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Pensée concrète, Art abstrait

  • Jean-Louis Major (a1)

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Les biographies de poètes et d' écrivains sont beaucoup plus nombreuses que celles de philosophes. Pour expliquer ce phénomène il se présente sûrement plusieurs raisons. Je n'en veux souligner qu'une: l'apparente objectivité du système philosophique, qui se fonderait sur la distance de l'œuvre à l'égard de son auteur et sur l'absence de marques personnelles. Pourtant on peut accepter que l'interrogation philosophique soit intemporelle ou « perennis » tout en concevant qu'elle soit liée à l'époque dans la formulation des problèmes et des solutions, dans la conception de son idéal. Elle Test ainsi à travers le sujet de l'acte de philosophie: l'homme, qui participe nécessairement à son époque tout en ayant la possibilité de la dépasser. Bien plus, ses intuitions polarisatrices, ses perspectives de base correspondent souvent à une mentalité, à des aspirations et à des besoins spirituels propres à cette époque.

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1 Heidegger, Martin, Introduction à la métaphysique, trad, par Gilbert Kahn (Paris, P.U.F., 1958), p. 15.

2 Voir Jean Hyppolite, « Existence et dialectique dans la philosophic de Merleau-Ponty », dans Temps Modernes, n. 184–185, p. 235: « La dialectique se voulait purement objective et condamnait l'existence à n'être qu'un reflet ou parfois une contingence négligeable. L'existentialisme de Sartre, aussi bien que celui de Merleau-Ponty, est une réaction contre cette dialectique qui se veut exclusivement objective. » Et l'auteur d'ajouter en note: « Nous ne devons pas toutefois oublier que le dialogue s'amorce entre cette dialectique objective et notre existentialisme. »

3 Hedayat, Sadegh, La chouetle aveugle, trad, par Roger Lescot (Paris, José Corti, 1953), p. 82.

4 Sartre, Jean-Paul, Orphée noir, préface à l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, (Paris, P.U.F., 1948), p. xx.

5 Ibid.

6 Bonnefoy, Yves, « L'acte et le lieu de la poésie, » dans L'improbable, (Paris, Mercure de France, 1959), p. 165.

7 Cingria, Charles-Albert, La civilisation de Saint-Gall, (Lausanne, Payot, 1929), cité dans Jacques-Henry Levesque, Introduction aux Potéies Complétes de Blaise Cendrars, p. 18.

8 Paul-Marie Lapointe, « Notes pour une poétique contemporaine », dans Liberté, n. 21, (mars, 1962), p. 183–184: « La forme d'improvisation particulière au jazz — ad libitum sur une structure donnée, linéaire et verticale — me paraît devoir exprimer de la façon la plus concrète la forme de la nouvelle poésie (...) Cette poésie diffère des poésies classiques, qui sont d'abord artisanales, ciselées, ouvrées au sens d'une quête de la perfection. »

9 Cendrars, Blaise, Aujourd'hui, (Paris, Grasset), p. 201.

10 J. Vendryès, Le langage, introduction linguistique à l'histoire, cité dans Cendrars, Aujourd'hui, p. 201.

11 Jacques-Henry Levesque, op. cit., p. 20.

12 Cette définition du tableau ne veut en aucune façon paraître exclusive. Devant les efforts actuels qui se reflètent dans les œuvres, on ne peut que demeurer en deçà d'une définition complète. A cause de l'intégration des objets eux-mêmes dans le tableau, les limites entre la sculpture et la peinture sont devenues insaisissables.

13 cf. Marcel Brion, Art abstrait, (Paris, Albin Michel, 1956), plus particulièrement le chapitre II, « L'abstraction, constante de l'esprit humain. »

14 L'abstrait comme tel doit être distingué des autres modes d'expression picturale plutôt déformants qu'abstraits, comme l'expressionnisme, le cubisme, le fauvisme, en ce qu'il n'a aucun rôle représentatif d'un objet extérieur. En guise d'exemple disons que Picasso n'est pas un peintre abstrait. D'ailleurs il le soulignait lui-même: « Il n'y a pas d'art abstrait. Il faut toujours commencer par quelque chose. » cité dans Dorival, Les étapes de la peinture française contemporaine, t. 2: Le fauvisme et le cubisme.

15 Jean-Louis Ferrier, « Coulot ou La peinture considérée comme une tauromachie », dans Temps Modernes, n. 186 (nov. 1961), p. 579.

16 Marcel Brion, op. cit., p. 28.

17 Paul-Émile Borduas, Borduas park. Interview avec Paul-Émile Borduas (décembre 1950, Radio-Canada) publié dans Liberté, n. 19–20 (janvier-février 1962), p. 9.

18 Jean-Louis Ferrier, op. cit., p. 583.

19 Paul-fimile Borduas, op. cit., p. 10–11.

20 cf. l'excellent article de Guy Robert, « Art actuel, art formel », dans Revue Dominicaine, vol. LXVII, t. II, (déc. 1961), p. 291–298, qui pourrait, croyons-nous, être complété par quelques notations sur certains aspects du jazz. Un article du même genre que celui-ci, consacré à la musique contemporaine tendrait à manifester la présence nouvelle des sons individuels, s'affirmant en eux-mêmes, par rapport à la phrase mélodique. C'est en ce sens que Stravinsky disait: «Je considère la musique, par son essence, impuissante à exprimer quoi que ce soit: un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. L'expression n'a jamais été la propriété immanente de la musique. » Igor Stravinsky, « Erinnerungen », Atlantis-Verlag, 1937, dans Panorama des idées contemporaines, p. 467.

21 II est à remarquer qu'un certain nombre d'œuvres ne participent aucunement à cette tendance. Nous n'avons voulu ici que dégager une ligne de force générale sans porter de jugement sur la valeur des œuvres elles-mêmes. II est évident par conséquent que nous ne rejetons pas une œuvre de forme traditionnelle pas plus que nous n'acceptons comme chef-d'œuvre tout ce qui est de la forme nouvelle.

22 Nous avons développé cet article en montrant l'accord entre l'existentialisme et son époque spirituelle telle qu'exprimée par quelques formes de l'art. II serait tout aussi possible de reprendre le même problème de façon à élaborer une esthétique. Le procédé consisterait à se servir de perspectives existentielles pour étudier les tendances et les œuvres d'un art quelconque ou de l'ensemble des modes de création artistique.

23 Souriau, Étienne, La correspondance des arts, (Paris, Flammarion, 1947), dans Panorama des idées contemporaines, (Paris, Gallimard, 1957), p. 382.

24 Martin Heidegger, op. cit., p. 145.

25 Maurice Merleau-Ponty, « L'œil et l'esprit », dans Temps Modernes, n. 184–185, p. 214.

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