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La Révolution copernicienne: Freud et le géogentrisme médiéval

  • Claude Savary (a1)

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On rencontre encore cette idée d'une triple révolution: Copernic, Darwin, Freud. La première phase fera l'objet de nos réflexions. Elle a été conçue par Freud comme une blessure au narcissisme humain. « Le narcissisme universel des hommes, leur amour d'eux-mêmes, nous dit Ricœur expliquant Freud, a, jusqu'à présent, subi trois sévères coups de la part de la science: ce fut d'abord la position centrale de la terre qui fut contesée par Copernic, puis … « Freud lui-même nous dit que pour l'homme pré-copernicien » la position centrale de la terre indiquait qu'elle jouait un rôle dominant dans l'univers et concordait avec la tendance qu'il avait à se considérer comme maître du monde «. Et à l'époque de Freud des historiens de la science abondèrent dans le même sens: au « moyen âge », la terre et l'homme étaient au centre de l'univers et cette position était la plus honorable.

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1 Récemment dans McLuhan, M., La Galaxie Gutenberg, Montréal, HMH, 1967, p. 363.

2 Ricoeur, P., Herméneutique et réflexion, dans Demitizzazione E Immagine, Padova, 1962, p. 25.

3 A Difficulty in the Path of Psycho-analysis, in The Standard Edition, Londres, 1955, t. XVII, pp. 139140.

4 Cf. Burtt, The Metaphysical Foundations of Modern Physical Science, London, 1959, pp. 46. Le thème réapparaît dans les articles de Jacques Lacan: selon La chose freudienne (1955) (cf. Lacan, J., Érits, Éd. du Seuil, Paris, 1966, p. 401) Copernic déplace le centre du monde comme Freud déplace le centre de l'homme; dans L'instance de la lettre dans l'inconscient (1957) (cf. Érits, pp. 516 sq.) la révolution freudienne est percue de la même façon alors qu'en 1960 (Subversion du sujet et dialectique du désir dans l'inconscient freudien, in Érits, pp. 796–97) elle est l'objet d'un questionnement plus sérieux; mais on retrouve toujours l'association Copernic-Darwin-Freud. La comparaison entre Darwin et Copernic vient de Haeckel et il est possible que par son intermédiaire Freud se soit associé aux deux premiers: cf. Rieff, , Freud: The Mind of the Moralist, New York, 1961, p. 398, n. 33; il n'est pas inutile de noter que dans l'esprit de Haeckel, ce qui était détruit n'était pas tellement un anthropocentrisme mais l'anthropomorphisme et le finalisme: cf. Cassirer, , The Problem of Knowledge, New Haven, 1960. p. 16.

5 Heidegger, , Uepoque des « conceptions du monde », dans Holzwege, Paris, Gallimard, 1962, pp. 7980.

6 Huizinga, J., Le Déclin du mqyen âge, Paris, Payot, 1961, p. 39 (v. tout le ch. II et la p. 406).

7 « En tout cas, ce n'est pas à cause de Darwin que les hommes se croient moins le dessus du panier d'entre les créatures, puisque c'est précisément ce dont il les convainc ». (Érits, Paris, 1966, p. 797).

8 De quoi on trouve encore des traces dans une excellente présentation de la psychanalyse: La Psychanalyse science de l'homme, par W. Hubert, H. Piron, A. Vergote, Bruxelles, Ch. Dessart, 1961, intr., pp. 7–17.

9 Die Krisis der europäischen Wissenschaften und die transzendentale Phänomenologie, Husserliana, Band VI, M. Nijhoff, La Haye, 1954 (v. Edmund Husserl, L'Origine de la géométrie, trad, et intr. par Jacques Derrida, Paris, P.U.F., 1962.

10 Études galiléennes, I, À l'aube de la science dassique, Paris, Hermann, 1939; Galilée et la révolution scientifique du XVIIe siècle (Les conférences du Palais de la Découverte, mai 1955), Paris, 1955; La Révolution astronomique: Copernic, Kepler, Borelli, Paris, Hermann, 1961.

11 En particulier dans L'époque des «conceptions du monde », in Holzwege, Paris, 1962, pp. 7071; recemment dans La Jin de la philosophie et la tdche de lapensee, texte edite dans Kierkegaard vivant, Paris, Gallimard, 1966, pp. 167204; pour les autres textes, cf. Palmier, J.-M., Les Écrits politiques de Heidegger, Paris, L'Herne, 1968, pp. 135139.

12 Heidegger, L'époque des « conceptions… », p. 71: « … il nous faut d'abord nous libérer de l'habitude que nous avons de ne distinguer la science moderne de l'ancienne que par une différence de degré d'après le point de vue du progrès ».

13 Cf. Freud, Loc. cit., p. 140.

14 Barthélémy l'Anglais, De Rerum Proprietatibus, Frankfurt, 1650, L. XIV, cap. I, p. 589.

15 Oresme, Nicolas, Traité du del et du monde, edite parMenut, A. D. et Denomy, A. J., Madison, Milwaukee, London, 1968, L. II, ch. 31, pp. 566568. La même opinion est tenue par Joannis Hennon, Albert de Saxe et Thémon le Juif: v. Duhem, P., Le Système du monde, Paris, Hermann, 1959, t. X, p. 69.

16 Oresme, Op. cit., II, 29, lignes 31–32 (p. 554).

17 Nicolas Oresme, Op. cit., II, 29, 1. 34–38 (p. 554).

18 Op. cit., II, 29, 1. 41–47 (p. 554).

19 Op. cit., II, 11, 1. 45–46 (p. 396).

20 Buridan, Jean, Quaestiones super libris quattuor de Caelo et Mundo, edite par, E. A. Moody, The Mediaeval Academy of America, Cambridge, 1942, L. II, quaestio 22 (pp. 230231).

21 Loc. cit., p. 231.

22 Freud, Loc. cit. et H. Piron, La Psychanalyse, science de l'homme, pp. 11–17; ce dernier écrit (p. 13): « … Pour que les sciences dans leur ensemble et pour que l'esprit scientifique puissent se développer, il a fallu que l'esprit humain se dégage systématiquement d'une série de croyances naïves, … ». Cependant, affirme Koyré, le système de Copernic « repose sur des données anciennes, principalement sur celles de Ptolémée (...). Et, de ce fait, son système—nouvelle interprétation des données de l'observation—du moins en ce qui concerne le calcul des phénomènes observables, n'est pas beaucoup plus en accord avec ceux-ci que celui de Ptolémée qu'il s'efforce de remplacer (…) d'autre part, (…) du point de vue mathématique, le système de Ptolémée est une des ceuvres les plus belles et les plus étonnantes de l'esprit humain », (La Révolution astronomique, p. 24): cf. également Koyré, , Du monde clos à l'univers infini, Paris, P.U.F., 1962, pp. 3031.

23 Sans oublier qu'ils commentent le De Caelo d'Aristote.

24 De Return Proprietatibus, L. XIV, cap. I, p. 589.

25 La Révolution astronomique, p. 75, n.

26 Aristote, Physique, II, 2 (194327).

27 Saint Bonaventure, Breviloquium, II, IV (Opera Omnia, Quaracchi, 1891, t. V, p. 222b).

28 Voir la note de Hyppolite, Jean dans sa Genèse et structure de la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel, Paris, Aubier, 1946, II, p. 532, n. 1.

29 C'est en ce sens qu'on a vu qu'à une transcendance verticale le christianisme substituait un schéma horizontal ou « historique »: là-dessus, v. Puech, H.-C., La Gnose et le temps, in Eranos-Jahrbuch 1951, Zurich, 1952, pp. 7576 et Merleau-Ponty, M., cite par A. Jeanniere dans Esprit, octobre 1967, pp. 652653.

30 Cependant, parlant de Thomas, S., Geiger, Ls.-B. mentionne que la creation permet de concevoir une « sorte d'extériorité de la créature par rapport au Créateur, … » (v. La Participation dans la philosophie de S. Thomas d'Aquin, Paris, Vrin, 1953, p. 381).

31 Ainsi, par exemple: « … perfectio consistit in productione eorum quae per tempora decurrunt et sibi consequenter succedunt, ex cuius successionis … » (II Sent, d. XV, a. 2, q. 3, concl.: Opera Omnia, Quaracchi, 1885, t. II, p. 387a); « … : ergo non videtur, quod omnia simul produxerit, sed successione » (II Sent., d. XII, a. 1, q. 2, f. 3: Opera Omnia, t. II, p. 296a). S. Bonaventure développe une telle conception parce qu'il distingue deux étapes dans la fabrication de l'univers: « In prima agit de productione creaturae corporalis quantum ad principium materiale; et haec productio dicitur creatio. (…) In secunda agit de productione ipsius quantum ad principium formale; et haec productio dicitur distinctio» (II Sent., d. XII, divisio textus: Opera Omnia, t. II, p. 292a). En interprétant littéralement la Genèse et en utilisant la doctrine stoïcienne des raisons séminales il concoit la distinctio selon le mode de l'historicité.

32 Alexandre de Halès, Summa theobgica, la, II, Inquisitio la, II, q. I (Éd. Quaracchi, 1928, t. II, p. 61).

33 Loc. cit., Inq. IIIa, I, q. II, cap. III (p. 317).

34 De Rerum Proprietatibus, L. XIV, cap. I, p. 589.

35 Quaestiones super libris quattuor de Caelo et Mundo, II, 22, p. 227.

36 Traité du ciel et du monde, II, 29, 1. 70, p. 556.

37 Op. cit., II, 8, 1. 100 sq., p. 558.

38 De docta ignorantia, II, 12: v. Œuvres choisies de Nicolas de Cues, traduction de Maurice de Gandillac, Paris, Aubier, 1942, p. 135.

39 Oresme, Traite du Ciel et du Monde, II, 24, 1. 1–61 ( pp. 514–518).

40 Quatemulorum fragmenta, édité par Marianus Kurdzialek, Varsovie, 1963, p. 76, 1. 2.

41 « Medium maioris mundi est sol, (...) Sol enim est in medio planetarum, (...) Inter omnes autem planetas maioris diffusionis est sol. A corde similiter est diffusio … » Collationes in Hexaemeron, I, 19: Opera Omnia, t. V, p. 332b.

42 « The centre of the world, écrit Lovejoy, A. O. (The Great Chain of Being, New-York, 1965, pp. 101102), was not a position of honor; it was rather the place farthest removed from the Empyrean, the bottom of the creation, to which its dregs and baser elements sank … ». Koyré note également que dans « … la hiérarchie des lieux du Cosmos médiéval et antique, (…) la place centrale n'est aucunement la plus honorable, mais au contraire la plus indigne … » (La Révolution astronomique, p. 114, n. 24).

43 « … la fonction attribuée au Soleil, fonction d'illuminer et d'éclairer l'univers est, pour Copernic, d'une extrême et suprême importance. C'est cette fonction qui explique et assure la place qu'il tient dans le Monde: la première en dignité et centrale en position. C'est pour donner la lumière et done la vie et le mouvement à l'univers que le Soleil, (…), est placé en son centre—position qui est évidemment la plus appropriée à ce but: … » (Koyré, Ibid., p. 63).

44 « Et c'est là la raison, écrit-il,—la véritable raison—qui inspire la pensée et l'âme de Copernic. (…) Ceux qui, comme Digby et Kepler (…) ont associé l'astronomie copernicienne à une sorte d'héliolatrie en la liant d'ailleurs au christianisme, n'étaient nullement infidèles à l'inspiration du grand penseur polonais. » (La Révolution astronomique, p. 69).

45 Cf. Koyré, Ibid. On peut déjà le soupconner à partir des textes cités de David de Dinant et S. Bonaventure.

46 Comme on le sait la science antique a d'abord été héliocentrique.

47 Ibid., p. 114, n. 24: « On ne remarque pas toujours, ou du moins, pas assez, qu'en plaçant le Soleil au centre du monde en vertu de sa dignité, Copernic (...) bouleverse entièrement la hiérarchie des lieux du Cosmos médiéval et antique, dans lequel la place centrale n'est aucunement la plus honorable, mais au contraire la plus indigne. Elle est, en effet la plus basse et … ».

48 Cf. Kuhn, T. S., The Structure of Scientific Revolutions, Chicago, Un. of Chicago Press, 1962, pp. 148149, où il écrit notamment: « … Rather, it was a whole new way of regarding the problems of physics and astronomy, one that necessarily changed the meaning of both ‘earth' and ‘motion' ». Voir également son The Copernican Revolution, New York, 1959, qui porte sur cet aspect de l'héliocentrisme; aussi Koyré, Galilée et la révolution scientifique du XVIIe sièle (Les Conférences du Palais de la Decouverte, mai 1955), Paris, 1955, pp. 7; Id., Études Galiléennes, I, À l'aube de la science classique, Paris, Hermann, 1935, p. 9; Collingwood, R. G., The Idea of Nature, New York, 1960, pp. 111112 et Vignaux, P., De la théologie scolastique à la science moderne, dans Revue d'histoire des sciences et de lews applications, XVIII, 2 (1965), p. 142 (à propos de la différence entre le mouvement aristotélicien et le mouvement cartésien).

49 Cf. Alexandre de Halès, Sumtna theologica, Ia, II, Inq. Ia, II, qu. I, cap. II (Éd. Quaracchi, 1928, t. II, p. 61); d'Ailly, Pierre, Ymago Mundi, Incipit, cap. I: primum capitulum de Mundo et partibus eius generaliter; cap. IV (Éd. Buron, Paris, 1930, t. I, pp. 165; 185–187); voir les nombreuses références à la note de la p. 187 de ce dernier ouvrage et S. Bonaventure, Breviloquium, II, III, 1.

50 Loc. cit., pp. 61-62.

51 Ibid., Inq. IIIa, II, qu. I, cap. V, a. III-IV, sol. (t. II, p. 324).

52 Ymago Mundi, cap. IV: éd. Buron, p. 185.

53 Traité du Ciel et du Monde, Prol., 1. 4-8: éd. Menut & Denomy, p. 38.

54 Collingwood, R. G., The Idea of Mature, New-York, 1960, pp. 111112.

55 Cf. Collingwood, Ibid., pp. 94-95 et Koyré, , Galiée et la révolution scientifique du XVIIe siécle, Paris, 1955, pp. 1819.

56 Cf. Burtt, , The Metaphysical Foundations of Modern Science, Londres, 1959, p. 41.

57 Cf. Klibansky, R., The School of Chartres, dans Twelfth-Century Europe and the Foundations of Modern Society, Un. of Wisconsin Press, 1961, pp. 510

58 Cf. Husserl, Die Krisis der europäischen Wissenschaft und die transzendentale Phänomenologie, paragraphe 9: la mathématisation de la nature par Galilée, in Husserliana, vol. IV, Haag, 1962, pp. 365-386; Collingwood, R. G., The Idea of Nature, New York, 1960, pp. 102103; Kuhn, T. S., The Copernican Revolution, New York, 1959, notamment, p. 143, et Koyré, La Révolution astronomique, pp. 15-17.

59 Gusdorf, G., La Révolution galiléenne, t. I, Paris, Payot, 1969, p. 135.

60 Cf. les explications de Kuhn, Op. cit., pp. 145 sq. Aussi John U. Nef, La Naissarwe de la civilisation industrielle et le monde contemporain, Paris, A. Colin, 1954, pp. 66-67. Comme Freud, Nietzsche attribuait à Copernic une fonction capitale: il y a « avant Copernic » et « après », comme si alors tout avait changé: cf. Volonté de puissance, II, nos 527 et 600.

61 Que ce soit cela qui détermine l'essence de la science moderne, c'est ce qui est maintenu par Martin Heidegger, dans L'époque des « conceptions du monde » (v. Chemins qui ne ménent nulle part, Paris, Gallimard, 1962, pp. 69-100), dans Qu'appelle-t-on penser?, Paris, P.U.F., 1967, pp. 87-88, dans La question de la technique (v. Essais et conférences, Paris, Gallimard, 1958, pp. 28-30); à ce sujet, cf. Palmier, J.-M.: Les Écrits politiques de Heidegger, Paris, 1968, pp. 137sq. ; 250-254; on retrouve une idée analogue chez Max Scheler, avec références à la démographie, à la géographie, à la biologie, etc.: v. Werner Stark, The Sociology of Knowledge, Londres, 1967, pp. 33-36; 115-118; ce point de vue nous permet de comprendre en quoi un homme comme F. Bacon peut êetre situé dans l'« histoire de la science » (cf. Stark, p. 115), alors que du point de vue traditionnel il est tout à fait insignifiant: « Bacon initiateur de la science moderne, écrit Koyrà, est une plaisanterie, et fort mauvaise, que répètent encore les manuels. En fait Bacon n'a jamais rien compris à la science … » (Études galiéennes I, À l'aube de la science classique, Paris, Hermann, 1939. P- 6, n. 4).

62 Mitscherlich, Alexandre, Vers la société sans pères, Paris, Gallimard, 1969, p. 284.

63 C'est justement ce que Freud affirmait à la fin de son texte sur Copernic: « Quand cette découverte fut universellement admise … ».

64 Cf. Gadamer, Hans-Georg, Le Problème de la conscience historique, Louvain-Paris, 1963, pp. 810 et Fernand Dumont, Le Lieu de l'homme, Montréal, HMH, 1968, p. 225.

65 Dans une lettre à ses amis Krug et Pinder (1862), citée par P. Gamier dans son Nietzsche, Paris, Seghers, 1957, p. 29.

66 Selon H.-G. Gadamer notre « conscience historique est peut-être un fardeau » (Ibid., p. 7). Michel Foucault considère que la place privilégiée qu'occupent dans notre savoir la psychanalyse et l'ethnologie vient surtout de ce fait qu'elles constituent « un perpétuel principe d'inquiétude » (Les Mots et les chases, Paris, Gallimard, 1966, p. 385); dans une communication sur Nietzsche il va jusqu'à se demander si «les blessures intarissables» dont Freud a fait état ne forment pas « notre narcissisme d'aujourd'hui ». (Nietzsche, Marx, Freud, dans Nietzsche, (Cahiers de Royaumont), Paris, Éd. de Minuit, 1967, p. 186).

67 L'Homme et l'histoire, Paris, Aubier, 1955, pp. 2021.

68 Volonté de puissance, 1880-1881: dans la traduction française de G. Bianquis, Paris, Gallimard, 1955, t. II, no 154, p. 60.

69 Ainsi parlait Zarathoustra, 4, Le chant d'ivresse, iv: trad. Bianquis, Paris, Aubier, 1954, p. 615.

La Révolution copernicienne: Freud et le géogentrisme médiéval

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