victoria au tableau nationaliste…

48. Kholi, Atul, Democracy and Discontinent: India's Growing Crisis of Gvernability, Delhi, Cambridge University Press, 1991.CrossRefGoogle Scholar

49. Desai, Radhika, « Culturalism and Contemporary Right. Indian Bourgeoisie and Political Hindutva», Economie and Political Weekly, XXXIV-12, 1999, pp. 695712 Google Scholar, développe cette idée en attaquant avec virulence le sociologue Ashish Nandy dont les thèses ne feraient que reformuler l'idéologie de l'hindouité pour le rendre acceptable aux nouvelles classes moyennes.

50. Stern, Robert W., Changing India: Bourgeois Révolution on the Subcontinent, Cambridge, Cambridge University Press, 1993.Google Scholar

51. Sudipta Kaviraj, « Religion, Politics and Modernity », in Parekh, B. et U. Baxi (éds), Crisis and Changing in Contemporary India, New Delhi, Sage, 1995, p. 313.Google Scholar

52. Cette notion est empruntée à l'article de Prabhat Patnaik, C. P. Chandrasekhar et Amartya SEN, « The Prolifération of the Bourgeoisie and Economie Policy », in Sathyamurthy, T. V. (éd.), Class Formation and Political Transformation in Post-colonial India, Delhi, Oxford University Press, 1996, pp. 5579,Google Scholar dans lequel on trouvera des commentaires sur ces différentes phases de développements économique et démocratique (relatif).

53. L'article de Subrat Kuman Mitra, « Room to Maneuver in the Middle. Local Elites, Political Action, and the State in India», World Politics, 43-3, 1991, pp. 390-413, montre l'importance de ces élites locales comme canal de communication de certaines formes de protestation vers les niveaux supérieurs de bureaucrates ou de politiciens ; à terme, elles pourraient contribuer à donner une plus grande et nouvelle légitimité à l'État.

54. R. Vidyasagar, « New Agrarianism and the Challenges for the Left », in Sathyamurthy, T. V. (éd.), Class Formation and Political Transformation in Post-Colonial India, Delhi, Oxford University Press, 1996, pp. 179201.Google Scholar

55. Anderson, Benedict R., Imaginée Communities, New York-Londres, Verso [1983] 1996.Google Scholar

56. Sur les effets de cette « globalisation » sur la société et la nation en Inde, ainsi que sur sa situation dans le monde, on se reportera à la série d'articles de Rajni Kothari, « Globalisation and Revival of Tradition: Dual Attack on Model of Nation Building », Economie and Political Weekly, XXX-12, 1995, pp. 625-633, « Under Globalisation: Will the Nation State Hold? », Economie and Political Weekly, XXX-26, 1995, pp. 1593-1603, « Globalisation and the “New World Order“: What Future for the United Nation? », Economie and Political Weekly, XXX- 40, 1995, pp. 2513-2517.

57. Rappelons cependant qu'un quart des Indiens vivent dans des villes, soit deux cent cinquante millions d'individus, et qu'en 2010 cette population dépassera les quatre cents millions ; mentionnons également l'importance de « rurbanité » en Inde pour la formation de la classe moyenne (B. Stein, « Towards an Indian… », art. cit., PE-16-PE-17), y compris de nos jours avec ces deux cents nouvelles villes de taille moyenne (c'est-à-dire de plus de cent mille habitants) dans lesquelles de new middle classes revendiquent leur culture vernaculaire et leur goût pour la politique (S. Khilnani, The Idea…, op. cit., pp. 144-147).

58. La littérature sur le sujet est considérable, mais on retiendra l'ouvrage de référence de S. Chakravarty, Development Planning: The Indian Expérience, Delhi, Oxford University Press, 1987, le volume coordonné par J. T. Byres, The State and Development…, op. cit., et la récente synthèse de Jayati Gosh, « Development Strategy in India : A Political Economy Perspective », in S. Bose et A. Jalal (éds), Nationalism, Democracy and Development. State and Politics in India, Dehli, Oxford University Press, 1996, pp. 165-183.

59. On pourra s'en faire une idée, chiffrée, à la lecture de l'article de ROY, Sumit, « Globalisation, Structural Change and Poverty. Some Conceptual and Policy Issues », Economie and Political Weekly, Xxxii-33/34, 1997, pp. 21172135.Google Scholar

60. Propos cité par Jaffrelot, Christophe, La démocratie en Inde. Religion, caste et politique, Paris, Fayard, 1998, p. 69 Google Scholar, extrait des débats à l'Assemblée constituante.

61. Pour un développement de cette idée, on se reportera à P. Chatterjee, « Development Planning… », art. cit., qui montre pages 60-61 que la planification économique du pays s'est efforcée d'éviter les rigueurs sociales inhérentes à la phase de transition industrielle et qu'elle fut conçue comme un instrument pour résoudre les conflits.

62. C'est la thèse et le titre, inspirés par les travaux de E. Gellner, d'un récent ouvrage de Aloysius, G., Nation Without Nationalism in South Asia, Delhi, Oxford University Press, 1998.Google Scholar

63. Ledit « taux de croissance hindou » a été d'environ 3 % par an depuis l'indépendance jusqu'à 1990-1991. Mais il n'a pas cessé de se réduire depuis la crise qu'ont traversée les pays de l'Asie du Sud-Est.

64. L'argument est développé aux pages 192-193, à partir de l'étude conduite en 1991- 1992 par Tendulkar et Jain (non publiée).

65. Sous-titre de l'ouvrage de Adorno, Theodor W., moralia, Minima. Réflexions sur la vie mutilée, Paris, Payot, [1951]Google Scholar 1980, auquel succède la maxime bien connue de Max Horkheimer.

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