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Les traditionnistes lettrés du Burundi a l'Ecole des Bibliothèques Missionnaires (1940-1960)

  • Jean-Pierre Chrétien (a1)

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Dans les pays africains sous administration beige l'expression écrite des me'moires collectives qui apparalt dans les années 1940–1950 était inconcevable hors de la sphère d'influence des églises chrétiennes. La presse catholique en particulier a été le premier vecteur de cette forme moderne de l'affirmation des identités culturelles. Au Burundi il s'agit de Rusizira Amarembe, édité à Gitega de 1940 à 1954, et de son successeur Ndongozi, publié de 1954 à 1978. Comme leurs titres l'indiquent ces périodiques étaient rédigés en kirundi, dans le prolongement de la scolarisation assurée par les missions en langue vernaculaire. Le premier signifiait “le semeur de paix”, ou plus exactement “celui qui prépare le terrain de la prospérité”, et le second, plus simplement, “l'éclaireur.”

Comme nous l'avons déjà souligné ailleurs, ces publications devaient bénéficier de la double autorité de la chose imprimée et du parler quotidien, de la technologie des colonisateurs et de la culture des ancêtres, faisant écho aux préoccupations d'un nouveau milieu socioculturel, celui des Africains lettrés. C'est dans ce contexte que s'amorga l'écriture d'une histoire nationale, destinée à fixer de manière systématique les “choses du passé” (ivya kera) jusque là seulement narrées localement à l'occasion des veillées des enclos.

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References

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Notes

1. “Confronting the unequal exchange of the oral and the written” in Jewsiewicki, B. et Newbury, D., eds., African Historiographies (Beverly Hills, 1985), 7590.

2. Perraudin, J., Naissance d'une église. Histoire du Burundi chrétien (Bujumbura, 1963), 131–32, 187–88. La série publiée dans Rusizira Amarembe s'intitulait “Ingoma y'i Burundi,” ou “le royaume du Burundi.”

3. Sur la notion d'ethnie au Burundi cf. Chrétien, J. P., “Hutu et Tutsi au Rwanda et au Burundi” in Amselle, J. L. et M'bokolo, E., Au coeur de l'ethnie (Paris, 1985), 129–65.

4. Trouwborst, A. A., “L'ethnographie du Burundi pendant l'occupation belge… L'oeuvre de Georges Smets (1881-1961)” in La civilisation ancienne des peuples des grands lacs (Paris, 1981), 283–94; Vansina, J., La légende du passé. Traditions orales du Burundi (Tervuren, 1972); Guillet, C. et Ndayishinguje, P., éds., Légendes historiques du Burundi (Paris, 1987).

5. Une ancienne dynastie fondée au nord par Ntare Karemera, entre la Kanyaru et le mont Banga; les principautés de la lignée de Ntwero, Nsoro et Jabwe au sud, au Bututsi et au Mugamba méridional. Chrétien, Voir J. P., “Nouvelles hypothéses sur les origines du Burundi” in Ndoricimpa, L. et Guillet, C., éds., L'arbre-mémoire (Paris, 1984), 1152; et Mworoha, E., éd., Histoire du Burundi, des origines à la fin du XIXe siècle (Paris, 1987).

6. Chrétien, J. P., “Du Hirsute au Hamite: les variations du cycle de Ntare Rushatsi, fondateur du royaume du Burundi,” HA, 8 (1981), 341.

7. Nous remercions M. Adrien Ndikuriyo, historien burundais, pour sa contribution à l'interprétation de ces noms.

8. “Nouvelles hypothèses” et “Du Hirsute au Hamite”.

9. On cherche en vain un Mwmabutsa II?

10. Chrétien, J. P., “Le Buha à la fin du XIXe siècle: un peuple, six royaumes”, Etudes d'histoire africaine, 7 (1975), 938.

11. Vansina, , Légende, 193.

12. Ntare Rugamba porte le numéro VIII dans le texte et le numéro VII dans la liste dynastique fournie à la fin des articles!

13. Smith, P., Le récit populaire au Rwanda (Paris, 1975), 140–47: “l'origine de l'inégalité.”

14. Pagès, A., Un royaume hamite au centre de l'Afrique (Bruxelles, 1933), 1113; Lacger, L. de, Ruanda (Kabgayi, 1959), 49.

15. Ruguru, “en haut” au sens littéral, employé ici avec le nouveau sens de “au nord,” en fonction de la position de ce point cardinal sur les cartes. C'est ainsi que dans ce texte “Afrique du nord” était traduite “Afrika ya ruguru.”

16. Gorju, J., Face au royaume hamite du Ruanda. Le royaume frère de l'Urundi (Bruxelles, 138), 18-20, 51-52.

17. Sur ces stéréotypes raciaux: J. P. Chrétien, “Les deux visages de Cham. Points de vue francais du XIXe siècle sur les races africaines d'après l'exemple de l'Afrique orientale” in Témime, E. et Guiral, P., éds., L'idée de raoe dans la pensée politique française contemporaine (Paris, 1977), 171–99; idem, “Les Bantous, de la philologie allemande à l'authenticité africaine”, Vingtième Siècle, 8 (1985), 43–66.

18. s.v. “dynastie,” 179-82.

19. Gorju, , Entre la Victoria, l'Albert et l'Edouard (Rennes, 1920), 146–54; idem, Face, 8-11. Pour une critique de la notion d'“empire du Kitara” Chrétien, voir J. P., “L'empire des Bacwezi. La construction d'un imaginaire géopolitique”, Annales: Economies, Sociétés, Civilisation, 42 (1985), 1335–77.

20. Mot peu usité. Nous l'avons rencontré dans nos enquêtes sous la forme ikivumbi, désignant une équipe de travailleurs, une troupe armée ou un groupe de courtisans de la cour royale (par ex. chez Sinzobakwira, enregistré á Mukenke le 14.6.1967). son, DansDictionnaire rundi=français (Tervuren, 1970), 541, F. M. Rodegem, qui a beaucoup utilisé la presse en kirundi pour son corpus, semble en avoir tiré la conclusion que les “Abavumbi” étaient une éfamille de Tutsi.”

21. On ne trouve aucun de ces noms dans la liste très complète recueillie par Mbonabuca, T., “Mugera, une mission dans un domaine royal” (Bujumbura, 1982), 7880.

22. Voir la préface de l'ouvrage publié contre ce projet par l'ancien Résident Ryckmans, Pierre, Une page d'histoire coloniale (Bruxelles, 1953), 34. Baranyanka était un prince dit mutare (batare au pluriel), car il était issu du roi Ntare II, par la lignée de Birori, frère alné du roi Mwezi II.

23. Chrétien, J. P., “Une révolte au Burundi en 1934. Les racines traditionalistes de l'hostilité à la colonisation”, Annales: Economies, Sociétés, Civilisation, 27, 16781717.

24. Musirimu, terme swahili dériné de, mais dont l'étymo-logie initiale a vite été oubliée. Sur cette évolution sémantique, Kagabo, voir J., “Les mythes fondateurs du personnage de l'évolué,” Culture et Société, 4 (1981), 122–34.

25. Gorju, , Face, 56, 98105. Le récit sur Ntare Rushatsi et Kiranga a ensuite été publié, avec traduction et notes, Rodegem, par F. M., Anthologie rundi (Paris, 1973), 328–43 (la source n'y est pas mentionnée).

26. Dossier de 170 p. avec annexes. Nous remercions le Père René Lamey, archiviste de la Maison généralice des Pères blancs, de nous avoir signalé ce manuscrit.

27. Selon l'expression de Siriba, P., La colonisation et la tribalisation au Burundi (thèse de 3e cycle, Institut catholique, Paris, 1978), 169.

28. Rugomana, J., éd. par Coupez, A., “Texte ruundi: les rois du pays ruundi et les hommes qui y sont venus les premiers,” Zaire (1957), 623–36; M. Akobaseka, “Le Burundi et son anitquité”, un chapitre dactylographié de 20 p., in Papiers J. Vansina. L'article de J. Rugomana sur le muganuro paru dans Ndongozi en février-mars 1959 a été édité par Rodegem, F. M., “La fête des prémices au Burundi,” Annales du Musée royal de l'Afrique centrale (sciences humaines), 72 (1971), 207–54.

29. Les articles du Ndongozi ont pour auteur probable un prêtre de la région de Muyaga, mais nous préférons vérifier cette information avant d'avancer son nom.

30. Voir les textes parus dans J Vansina, 100-04. Les informateurs Makira et Simbasaga risquent d'être fictifs.

31. Détienne, M., L'invention de la mythologie (Paris, 1981).

32. Par exemple Goody, dans J. et Watt, I., “The Consequences of Literacy,” Comparative Studies in Society and History 5 (1962/1963), 304–45.

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