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L'impact mécanique du vote alternatif au Canada: une simulation des élections de 1997*

  • Antoine Bilodeau (a1)

Abstract

Discussions over the debate on the electoral system in Canada typically contrast the actual distribution of legislative seats held by the parties resulting from the first-past-the-post system with what the outcome would have been with proportional representation. But the debate could consider another option, namely, the alternative vote. What would electoral outcomes have been in the 1997 Canadian election with the alternative vote? According to a simulation, 10 per cent of the members of parliament in Ottawa would have been different. The Liberals and the Conservatives would have benefited from the new distribution of votes while the Bloc Québécois and the Reform party would have fewer seats.

Le débat entourant la réforme du mode de scrutin au Canada pourrait avoir pris une nouvelle tangente. Alors qu'on assiste généralement à une opposition entre les défenseurs du système électoral actuel et les partisans de la représentation proportionnelle, il y a aussi des promoteurs du vote alternatif Quels changements ce mode de scrutin pourrait-il entraîner au Canada? La simulation d'un tel mode de scrutin lors des élections canadiennes de 1997 permet d'en rendre compte: dans 10 pour cent des circonscriptions, le candidat élu aurait été différent. Le Parti libéral du Canada et le Parti conservateur auraient été les principaux bénéficiaires de la nouvelle distribution des votes tandis que le Parti réformiste et le Bloc québécois en auraient fait les frais.

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1 « The Report of the Independent Commission on the Voting System », www.official-documents.co.uk/document/cm40/4090/4090.html (octobre 1998).

2 Ce mode de scrutin oblige l'électeur à ranger les candidats prêsents dans sa circonscription suivant un ordre de préférences. En l'absence d'une majorité absolue dans I'expression des premières préférences, les deuxièmes et troisièmes choix des électeurs du candidat le plus faible sont redistribués aux autres candidats en lice. Le processus de redistribution se poursuit jusqu'à ce que l'un des candidats obtienne la majorité absolue.

3 Flanagan, T., « The Alternative Vote, An Electoral System for Canada », Inroads 7 (1998), 7378.

4 Reilly, Voir B., « Preferential Voting and Political Engineering: A Comparative Study », Journal of Commonwealth & Comparative Politics 35 (1997), 119; Reilly, B., « The Alternative Vote and Ethnic Accomodation : New Evidence from Papua New Guinea », Electoral Studies 16 (1997), 111; et Bean, C., « Australia's Experience with the Alternative Vote », Representation 34 (1997), 103110.

5 Dunleavy, Voir P., Margetts, H. et Weir, S., « How Britain Would Have Voted under Alternative Electoral System in 1992 », Parliamentary Affairs 45 (1992), 640655; Butler, D., The Canberra Model (Melbourne: Cheshire, 1973), 96; et Rae, D., The Political Consequence of Electoral Laws (New Haven: Yale University Press, 1967), 108.

6 II faut reconnaître, d'entrée de jeu, que de telles simulations se limitent à mesurer l'effet mécanique des modes de scrutin sans tenir compte de leurs effets psychologiques (Blais, voir A. et Carty, R. K., « The Psychological Impact of Electoral Laws: Measuring Duvergers's Elusive Factor », British Journal of Political Science 21 [1991], 7993). Par exemple, dans la logique du scrutin uninominal à un tour, un é1ecteur peut décider de ne pas voter pour son parti préféré, dont la victoire est peu probable, et appuyer un autre parti dont les chances de succès sont meilleures, afin d'empêcher la victoire d'un troisième parti redouté. C'est ce qu'on appelle le vote stratégique (pour plus de détails, Cox, voir G. W., Making Votes Count: Strategic Coordination in the World's Electoral System[Cambridge : Cambridge University Press, 1997]). Ce type de simulation ne peut prendre en compte ces comportements. II ne faut cependant pas surestimer l'ampleur du facteur psychologique. D'après Blais et Nadeau (Blais, voir A. et Nadeau, R., « Measuring Strategic Voting: A Two-Step Procedure », Electoral Studies 15 [1996], 3952), seulement 6 pour cent des électeurs ont adopté un comportement stratégique lors des élections canadiennes de 1988. Bien que le recours à la simulation soit classique dans la littérature et bien que les effets psychologiques associés aux modes de scrutin soient d'une faible ampleur, le lecteur doit avoir à l'esprit que les effets des modes de scrutin sur les comportements des électeurs et sur les stratégies des partis ne peuvent être pris en compte par les simulations dont il est question ici.

7 Bean, « Australia's Experience with the Alternative Vote », 103–10.

8 Reilly, « Preferential Voting and Political Engineering », 1–2.

9 Punnett, R. M., « The Alternative Vote with the Optional Use of Preferences: Some Irish Lessons for Britain and Australia », Journal of Commonwealth and Comparative Politics 25 (1987), 2643.

10 Reilly, « Preferential Voting and Political Engineering », 4.

11 Les rapprochements entre la Papouasie Nouvelle-Guinée et les pays étudiés précédemment sont peu nombreux; voir Reilly, « The Alternative Vote and Ethnic Accomodation », 1–11. II est toutefois intéressant de constater que l'ampleur des changements aurait été du même ordre que ce qui a été évalué en Irlande.

12 Dunleavy, Margetts et Weir, « How Britain Would Have Voted », 640–55.

13 D'autres partis sont présents sur la scène politique de ces pays mais généralement les partis mentionnés récoltent la grande majorité des voix et des sièges.

14 Bean, « Australia's Experience with the Alternative Vote », 103–10.

15 Laver, M., « Coalition and Party Policy », dans Michael Laver et Ian Budge, Party Policy and Government Coalitions (New York: Saint Martin's Press, 1992), 4160.

16 Punnett, « The Alternative Vote with the Optional Use of Preferences », 26–43.

17 Le cas de la Papouasie Nouvelle-Guinée n'a pas été intégré à cette section de l'analyse compte tenu des trop grandes différences de ce cas avec les autres. En Papouasie Nouvelle-Guinée, ce sont les candidats qui parviennent à dépasser les intérêts de clans et de villages qui profiteraient de l'effet du vote alternatif selon Ben Reilly (« Preferential Voting and Political Engineering »).

18 Les données sont tirées de l'Étude des élections canadiennes de 1997 menée par André Blais, Richard Nadeau, Elisabeth Gidengil, Neil Nevitte et l'Institute for Social Research à l'Universitê de York. L'étude est financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Une copie des données, du questionnaire et de la documentation technique est disponible à l'adresse Internet suivante: www.isr.yorku.ca/ISR. Pour plus d'informations sur la documentation technique, Northrup, voir D., The 1997 Canadian Election Survey: Technical Documentation (Toronto: Institute for Social Research, York University, 1998).

19 Tout indique que ces questions mesurent de façon relativement fiable les deuxièmes et troisièmes préférences des électeurs, puisqu'une majorité de répondants (78%) ont accepté d'exprimer leur second choix (en ce qui concerne les deuxiémes choix, il s'agit de la question que Dunleavy, Margetts et Weir ont utilisée). De plus, 72 pour cent des individus dont l'intention de vote a changé durant la campagne ont voté pour le parti qu'ils avaient désigné comme leur deuxiéme préférence. Les réponses à la question du deuxième choix ne semblent done pas avoir été données au hasard. En ce qui concerne les réponses aux questions thermomètres, il semble là aussi qu'elles soient représentatives de l'opinion des participants: 78 pour cent d'entre eux attribuent le score le plus élevé au partipour lequel ils disent avoir voté et, dans la même proportion, ils attribuent le deuxième score le plus fort à leur second choix (les scores égaux ont été exclus de ces calculs). Autre indicateur de la fiabilité des réponses aux questions thermomètres: leur stabilité. Dans l'Étude des élections canadiennes de 1997, les participants ont été appelès à répondre à deux reprises à ces questions : pendant et après la campagne. Les corrélations des réponses à ces questions sont relativement fortes puisqu'elles varient de 0,59 à 0,75 selon le parti.

20 Flanagan, « The Alternative Vote », 73–78.

21 Certes, cette publicité a pu plaire momentanément à certains groupes d'électeurs (Blais, voir A., Nadeau, R., Gidengil, E. et Nevitte, N., « Dynamics of the 1997 Canadian Election », Canadian Public Policy 25 [1999], 197205), mais e'était s'assurer aussi une forte antipathie de la part de tous les électeurs qui ne sont pas hostiles aux Québécois.

22 Blais, Voir A., Nadeau, R., Gidengil, E. et Nevitte, N., « Conceptualising and Operationalising Strategic Voting », manuscrit non publié (Montréal, 1999).

23 Punnett, R. M., « The Alternative Vote Re-visited », Electoral Studies 10 (1991), 289.

24 Ces critéres ne permettent pas, selon Punnett, de prédire parfaitement quels seront les partis qui bénéficieront du VA. II est même plutôt sceptique quant à leur validité. II est tout de même intéressant d'examiner leur capacité à prédire les resultats simulés au Canada en 1997.

25 Certes, ce mode de scrutin ne permet pas d'éviter tous les cas possibles du « paradoxe de Condorcet ». On peut prévoir des scénarios où le candidat gagnant serait déterminé davantage par l'ordre de la redistribution que par les préférences véritables des électeurs. Flanagan (« The Alternative Vote », 78) a reconnu cette faiblesse du VA. II affirme toutefois, à la lumière d'une revue des élections des chefs de partis au Canada, que cette situation est plutôt rare.

* L'auteur remercie André Blais sans qui ce texte et beaucoup d'autres choses n'auraient pas été possibles ces dernières années, et aussi Andrdé-J Bélanger. L'auteur tient a remercier le Fonds FCAR pour son soutien financier.

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