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Rapports sociaux et villes au XVIIIe siècle*

  • Jean-Claude Perrot

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Comment ne pas donner à ce sujet la plus vaste extension et rappeler pour commencer la place privilégiée des villes dans l'observation des rapports sociaux ? Celles-ci réunissent en effet des hommes de tous ordres et toutes classes. Là se diversifient par excellence les positions de chacun, dans la production et les relations de production, le statut juridique, dans la richesse et la culture, puis pour finir dans la notoriété. Les paysans mêmes n'échappent pas à l'étude puisque la plupart des cités englobent un certain terroir et possèdent des écarts. Ce constat pourrait donc conduire très simplement à étudier l'ensemble des problèmes relatifs à la société du XVIIIe selon le plus classique des déroulements : inventaire des groupes sociaux, étude de leurs rapports respectifs. En dépit de son ampleur, il n'est pas sûr que la démarche soit suffisante.

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Intervention de l'auteur au Colloque de l'École Normale de Saint-Cloud en 1967 sur le thème Ordres et classes.

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page note 1. Mercier, S., Tableau de Paris , 1782-1788, 12 vol. Tome 1, p. 1.

page 242 note 1. de la Mare, N., Traité de police… 1705-38, 4 vol. (Terminé par Le Cler du Brillet).

page 242 note 2. Le Maître, A., La métropolitée ou de Vétablissement des villes capitales, de leur utilité passive et active, de l'union de leurs parties et de leur anatomie, de leur commerce, etc., Amsterdam, 1682.

page 242 note 3. Restif de la Bretonne, L'Andrographe, pp. 108-109. C. N. Ledoux, De l'Architecture considérée sous le rapport de l'Art, des Moeurs et de la Législation, 1804 (Mme M. Ozouf a donné, voici peu, une analyse brillante de ce texte mal connu des historiens : « Architecture et urbanisme : l'image de la ville chez C. N. Ledoux », Annales, E.S.C., 1966). Enfin, J . C. Chappuis, né en 1749 à Sénans en Franche-Comté où devait s'illustrer Ledoux, a laissé un intéressant Plan Social(Arch. Nat. T 1161).

page 242 note 4. D. Vairasse D'Alais, Histoire des Sévarambes, peuples qui habitent une partie du troisième continent communément appelée terre Australe, 1677. Il y a des rééditions au xviiie , notamment en 1716.

page 242 note 5. H. Goyon de la Plombanie, La France agricole et marchande, 1762, T. 2, Ch. VII et sv.

page 242 note 6. G. F . Coyer, Suite des Bagatelles morales, 1769.

page 242 note 7. Évidemment on remarque une pluralité de conceptions chez les auteurs du xixe , Ch. Fourier, Cabet, V. Considérant. Le texte le plus intéressant ici fut publié dans la Phalangeen 1849 ; c'est un écrit de Fourier composé vers 1820 : Cités ouvrières. Des modifications à introduire dans l'architecture des villes.Des remarques intéressantes figurent chez A. Doré, La cité idéale au cours des âges.Thèse dactylographiée de l'Institut d'urbanisme, 1944. Quelques articles dispersés dans la revue : La Vie urbaine.

page 242 note 8. Et notamment chez J.-J. Rousseau. Voir La Nouvelle Héloïse(Éd. Pléiade, p. 273) : « C'est le premier inconvénient des grandes villes que les hommes y deviennent autres que ce qu'ils sont, et que la société leur donne, pour ainsi dire, un être différent du leur. »

page 243 note 1. J. Meyeb, La Noblesse bretonne au XVIIIe siècle, 1966 ; M. Reinhard, Élite et noblesse dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.Revue hist., mod. et cont., 1956, pp. 5-37.

page 243 note 2. Arch. départ. Calvados C 6434.

page 244 note 1. Observations sur la noblesse et le Tiers-État, 1766, p. 30.

page 244 note 2. Abbé SIÉYÈS, Essai sur les privilèges, Éd. de 1822, pp. 24-25.

page 245 note 1. E. Esmonin, Études sur la France des XVIIe et XVIIIe siècles, passim. — B. Gille, Les sources statistiques de l'histoire de France, des enquêtes du XVIIe siècle à 1870, 1964.

page 245 note 2. M. Marion, Les impôts directs sous l'Ancien Régime, principalement au XVIIIe siècle, 1910, p. 245. Les divisions sociales de Montchrétien s'inspirent, dès 1615, de principes analogues (Traicté de l'économie politique, Éd. annotée par Funck-Brentano, p. 12). L'auteur classe ensemble ceux qui « s'entretiennent en même qualité et ressemblance de vie, de moeurs et d'humeurs, d'action et de condition ».

page 245 note 3. SIÉYÈS, Essai sur les privilèges, Éd. de 1822, p. 56.

page 245 note 4. Clicquot Blervache, Observations sur la Noblesse et le Tiers-État, publiées avec le Réformateur, 1966, p. 45.

page 245 note 5. Abbé G. F. Coyer, La noblesse commerçante, 1756 et Développement et defense du système de la noblesse commerçante, 1757. Le plus connu, sinon le plus habile de ses contradicteurs était le chevalier d'Arc, La noblesse militaire, ou le Patriote français, 1756.

page 246 note 1. Turgot, Réflexions sur la formation et la distribution des richesses, Éd. de 1788, passim. Les mêmes conceptions sont couramment évoquées dans les manuscrits de l'auteur ; se reporter à la magnifique édition des Œuvres de Turgot et documents le concernant, par G. Schelle, 1913-23.

page 246 note 2. Marquis de Mirabeau, L'ami des hommes, Éd. de 1760, 7° partie : Tableau économique avec ses explications.Les principaux articles de Quesnay, tirés des Ephémérides du citoyenont été édités par Dupont de Nemours dans sa Physiocratie, ou constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux du genre humain, 1768-69. Cf. pour ses études et ses notes critiques, l'édition de PI.N.E.D. : François Quesnay et la physiocratie, 1958, 2 vol.

page 246 note 3. Turgot, Réflexions sur la formation et la distribution des richesses, Éd. de 1788, p. 81. Conjugués avec l'étude des patrimoines, ces textes permettraient d'approfondir la controverse américaine sur la bourgeoisie révolutionnaire. Cf. R. R. Paxmer, Annales hist. rév. franc., 1967, p. 369.

page 246 note 4. Turgot, idem, p. 12 et p. 58.

page 246 note 5. SIÉYÈS, Qu'est-ce que le Tiers-État ?, Éd. de 1822, pp. 59-60. L'auteur distingue les agriculteurs (producteurs de la terre), les artisans (producteurs industriels), les vendeurs de biens, les vendeurs de services, les fonctions publiques (épée, robe, église, administration).

page 247 note 1. Une partie fondamentale de l'oeuvre de M. R. Mousnier, de La vénalité des offices sous Henry IV et Louis XIII, 1945, aux Problèmes de stratification sociale. Deux cahiers de la noblesse (1649-1651), 1965 s'attache à cette importante question et rencontre évidemment la pensée de Ch. Loyseau, exposée notamment dans le second ouvrage précité, p. 25 sq.

page 247 note 2. Allons au fondamental et prenons connaissance chronologiquement des Voies nouvelles vers une histoire de la bourgeoisie occidentale aux XVIIIe et XIXe siècles, de M. E. Labrousse (Congrès de Rome, 1955, T. IV, pp. 365-96), des Structures et relations sociales à Paris au XVIIIe siècle, 1961, de Mlle Daumahd et F. Furet, des Problèmes de méthode dans Vétude des structures sociales des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, de M. R. Mousnier (dans Spiegel der Geschichte. Festgabe fur Max Braubach, Munster, 1964, pp. 550-564) et des débats du Colloque de Saint-Cloud en 1965 dans l'Histoire sociale, sources et méthodes, 1967, passim. D'autre part, il faut utiliser les réflexions des sociologues, des économistes et des juristes sur cette immense question. Mais la confrontation de nos catégories de pensées avec les leurs exige une étude isolée, impossible ici. On peut sans attendre, se délecter des grands débats qui se tinrent à la Société de Sociologie de Paris au début du XXe siècle, lire l'ancienne et toujours excellente mise au point de M. J. Lhomme, Le problème des classes, doctrines et faits, 1938 et aborder le point de vue de certains économistes d'aujourd'hui grâce à MM. J. Marchai, et J. Lecaiixon, La répartition du revenu national, 1958 ou M. J. Lhomme : « Groupes sociaux et analyse des revenus, bilan d'une controverse », Revue Économique, janvier 1958, pp. 1 à 24.

page 248 note 1. L. S. Mercier, Tableau de Paris, Tome X, p. 12 sq.

page 248 note 2. L. S. Mercier, Tableau de Paris, Tome XI, p. 24.

page 248 note 3. M. Reinhard, Paris pendant la Révolution, C.D.U., 1™ partie, p. 40.

page 249 note 1. L. S. Mercier, op. cit.Tome XI, p. 26.

page 249 note 2. L. S. Mercier, op. cit.Tomes II, p. 210 ; III, pp. 95-96 ; V, p. 266 ; IX, p. 9 ; XII, pp. 11, 61, 64, 174 sq.

page 249 note 3. Tome XII, p. 61 sq.

page 250 note 1. Le témoin est né en 1740 (et mort en 1814).

page 250 note 2. L. S. Mercier, op. cit.Tome I, p. 39.

page 250 note 3. L. S. Mercier, op. cit.Tome X, p. 110.

page 250 note 4. L. S. Mercier, op. cit.Tome XI, p. 47.

page 250 note 5. L. S. Mercier, op. cit.Tome XI, p. 94.

page 250 note 6. L. S. Mercier, op. cit.Tome XII, début.

page 250 note 7. Beaucoup d'autres indications vont dans ce sens. Cf. Ph. Sagnac, La formation de la société française moderne, T. II, La Révolution des idées et des moeurs et le déclin de l'Ancien Régime (1715-88), 1946.

page 251 note 1. M. J. Ibabroia, « la société féodale est-elle une société sans classes ? Contribution à une approche théorique du problème des classes », Revue d'Histoire économique et sociale, 1966, n°3, pp. 315-333.

page 251 note 2. M. Labrousse a maintes fois recommandé d'user d'une pluralité de classifications. M. Mousnier préconise d’ « aller chercher directement le groupe social lui-même, tel qu'il a existé » (op. cit., p. 556). Il n ‘y a là que deux directions de recherches complémentaires pour ceux qui admettent que les groupes sociaux sont à la fois ce qu'ils pensent être et ce qu'ils ignorent qu'ils sont.

page 251 note 3. Le désir de vivre dans une société qui jetterait ses déguisements obsédait déjà J.-J. Rousseau (Cf. J. Starobinski, J.-J. Rousseau, la transparence et l'obstacle, 1958). Il est d'autant plus intéressant de souligner la crainte qu'il éprouve devant le» grandes villes, cependant motrices de tout changement.

page 252 note 1. M. Jurgens et P. Couperib ont montré (Annales, E.S.C., mai-juin 1962, pp. 488-500) quel était l'enchevêtrement locatif à Paris au xviie. On en retrouve plus tard des survivances en province : cf. J. C. Perrot, « Cartes, Plans, dessins et vues de Caen antérieurs à 1789, inventaire des collections publiques », Bul. Soc. Antiq. Normandie, 1963, T. LVI, pp. 59-326. A Paris, c'est seulement à la fin du règne de Louis XIV que se constituent les locations horizontales ; la stratification sociale par étage pourrait donc être plus récente qu'on ne le pense.

page 252 note 2. S. Mercier, T. VII, p. 129.

page 252 note 3. Pour la période contemporaine, on consultera Lynch, K., The Image of the City, Cambridge Mass., 1960, 194 p.

page 253 note 1. M. P. Iiavedan donne une synthèse précieuse dans son Histoire de l'Urbanisme, T. II, passim, les études monographiques sont innombrables. On peut se reporter à la Bibliographie d'Histoire des villes de France, 1967, 752 p. et consulter P. Lelièvre, L'urbanisme et l'architecture à Nantes au XVIIIe , 1942.

page 253 note 2. S. Mercier, op. cit., T. VIII, p. 190. Le Marais du xviie siècle était un cas surtout aristocratique et géographiquement limité.

page 253 note 3. Cf. par exemple : J. Emprin : Les dames de Sainte-Claire, urbanistes de Moutiers, de 1627 à 1793, Rev. Acad. Val-d'Isère, 3, 1925-26, pp. 1-71. A Caen, les Bénédictins de Saint-Maur sont pratiquement sommés par les échevins et l'intendant de céder une infime partie de leur jardin pour l'aménagement de la place Fontette.

page 254 note 1. Cf. les Contributions à Vhistoire démographique de la Révolution française2e série, Paris, 1965 et spécialement, Y. Durand, Répartition de la noblesse dans les quartiers de Paris, p. 22 sq. Voir aussi, F. Mallet, « Le quartier des Halles de Paris. Etude d'un héritage millénaire ». Annales de Géographie, n° 413, janvier-février 1967, pp. 1-28.

page 254 note 2. Parmi des études très dispersées citons R. Quenedey, L'habitation rouennaise. Étude d'histoire, de géographie et d'archéologie urbaines, 1926, malheureusement rapide pour la période moderne ; J . Pointet, Historique des propriétés et maisons de la Croix- Rousse, Lyon, 1926-30 ; P. Denis DU PÉAge, La rue Royale à Lille sous l'Ancien Régime, ses habitants, ses maisons, Lille, 1941 ; Ch. Liagre, Cinquante maisons de Lille, leur situation, leurs propriétaires et leurs locataires à partir du XVIe , Lille, 1913, 113 p.

page 254 note 3. Lors d'une conférence prononcée à l'École normale dans le cadre du séminaire de recherches urbaines de M. A. Dupront.

page 254 note 4. S. Mercier, T. I, p. 64. Opposons à cette situation celle de l'appartement de Molière au Palais Royal où l'auteur devait passer chez plusieurs locataires pour aller de l'une à l'autre de ses quatre pièces (M. Jurgens et P. Couperie, op. cit., p.497). Il est passionnant de comparer les plans reproduits dans les bons ouvrages de J . P. Babelon, Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII, 1965 et de M. Gallet, Demeures parisiennes, l'époque de Louis XVI, 1964.

page 255 note 1. Dans les maisons récentes du XVIIIe on observe, luxe suprême, l'eau courante à l'étage (au moyen de réservoirs situés sous les combles), les bains à l'anglaise, ainsi à l'hôtel de l'intendance de Caen. Les maisons plus communes ont au moins de la lumière en abondance : le verre à vitre est le seul matériau de construction dont le prix soit resté stable de Louis XIV à la Révolution.

page 255 note 2. Cf. cependant les remarques suggestives de F. Bédarida, C Croissance urbaine et image de la ville en Angleterre au xixe siècle », Bul. Soc. Hist. mod., 1965, n° 1, p . 10.

page 255 note 3. L'exploitation des séries B des départements commence tout juste de nos jours par exemple à Caen, sous la direction de M. P. Chaunu. Cf. aussi F. Billacois, « Pour une enquête sur la criminalité de la France d'Ancien Régime », Annales (E.S.C.), mars-avril 1967, pp. 340-49.

page 255 note 4. J'ai préparé une étude systématique de ces textes dispersés en plusieurs lieux : B.N. Ye 12334 à 12397, Bibl. mun. Rouen, Np 760, Bibl. mun. Caen, Fonds normand, Bibl. Mancel, Caen, impr. 835, 1 à 9, Arch. dép., Calvados, D 489-500.

page 256 note 1. Nobles et officiers militaires : 9 ; avocats et officiers de judicature : 24 ; médecins : 12 ; universitaires : 84 ; réguliers : 28 ; étudiants : 66.

page 256 note 2. Sur l'influence de l'éducation, voir le témoignage de Sénac DE Mellhan dans son merveilleux roman, L'émigré, 1797.

page 256 note 3. Les citadins de Caen cherchent à se rassurer en même temps qu'ils s'encouragent. En 1758, pendant le débarquement anglais, les Cherbourgeois ne s'accommoderont pas trop mal de leurs voisins d'outre-Manche.

page 256 note 4. Notamment lors de l'Indépendance des États-Unis d'Amérique, événement que la Normandie ressent intensément, qui éveille en elle une puissante symphonie de sentiments et dont les accords majeurs sont le rêve exotique (voyez Chinakd), l'amour des institutions décentralisées (plus tard : le Fédéralisme normand), l'attachement au monarque qui permit l'intervention française, enfin un couple de relations attractives (les Anglais d'Amérique) — répulsives (les Anglais d'Angleterre) sur lequel la poésie scolaire est très explicite, j ‘ y reviendrai ailleurs.

page 256 note 5. Le grand livre de Mornet, D., Le sentiment de la nature en France de J.-J. Rousseau à Bernardin de Saint-Pierre. Essai sur les rapports de la littérature et des moeurs. Paris, 1907, 572 p., donne l'envers de ce «sentiment de la ville” que nous cherchons ici.

page 257 note 1. Lelièvre, P., L'urbanisme et V'architecture à Nantes au XVIIIe siècle, Nantes, 1942, 323 p. plus hors-texte, p. 205.

page 257 note 2. Cet exemple eût enchanté G. Bachelard. Après lui, nous serons en éveil devant les incantations cosmiques de notre vocabulaire urbain d'aujourd'hui : axe de circulation, pôle de croissance, villes satellites, agglomération en nébuleuse, etc.

page 257 note 3. Ce n'est pas le lieu de développer cette remarque. On notera cependant : 1° la pérennité du thème : cf. F. A. Couturier DE Vienne, Paris moderne, 1860, Ch. IX, « Une ville peut se comparer au corps humain » ; 2° L'extension des images biologiques à l'analyse de l'ensemble de la société sous une forme beaucoup plus radicale qu'aux XVIe et xviie siècles : ex. Saint-Simon, Œuvres complètes, rééd. 1966, T. V, pp. 1-313, Mémoire sur la science de l'homme ;3° Le rôle que les médecins ont tenu dans les «sciences sociales » de 1750 à 1850 de Vicq-d'Azir et Lépecq de la Clôture à Villermé et Guépin ; 4° Les métaphores venues des sciences de la vie impliquent l'idée d'une transformation lente et continue des choses humaines puisqu'aussi bien tout le monde confesse, après Leibnitz, que la nature ne fait pas de sauts. Ainsi les dialectiques du xixe postulent une véritable conversion mentale ; 5° Sur la ville conçue comme champ de bataille des classes sociales, voir un premier choix de textes de Marx dans Choay, F., L'urbanisme, utopies et réalités, Paris, 1965, p. 192 sq. 4. Les physioerates sont bien connus. Pour la théorie du luxe, consulter les oeuvres de Butel-Dumont, Saint-Lambert et Voltaire. Cf. aussi Morize, A., L'apologie du luxe au XVIIIe siècle, Paris, 1909.

page 257 note 5. Mauzi, R., L'idée du bonheur au XVIIIe siècle, Paris, 1960 ; J. Starobinski, L'invention de la liberté, 1964.

page 257 note 6. La chronologie de ce sentiment est intéressante. Posons quelques jalons. J.-J. Rousseau tolère les villes de faibles dimensions, voyez ses Lettres de deux amans, habitons d'une petite ville au pied des Alpes, en 1761. En 1776, Restif de la Bretonne tient les cités pour un malheur : Le paysan perverti ou les dangers de la ville.En 1809, Sponviixe veut dévaster les agglomérations et de leurs pierres construire des villages (Cf. La philosophie du Ruvarebohni, pays dont la découverte semble d'un grand intérêt pour l'homme, s.l.).

page 258 note 1. Chevalier, L., La formation de la population parisienne au XIXe siècle, Paris, 1950 ; Idem, Classes laborieuses et classes dangereuses à Paris pendant la première moitié du XIXe siècle, Paris, 1958.

page 258 note 2. Sous la direction de Reinhard, M., Contributions à l'histoire démographique de la révolution française, Paris, 1962 et 1965, deux séries. Voir notamment les études de J. Ibanès, J. C. Guerny, M. El Kordi et P. Clemendot.

page 258 note 3. Cf. les travaux de J . Y. Tirât sous la direction de M. Mousnier. Toujours dans le cadre du Centre de Recherches sur la civilisation de l'Europe moderne, voir J . P. Labatut, « Situation sociale du quartier du Marais » (in Bul. Soc. Et. XVIIe siècle, 1958, pp. 55-88. Les perspectives d'ensemble apparaissent chez R. Mousnier, Paria au XVIIe siècle.C.D.U., 3 fasc.

page 259 note 1. Restif de la Bretonne, Monsieur Nicolas.

page 259 note 2. Cauchois, Le, Justification de M.F.V. Salmon, Paris, 1786, 145 p.; Fournel, , Consultation pour une jeune fille condamnée à être brûlée vive, Paris, 1786, 137 p. Pour Paris, voir les travaux récents de J . Kaplow, Sur la population flottante de Paris à la fin de l'Ancien Régimeet G. Rude, La population ouvrière de Paris, de 1789 à 1791.An. hist. Rév. franc, janvier-mars 1967.

page 259 note 3. Corvisier, A., L'armée française de la fin du XVIIe au ministère de Choiseul : le soldat, Paris, 1964, 2 vol.

page 259 note 4. Vovelle, M., « De la mendicité au brigandage : les errants en Beauce sous la Révolution française », Congrès Soc. sav., Montpellier, 1961, pp. 483513.

page 259 note 5. M. A. Corvisier note la disparition du recrutement militaire sur la base seigneuriale vers le milieu du xviiie siècle, signe sensible de l'effondrement des fidélités anciennes. S. Mercier, dans un autre ordre d'idées, remarque qu'autrefois « les domestiques faisaient partie de la famille » ; maintenant « …comme on les paie bien mais qu'on les méprise, ils le sentent et sont devenus nos plus grands ennemis » (op. cit.T. I, p. 171).

page 259 note 6. Un point important à considérer est la présence ou l'absence de propriété foncière rurale, fût-elle parcellaire, chez les migrants. Lorsqu'ils n'ont pas le moindre petit héritage, toutes les amarres sont rompues avec les campagnes.

page 260 note 1. Rude, M.G.E., The Crowd in the French Révolution, Oxford, 1959.

page 260 note 2. M. M. Reinhard, Paris pendant la Révolution, C.D.U., 1™ partie.

page 260 note 3. La thèse de Soboul, M. A., Les sans-culottes parisiens en l'an II, Paris, 1958 , définit la méthode. Cf. la bibliographie des autres travaux dans Godechot, M.J., Les Révolutions, 1770-1799, Paris, 1963 et dans les bulletins du même auteur donnés à la Revue Historique.

page 260 note 4. Olivier-Martin, Fr., L'organisation corporative de la France d'Ancien Régime, Paris, 1938 . Outre la classique Histoire des classes ouvrières en Francede E. Levasseur, on peut se reporter à Flammermont, « Les grèves à la fin de l'ancien régime », Bul. du Com. des Trav. hist., 1894. — Bonnassieux, La question des grèves sous l'Ancien Régime, 1892. — G. Martin, Les associations ouvrières au XVIIIe siècle, 1900. — J. Hayem, Histoire des grèves dans les temps modernes et particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1911. — Imbert, J., Grèves ouvrières sous l'Ancien Régime, Paris, 1948.

page 260 note 5. Cf. Courtecuisse, M., La manufacture de draps fins Van Robais aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1920 . Sur Lyon, on peut consulter : Godart, J., L'ouvrier en soie, monographie du tisseur lyonnais (1466-1791), Lyon, 1899 ; P. Bonnassieux (op. cit.); L. Trénard, « la crise sociale lyonnaise à la veille de la révolution », Rev. Hist. mod. et Cont., 1955, pp. 5-45.

page 261 note 1. C. E. Labrousse, La crise de l'économie française à la fin de l'Ancien Régime et au début de la Révolution, 1944.

page 261 note 2. G. Martin, op. cit., p. 149.

page 261 note 3. P. Dupieux, Les attributions de la juridiction consulaire de Paris (1563-1792). L'arbitrage entre associés, commerçants, patrons et ouvriers au XVIIIe siècle, B. Ec. des Ch., 1934, pp. 116-146.

page 262 note 1. A. Le Bihan, Francs-Maçons parisiens du Grand Orient de France, fin du XVIIIe siècle, 1966 ; D. Roche, a Milieux académiques provinciaux et sociétés des lumières », in Livre et Société dans la France du XVIIIe siècle, 1965.

page 262 note 2. Par exemple, Arch. mun. Caen, Mss. in-fol. 131, in-4° 34 et 35. au point de départ se trouvaient parfois des initiatives remontant au xviie et la volonté de lutter contre les compagnonnages. Cf. J. A. Vachet, L'artisan chrétien ou la vie du bon Henry, maître cordonnier à Paris, 1670, 459 p.

page 262 note 3. Martin Saint-Léon, Le compagnonnage, 1901 ; E. Coobnaert, Les compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours, 1966

page 263 note 1. En règle, le maire et les premiers échevins sont des nobles. Une énorme littérature dont on prendra l'échelle dans la Bibliographie d'histoire des miles de Francede Ph. Dollinger, Ph. Wolfp et S. GUÉNÉE, 1967, narre les péripéties de ces combats où la résistance, au moins passive de l'échevinage et des corps constitués triomphait parfois sous Louis XVI d'intendants in partibus », trop longtemps retenus à la cour. Les commissaires de Louis XV étaient apparemment plus enracinés dans les généralités.

page 263 note 2. D. Ligou, « A propos de la Révolution municipale », Rév. hist. éco. et soc., 1960, pp, 146-177.

page 264 note 1. Voir la place que les nobles occupent dans la répartition de la capitation bourgeoise à Caen : J.-C. Perrot, « Introduction à l'emploi des registres fiscaux en histoire sociale », Annales de Normandie, 1966, I, pp. 33-63.

page 264 note 2. Quelques remarques pour la ville de Caen dans « Conflits administratifs et conflits sociaux au xviiie siècle », Annales de Normandie, 1963, I I , p. 131 sq.

page 264 note 3. Le problème de la réaction nobiliaire se trouve ici déplacé.

page 264 note 4. L'intendant de Caen écrit au baron de Breteuil que M. de Vendoeuvre, pourtant maire de la ville, ne l'habite plus, « il a loué son hôtel, il n'y vient que rarement… et les bâtiments qu'il élève sur sa terre semblent annoncer d'avance le projet qu'il a de s'y fixer ». (Arch. dép. Calv. C 1095, lettre du 8 juin 1787.)

page 265 note 1. Ces remarques ne font qu'étendre à l'Ancien Régime, les observations rapportées par les maîtres de l'histoire révolutionnaire.

page 265 note 2. Cf. G. Lefebvre, Études sur la Bévolulion française, 1954 ; A. Soboul, Les sans-culottes parisiens en Van II, 1958 ; G. Rude, op. cit. S.Arch. mun. Caen, notamment BB 102. Plusieurs villes ont eu leur historien des fêtes par exemple : B. Bois, Les fêtes révolutionnaires à Angers de l'an II à Van VIII, 1929 ; E. Lemaire, Les fêtes publiques à Saint-Quentin pendant la Révolution et sous le Premier Empire, 1884 ; E. Chardon, Révolution, Directoire. Dix ans de fêtes nationales et de cérémonies publiques à Rouen (1790-1799), 1911, etc.

page 265 note 3. S. Arch. mun. Caen, notamment BB 102. Plusieurs villes ont eu leur historien des fêtes par exemple : B. Bois, Les fêtes révolutionnaires à Angers de l'an II à Van VIII, 1929 ; E. LEMAIRE, Les fêtes publiques à Saint-Quentin pendant la Révolution et sous le Premier Empire, 1884 ; E. CHARDON, Révolution, Directoire. Dix ans de fêtes nationales et de cérémonies publiques à Rouen (1790-1799), 1911, etc.

page 266 note 1. La création des dépôts de mendicité s'apparente à la même attitude ; de même l'emprisonnement des fous. Cependant je contesterai un peu la chronologie de M. Foucault (Histoire de la Folie, 1961) car il me semble que le fou cesse, plus tôt que l'auteur ne le dit, d'être un coupable pour devenir un malade.

page 266 note 2. Parmi les plus intéressantes : les transferts révolutionnaires des grands hommes au Panthéon.

page 266 note 3. Liste des corps qui ont refusé de participer à la procession : boutonnière, gantiers, toiliers, maçons, charpentiers, menuisiers, tourneurs, vitriers, tonneliers, boulangers (cf. Arch. mun. Caen, BB 102 et le Recueil de journaux caennais, 1661-1772, publié par G. Vanel, 1904, p. 266 sq.

page 267 note 1. La plus constante des fêtes normandes au XVIIIe siècle est celle des feux de la Saint-Jean, commémoration onirique dont on sait l'importance dans les pays Scandinaves. Cette fête cosmique est aussi celle du cycle de la végétation, elle célèbre la vie.

* Intervention de l'auteur au Colloque de l'École Normale de Saint-Cloud en 1967 sur le thème Ordres et classes.

Rapports sociaux et villes au XVIIIe siècle*

  • Jean-Claude Perrot

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