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Économie et société dans la Grèce ancienne: l'œuvre de Moses I. Finley

  • Pierre Vidal-Naquet

Abstract

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(1) On trouvera en tête de cet article la liste des publications de M. I. Finley et l'indication des abréviations utilisées.

(2) Ancient Greeks, p. 35.

(3) Seminar (1951), p. 82.

(4) Political Science Quarterly (1948), 281.

(5) British Journal of Sociology (1954), 254.

(6) Land and Credit, p. 8. Cette orientation délibérée rapproche l'œuvre de Finley de celle du Français Louis Gernet.

(7) Je me permets de renvoyer ici à ma mise au point: Homère et le monde mycénien, Annates E.S.C., XVIII (1963), 703719. Ajouter à la bibliographie mentionnée le livre désormais fondamental de Kirk, G. S., The Songs of Homer (Cambridge, U.P., 1962); et, sur un point particulier mais important, la très bonne étude de Lencman, J. A., Rabstvo n mikenskoj i gomerovskoj Grecii [L'esclavage dans la Grèce mycénienne et homérique] (Moscou, Acad, des Sc., 1963).

(8) Whitman, C. H., Homer and the Heroic Tradition (Cambridge, Harvard U.P., 1958), p. 45.

(9) Ces problèmes sont posés dans le débat qui ouvre le Journal of Hellenic Studies de 1964.

(10) Historia (1957), p. 159.

(11) A quelques nuances près cependant. Ainsi le τέμενος, qui à l'époque classique est toujours le domaine réservé aux dieux, et dans les tablettes toujours le domaine réservé au roi ou aux grands personnages, est chez Homère tantôt divin tantôt humain; cela nous oblige à admettre soit que la société homérique est intermédiaire entre la société mycénienne et la société classique, les institutions anciennes s'étant défaites moins rapidement qu'on ne pourrait le croire, soit que le vocabulaire homérique conserve des traces du vocabulaire ancien. La réponse dépend de ce que l'on entend par monde homérique. En tout cas il m'est difficile de suivre M. I. Finley dans son effort pour disqualifier les exemples homériques de τέμενος au sens de terre royale (loc. cit. pp. 148–150).

(12) Les documents essentiels sont les tablettes de la série E à Pylos: or on ne peut encore déterminer de façon certaine s'il s'agit d'un registre de remise de semence par l'État aux différents occupants du sol, d'une matrice fiscale énumérant les impôts en nature dus par chaque catégorie de terre ou d'un cadastre dans lequel les superficies sont évaluées en récoltes possibles. Le vocabulaire qui désigne les diverses tenures semble être le résultat d'une longue évolution.

(13) Odyssée, xiv, 96104; trad. V. Bérard.

(14) Loc. cit. p. 134.

(15) Et ceci même si l'on admet, comme je l'admets moi-même (cf. Annales E.S.C., XVIII (1963), 712713), que la société mycénienne est atypique par rapport à la société orientale classique; le domaine royal par exemple est à Pylos seulement d'une superficie triple par rapport à celui du second personnage de l'État, le lawagetas (chef de l'armée). Nous devons au demeurant toujours rappeler que nous ne possédons qu'une année de comptes, la dernière, et que l'évolution historique nous échappe pour l'essentiel.

(16) World of Odysseus, p. 45.

(17) Ibid. p. 89.

(18) R.I.D.A. (1955), p. 172.

(19) Mais qui peut s'appuyer sur l'autorité d'Aristote: «Autrefois […] les Grecs ne se déplaçaient que bardés de fer et s'achetaient mutuellement leurs femmes» (χα τς γυναῖχας ωνοντο παρ᾽λλήλων) Politique, II, 1268 b 40.

(20) Ibid. p. 485 n. 62. P. Mazon, victime du préjugé dénoncé par M. I. Finley, donne un sens passif à πολύδωρος et traduit «l'épouse qu'il a jadis payée de si riches présents»; cf. aussi Odyssée, XXIV, 294 où V. Bérard commet la même erreur, ce qui est d'autant moins admissible qu'en II, 132–133; IV, 736; XXIII, 227–228, il est formellement indiqué que Pénélope avait apporté une «dot».

(21) R.I.D.A. (1955), p. 180.

(22) Ibid. p. 179.

(23) Sur ce mariage, cf. Gernet, L., Mélanges Lucien Febvre (Paris, A. Colin, 1954), p. 51.

(24) Cf. par exemple les remarques passablement exaspérées de Starr, C. G., An overdose of slavery, Journal of Economic History (mars 1958), 1732. M. I. Finley, lui-même fort éloigné de ces outrances, après avoir écrit «without hesitation, that slavery was a basic element in Greek civilization», note cependant «perhaps it would be best to avoid the word «basic» altogether, because it has been preempted as a technical term by the Marxist theory of history», in Historia (1959), p. 161, et Slavery, p. 69. L'historien américain W. L. Westermann a consacré une œuvre importante à réfuter ou à tenter de réfuter ce postulat marxiste.

(25) Le dialogue de la majorité des écrivains occidentaux avec les historiens marxistes a longtemps été un dialogue de sourds; on en trouvera encore une preuve recente dans la polemique instructive qui a opposé Oliva, P. et Finley, M. I., in Acta Antiqua Academiœ Scientiarum Hungaricœ, IX (1960), 309319; X (1961), 285–286; XI (1962), 417. Ce qui a long-temps envenimé le débat, c'est qu'il portait sur un problème en réalité secondaire, celui du nombre des esclaves. Les remarques de Finley, M. I. à ce propos (in Historia (1959), 151152, ou Slavery 5960), jointes à l'évolution des historiens soviétiques, ont contribué au dégel. Cf. à ce sujet les indications de Pečirka, J., Mélanges G. Thomson (Prague 1963), p. 183, n. 2 (où sont critiquées les positions de P. Oliva) et p. 186, n. 8. Le livre de Lencman, cité plus haut, est un bon exemple de l'évolution de la science soviétique; cf. pp. 80–86 son jugement — dans l'ensemble très positif — sur les travaux de M. I. Finley touchant le problème de l'esclavage.

(26) Clerc, Michel, Les métèques athéniens (Paris, Thorin, 1893), p. 328.

(27) Cf. Klio (1962), pp. 5159, sur le rôle de la mer Noire et des régions danubiennes dans le commerce des esclaves.

(28) Deux fois exactement et au féminin (Iliade, in, 404; Odyssée, IV, 12) désignant dans les deux cas les conditions limites de la femme par rapport à l'homme. Ajoutonsy des expressions telles que δούλιον μαρ «le jour de l'esclavage» (Ilade, VI, 463). qui désigne la fatalité qui pèse sur Andromaque. Cf. aussi Odyssée, XIV, 340 et XVII, 323, ces deux derniers cas concernant des hommes; mais c'est toujours aux femmes qu'on enlève «le jour de la liberté» (λεύθερον μαρ); cf. Iliade, VI, 455; XVI, 831; XX, 193.

(29) N° 28 du recueil de Chadwick, J. et Ventris, M., Documents in Mycenaean Greek (Cambridge, U.P., 1956).

(30) En fait, l'ambiguïté du statut du doero est telle que Lencman, J. A. a pu écrire (op. cit. p. 181) que, n'était le terme lui-même, nous n'aurions pas de raison sérieuse de considérer le doero comme un esclave. Constatation remarquable sous la plume d'un historien qui reproche précisément (p. 85) à M. I. Finley d'avoir, dans son article de la R.I.D.A. (1960), abandonné l'opposition entre libres et esclaves comme catégorie fondamentale de la société antique.

(31) L' «esclavage» homérique et le vocabulaire qui désigne «libres» et «non-libres» a fait l'objet d'études récentes qui ont considérablement renouvelé la question. Dans le cadre de la grande enquête sur l'esclavage antique qu'anime J. Vogt, Gisela Micknat a publié d'intéressantes «Studien zur Kriegsgefangenschaft und Sklaverei in der griechischen Geschichte. Erste Teil: Homer», in Akad. der Wiss. und der Liter., Mainz, Abhandlungen der Geistes und Sozialwiss. Kl., (1954) n° 11, 563624, où elle met en relation l' «esclavage» homérique et le mouvement de la colonisation ionienne; Beringer, W. a publié (Athenaeum, XXXVIII (1960), 6597, et Historia, X (1961), 259291) des recherches de vocabulaire où le raisonnement est malheureusement constamment pousse jusqu'à l'absurde; l'étude la plus récente et la plus complète est celle de Lencman, J. A., op. cit. p. 227245; celle de Gschnitzer, F., Studien zur griechischen Terminologie der Sklaverei, I: Grundzüge des vorhellenistischen Sprachgebrauchs, Akad. der Wiss. und der Liter., Mainz, Abh. des Geistes und Sozialwiss. Kl., (1963), n° 13, 12831310, a une portée plus large, mais intéresse aussi le lecteur d'Homère. On a rapproché δμώς et δμῳή de la racine de δαμζω «faire violence» d'où «dompter», mais on ne peut exclure un rapprochement avec la racine désignant la maison; cf. Benveniste, E., in Bulletin de la Société de linguistique, LI (1955), 1529; δόμος représente étymologiquement une unité plus étroite que οχος (latin vicus).

(32) Le poète ajoute qu'il a fait cette acquisition en l'absence d'Ulysse, sans consulter ni Pénélope ni Laërte (Odyssée, XIV, 450451); estimant sans doute que cette précision était une rectification apportée par un poète postérieur choqué de voir un esclave en user si librement, divers éditeurs, dont V. Bérard, ont déclaré ces vers interpoles.

(33) Odyssée, XI, 478487; cf. World of Odysseus, p. 54.

(34) Ibid.

(35) Telle est du moins l'hypothèse developpée par Benveniste, E., Liber et Liberi, Revue des études latines, XIV (1936). 5158, qui estime que le sens premier d'λεύθερος s'est conservé dans Euripide, , Alceste, 678, Démosthéne, , Contre Aristocratès, 55; mais le déchiffrement des tablettes mycéniennes n'a pas, pour l'instant, apporté la confirmation attendue; ereutero y apparaît avec le sens de «doté de la franchise fiscale» (Lejeune, M., loc. cit. p. 130). Ce qui est au contraire bien établi, c'est l'absence d'une opposition de vocabulaire ancienne entre les «libres» et les «esclaves».

(36) Le mot a été formé à partir du pluriel τετράποδα, les quadrupèdes. L'étude citée plus haut de F. Gschnitzer et qui est consacrée à l'analyse sémantique des mots δολος, οἰχέτης, θεράπων et υδράποδον montre bien comment, à l'époque classique, les sens convergent. Δολος le «nonlibre», νδράποδον la «chose», οἰχέτης le «serviteur», c'est-à-dire l'esclave dans la vie quotidienne, et θεράπων l'homme de la «suite», s'emploient presque indifféremment l'un pour l'autre dans la langue du ve siècle; mais, ce que n'a pas vu F. Gschnitzer, c'est que, comme nous le montrons ci-dessous, on commence à se rendre compte au IVe siècle que cette convergence est confusion.

(37) Cf. R.I.D.A. (1960), 168170. Il semble que δλος corresponde à l'aspect juridique et Fοιχεύς à l'aspect social de la condition servile; cf. Van Effenterre, H., La Crète et le monde grec de Platon à Polybe (Paris, de Boccard, 1948), p. 92. A côté du δλος-Fοιχεύς un personnage offre des traits distinctifs, meme s'il re-joint à certains égards la condition servile, le χατχχείμενος, celui qui a engagé sa personne comme garantie d'une dette. Je n'aborde pas ici la question du statut assez proche du νενιχαμένος, celui qui a été condamné en justice, sur lequel cf. R.I.D.A. (1960), p. 173. On trouvera l'historiographie, vue par un marxiste, du problème de la servitude en Crète, dans l'étude de Willetts, R. F., The Servile System of Ancient Crete: a Reappraisal of the Evidence, Mélanges G. Thomson (Prague 1963), 257271, et celle, parallèle, des hilotes, dans l'article de Oliva, P., On the problem of the Helots, Historica (Les sciences kistoriques en Tchécoslova-quie), III (1961), 534.

(38) Cf. Comparative Studies (1964), p. 235.

(39) Que Platon distingue formellement «des autres esclaves» dans un de ses premiers dialogues (Alcibiade, I, 122 d).

(40) Photius, , Lexique et Souda, s.v.

(41) Quelle est la source de Pollux? On dit habituellement: Aristophane de Byzance, mais on peut être plus précis; son disciple Kallistratos (IIe siècle av. J.-C.) s'exprime ainsi: «Les habitants d'Héraclée appelèrent [leurs dépendants] δωροφόροι pour ôter l'amertume du mot esclave; ainsi firent les Spartiates avec les hilotes, les Thessaliens avec les penestes, les Crétois avec les clarotes» (fr. 4 in Athénée, VI, 263 e). Naturellement il y aurait beau-coup à dire sur la valeur de ces listes.

(42) Outre R.I.D.A. (1960) et Comparative Studies (1964), cf. Lotze, surtout D., Μεταξὺ λευθέρων κα δούλων (Berlin, Akademie Verlag, 1959) et «Zu den Fοιχέες von Gortyn», Klio, XL (1962), 3243. La décevante étude de Westermann, W. L., Slavery, Between and Freedom, , American Historical Review, L (1945), 213227, est surtout consacrée à la παραμονή hellénistique (condition de certains affranchis astreints à service).

(43) Ainsi Éphore (fr. 29) explique le nom des clarotes crétois (ceux qui travaillent sur le χλρος des hommes libres) «d'après le tirage au sort (χλρος) qui se fait d'eux».

(44) Fr. 4 (Edmonds) in Athénée, , VI, 263 c, le personnage ajoute cependant que bien des esclaves parviennent à s'inscrire sur le registre déun dème.

(45) Cf. Mossé, Claude, Le rôle des esclaves dans les troubles politiques du monde grec à la fin de l'époque classique, Cahiers d'histoire, VI (1961), 353360, p. 358.

(46) L'étude de C. Mossé, mentionnée ci-dessus, permet de faire à ce propos d'intéressantes généralisations. Il reste évidemment à savoir si la clause du pacte de Corinthe (338) interdisant «les afiranchissements d'esclaves en vue de révolution» visait consciemment ce type de revendication. Ce n'est vraisemblablement pas un hasard si une Δουλόπολις nous est signalée en Crète par l'historien hellénistique Sosikratès (fr. 2) à une date malheu-reusement inconnue.

(47) L'expression se rencontre dans Strabon, VIII, v, 4, après une longue citation d'Éphore, mais il n'est pas absolument certain que la phrase en question se rattache à cette citation. Le meilleur commentaire de cette formule est celui qu'en a donné Jeanmaire, H. dans Couroi et Courètes (Lille, Bibl. univers., 1939); voir en dernier lieu Lotze, D., op. cit. pp. 40 sq.

(48) Je rapproche Sosikratès (fr. 4) in Athénée, , VI, 263 f, et Hermonax, auteur d'un glossaire crétois, Athénée, , VI, 267 c. Si les données sont contradictoires (cf. Van Effenterre, H., op. cit. pp. 92 sq.) l'opposition est nette entre esclaves de la communauté et esclaves privés.

(49) Comme le suggère Van Effenterre, H., op. cit. p. 92.

(50) Historia (1959), p. 164, et Slavery, p. 72.

(51) Cf. les remarques de Gernet, L. in Annates d'histoire économique et sociale, X (1938), 3638, et Mélanges U.E. Paoli (Florence 1955), 345348.

(52) Cf. Comparative Studies (1964), p. 235.

(53) Sur ce texte, cf. Lévêque, P. et Vidal-Naquet, P., Clisthène l'Athénien (Paris, Belles-Lettres, 1964), p. 45.

(54) Le fait n'est pas douteux à Rome; cf. Lévy-Bruhl, Henri, Théorie de l'es-clavage, in Quelques problèmes du très ancien droit romain (Paris, Domat-Mont-Chrétien, 1934), 1533, et Slavery, pp. 151170. Cf. aussi Benveniste, E., Le nom de l'esclave à Rome, Revue des études latines, X (1932), 429440.

(55) Sur la «démagogie» athénienne, comme institution témoignant de la participation populaire À la vie de la cité, et des limites de celle-ci, cf. Past and Present (1962), pp. 324.

(56) Cf. Classical Philology (1951), pp. 252253, où sont rappelées les énormes erreurs qu'entrîne cette traduction et la subtilité que doit avoir un traducteur — et qu'eut effectivement P. Chantraine — pour rendre le vocabulaire économique des Grecs.

(57) Cf. Études archéologiques, recueil de travaux publiés sous la direction de P. Courbin (Paris, S.E.V.P.E.N., 1963).

(58) Courbin, P. in Annales E.S.C., XIV (1959), 209233. Notre citation est tiree de la page 229.

(59) Tillion, G., Dans l'Aurès, le drame des civilisations archaiques, Annates E.S.C., XII (1957), 393402.

(60) Cf. Éd. Will, , De l'aspect éthique de l'origine de la monnaie, Revue historique, CCXII (1954), 209231 (je cite la page 225); Réflexions et hypothèses sur les origines du monnayage, Revue numismatique, XVII (1955), 523; Korinthiaka (Paris 1955), 495502. Cf. aussi Gernet, L., La notion mythique de la valeur en Grèce, Journal de psychologie, XLI (1948), 415462. Ce problème vient d'être entièrement renouvelè par la magistrale étude du numismate anglais Kraay, C. M., Hoards, small change and the origin of coinage, Journal of Hellenic Studies, LXXXIV (1964), 7691. Partant de l'analyse des plus anciens trésors, l'auteur montre que la fonction première de la monnaie n'est ni le grand commerce — car si l'on fait exception des zones productrices d'argent, elle ne circule guère en dehors de son lieu d'émission — ni le petit commerce — car souvent la monnaie divisionnaire n'apparaît que tardivement. La conclusion de C. M. Kraay (qui a ignoré les études d'Éd. Will) est que la monnaie primitive est essentiellement un instrument commode au service des États.

(61) En procédant à une mutation monétaire, en l'espèce à une « dévaluation » de la drachme attique, Solon n'agit pas comme un ministre des finances soucieux d'adapter la monnaie de son pays à l'état du marché mondial, il allège les dettes dans la mesure, probablement très restreinte (cf. Cook, R. M. in Historia, VII (1958), p. 259), où elles pouvaient être libellées en monnaie, et surtout il met à la disposition des citoyens un instrument plus souple, et adapté aux besoins d'un nombre d'Athéniens plus important, que la drachme primitive.

(62) Annales E.S.C., IX (1954), 727; cf. aussi Pearson, H. W., The Secular Debate on Economic Primitivism, in Polanyi, K., Trade and Market in the Early Empires (Glencoe, The Free Press, 1957), 311.

(63) La méfiance à l'égard des concepts est fort répandue; quand fut publiée, en 1927, la traduction anglaise de la Wirt schaftsgeschichte de Max Weber (1923) on en supprima soigneusement l'introduction, intitulée « Begriffliche Vorbemer kung ».

(64) Staat und Handel im alten Griechen land (Tübingen, Mohr, 1928) et Griechische Wirtschafts – und Gesellschafts geschickte bis zur Perserzeit (ibid. 1931), J. Hasebroek est un symbole, à cause du « scandale » qu'ont provoqué ses thèses, mais il faudrait rappeler qu'il a subi profondément l'influence de Max Weber, et que, dès 1909, étudiant « L'approvisionnement d'Athènes en blé », L. Gernet se plaçait sur le terrain qui sera celui de J. Hasebroek. Il a du reste donné de ses livres à peu près le seul compte rendu compréhensif qui ait été publié en France, in Annales d'histoire économique et sociale, V (1933), 561566.

(65) Je résume ici, et sur certains points corrige, Staat und Handel, p. 13.

(66) Op. cit. p. 14. M. I. Finley reprend à son compte cette formulation in Rapport, p. 12.

(67) Le texte essentiel est Politique, 1256 b 40 sq.

(68) Cf. les remarques de Hasebroek, J., op. cit. p. 9, qu'il faut d'ailleurs compléter et corriger sur plusieurs points, et Rapport, pp. 2627.

(69) II faut bien distinguer la « liturgie » de l᾽εὐεργεσα. Le liturge remplit une tâche qui relève certes en un sens de l'économie de don, mais qui se situe entièrement dans le cadre de la vie civique. Chorège d'Eschyle, Périclès peut mettre une particulière splendeur dans l'accomplissement de sa charge, celle-ci ne lui en est pas moins imposée. Un εὐεργτης est au contraire en dehors de la cité. Un acte comme celui d'Andocide se situe très précisément à la limite des deux notions.

(70) Cf. Tod, M. N., A selection of Greek Historical Inscriptions2 (Oxford, University Press, 1946). n08 86 et 91.

(71) Andocide, , I, 38. Il s'agit bien entendu d'un cas limite et un Athénien comme Nicias a pu mettre à la disposition d'un concessionnaire du Laurion jusqu'à 1000 esclaves; cf. à ce sujet la récente mise au point de Mossé, C., La fin de la démocratie athénienne (Paris, P.U.F., 1962), pp. 8595. Vers 355, Xénophon a pu dans Les Revenus développer un plan d'exploitation minière par des esclaves d'État, mais en 415, en tous les cas, la concurrence n'était pas assez forte pour obliger l'Athénien dont parle Andocide à employer son esclave ailleurs.

(72) Cf. dans ce sens les remarques de G. Vallet et F. Villard, in Courbin, P., op. cit. pp. 213214.

(73) On citera aussi l'exposé nuancé de Roebuck, C., Ionian Trade and Colonization (New York, Archeological Institute of America, 1959); malheureusement la seule histoire récente de la vie économique d'Athènes aux époques archaïque et classique, celle French, d'A., The Growth of the Athenian Economy (London, Routledge and Kegan Paul, 1964) ne s'inspire guère de ces exemples et utilise bien mal à propos des concepts créés pour l'étude des sociétés modernes. Elle reste ainsi dans la ligne des travaux bien connus d'E. Meyer ou de F. Heichelheim.

(74) Cf. Rapport, pp. 3335; voir aussi les remarques complémentaires de C. Mossé, ibid. pp. 36–40.

(75) On citera comme exemple, parmi les innombrables remarques méthodologiques que J. et L. Robert ont dispersées dans leur œuvre, ce qu'ils disaient dans le Bulletin épigraphique de la Revue des études grecques, LXXI (1958), n° 320, pp. 270276, sur Byzance, à propos d'un travail de l'historienne soviétique W. P. Newskaya.

(76) Michel Rostovtzev insiste beaucoup sur l'importance de cette dernière œu vre dans les premières pages de sa grande Economie and Social History of the Hellenistic World; voir l'édition commentée qu'en a donnée Van Groningen, B. A. (Leyde, Brill, 1932). Sur Aristote et les problèmes économiques, cf. les remarques, à mon sens un peu forcées, Polanyi, de K., Aristotle discovers the economy, op. cit. pp. 6496.

(77) Encore dernièrement Cawkell, G. L., in Journal of the Hellenic Studies, LXXXIII (1963), p. 64.

(78) Éd. Will, in Courbin, P., op. cit. p. 156, n. 1.

(79) Thucydide, I, 11, 1 et VI, 6. Sur l'Archeologie, cf. de Romilly, J., Histoire et raison chez Thucydide (Paris, Belles-Lettres, 1956), pp. 240298.

(80) Cf. République, VIII, 547 b–548 b, 550 d e, 555 b sq., 546 b sq.

(81) Xénophon, , Économique, VI, 67. Cf. sur tous ces problèmes les remarques capitales de Vernant, J. P., Travail et nature dans la Grèce ancienne, Journal de psychologie, XLVIII (1955), 129.

(82) Sur l'absence de concurrence et de solidarité entre hommes libres et esclaves, cf. Historia (1959), pp. 154 sq. et Slavery, pp. 154 sq.

(83) Sur la signification de ce schéma, cf. Clisthène l'Athénien, pp. 124128. Le texte essentiel est Aristote, Politique, 1267b 22 sq.

(84) Les classes censitaires de Solon organisent une répartition du corps civique selon la richesse foncière, non selon la place dans la production. Au chapitre VII de la Constitution d'Athènes, Aristote affirme que l'archontat fut partagé entre les Eupatrides, les cultivateurs et les artisans. On a pu soutenir (Gernet, L. in Revue de philologie, XII (1938), 216227) qu'il ne s'agissait pas d'un événement authentique mais d'une fabrication du IVe siècle, à partir du modèle hippodamien. Comme le fait remarquer M. I. Finley, peut-être avonsnous eu tort, P. Lévéque et moi-même, de ne pas nous rallier à la démonstration de Gernet, L. (Clisthène l'Athénien, p. 74, n. 3).

(85) R. Goossens a baptisé ainsi divers projets de réorganisation de l'État à la fin du ve siècle; cf. Mélanges De Visscher (Bruxelles 1950), III, pp. 551 sq.; Euripide et Athènes (Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1962), pp. 556558 et 645–646; et Mossé, C., op. cit. pp. 251253.

(86) Cf. sur l'institution des δχαι µποριχαι, l'étude de Gernet, L., Sur les actions commerciales en droit athénien, Revue des études grecques, LI (1938), 144, ou Droit et société dans la Grèce ancienne (Paris, Recueil Sirey, 1955), pp. 173200, à compléter par les remarques de Préaux, C., Note sur les contrats à clause exécutoire, Chronique d'Égypte, LVIII (1958), 102112, et de Salviat, F. in Bull. corresp. hell., LXXII (1958), 209212.

(87) Cf. Gernet, L., Sur le droit athénien de l'esclavage, Archives d'histoire du droit oriental, V (1950), 159187, ou Droit et Société, pp. 151177; je cite la page 163.

(88) Excellent résumé in Political Science Quarterly (1953), p. 259. L'étude fondamentale est celle de Calhoun, G. M., Risk in sea loans in ancient Athens, Journal of Economic and Business History, II (19291930), 561584.

(89) Ibid. p. 265.

(90) Contre Timarque, 101; cf. Land and Credit, pp. 54, 246247, et Gernet, L., Choses visibles et choses invisibles, Revue philosophique, CXLVI (1956), 7986.

(91) Le texte le plus souvent invoqué est Denys d'Halicarnasse, Sur les discours de Lysias, 32, reproduit généralement comme argument du discours 34 de Lysias. Un oligarque nommé Phormisios avait proposé en 403 de réserver le droit de cité aux seuls propriétaires terriens; cette proposition qui s'insère dans la campagne pour une « république de paysans » (cf. supra n. 85) aurait abouti, dit Denys, à priver de leurs droits 5000 citoyens; cf. la discussion de ces chiffres in Land and Credit, pp. 5658 et 248–249.

(92) Sur les rares données chiffrables pour Athènes, , cf. Land and Crédit, p. 58; Political Science Quarterly (1953), p. 253; la mise en œuvre la plus riche de la documentation littéraire et épigraphique est celle de V. N. Andreev, Razmery zemel' nykh učastkov v Attike v IV v. do n. e. [Les dimensions des lots de terre en Attique au IVe siècle avant notre ère], Vestnik Drevnej Istorii, LXVIII (1959), 121146.

(93) Aristote déclare simplement que l'aliénation du χλρος à Sparte était οὐ χαλν (Politique, II, 1270 a 20).

(94) Fine, J. V. A., Horoi, Studies in Mortgage, real Security, and Land Tenure in Ancient Athens, Hesperia, supplément, IX (1951) (American School of Classical Studies at Athens), pp. 167208. Les arguments de Fine sont tenus pour valables par Gernet, L., Mélanges U.E. Paoli, pp. 348350; contra cf. par exemple Pouilloux, J., Antiquité classique, XXI (1952), pp. 513514; le problème a été récemment réexaminé par J. Pečirka, Land Tenure and the Development of the Athenian Polis, , Mélanges G. Thomson (Prague 1963), 183–2O1, qui insiste, beaucoup plus que ne le faisait J. V. A. Fine, sur les conditions qui, bien avant 431, ont mis fin à l'inaliénabilité des terres.

(95) Political Science Quarterly (1953), p. 251. Qu'il n'y ait pas encore à Athènes, au IVe siècle, un véritable marché de la terre, c'est ce que tend à démontrer l'étude un peu aventureuse, mais suggestive, de V. N. Andreev, Cena zemli v Attike IV veka do n. e. [Le prix de la terre en Attique au IVe siècle avant notre ère], Vestnik drevnej Istorii, LXXII (1960), 4757.

(96) Cf. Land and Credit, pp. 13 sq. Le cadastre n'était pas entièrement inconnu dans le monde grec.

(97) On comparera avec cet ouvrage, cité ici sous la forme Land and Credit, l'étude de J. A. V. Fine mentionnée plus haut et publiée quasi simultanément.

(98) Gernet, L., Iura, IV (1953), p. 366 (dans une recension de Land and Credit).

(99) Land and Credit, p. 27.

(100) Das Griechische Pfandrecht (Munich, Ackermann, 1895).

(101) Gernet, L., Archives d'histoire du droit oriental, II (1938), p. 271.

(102) Cf. Land and Credit, pp. 114117, et Mélanges Arangio Ruiz, p. 487.

(103) Cf. le contrat in Démosthéne, Contre Lacritos, 12.

(104) Land and Credit, pp. 3852.

(105) Mentionnée par Démosthène, Contre Spoudias, 7, 10. Au contraire, dans les contrats « à la grosse », la vente se fait au cours.

(106) Cf. Land and Credit, pp. 107117, et surtout Mélanges Arangio Ruiz, pp. 473491, commentant l'inscription Hesperia, X (1941), p. 14, n° 1.

(107) Cf. Land and Credit, pp. 2127.

(108) Op. cit. pp. 79–88, et, mieux encore, Political Science Quarterly (1953), où les idées sont dégagées avec une particulière netteté.

(109) Démosthène, , Contre Polyclès, 7.

(110) Dans quelle mesure cependant le commerce des vases peut-il être considéré comme caractéristique de l'activité économique d'une cité antique? La question est d'autant plus importante que ces vases, ou leurs tessons, sont souvent notre seule source. Villard, F., La céramique grecque de Marseille, VI-IVe siècle; essai d'histoire économique (Paris, de Boccard, 1960), a montré que l'on pouvait, eu procédant avec une infinie prudence, et en usant de la méthode statistique, tenir la présence de céramiques comme un signe de l'activité d'une cité importatrice. Mais qu'en est-il des cités exportatrices et singulièrement de Corinthe et d'Athènes? La conclusion de Cook, R. M., Die Bedeutung der Bemalten Keramik für den Griechischen Handel, Jahrbuch des Deutschen Archäologisches Instituts, LXXIV (1959), 114123, est qu'il faut être d'autant plus prudent que la poterie de luxe n'a jamais employé plus de cinq cents personnes à la fois, à la plus belle époque d'Athènes. Le problème est évidemment différent quand il s'agit de documents comme les timbres des amphores à vin. La publication récente par A. M. et A. Bon d'un corpus de ces timbres pour l'île de Thasos montre ce qu'on peut en espérer pour l'histoire économique de l'île, mais ce recueil montre aussi combien l'exploitation est difficile, puisque la seule datation des timbres pose souvent des questions insolubles.

(111) Il ressort du livre de Labarbe, J., La loi navale de Thémistocle (Paris, Belles-Lettres, 1957) que cette décision fut prise notamment parce qu'elle ouvrait une solution aux problèmes nés de l'expansion démographique d'Athènes à la fin du VIe siècle et au début du ve: la flotte permet à des citoyens incapables d'assumer les frais de l'équipement hoplitique, de servir la cité menacée par les Perses, elle protégera les exportations d'hommes (les clérouquies) beaucoup plus que les exportations de marchandises.

(112) Cf. Bodin, L., Autour du décret mégarien, Mélanges littéraires (Faculté des lettres de Clermont-Ferrand, 1910), 169182.

(113) Il s'agit du décret de Clearchos mentionné dans un décret postérieur, cf. Tod, M. N., op. cit.67. On a récemment beaucoup discuté de sa date, les uns le plaçant à l'époque de Cléon, précisément pour le mettre en relation avec l' « impérialisme commercial »; cf. Mattingly, H., The Athenian Coinage Decree, Historia, X (1961), 148188, particulièrement pp. 184–187; les autres maintenant une date antérieure d'une quinzaine d'années; cf. B. D. Meritt et Wade-Gery, H. T., The dating of documents to the mid-fifth Century, Journal of Hellenic Studies, LXXXII (1962), 6774.

(114) Cf. Rapport, pp. 2223.

(115) Finley, M. I. cite (Rapport, p. 19) cette formule de Lord Keynes: « [When] the kings of Lydia first struck coins, it may have been […] a mere act of ostentation appropriate to the offspring of Croesus and the neighbours of Midas. The stamping of pieces of metal with a trademark was just a piece of local vanity, patriotism or advertisement, with no far reaching importance » (A Treatise on Money (London, Macmillan, 1930), I, 12). Que ce soit Keynes qui ait compris les choses ainsi n'est évidemment pas le fait du hasard

(116) Cf. Rapport, pp. 1828.

(117) Encore ne faut-il pas confondre l'activité commerciale, le Pirée, et l'empire; on lit dans Ehrenberg, V., The People of Aristophanes3 (New York, Schocken, 1962), p. 118: « Sea-trade, supported by the political power of Athens, and reaching from the Black sea to Sardinia was the cause of special pride. » Mais on lit simplement dans le texte cité en référence (Guêpes, 700701 [c'est Bdélycléon qui parle à son père]): « Tu règnes sur une quantité de villes, depuis le Pont jusqu'à la Sardaigne. Qu'en retires-tu? Rien que ce misérable salaire. »

* Les traductions d'auteurs grecs sont en général celles de la Collection des Universités de France, parfois légèrement modifiées. Les fragments des historiens sont cités d'après la numérotation de l'édition de F. Jacoby.

J'ai pu prendre connaissance des travaux en langue russe cités dans les notes 7, 92, 95, grâce à l'amitié de Joseph Modrzejewski et d'Irène Sorlin. Mon ami Manolis Papathomopoulos m'a évité bien des erreurs en relisant les épreuves de cet article.

Économie et société dans la Grèce ancienne: l'œuvre de Moses I. Finley

  • Pierre Vidal-Naquet

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