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Visages du judaïsme: de la barbe en monde juif et de l'élaboration de ses significations

  • Elliott Horowitz (a1)

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Au cours de l'été 1925, Schmuel Yosef Agnon, écrivain hébreu originaire de Galicie (et futur lauréat du prix Nobel de littérature) âgé alors de trentesept ans, revenait progressivement au mode de vie traditionnel dans lequel il avait été élevé. Écrivant de Jérusalem à sa femme, demeurée provisoirement en Allemagne, il lui fit part d'un incident survenu la veille et qui avait, par conséquent, conservé toute sa fraîcheur dans sa mémoire.

Summary

The present paper explores the range of meanings associated with the Jewish beard in Europe, the Mediterranean countries, and the Middle East between the ninth and eighteenth centuries, and the processes through which those meanings were constructed. Although classical Jewish law prohibited shaving with a razor, it did not require that the Jew wears his beard conspicuously long or untrimmed. Where Jews cultivated such an appearance, such as in the Maghreb and the Muslim or Byzantine East, it was due no less to the cultural values of the surrounding environment, in which the beard functioned as a badge of masculine honor, than to the demands of Jewish tradition. In those same areas the kabbalists were able to endow the beard with an additional dimension of mystical meaning, regarding it as a symbol of divine splendor which was not to be tampered with in any way. Not surprisingly, where the beard was most venerated, it was also most subject to violent attack or punitive removal.

In medieval Christian Europe, by contrast, most Jews opted not to grow their beards in a pronounced manner. This did not prevent Christians from making use of the beard as a symbol of the Jew and his otherness. Jews (and Christians) travelling to the East or the Holy Land would sometimes grow their beards there but remove them upon returning to Europe, apparently so as not to be perceived as an alien Other. The meanings of the Jewish beard were never determined by the Jews alone, nor by the cultures in which they lived, but through dynamic interactions on both the social and discursive levels.

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References

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1. Agnon, S. Y., Esterlein Yekirati, Jérusalem-Tel-Aviv, 1983, p. 104 .

2. Greenblatt, S., Renaissance Self-Fashioning : from More to Shakespeare, Chicago, 1980, p. 5.

3. Romanelli, S., Masa ba'Arav dans Shirmann, H. éd., Shmuel Romanelli: Ketavim Nivharim, Jérusalem, 1968, p. 52 [=Travail in an Arab Land, trad., introduction et notes par Y. K. Stillman et N. A. Stillman, Alabama, 1989, p. 50. A propos de la barbe, voir aussi les observations de S. Romanelli, ibid., pp. 67, 89]. Voir aussi N. Slousch, « Le Maroc au XVIIIe siècle : Mémoires d'un contemporain », Revue du Monde musulman, 9, 1908, pp. 452-466, 643-664.

4. Voir Guillaume DE Tyr, Chronique, Huygens, R. B. C. éd., Corpus Christianorum : Continatio Mediaevalis, LXIII, Turnholt, 1986, 11: 11, pp. 510512 ; Tyre, William of, A History of Deeds Done beyond the Sea, trad. Babcock, E. A. et Krey, A. C., New York, 1943, I, pp. 478481, 521, ainsi que G. Constable, « Introduction », essai sur la barbe, concernant essentiellement le Moyen Age, introduction de « Apologia de Barbis », dans Apologiae Dual, Huygens, R. B. C. éd., Corpus Christianorum : Continatio Mediaevalis, LXII, Turnhold, 1985, pp. 6364 . Pour une traduction en ancien français, voir Paulin, M. éd., Guillaume de Tyr et ses continuateurs, Paris, 1879, 1, pp. 396398 . L'épisode est rapporté dans un certain nombre de traités sur la barbe et son histoire, tels que Dulaure, J. A., Pognologie, ou Histoire philosophique de la barbe, Paris, 1786 et, plus récemment, Reynolds, R., Beards : Their Social Standing Religious Involvements, Decorative Possibilities, and Value in Offence and Defence through the Ages, reprint, New York, 1976, pp. 158159.

5. Fabri, Fratris Felicis, Evagatorium in Terrae Sanctae, Arabiae et Aegypti, Hassler, C. C. éd., Stuttgart, 1843, vol. 1, pp. 215216 . J'ai suivi la traduction de Stewart, A. dans Palestine Pilgrims’ Text Society, vol. 7, Londres, 1896-1897, p. 252 . Voir également Prescott, H. F. M., Jerusalem Journey : Pilgrimage to the Holy Land in the Fifteenth Century, Londres, 1954, p. 191.

6. Doughty, C., Travels in Arabia Deserta, Londres, 1936, p. 311 . Voir aussi les pages 240, 292, 309. Durant la période en question, notons que le chevalier d'Arvieux, Français qui voyagea abondamment dans la région pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, prétendit, de manière peut-être exagérée, que les musulmans qu'il avait rencontrés auraient plutôt perdu leur tête que leur barbe. Voir Lewis, W. H., Levantine Adventurer : The Travels and Missions ofthe Chevalier d'Arvieux, 1653-1697, Londres, 1962, pp. 37, 100-101. Concernant cette affirmation selon laquelle les musulmans auraient plus volontiers sacrifié leur tête que leur barbe, voir aussi R. Reynolds, Beards…, op. cit., p. 54.

7. Voir par exemple Zohar III : 130b-131b. Concernant la doctrine kabbalistique des sefirot, voir Scholem, G., Les grands courants de la mystique juive, trad. Davy, M. M., Paris, 1950, pp. 221232 ; du même auteur, Kabbalah, New York, 1974, pp. 96-116.

8. Il est remarquable que cette représentation des canaux de la grâce divine ait été plus tard évoquée par un contemporain polonais de Romanelli, Solomon Maimon, comme l'ayant particulièrement troublé, jeune homme, lorsqu'il commença à étudier la kabbale. Voir Solomon Maimon : An Autobiography, M. Hadas éd., New York, 1947, p. 38 [=Solomon Maimons Lebensgeschichte, Z. Batscha éd., Francfort, 1984, p. 79 : « Bei aller Anstrengung konnte ich darin keinen vernünftigen Sinn finden »]. En français Salomon Maimon.

9. Vital, Hayyim, Sefer Liqqoutée Torah ve-Ta'amei ha-Mitsvot, Tel-Aviv, 1963, pp. 194195 ; Jacob Tsemah, Naggid u-Mezavveh, reprint Jérusalem, 1965, p. 113. ; Histoire de ma vie, trad. et présenté par Maurice R. Hayoun, Paris, Berg, 1984, p. 111.

10. Poppers, M., Or Tsadiqim, Hambourg, 1690, 13b, 19b.

11. Cf. G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 48. Je remercie John Boswell d'avoir porté cet essai extraordinairement érudit (420 notes) à ma connaissance. Sur la pilosité du visage comme moyen d'exprimer du sens, à travers les siècles, voir aussi Lurie, A., The Language of Clothes, New York, 1981, p. 170.

12. G. Constable, ibid., p. 54, n. 25, observe que l'abbé cistercien Richalm de Schönthal prétend avoir été désigné comme juif en raison de sa barbe, au début du xme siècle.

13. Bouwsma, W., « From History of Ideas to History of Meaning », Journal of Interdisciplinary History, 12, 1981, p. 283 ; Chartier, R., Cultural History : Between Practices and Representations, trad. Cochrane, L., Ithaca, 1988, pp. 1314 . Voir aussi Hunt, L. éd., The New Cultural History, Berkeley, 1989, « Introduction : History, Culture, and Text », pp. 122.

14. Le premier auteur est Prudence de Troyes et le second (pseudo)-Amulo de Lyon. Voir G. Constable, « Introduction », pp. 110-111 ; Aronius, J., Regesten zur Geschichte der Juden im fränkischen und deutschen Reiche bis zum Jahre 1273, Berlin, 1887-1902, n° 103 ; Cabaniss, A., « Bodo-Eleazar : A Famous Jewish Convert », Jewish Quarterly Review, n. s. 43, 1952-1953, pp. 313328 ; Blumenkranz, B., « The Roman Church and the Jews », dans Roth, C. éd., The World History of the Jewish People : The Dark Ages, Tel-Aviv, 1966, p. 87 ; du même auteur, Les auteurs chrétiens latins sur les juifs et le judaïsme, Paris-La Haye, 1963, pp. 182,199, où l'on trouve la traduction française des passages des deux auteurs. [Prudence : « Il se fit circoncire, laissa pousser ses cheveux et sa barbe, changea son nom […] et épousa une fille juive » ; pseudo-Amulo : « Devenu entièrement juif dans sa croyance et dans son apparence, avec une barbe, marié, il blasphème tous les jours […] dans leurs synagogues, le Christ et son église »]. Voir aussi Rubens, A., A History of Jewish Costume, Londres, 1967, p. 91.

15. G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 91 ; Ashtor, E., The Jews of Moslem Spain, vol. 1, Philadelphie, 1973, p. 412, n. 17.

16. Ashtor, E., Korot ha-Yehoudim be-Sefarad ha-Muslemit, 2e édition, Jérusalem, 1966, vol. 1, p. 126 ; vol. 2, p. 282 ; du même auteur, Jews of Moslem Spain, vol. 3, Philadelphie, 1984, p. 159. Voir également ibid., p. 283, n. 362, où E. Ashtor pressent la différence entre les périodes musulmane et chrétienne à cet égard. Sur ce dernier point voir infra.

17. Concernant ces deux aspects du statut de la barbe en Islam, voir Hughes, T., A Dictionary of Islam, Londres, 1895 , voir rubrique « Beard » ; Clodd, E., « Beard », dans Hastings, J. éd., Encyclopaedia of Religion and Ethics, vol. 2, New York, 1908, p. 442.

18. Agus, I. A. éd., Responsa ofthe Tosaphists (en hébreu), New York, 1954, n° 3, pp. 4546 . Sur la biographie de R. Eléazar et cette réponse en particulier, voir Grossman, A., The Early Sages ofAshkenaz (en hébreu), Jérusalem (1981), 1988, pp. 212214, 224-225.

19. Voir les citations des diverses éditions du Sefer Hasidim dans A. Grossman, Sages, p. 246, n. 191.

20. Hagiz, M., Michnat Hakhamin, Wandsbeck, 1733, n° 219 . Moins d'un siècle après Hagiz, Leopold Zunz, fondateur de l'étude scientifique du judaïsme, n'était pas moins sceptique quant à cette tradition relative à R. Jacob, la traitant injustement de « spätere Fabeln ». Voir son essai, « Salomon ben Isaac, gennant Raschi », dans Zeitschrift für die Wissenschaft des Judenthums, I, Berlin, 1822, p. 315.

21. Le poème en question a été publié dans Schirmann, H., Ha-Chira ha-'lvrit be-Sefarad uve-Provence, Jérusalem-Tel-Aviv, 1960, vol. 1, pp. 147148.

22. Techuvot Geonim Qadmonim, D. Cassel éd., Berlin, 1848, n° 125 ; A. Grossman, The Early Sages of Ashkenaz, en particulier pp. 51, 56 ; Soloveitchik, H., The Use of Responsa as Historical Source (en hébreu), Jérusalem, 1990, pp. 3137.

23. Agus, I., Urban Civiliiation in Pre-Crusade Europe ; A Study… Based on the Responsa Literature, vol. 2, New York, 1965, pp. 423424 . Il ajoute en outre, de façon quelque peu apologétique, « que même en ces occasions où l'on avait recours aux poings, les partis opposés se contentaient d'une gifle ou deux ».

24. Non pas, comme s'empresse d'ajouter H. Soloveitchik, que les juifs achkénazes fussent plus civilisés, mais ils préféraient des moyens moins violents pour exprimer leurs hostilité, tels que la dénonciation ou l'accusation publique. Voir supra note 22.

25. G. Constable, « Introduction », op. cit., pp. 93-95.

26. Cela a également été remarqué, sinon exagéré, par R. Reynolds, qui se réfère au « culte ésotérique de la barbe qui unit dans la mystique le juif, le musulman, et le chrétien », Beards…, op. cit., p. 255.

27. On trouve la réponse de R. Chérira dans Cha'arei Tsedek : Techouvot ha-Geonim, reprint, Jérusalem, 1966, 4 : 1 , n° 19, p. 72. Comparer pour une période ultérieure les cas de violence réels décrits dans les Responsa de R. Levi Ibn Habib (mort en 1545), n° 117 ; R. MOÏSE DE Trani (mort en 1580), n° 38 ; ainsi que de R. Estruc Ibn Sandji (mort en 1643), M. Amar éd., Ramat Gan, 1982, n° 15. Je n'ai pas rencontré de cas similaire discuté dans le monde achkénaze avant 1700, même au moyen d'une recherche informatique.

28. Fattal, A., Le statut légal des non-Musulmans en pays d'Islam, Beyrouth, 1958, p. 287 . Voir aussi Lewis, B., Juifs en terre d'Islam, trad. Carnaud, J., Paris, 1986, p. 30.

29. Zohar, II, 17a. Le passage est mentionné par Tishby, Isaiah, The Wisdom of the Zohar : An Anthology of Texts, trad. Goldstein, D., Oxford, 1989, vol. 1, p. 70 . J'ai suivi la traduction du Zohar donnée par H. Sperling, M. Simon et P. P. Levertoff, Londres, 1933, III : 53. L'expérience des juifs en pays chrétiens contraste avec Zohar II, 188b, où la violence à l'égard de la barbe est visiblement omise.

30. Fabri, F., Evagatorium, Hassler éd., vol. 1, p. 216 ; « quia toto nisu ad hoc tendunt, ut nos fallant, et pecuniis spolient ». J'ai suivi la traduction de Palestine Pilgrims’ Text Society, vol. 7, p. 253.

31. Sefer Halakhot Qetsouvot, M. Margaliot éd., Jérusalem, 1942, pp. 19-20, 123, 137. L'attribution de l'œuvre au IXe siècle de l'Italie du Sud, par M. Margaliot, a également été admise par A. S. Hartom dans sa revue. Voir Kiryat Sefer, 19, 1942-1943, pp. 84-86

32. A. Buchler, , « Das Schneiden des Haares als Strafe der Ehebrecher bei den Semiten », Vienna Oriental Journal, 19, 1905, p. 119 ; G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 63. Sur le rasage de la barbe comme châtiment de la fornication voir aussi Bulwer, J., Anthropometamorphasis, Londres, 1653, p. 200 . Pour la peine infligée comme part de l'humiliation rituelle à la barbe des chevaliers de l'ordre des Templiers après leur célèbre procès du début du xiv” siècle, voir, entre autres, Partner, P., The Murdered Magicians : The Templars and their Myth, Oxford, 1982, p. 62.

33. Voir G. Constable, « Introduction », op. cit., pp. 110-112 et les sources qu'il cite, Bréhier, L., Le Schisme oriental du XIe siècle, Paris, 1899, pp. 184185 ; du même auteur, La civilisation byzantine, Paris, 1950, p. 47. Concernant l'influence des attitudes médiévales byzantines à l'égard de la barbe sur les auteurs juifs, noter également les commentaires intéressants de D. Flusser, dans son édition du Sefer Yossipon, Jérusalem, 1978-1980, vol. 2, p. 115.

34. G. Constable, « Introduction », op. cit., pp. 96-97.

35. Pour une version en vieil anglais voir Mandeville's Travels, 1re partie, P. Hamelius éd., Early English Text Society, Original Series, 153,1916, p. 12. J'ai suivi la traduction moderne de Moseley, C W. R. D., The Travels of Sir John Mandeville, Londres, 1983, p. 51 . A propos de la surprise des Grecs byzantins à la vue des Latins glabres au début du XIIIe siècle, voir, G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 97.

36. Michneh Torah, Lois sur l'idolâtrie, 12, 7 ; Guide des égarés, III, 37. Voir la traduction de S. Pines, Chicago, 1963, p. 544 et celle de Munk, S., Le guide des égarés, Paris, 1856-1866, vol. 3, p. 285 et Paris, Verdier, 1979, p. 540 : « Quant à la défense de se raser les coins de la chevelure et de la barbe, nous avons déjà exposé dans notre grand ouvrage que c'était là une coutume des prêtres idolâtres ».

37. Abravanel, Isaac, Perouch al ha-Torah, reprint, Jérusalem, 1964, vol. 2, pp. 112113.

38. Pour les conceptions des Pères de l'Église ainsi que celles des auteurs chrétiens ultérieurs selon lesquelles « la barbe est une marque naturelle de la virilité, à la fois en général et dans un sens sexuel plus restreint », voir G. Constable, « Introduction », op. cit., pp. 59-60, 69-70. La vue de CLÉMent, qui affirme dans son Pédagogue, III, iii, pp. 18-19, que « Dieu désirait que la femme fût douce […] mais il a pourvu l'homme d'une barbe comme les lions, […] signe de puissance et d'autorité […] par où il montre sa virilité » a été largement citée (trad. B. Toro et P. Gauriat, Paris, 1991). Voir, par exemple, Leclerq, H., « Barbe », dans Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 2, 1, Paris, 1925, p. 482 ; R. Reynolds, Beards…, op. cit., p. 17, et G. Constable, op. cit., p. 86. Pour Saint Augustin, voir dans La Cité de Dieu, XXII, 24, 4, où la barbe est considérée comme l'« ornement du mâle » (virili ornamento). Sur Isidore de Séville, voir W. M. Lindsay éd., Isidori Hispalensis Episcopi Etymologiarum…, Oxford, 1911, XI, 1, 45 « Barbam veteres vocaverunt, quod virorum sit, non mulierum », et ibid., 147. Voir aussi Jacquart, D. et Thomasset, C., Sexualité et savoir médical au Moyen Age, Paris, 1985, p. 24.

39. Des formulations moins explicites dans ce sens peuvent être trouvées auparavant dans un énoncé talmudique « hadrat panim zakan » (” la barbe est l'ornement de la face de l'homme », T. B. Chabbat, 152a) et dans le commentaire de la Torah de Abraham ibn Ezra (Lévitique, 19, 27) au XIIe siècle. Pour ce dernier, voir l'édition préparée par A. Weiser, Jérusalem, 1976, vol. 3, p. 66. Au début du XIIIe siècle, dans son compendium à la loi juive Chibbolei ha-Leket, R. Zedekiah Anav de Rome statue sur le cas de ceux qui ont rasé leur barbe de près au moyen de ciseaux, ceux-là ne transgressent pas la prohibition lévitique de détruire leur barbe mais transgressent le commandement du Deutéronome (22, 5) interdisant à un homme de se vêtir en femme. Voir S. Hasida éd., Sefer Chibbolei ha-Leket, II, Jérusalem, 1987, n° 41, p. 140. Il semble cependant avoir été le premier à exprimer cette opinion qui, bien qu'elle ait été peu discutée durant la période en question, devint particulièrement populaire plus tard, parmi les autorités halakhiques associées avec la secte des Loubavich.

40. Voir Rabbenou Bahya : Perouch al ha-Torah, H. D. Chavel éd., Jérusalem, 1974, vol. 2, pp. 531-532. La conception zoharique, quant à celle, a été largement exposée par le kabbaliste italien du XIVe siècle, R. Menahem Recanati, dans son commentaire sur le même verset. Voir son Commentaire de la Torah, rééd., Jérusalem, 1961, 64 c-d.

41. Il est cependant remarquable que J. Bulwer, Anglais du XVIIe siècle, se référa par la suite à la « glose très subtile et précise » de Maïmonide sur la question de la barbe. Voir son Anthropometamorphasis, p. 200, ainsi que R. Reynolds, Beards…, op. cit., p. 237. Sur la méthode utilisée par Maïmonide dans l'explication des commandements et sur quelques réactions médiévales à son approche, voir Altmann, A., « Commandments, Reasons for », EJ, 5, pp. 784788.

42. Levi Gerson, Ben, Perouch al-ha-Torah…, Venise, 1547, 163b.

43. L. Ginzberg, « Beards », p. 613 ; R. Reynolds, Beards…, op. cit., p. 78. Sur le XIVe siècle comme point tournant de la production de savon en Europe, voir Cipolla, C. M., Before the Industrial Revolution : European Society and Economy, 1000-1700, 2e édition, New York, 1980, pp. 221222 ; Ashtor, E., Levant Trade in the Later Middle Ages, Princeton, 1983, p. 23.

44. Voir aussi les commentaires pertinents de A. Rubens, Jewish Costume, op. cit., pp. 93, 98, 101, au sujet d'un certain nombre d'illustrations de l'Europe du Nord médiévale dans lesquelles aucun ou peu de juifs sont représentés barbus.

45. Voir Blumenkranz, B., Le juif médiéval au miroir de l'art chrétien, Paris, 1966, pp. 1820 , ainsi que G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 102. Ce dernier met l'accent plus généralement (ibid., pp. 52-53) sur la difficulté à utiliser l'iconographie comme source pour l'histoire de la barbe, parce que, entre autres raisons, le thème y est traité de manière assez fugace.

46. Voir Straus, R., Die Juden im Königreich Sizilien unter Normannen und Staufern, Heidelberg, 1910, pp. 104105 , pour le texte du décret. Pour quelques brèves discussions, voir Kantorowicz, E., L'Empereur Frédérick, Paris, 1987 (Berlin, 1928), pp. 247249 ; Roth, C., History of the Jews in Italy, Philadelphie, 1946, p. 98 ; Abulafia, D., Frederick II : A Medieval Emperor, Londres, 1988, pp. 143144 .

47. Finkelstein, L., Jewish Self Government in the Middle Ages, New York, 1924, pp. 59, 225, 234-235. Voir aussi A. Rubens, Jewish Costume, op. cit., p. 91.

48. Voir aussi l'histoire relative à R. Judah Hasid qui a été conservée dans le Sefer ha-Gan, Venise, 1606, 9b-10a, dans laquelle R. Judah condamne un riche juif de Spire pour avoir coupé sa barbe avec ses ciseaux, ce dernier subissant un châtiment divin pour son péché. Bien que cette version de l'histoire se rencontre également (comme je l'ai appris par Ivan Marcus) dans des manuscrits anciens (par exemple Moscou-Guenzberg, 249/4), il convient de noter que dans la version telle qu'elle a été conservée dans le Ma'asehbuch, éd. et trad. Moses Gaster, Philadelphie, 1934, n° 170, l'homme riche se rase avec un rasoir. Sur l'authenticité de l'histoire dans le Sefer ha-Gan, voir Yassif, E., « The Exemplary Story in Sefer Hasidim » (en hébreu) dans Tarbiz, 57, 1988, p. 244 . Elle fut par la suite fréquemment citée parmi les ardents champions de la barbe tels que R. Nathan Shapira dans son Yayyin ha-Mechoumar (voir infra note 66).

49. Les commentaires de Qimhi comme de Gersonide peuvent se trouver dans les éditions de référence des premiers prophètes, Miqraot Gedolot (e. g. Vienne, 1859, Berlin, 1937, Tel-Aviv, 1959), 172a. Pour l'usage du terme herpa dans ce contexte, emprunté apparemment à Qimhi, voir aussi les commentaires de Abravanel, Isaac, publiés dans Don Isaaci Abarbenelis… Commentarius Luculentus et curiosus in Prophetas Priores, Lipsiae, 1686, 152a . Sur l'exégèse allégorique chrétienne de cet épisode, voir G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 80.

50. Sur les voyages de Qimhi, notamment durant la seconde controverse sur la doctrine de Maïmonide, voir Talmage, F., David Kimhi : The Man and the Commentaries, Cambridge, Ma., 1975, p. 29 ss, et notamment la carte p. 33. La lettre de R. Salomon a été publiée par S. J. Halberstam dans Jeshurun, 8, 1872, p. 101. Voir aussi l'extrait qui figure dans Dinur, B. Z. éd., Yisrael ba-Golah, vol. 2, livre 4, Tel-Aviv et Jérusalem, 1969, p. 205 . Les scientifiques divergent quant à l'identité du destinataire de la lettre, qui serait soit Samuel ha-Sardi de Barcelone, soit Nahmanide de Gérone. Voir Shohat, A., « Concerning the First Controversy on the Writings of Maimonides » (en hébreu), Zion, 36, 1971, pp. 3739.

51. Voir la section 24 de son Takhemoni, dont on trouve des passages dans H. Schirmann, Ha-Shira ha-'lvrit…, op. cit., II, p. 163. Au sujet de la barbe dans la satire voir J. Dishon, The Book of Delight (en hébreu), Jérusalem, 1985, voir la rubrique « zakan » dans l'index. Pour un exemple italien noter également Mahberot Immanuel ha-Romi, D. Yarden éd., Jérusalem, 1957, vol. 1, p. 122 (ligne 386) où le personnage barbu est ironiquement comparé à une chèvre. L'auteur du Sefer ha-Peliah au XIVe siècle mentionne fréquemment de manière péjorative les barbes des rabbins (par exemple « les grands rabbins barbus avec leurs grosses panses ») dans sa critique du rabbinat, mais les spécialistes discutent encore pour savoir si son œuvre a été composée en Espagne ou quelque part dans l'Empire byzantin. Quelques-uns des passages les plus significatifs sont donnés dans Graetz, H., Geschichte der Juden, 4e édition, Leipzig, 1980-1909, vol. 8 , appendice 8, p. 452 ; Ben-Sasson, H. H., Peraqim be-Toldot ha-Yehoudim bi-yeme ha-Benayim, Tel-Aviv, 1962, p. 229 ; M. Kushnir-Oron, The Sefer ha-Peliah and the Sefer ha- Kanah… (en hébreu), thèse de doctorat, Université hébraïque de Jérusalem, 1980, p. 323.

52. Concernant l'exigence talmudique qui veut que le hazzan soit barbu ou apte à se laisser pousser la barbe, voir Tosefta Hagiga, I, 3 et les commentaires de Lieberman, S., Tosefta ki- Fchoutah, part 5, New York, 1962, pp. 12721275 . Sur les représentations de hazzanim médiévaux portant des barbes dans les manuscrits enluminés, voir T. et M. Metzger, La vie juive au Moyen Age illustrée par les manuscrits hébraïques (cité infra n. 55), p. 151.

53. Voir T. B. Makot, 20a, et le commentaire ad. loc. de R. Asher Ben Yehiel de Tolède (mort en 1327) : She'elot u-Techouvot min ha-Chamayim, R. Margaliot éd., Jérusalem, 1957, n° 36, 70. Pour l'époque et la région de l'auteur (en Provence au début du XIIIe siècle) voir I. M. Ta-Chema, Tarbiz, 57, 1988, pp. 56-63. Même le fervent moraliste qu'était R. Jonah Gerondi (mort en 1263) tenait à préciser (dans un ouvrage intitulé « Épître du repentir » !) que retirer la barbe en son entier avec des ciseaux était préférable à l'utilisation d'un rasoir de manière sélective, pratique qui ne pouvait manquer, selon lui, de conduire à une sérieuse trans-gression de la loi juive. Voir son Iggeret Techouva, rééd. dans idem, Sefer Cha'arei Techouva, Jérusalem, 1967, p. 200.

54. Il convient de noter la remarque de G. Constable selon laquelle dans la pensée chrétienne également « le symbolisme de la barbe se détachait de plus en plus de la réalité physique au fur et à mesure que le Moyen Age avançait. Du même auteur « Introduction », op. cit., p. 69.

55. C. Roth éd., La Haggadah de Sarajevo, commentaire par C. Roth, trad. G. Levite, Grenoble, 1963, introduction, p. 38. L'absence quasi générale de barbe chez les juifs d'Espagne dans les manuscrits enluminés de cette période a également été signalée par E. Ashtor, Jews of Moslem Spain, vol. 3, p. 283, n. 362. Voir aussi la discussion plus détaillée dans T. et Metzger, M., La vie juive au Moyen Age : illustrée par les manuscrits hébraïques, Fribourg-Paris, 1982, pp. 150151 . Comme ils le font observer, contrairement à la tendance de l'iconographie chrétienne, « à toutes les époques du Moyen Age, et dans tous les pays, les images juives présentent une bonne proportion de figures imberbes ou glabres ».

56. Sur les vingt-quatre vers du poème où il est question de la barbe, se référant presque tous exclusivement à celle du Cid lui-même, voir Bly, P. A., « Beards in the Poema de mio Cid : Structural and Contextual Patterns », Forum for Modem Language Studies, 14, 1978, pp. 1624 ; Burt, J. R., Selected Themes and Icons from Medieval Spanish Literature : of Beards, Shoes, Cucumbers and Leprosy, Potomac, 1982, pp. 19 . La barbe du Cid est curieusement omise dans l'essai de G. Constable mentionné supra.

57. Le châtiment prévu était de cent coups de fouet et cent maravedis. Voir Lindo, E. H., The History of the Jews of Spain and Portugal…, Londres, 1848, p. 200 ; Baer, Y., History of the Jews in Christian Spain, Philadelphie, 1961, II, p. 167 ss et les sources citées ici. Concernant une suggestion similaire un peu plus tard, voir Alonso Spina, Fortalicium Fidei…, Nuremberg, 1494, livre III, considération XI, p. CLXXVIIIa, aimablement portée à mon attention par M. Dov Stuchinsky. Voir aussi A. Rubens, Jewish Costume, op. cit., p. 98.

58. B. Blumenkranz, Le juif médiéval…, op. cit., p. 36, voir également en particulier les planches n° 31, 32, 36 a-b.

59. Cité par Y. Baer, History…, op. cit., pp. 240-241. Voir aussi Alami, Iggeret ha-Moussar, Haberman éd., pp. 47-48. Sur les deux décrets de Valladolid et les commentaires de Alami, voir aussi Newman, A. A., The Jews in Spain, Philadelphie, 1942, II, pp. 263264.

60. Letts, M. (trad. et éd.), Pero Tafur : Travels and Adventures 1435-1439, Londres, 1926, p. 175 ; Vasiliev, A., « Pero Tafur : A Spanish Traveller of the Fifteenth Century… », Byzantion, 7, 1932, pp. 119120 . Sur la différence entre l'Europe occidentale, notamment l'Italie, et l'Orient byzantin, en ce qui concerne la barbe durant le XVe siècle, voir aussi l'historien Chalcondyle cité par G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 102. Noter aussi l'anecdote concernant le cardinal Bessarion citée par Ginzburg, C., The Enigma of Piero, trad. Ryle, M. et Soper, K., Londres, 1985, p. 150, n. 65 , qui examine également le cas de Jean VIII et sa barbe, immortalisée par une médaille de Pisanello (ibid., fig. 31).

61. « Premieramente conviene che si lasce crescere la barba grande e non si rada ». Pegolotti, Francesco Balducci, La pratica della mercatura, Evans, A. éd., Cambridge, Ma., 1936, p. 21 ; Lopez, R. S. et Raymond, I. W. éds, Medieval Trade in the Mediterranean World, New York, 1955, pp. 3, 355-356. Le cas de Pegolotti constitue une autre omission significative dans l'essai de G. Constable.

62. J. A. Dulaure, Pognologie…, op. cit., pp. 102-103 ; F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme : XVe-XVIIIe siècle, vol. 1, Les structures du quotidien : le possible et l'impossible, Paris, 1979, p. 289. Sur la popularité de la barbe dans l'Europe du XVIe siècle, voir aussi G. Constable, « Introduction », op. cit., p. 102, n. 264 ; Von Boehn, M., Modes and Manners, Londres, II, 1932, pp. 136137 ; J. Laver, A Short History of Costume, Londres, 1969, pp. 83-84 ; R. Reynolds, Beards…, op. cit., pp. 183-184.

63. Zucker, M. J., « Raphael and the Beard of Pope Julius II », The Art Bulletin, 59, 1978, pp. 524533 ; Partridge, L. W. et Starn, R., A Renaissance Likeness : Art and Culture in Raphael's Julius II, Berkeley, 1980, p. 43 ss ; Chastel, A., The Sack of Rome, trad. Archer, B., Princeton, 1983 , en français, Le sac de Rome, 1527, p. 187 ; Burke, P., The Historical Anthropology of Early Modem Italy, Cambridge, 1987, pp. 154155.

64. Je ne citerai ici qu'un choix limité des sources primaires et secondaires ; Dûran, , The Aztecs : The History of the Indies of New Spain, trad. Heyden, D. et Horcasitas, F., New York, 1964, pp. 263, 268, 270 ; Francisco Lopez DE GÔMara, Histoire générale des Indes occidentales et Terres neuves, trad. M. Fumée, Paris, 1569, livre 4, chap. 108, p. 125. Ce dernier rapporte que les Indiens du Pérou « ne vouloient recevoir en leurs pays personnes qui eussent du poil au visage ». F. Lopez de Gômara est cité un peu plus tard, au XVIe siècle, par Jean de Léry, Histoire d'un voyage fait en la Terre de Brésil, qui mentionne également la barbe en de nombreuses autres occasions, dont un cas de violence de la part d'un Indien sur la barbe d'un Portugais. Voir l'édition moderne de J. de Léry, Paris, 1980, pp. 106,154,180,193. En ce qui concerne la littérature secondaire, voir Wachtel, N., La vision des vaincus : les Indiens du Pérou devant la conquête espagnole 1530-1570, Paris, 1971, p. 43 ; Todorov, T., La conquête de l'Amérique ; la question de l'autre, Paris, 1982, pp. 86, 92, 220. Sur l'importance de la rencontre avec le Nouveau Monde dans la popularité et le sens du port de la barbe, dans l'Europe du XVIe siècle, voir mon article à paraître « The New World and the Changing Face of Europe ».

65. F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, op. cit., vol. 1, p. 289 ; Corson, R., Fashions in Hair, New York, 1965, pi. 5658 . Pour des exemples juifs de barbe stiletto ou Vandyke au XVIIe siècle, voir A. Rubens, Jewish Costume, op. cit., illustr. n° 217, 293-294.

66. Chapira, N., Yayyin ha-Meshoumar, Venise, 1660, 34b35a . En publiant son appendice sur les barbes dans un ouvrage traitant de l'importance du vin cacher, N. Chapira soulignait le lien qui existait entre les péchés consistant à absorber « le vin des gentils » et à se raser, lien qui apparaît implicitement et explicitement chez les auteurs ultérieurs. Sur la relation entre ces deux « vices », voir aussi D. Sperber, Minhagei Yisrael, vol. 2, Jérusalem, 1991, pp. 51, 58, et les sources citées ici.

67. J. A. Dulaure, Pognologie…, op. cit., p. 124. Concernant Gentili et son portrait, voir EJ, 7, voir à la rubrique « Gentili », pp. 414-415, À. Rubens, , A Jewish Iconography, Londres, 1954, n° 2039 . Il convient aussi de noter les commentaires significatifs de S. Y. Agnon, Sippour Pachout, dans idem, Kol Sipuray…, 15e édition, Jérusalem-Tel-Aviv, 1978, vol. 3, p. 65 [=A Simple Story, trad. H. Halkin, New York, 1985, p. 15]. Le portrait de Morpurgo est reproduit dans EJ, 12 à la rubrique « Morpurgo Samson », p. 350 et C. Roth, op. cit., illustr. n° 13. Sur le XVIIIe siècle voir maintenant : Horowitz, E., « The Early Eighteenth Century Confronts the Beard : Kabbalah and Jewish Self-Fashioning », Jewish History, 8, 1994.

68. Les citations ne proviennent pas du journal de Cassuto même, dont une partie seulement a été publiée, mais d'une paraphrase du manuscrit d'Oxford par R. Barnett dans son article, « The Travels of Moses Cassuto », dans Shaftesley, J. M. éd., Remember the Days : Essays on Anglo-Jewish History presented to Cecil Roth, Londres, 1966, p. 97 ss. Des extraits du journal concernant essentiellement le séjour de Cassuto en Palestine ont été publiés récemment dans une édition bilingue. Voir Moisè Vita Cassuto, Diario di un viaggio in Terra Santa, M. C. Salzmann et D. Cassuto éds, trad. en hébreu par Josef Rofè, Jérusalem, 1983.

69. Comparer les observations de A. Rubens, Jewish Costume, op. cit., illustr. n° 235, 238, concernant deux scènes situées à Reggio Emilia vers 1740, où l'on peut voir que les seuls juifs levantins sont barbus et enturbannés tandis que les autres sont rasés. Voir aussi du même auteur, Jewish Iconography, op. cit., n° 1325-1326.

70. Voir Bernard-Maître, H., « Un ami romain du président de Brosses : Jean-Nicolas Foucquet, ancien jésuite de Chine », Mémoires de l'académie des Sciences, Arts et belles-lettres de Dijon, 1947-1953, Dijon, 1954, p. 113 ; Witek, J. W., S. J., Controversial Ideas in China and in Europe: A Biography of Jean-François Foucquet, S. J. (1665-1741) (traduction angl.), Rome, 1982, pp. 315316 ; Spence, J., The Question of Hu, New York, 1988, pp. 24, 28. A propos de l'admiration que portent les Chinois à la barbe européenne, voir J. A. Dulaure, Pognologie…, op. cit., p. 12.

Visages du judaïsme: de la barbe en monde juif et de l'élaboration de ses significations

  • Elliott Horowitz (a1)

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