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Récit héroïque et pratique religieuse. Le passé poétique des cités grecques classiques

  • Claude Calame (a1)

Résumé

Dans les cités de la Grèce ancienne, les récits héroïques que l’on appelle « mythes » sont souvent présentés aux dieux sous des formes poétiques qui en font de véritables offrandes musicales. Ces chants, de forme en général chorale, s’insèrent parmi les autres actes rituels tels que le sacrifice, la prière ou la procession. Véritables actes de culte, ces paroles chantées et dansées établissent la communication institutionnelle et « religieuse » de différents groupes de la communauté civique avec les divinités du panthéon en légitimant par le récit héroïque la performance rituelle dont elles sont partie intégrante. Fondée sur cinq cas de figure, la démarche anthropologique et énonciative adoptée montre qu’en matière de performance cultuelle chantée, ni « mythe » ni « religion » ne sont des catégories indigènes.

Abstract

In the poleis of Ancient Greece, the heroic narratives called “myths” are presented to the gods under poetic forms as real musical offerings. These mainly choral songs take place among other ritual acts as the sacrifice, the prayer or the procession. As real cult acts, these sung and danced words contribute to the institutional and “religious” communication of different groups within the civic community with the gods of the pantheon, and they explain through the narration of divine and heroic deeds the actual cultic performance. Relying on five different ritual poems, the anthropological and enunciative perspective adopted here should lead us to affirm that, as far as the Greek sung performance is concerned, neither “myth” nor “religion” are native categories.

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1 - La question des définitions données au concept de religion dès Cicéron est abordée notamment par JAN BREMMER « “Religion”, “ritual” and the opposition “sacred vs profane” », in Graf, F. (dir.), Ansichten griechischer Rituale. Für Walter Burkert, Stuttgart-Leipzig, Teubner, 1998, pp. 932 ; pour le problème des définitions modernes du mythe et de la mythologie quant à leur absence de pertinence pour l’Antiquité grecque, voir Detienne, Marcel, L’invention de la mythologie, Paris, Gallimard, 1981, pp. 949 , et Calame, Claude, Mythe et histoire dans l’Antiquité grecque. La fondation symbolique d’une colonie, Lausanne, Payot, 1996, pp. 327.

2 - À propos des désignations indigènes des différentes pratiques du culte rendu aux dieux et aux héros, voir les nombreuses études particulières que j’ai citées dans « “Mythe” et “rite” en Grèce: des catégories indigènes ? », Kernos, 4, 1991, pp. 179-204, ainsi que Bremmer, Jan, Greek religion, Oxford, Oxford University Press, [1994] 1999, pp. 26 ; pour le cadre civique des pratiques religieuses grecques, voir par exemple CHRISTIANE SOURVINOU-INWOOD, « What is polis religion? », in O. MURRAY et Price, S. (dir.), The Greek city from Homer to Alexander, Oxford, Oxford University Press, pp. 295322 , repris dans Buxton, Richard (dir.), Oxford readings in Greek religion, Oxford, Oxford University Press, 2000, pp. 1337.

3 - On lira par exemple à ce propos EZIO PELLIZER, « La mitografia », in Cambiano, G., Canfora, L. et Lanza, D. (dir.), Lo spazio letterario della Grecia antica, I, La produzione e la circolazione del testo, II, L’Ellenismo, Rome, Salerno Editrice, 1993, pp. 283303 .

4 - Quant à la célébration desGrandesDionysies, voir les indications données par Easterling, Patricia E., « A show for Dionysus », in ID. (dir.), The Cambridge companion to tragedy, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, pp. 3653 , ainsi que, plus récemment, Sourvinou-Inwood, Christiane, Tragedy and Athenian religion, Lahnham, Lexington Books, 2002, pp. 67119.

5 - Voir en particulier Thomas, Rosalind, Oral tradition and written record in classical Athens, Cambridge, Cambridge University Press, 1989, pp. 108154 , et EWEN L. BOWIE, « Ancestors of historiography in early Greek elegiac and iambic poetry? », in Luraghi, N. (dir.), The historian's craft in the age of Herodotus, Oxford, Oxford University Press, 2001, pp. 4566 . Pour une définition des premiers historiographes grecs comme « historiopoiètes », voir Calame, Claude, « Pour une anthropologie des pratiques historiographiques », L’Homme, 173, 2005, pp. 1146.

6 - Rien de plus fallacieux que la distinction opérée par Cassirer, Ernst dans La philosophie des formes symboliques et résumée dans Langage et mythe. À propos des noms de dieux, Paris, Éditions de Minuit, 1973, pp. 105122 , entre « concepts mythiques », « concepts linguistiques » et « concepts logiques », pour aboutir à des affirmations tautologiques telles que: « L’enracinement premier de la conscience linguistique dans la conscience mythico-religieuse s’exprime avant tout dans le fait que toutes les figures linguistiques apparaissent en même temps comme des figures mythiques » (p. 62).

7 - Plusieurs exemples de relation étiologique entre « mythe » et « rituel » sont donnés par Graf, Fritz, Greek mythology. An introduction, Baltimore-Londres, The Johns Hopkins University Press, 1993, pp. 101120 ; voir aussi Bremmer, J., Greek religion…, op. cit., pp. 5564 . Pour les relations symboliques complexes entre ces deux ordres de la manifestation et de la pratique religieuse, se reporter à Calame, C., Mythe et histoire…, op. cit., pp. 1552.

8 - Hymne homérique à Déméter, 471482 ; le texte grec de ce passage résulte probablement de la coïncidence de deux versions rhapsodiques différentes : Richardson, Nicholas J., The Homeric hymn to Demeter, Oxford, Clarendon Press, 1974, p. 304.

9 - Sur le sens de ces différents termes techniques relatifs aux cultes à mystère, voir Burkert, Walter, Ancient mystery cults, Cambridge-Londres, Harvard University Press, 1987, pp. 711 , sans oublier les excellentes remarques formulées par Richardson, N. J., The Homeric hymn to Demeter, op. cit., pp. 251 et 302308.

10 - Hymne homérique à Déméter, 483489 ; pour une analyse comparative de ces deux macarismoi, dont la forme est attestée pour d’autres cultes de type initiatique, voir le commentaire très complet de Richardson, N. J., The Homeric hymn to Demeter, op. cit., pp. 310314 . Le bios entendu comme abondance matérielle issue du travail agricole en relation avec la mortalité de l’homme et ses efforts pour se rapprocher des dieux détermine le déroulement du poème des Travaux d’Hésiode: voir Calame, Claude, Masques d’autorité. Fiction et pragmatique dans la poétique grecque antique, Paris, Les Belles Lettres, 2005, pp. 7683.

11 - J’ai décrit ce mouvement discursif partagé entre énoncé et énonciation et conduisant au hic et nunc de la performance du poème dans «L’Hymne homérique à Déméter comme offrande: regard rétrospectif sur quelques catégories de l’anthropologie de la religion grecque », Kernos, 10, 1997, pp. 111-133; pour la structure tripartite des formes hymnique en relation avec celle de la prière, voir les références nombreuses données dans Calame, C., Masques d’autorité…, op. cit., pp. 4969.

12 - Sur cette question historique, voir Richardson, N. J., The Homeric hymn to Demeter, op. cit., pp. 69 et 12-30, ainsi que Calame, C., «L’Hymne homérique à Déméter…, art. cit.

13 - THUCYDIDE, 3, 104, 4, qui cite sous cette désignation deux extraits de la première partie de l’Hymne homérique à Apollon (146-150 et 165-172), chanté à l’occasion des concours musicaux de la grande fête panhellénique consacrée au dieu de Délos, Apollon; j’ai donné d’autres témoignages à ce propos et des indications bibliographiques dans C. CALAME, Masques d’autorité…, op. cit., pp. 44-48. Quant au concours rhapsodique des Panathénées, voir par exemple ALAN SHAPIRO, « Mousikoi Agones: Music and poetry in the Panathenaic festival », in Neils, J. (dir.), Goddess and polis: The Panathenaic festival in ancient Athens, Princeton, Princeton University Press, 1992, pp. 5375 , avec les remarques de Nagy, Gregory, Homeric questions, Austin, University of Texas Press, 1996, pp. 4243 et 99-112, à propos de la version pisistratide des poèmes homériques, peut-être établie à cette occasion.

14 - Marmor Parium, Fragmente der Griechischen Historiker, 239 A 12-15 Jacoby. La procession sur la Voie Sacrée conduisant d’Athènes à Éleusis est mentionnée en particulier par HÉRODOTE, 8, 65. Il revint aux Athéniens de faire de Triptolème l’un des héros culturels de l’Attique, avec un impact remarquable sur l’iconographie classique: voir Richardson, N. J., The Homeric hymn to Demeter, op. cit., pp. 194196. Pour une description de l’insertion politique des mystères d’Éleusis dans l’histoire d’Athènes, on se reportera à Zaidman, Louise Bruit et Pantel, Pauline Schmitt, La religion grecque, Paris, Belin, [1989] 1991, pp. 95100.

15 - ISOCRATE, Panégyrique, 26-33, où l’accomplissement du rituel atteste la vérité historique d’un épisode remontant au temps le plus reculé: voir CLAUDE CALAME, « Mûthos, lógos et histoire. Usages du passé héroïque dans la rhétorique grecque », L’Homme, 147, 1998, pp. 127-149, pour d’autres usages historiques chez Isocrate du passé légendaire d’Athènes.

16 - Aux références données n. 13 sur les Délia, on ajoutera PLATON, Phédon, 58ab; la question de la référence aux circonstances historiques de sa communication, dans les derniers vers du poème, est bien exposée par HERWIG MAEHLER, Die Lieder des Bakchylides, II, Die Dithyramben und Fragmente, Leyde, E. J. Brill, 1997, pp. 167-170; voir aussi CLAUDE CALAME, « Fabrications du genre et identités politiques en comparaison: la création poétique de Thésée par Bacchylide », in Heidmann, U. (dir.), Poétiques comparées des mythes, Lausanne, Payot, 2003, pp. 1345 , développé dans CLAUDE CALAME, Pratiques poétiques de la mémoire. Représentations de l’espace-temps en Grèce ancienne, Paris, La Découverte, 2006, pp. 143-194.

17 - Quant aux circonstances d’exécution du dithyrambe et à sa forme, voir Ieranò, Giorgio, Il Ditirambo di Dioniso. Le testimonianze antiche, Pise-Rome, Istituti editoriali e poligrafici internazionali, 1997, pp. 233303.

18 - THUCYDIDE, 1, 4 et 8, 1-3; voir aussi HÉRODOTE, 3, 122, 2, qui attribue néanmoins la première thalassocratie à proprement parler au tyran Polycrate de Samos pour faire de Minos un simple précurseur. Quant à l’historicité du pouvoir colonial maritime de Minos et quant à sa relation avec la politique extérieure d’Athènes au Ve siècle, voir les références bibliographiques données par Hornblower, Simon, A commentary on Thucydides, I, Books I-III, Oxford, Clarendon Press, 1991, pp. 1823 , ainsi que Calame, Claude, Thésée et l’imaginaire athénien. Légende et culte en Grèce antique, Lausanne, Payot, [1990] 1996, pp. 420432.

19 - Le rôle d’Apollon comme archégète d’expéditions coloniales et en tant qu’architecte de nouvelles fondations est exploré par Detienne, Marcel, Apollon le couteau à la main. Une approche expérimentale du polythéisme grec, Paris, Gallimard, 1998, pp. 88133 ; pour les fonctions colonisatrices d’Apollon Carnéios, le bélier cornu, en relation avec la diffusion et la célébration des Carnéia, voir Malkin, Irad, Myth and territory in the Spartan Mediterranean, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, pp. 143158.

20 - CALLIMAQUE, Hymne à Apollon, 69-96, dont on déchiffrera les allusions mythographiques et étiologiques à l’aide du commentaire de Williams, Frederick, Callimachus. Hymn to Apollo, Oxford, Clarendon Press, 1978, pp. 6682 ; pour la question de l’éventuelle référence biographique des interventions énonciatives du narrateur et poète, voir Calame, C., Masques d’autorité…, op. cit., pp. 142147.

21 - Voir, au sujet du caractère mimétique de l’hymne de Callimaque et d’un programme poétique objet de nombreuses controverses, Calame, C., Masques d’autorité…, op. cit., pp. 154161.

22 - PINDARE, Pythique V, 72-85, avec le commentaire proposé par Gentili, Bruno et alii, Pindaro. Le Pitiche, Milan, Mondadori, 1995, pp. 531534 , ainsi que Calame, C., Mythe et histoire…, op. cit., pp. 117128.

23 - Voir, à ce propos, Krummen, Eveline, Pursos humnon. Festliche und mythisch-rituelle Tradition als Voraussetzungen einer Pindarinterpretation (Isthmie 4, Pythie 5, Olympie 1 und 3), Berlin, Walter de Gruyter, 1990, pp. 108141.

24 - Reconstruite à partir d’indications données par le poème lui-même, la situation de communication de la Ve Pythique fait l’objet du commentaire de Gentili, B. et alii, Pindaro…, op. cit., pp. 159163 et pp. 516-518.

25 - Les deux versions théréenne et cyrénéenne d’une colonisation largement orientée et dirigée par les oracles d’Apollon à Delphes sont racontées par HÉRODOTE, 4, 145- 157; Calame, C., Mythe et histoire…, op. cit., pp. 128156 , et pour la fondation de Théra, Malkin, I., Myth and territory…, op. cit., pp. 98111.

26 - Sur la question de la nature monodique ou chorale du je chez Pindare, voir notamment D’alessio, Giovan Battista, « First-person problems in Pindar », Bulletin of the Institute of classical studies, 39, 1994, pp. 117139 , ici pp. 120-124, qui fait référence aux termes d’une controverse très animée; voir aussi Calame, C., Masques d’autorité…, op. cit., pp. 21–16.

27 - La question de la date de la consécration de la stèle portant le texte du péan en relation avec la reconstruction du temple d’Apollon est exposée par MARIA VAMVOURI RUFFY, La fabrique du divin. Les Hymnes de Callimaque à la lumière des Hymnes homériques et des Hymnes épigraphiques, Liège, CIERGA, « Kernos, Suppl. 14 », pp. 187- 192.

28 - Péan XXXIX (L. Käppel); ces différentes étapes font l’objet du commentaire de Furley, William D. et Bremer, Janmaarten, Greek hymns. Selected songs from the Archaic to the Hellenistic period, II, Greek texts and commentary, Tübingen, Mohr Siebeck, 2001, pp. 5884 . Pour la structure complexe du poème, voir l’analyse exhaustive de Käppel, Lutz, Paian. Studien zur Geschichte einer Gattung, Berlin, Walter de Gruyter, 1992, pp. 222273 ; quant à la structure des différentes formes hymniques grecques, se reporter à Calame, C., Masques d’autorité…, op. cit., pp. 4749.

29 - Sur cette distinction opératoire entre « histoire/récit » et « discours », et sur les nombreuses interférences entre ces deux niveaux de tout énoncé, voir CLAUDE CALAME, « Pragmatique de la fiction: quelques procédures de deixis narrative et énonciative en comparaison (poétique grecque) », in Adam, J.-M. et Heidmann, U. (dir.), Sciences du texte et analyse de discours. Enjeux d’une interdisciplinarité, Genève, Slatkine, 2005, pp. 119143.

30 - Sur les indices d’énonciation qui insèrent l’exécution du péan de Philodamos dans les Théoxénies, et sur cette fête centrale du calendrier delphique, voir en dernier Ruffy, M. Vamvouri, La fabrique du divin…, op. cit., pp. 189196.

31 - L’usage de ces deux appels rituels, largement attestés dans différentes circonstances cultuelles, est illustré dans les remarques exhaustives de Käppel, L., Paian…, op. cit., pp. 6570 et p. 225.

32 - La reconstruction du sanctuaire de Delphes pendant la seconde moitié du IVe siècle a sans doute été l’occasion, notamment sous la pression athénienne, de réaffirmer les liens cultuels entre Apollon et Dionysos: voir Ruffy, M. Vamvouri, La fabrique du divin…, op. cit., pp. 196205 , qui montre bien les implications politiques de ce poème.

33 - Voir les hypothèses et le commentaire détaillé qu’en donnent Käppel, L., Paian…, op. cit., pp. 252270 , et Furley, W. D. et Bremer, J. M., Greek hymns…, op. cit., pp. 8283.

34 - EURIPIDE, Hippolyte, 1423-1430; voir CHARLES SEGAL, « Catharsis, audience, and closure in Greek tragedy », in Silk, M. S. (dir.), Tragedy and the tragic. Greek theatre and beyond, Oxford, Clarendon Press, 1996, pp. 149172 , qui donne d’autres exemples de tragédies d’Euripide dont l’action connaît une conclusion étiologique. Sur le déroulement des Grandes Dionysies, cf. n. 4.

35 - EURIPIDE, Ion, 1571-1994; pour les quatre tribus introduites par Solon, voir PLUTARQUE, Vie de Solon, 23, 4-5 et déjàHÉRODOTE, 5, 66, 2, ainsi qu’ARISTOTE, Constitution d’Athènes, 41, 2, qui attribue cette répartition du peuple de l’Attique en quatre tribus à Ion lui-même.

36 - La manipulation généalogique est ici évidente, voire contradictoire, puisque, dans la tradition attestée dès HÉSIODE, Éhées, fr. 9 (Merkelbach-West), Xouthos a pour père Hellen et pour frères Dôros et Aiolos, avant de devenir lui-même le père d’Ion: ce sont donc les Ioniens qui, du point de vue éponyme, ont une position subordonnée par rapport aux Éoliens et aux Doriens: voir aussi HÉRODOTE, 7, 94 et 8, 44, 2, avec l’étude de Hall, Jonathan M., Ethnic identity in Greek Antiquity, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, pp. 5156 . Sur la généalogie et le statut de Xouthos dans une perspective athénienne, voir EURIPIDE, Ion, 290-293, 673-675, 808-816 et 1058-1073.

37 - EURIPIDE, Ion, 8-36, voir aussi 260-282 et 492-506. Dans la perspective structurale adoptée par Loraux, Nicole, Les enfants d’Athéna. Idées athéniennes sur la citoyenneté et la division des sexes, Paris, La Découverte, 1981, pp. 207209 , la naissance d’Ion répéterait dans l’inversion celle de l’« autochtone primordial ». Pour les différentes versions de la naissance d’Érichthonios et de sa courotrophie par les Cécropides, voir la mise au point de ROBERT PARKER, « Myths of early Athens », in Bremmer, J. N. (dir.), Interpretations of Greek mythology, Londres-Sydney, Croom Helm, 1987, pp. 187214, ici pp. 193-203.

38 - EURIPIDE, Ion, 69-81 et 661-663, où Xouthos reprend à son compte le même jeu de mot; sur Ion comme « tragédie de l’empire », voir les références données par Loraux, N., Les enfants d’Athéna…, op. cit., pp. 213215.

39 - EURIPIDE, Ion, 1582-1588.

40 - Voir Parker, Robert, Athenian religion: A history, Oxford, Clarendon Press, 1996, pp. 142146, 313 et 325. Seul PAUSANIAS, 1, 31, 3 (cf. aussi 8, 1, 5), mentionne le mnêma consacré dans le dème de Potamoi à Ion dont le père, Xouthos, émigré à Athènes, aurait pris la tête de l’armée athénienne contre Éleusis; voir aussi STRABON, 8, 7, 1, qui reprend la généalogie proposée par Hésiode (cf. n. 35), mais qui indique qu’à la suite de la victoire d’Ion contre l’armée thrace d’Eumolpe les Athéniens confièrent leur cité à Ion. Sur Ion comme fils d’Apollon, voir PLATON, Euthydème, 302cd (un autre témoignage isolé).

41 - Lire à ce propos la synthèse présentée par Vidal-Naquet, Pierre, Le miroir brisé. Tragédie athénienne et politique, Paris, Les Belles Lettres, 2001.

42 - Pour reprendre la question soulevée par l’ouvrage de Veyne, Paul, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Paris, Le Seuil, 1983 , qui ne s’est pas montré très sensible au rôle joué par le vecteur poétique et rituel dans la foi des Grecs à l’égard de leur passé héroïque. À propos de la « culture du chant choral » qu’est la culture grecque, voir notamment les références données par BARBARA KOWALZIG, « Changing choral worlds: Song-dance and society in Athens and beyond », in Murray, P. et Wilson, P. (dir.), Music and the muses. The culture of mousike in the classical Athenian city, Oxford, Oxford University Press, 2004, pp. 3965.

43 - À propos de quelques manifestations poétiques de la mémoire grecque du passé, voir Calame, C., Pratiques poétiques de la mémoire…, op. cit., pp. 4279.

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