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Le Masha'a et la Question Foncière en Palestine, 1858-1948

  • Scott Atran (a1)

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Le système du masha'a qui prévaut dans les plaines de Palestine jusque vers 1930 est un régime agraire communautaire de redistribution périodique de la terre entre les paysans. Quoique, dans la pratique, il varie beaucoup d'un village à un autre et d'une époque à une autre, les études sur la question ont généralement accepté la thèse de l'administration du Mandat britannique : le « village masha'a » est intrinsèquement fragmenté, socialement et économiquement, et de ce fait, il est inadapté à la production intensive et à la coopération nécessaires pour qu'une communauté soit viable dans le monde contemporain. Les pages qui suivent ont pour objet l'analyse de cette thèse et de ses conséquences, c'est-à-dire l'abolition du masha'a au profit des colonies sionistes : la plupart des analyses du masha'a ont lié les difficultés socioéconomiques du démembrement des terres au régime communautaire, alors que la paysannerie cherchait en réalité à maintenir le masha'a comme un mécanisme de défense contre ces difficultés mêmes.

Summary

This article examines the demise of the masha'a system in Palestine. masha'a, which prevailed in the plains of the Levant through the early twentieth century, was a communal tenure characterized by periodic distribution of agricultural plots among peasant cultivators. The usual claim that masha'a was inimical to economic planning and social management proves unwarranted. masha'a was neither “feudally“ imposed by the Ottoman Empire nor did it constitute a holdover from a nomadic regime of communal pasturage. There is an anlysis of the agricultural routines and social organizations of two villages with masha'a lands in the Plain of Esdaelon. The village with a stronger social fabric was largely able to resist outside intervention and land expropriation. Nevertheless, British Land Settlement, Zionist colonization and the political and economic disarray of Arab notables did conspire to alienate the majority of masha'a lands in the country's relatively fertile plains, thus prompting the revolt of the Arab peasantry.

Copyright

References

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Notes

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2. Walpole, C., « Land Settlement in TransJordan », Proceedings of Conférence of Middle East Agricultural Development, Le Caire, 1944.

3. Klat, P., « Musha Holdings and Land Fragmentation in Syria », Middle East Economie Papers, 1957, 4, pp. 1223.

4. Warriner, D., « Land Tenure Problems in the Fertile Crescent in the Nineteenth and Twentieth Centuries », dans Iss Awi, C.éd., The Economie History of the Middle East, 1800-1914, Chicago, 1966.

5. Baer, G., Population and Society in the Arab East, New York, 1966, p. 151. En Haute Egypte, où le masha'a est très répandu, les autorités connaissent très tôt et en détail l'emplacement précis des lots, ce qui n'est pas le cas au Levant et en Irak. Voir Poliak, A., Feudalism in Egypt, Syria, Palestine and the Lebanon, Londres, 1939, pp. 6670. En aucun cas, cette situation ne permet de conclure que le masha'a a exigé, par nature, une gestion « féodale », ou qu'il en est la conséquence.

6. Déclaration de M. DE Montety, administrateur et conseiller juridique du gouvernement tunisien, citée dans Poncet, J., La colonisation et l'agriculture européennes en Tunisie depuis 1881, Paris-La Haye, 1962, pp. 150151.

7. Report, Strickland, Report by Mr. C. E. Strickland of the Indian Civil Service on the Possibility of Introducing a System of Agricultural Coopération in Palestine, Jérusalem, 1930, p. 11. Report, French, First Report on Agricultural Development and Land Seulement in Palestine, Jérusalem, 1931. Report, Johnson-Crosbie, Report on the Economie Conditions of Agriculturalists in Palestine, Jérusalem, 1932, p. 45. Report, Peel, Palestine Royal Commission Report, Londres, 1937, p. 219.

8. Patai, R., « Musha'a Tenure and co-operation in Palestine », American Anlhropologist, 1949, 51, pp. 436445.

9. Rosenfeld, H., « Change, Barriers to change, and Contradictions in the Arab Village Family », American Anlhropologist, 70, 1968, pp. 732752.

10. Rosenfeld, H., « From Peasantry to Wage Labor and Residual Peasantry, the Transformation of an Arab Village », dans Manners, R. éd., Process and Pattern in Culture. Essays in Honour of Julian H. Steward, Chicago, 1964.

11. Marx, K., Le capital, Paris, 1960, vol. 3, t. 3, p. 171.

12. Volney, C.-F., Voyage en Syrie et en Egypte, Paris, 1787, p. 377. Cf. Cl. Cahen, « L'évolution de Viqta’ du IXe au xme siècle », Annales Esc, 1953, pp. 25-52.

13. Stein, K., The Land Question in Palestine, 1917-1939, Chapel Hill (North Carolina), 1984, pp. 1415.

14. Peel Report, op. cit., p. 233. Cf. Aumann, M., « Land Ownership in Palestine, 1880- 1948 », dans Curtis, M. éd., The Palestinians, New Brunswick, American Académie Association for Peace in the Middle East, 1975, p. 22.

15. Granott, A. [Granovsky], The Land System in Palestine, Londres, 1952, pp. 216218.

16. Hoffherr, R., L'économie marocaine Paris, 1932. Pour le Pakistan, Pehrson, R., The Social Organization of the Marri Baluch, Chicago, 1966.

17. Pour le cas libyen : Peters, E., « Aspects of Affinity in a Lebanese Maronite Village », dans Peristiany, J. éd., Mediterranean Family Structures, Cambridge, 1976, p. 70. Pour les exemples tunisiens : Valensi, L., « The Tunisian Fellaheen in the Eighteenth and Nineteenth Centuries », dans Udovrrch, A. éd., The Islamic Middle East, 700-1900, Princeton, 1981, p. 714.

18. Pour les Oulad bou Saadi : Bardin, P., « Les Jebalia de la région de Gafsa », Revue tunisienne, 30, 1939, pp. 87126. Pour les Hegazin : Jaussen, P., Coutumes des Arabes aux pays de Moab, Paris, 1948, p. 238.

19. Pour les Somra : Dumas, P., Les populations indigènes et la terre collective des tribus en Tunisie, Tunis, 1912, pp. 127132. Pour les Marri du Pakistan, Pehrson, op. cit., p. 19.

20. Dans les deux villages traités dans la deuxième partie de cet article, Zar'in et ‘Uratn el- Fahm, le système d'alternance entre deux champs était courant. Une année, la moitié des champs masha'a faisait l'objet d'une culture de pluies hivernales (shitwi) de blé et d'orge, tandis que l'autre moitié faisait seulement l'objet d'une culture de rosée estivale (selfi) de sésame et de millet indien (dhurra beida, L. Sorghum cornuum). L'année suivante, celle-ci ne faisait l'objet que d'une culture hivernale. Ainsi, toutes les terres étaient laissées en jachère ('ard bour) pendant au moins une saison chaque année.

21. H. Rosenfeld, « Social and Economie Factors in Explanation of the Increased Rate of Patrilineal Endogamy in the Arab Village in Israël », dans J. Peristiany éd., Mediterranean Family Structures, op. cit., p. 13. Antoun, R., Arab Village, Bloomington (Ind.), 1972, pp. 8788; Lutfiyya, A., Baytin : a Jordanian Village, La Haye, p. 143.

22. S. Bergheim, « Land Tenure in Palestine », Palestine Exploration Fund Quarterly Statement, 1895, pp. 191-199. Wilson, C., Peasant Life in the Holy Land, Londres, 1906. Voir Monchicourt, C., La région du Haut-Tell en Tunisie, chap. 10, Paris, 1913.

23. Pour la Palestine : P. Baldensperger, « The Immoveable East », Palestine Exploration Fund Quarterly Statement, 1906, pp. 12-23, 191-197. Pour la Syrie : Latron, A., La vie rurale en Syrie et au Liban, Damas, 1906. Pour l'Iraq : Haider, S., « Land Problems in Iraq », Ph.D. Dissertation non publiée, London University, 1942.

24. Burckhardt, J., Travel in Syria and the Holy Land, Londres, 1823, vol. 1, p. 467.

25. Steuernagel, D., « “Der “Adschlun, nach den Aufzeichnungen” von G. Schumacher. 2. Die sesshafte Bevôlkerung des ‘Adschlun », Zeitschrift desDeutschen Palàstina-Vereins, 1925, 48, pp. 201392.

26. Grant, E., The Peasantry of Palestine, New York, 1907, p. 137.

27. Voir Cohen, Abner, Arab Border-Villages in Israël, Manchester, 1965, p. 43: « Les habitants retournent (au village-souche) où ils ne peuvent pas cultiver les terres dans la plaine et se trouvent alors dans une situation dramatique ».

28. Report on the Administration of Palestine, 22 April 1925.

29. Gilbert, M., The Arab-Israeli Conflict, Londres, 1979, p. 14.

30. Oliphant, L., Haifa, or Life in Modem Palestine, Edimbourg, 1886, p. 58. Voir aussi Conder, C. et Kitchener, H., The Survey of Western Palestine, Londres, 1881-1889, vol. 2, p. 50. Schôlch, A., « Le développement économique de la Palestine : 1856-1882 », Revue d'Études palestiniennes, 10, 1984, pp. 93114.

31. Plascov, A., « The Palestinians of Jordan's Border », dans Owen, R. éd., Studies in the Economie and Social History of Palestine, Oxford, 1982, p. 204. Sur la pacification des Bédouins, voir Lewis, N., « Frontiers of Seulement in Syria, 1800-1950 », International Affairs, 31, pp. 4860.

32. Ashkenazi, T., Tribus semi-nomades de la Palestine du Nord, Paris, 1938, pp. 1620. Les ‘esbiyeh de l'époque ne doivent pas être confondus avec les ”esbiyeh qui prévalent en Basse Egypte à la même époque. Il s'agit de colonies plus ou moins permanentes d'ouvriers agricoles, situées sur une grande propriété. R. Owen, « The Development of Agricultural Production in Nineteenth- Century Egypt », dans A. Udovitch éd., op. cit., 1981, p. 423. Il semble que les khirbeh, les esbiyeh, les ghaba ou les nazla palestiniens aient plus de points communs avec les meshta ou les mashta'a nord-africains. Voir Ageron, C. R., Les Algériens musulmans et la France, 1871-1919, 2 vols, Paris, 1968.

33. Conder et Kitchener, op. cit., vol. 2, p. 254.

34. GrazowskiàEisenstadt, 18 décembre 1889, dans Druyanov, A., Annales des « Amoureux de Sion » et le Yishuv en Palestine (en hébreu, Kitavim li-toldot Hibbat-tsion ve-yishuv Eretz- Ysraël), Odessa, 1919-1932, vol. 2, pp. 6667.

34. GrazowskiàEisenstadt, 18 décembre 1889, dans Druyanov, A., Annales des « Amoureux de Sion » et le Yishuv en Palestine (en hébreu, Kitavim li-toldot Hibbat-tsion ve-yishuv Eretz- Ysraël), Odessa, 1919-1932, vol. 2, pp. 6667.

35. Hirsch à Pinsker, 4 avril 1886, dans Druyanov, op. cit., vol. 1, pp. 746-754.

36. Voir à ce sujet Dinor, B.-S., Les Annales de la Haganna (en hébreu, Sefer toldot hahaganna), Tel Aviv, 1954, vol. 1.

37. Report, Haycraft (1921), Palestine Disturbances in May, 1921 : Reports ofthe Commission of Inquiry with Correspondence in Relation Thereto, Londres, p. 55.

38. Peel Report, op. cit., p. 221.

39. Robinson, E., Later Biblical Research in Palestine and the Adjacent Régions : a Journal of Travels in the Year 1852, Londres, 1856.

40. Une étude assez inégale de Granott (op. cit., chap. 8) établit cependant l'existence d'un lien essentiel entre les modes de vie agricole des collines et des vallées. D'autre part, Amiran, D., « The Pattern of Seulement in Palestine », Israël Exploration Journal, 3, 1953, pp. 192209, examine de façon plus détaillée la disposition physique des villages-souches de la Plaine maritime et de leurs contreparties dans les collines de Samarie. Malheureusement, il surestime le nombre de villages- souches permanents et temporaires de la région, car il ne mentionne les paires de villages colline/ vallée que s'ils sont liés par leur nom (par exemple Jaiyus Khirbat Jaiyus, Kafr Sur, Ghabat Kafr Sur). Ainsi, les deux khirbeh de la ville de Tulkarm, qui figure dans l'étude de Amiran, ne sont pas mentionnés. De même, pour le village de ‘Azzun, qui a sept khirbeh, dont certains ne sont habités que de façon saisonnière, Amiran ne cite que Khirbeh ‘Azzun-Tabsur. Toujours dans le même relevé, on trouve Dannaba (directement à l'est de Tulkarm) qui possède 8 000 de ses 11 691 dunams dans les plaines. Pour cultiver ces terres des vallées éloignées du village, les paysans devaient « descendre » dans une nazla saisonnière qui n'est pas mentionnée.

41. Latron, op. cit., p. 199, et Patai, op. cit., p. 441, donnent à tort 1868 comme date de promulgation du Code foncier ottoman. En fait, l'application du Code ne commence vraiment que vers la fin de la décennie 1860, comme l'indiquent des documents en ma possession datés du 15 Dhual-Hijjah 1285 AH.

42. Voir Poncet, op. cit., pp. 49-50.

43. Pour les paysans marginaux des villages les plus exposés, situés dans les terres basses, la pratique de l'élevage compatible avec le masha'a offre la possibilité du passage à un mode de vie semi-nomade lorsque la situation est difficile. C'est d'ailleurs ce pâturage, pratiqué à plus haute altitude que les terres cultivées, qui aurait contribué à l'érosion des sols des collines. Voir à ce sujet G. Post « Essays on the Sects and Nationalities of Syria and Palestine », Palestine Exploration Fund Quarterly Statement, 1891, pp. 99-147. Il serait toutefois exagéré d'affirmer que « le fléau des moutons et des chèvres a toujours été une malédiction pour l'agriculture » (Granott, op. cit., p. 92). En effet, sans le désherbage et le fumage assurés par ces animaux, « l'utilisation à long terme des sols fertilisés par les alluvions aurait probablement décliné » ( Kolars, J., « Locational Aspects of Cultural Ecology. The Case of the Goat in non-Western Agriculture », Geographical Review, 56, 1966, pp. 577584 ).

44. Dinor, op. cit., p. 96.

45. Porath, Y., « The Political Awakening of the Palestinian Arabs and their Leadership Towards the End of the Ottoman Period », dans Ma'oz, M. éd., Studies on Palestine during the Ottoman Period, Jérusalem, 1965, p. 375.

46. Hirsch à Pinsker, 4 April 1886, dans Druyanov, op. cit., vol. 1, pp. 747-753.

47. Haycraft Report, op. cit., p. 57.

48. Baldensperger, op. cit., p. 193.

49. Post, op. cit., p. 105. Voir Ageron, op. cit., vol. 2, p. 745, pour une remarque similaire sur la situation algérienne au début du siècle.

50. Schumacher, G., « Der arabische Pflug », Zeitschrift des Deutschen Palàslina-Vereins, 1889, 12, pp. 157166. Voir aussi Lortet, La Syrie aujourd'hui. Voyages dans la Phénicie, le Liban et la Judée, 1875-1880, Paris, 1881, p. 137.

51. Weulersse, J., Paysans de Syrie et du Proche-Orient, Paris, 1946, pp. 100104.

52. Pour la Syrie, voir Weulersse, op. cit. Pour Tunis, voir Poncet, op. cit. et pour la Palestine, Granott, op. cit.

53. Baldensperger, op. cit., pp. 193-194, relate l'histoire suivante pour souligner l'importance constante du travail, considéré alors comme capital fixe, au début du siècle. Un homme arriva avec sa famille et un joug de boeufs (feddari) au village de Kbébé. Un villageois qui n'avait pas de boeufs fut obligé de laisser sa maison au nouveau venu : « Naturellement, le villageois évincé protesta, car il avait construit sa maison de ses propres mains, mais le conseil des anciens ne l'entendit pas ainsi et ne céda qu'après qu'il ait promis de devenir un simple agriculteur… sans boeufs et sans toit ».

54. Bloch, M., Les caractères originaux de l'histoire rurale française, Paris, 1964, vol. 1, p. 153.

55. Firestone, Y., « Crop-Sharing Economies in Mandatory Palestine », Middle Eastern Studies, 1975, 11, pp. 322 et 175-195.

56. Auhagen, H., Beitràge zur Kenntnis der Landesnatur und der Landwirtschaft Syriens, Berlin, 1907.

57. Vaschitz, J., Les Arabes en Palestine (en hébreu, Ha-aravim be-Erets-Yisraël), Merhavia, 1947, p. 46.

58. Firestone, op. cit. Voir à ce sujet Barth, F., Principles of Social Organization in Southern Kurdistan, Oslo, Universitetes Etnografiske Muséum, Bulletin n° 7, 1953, p. 23. Voir aussi Peters, E., « Aspects of Status and Rank amongst Muslims in a Lebanese Village », dans Pittrivers, J. éd., Mediterranean Countrymen, La Haye, 1963.

59. Muyal à Pinsker, 15 novembre 1885, dans Druyanov, op. cit., vol. 1, pp. 670-671.

60. Granott, op. cit., p. 241.

61. Le rapport de French, op. cit., p. 12, attribue au Land Seulement le fait que la majorité des terres masha'a (60 %) soit bientôt stabilisée en devenant mafruz. Cependant, le rapport de Hope Simpson (Palestine : Report on Immigration, Land Seulement and Development, Londres, 1930, p. 8) reconnaît que la stabilisation est surtout due au fait que les paysans gelaient eux-mêmesleurs terres masha'a bien avant l'arrivée prévue du Land Seulement Officer (officier du cadastre). Mais il s'agissait de prouver qu'ils cultivaient le même lot sans interruption depuis dix ans et évitaient ainsi l'aliénation.

62. Atran, S., « Construction de l'identité nationale palestinienne », dans Vers des sociétés pluriculturelles, Actes du Colloque international de l'Afa, Paris, 9, 10, 11 janvier 1986, Paris, Éditions de l'Orstom, 1987, pp. 85-93.

63. Voir Ofer, P., « The Commission on the Palestine Disturbances of August 1929 : Appointment, Terms of Référence, Procédure and Report », dans Middle Eastern Studies, 1985, 21, pp. 349361.

64. Shaw report, Palestine Commission on the Disturbances of August 1929, Londres, 1930, p. 453. Voir également Vital Statistics Tables, 1922-1945, Department of Statistics, Palestine Government, 1947, tables A4-A7. Voir aussi Bonne, A., Palàstina Land und Wirtschaft, Berlin, 1935.

65. Conder et Kitchener, op. cit., vol. 1, p. 88 ; Thomson, W., The Land and the Book, New York, 1882, vol. 2, p. 177. Voir aussi Margalit, H., « Some Aspects of the Cultural Landscape of Palestine during the First Half of the Nineteenth Century », Israël Exploration Journal, 1963, 13, pp. 208223.

66. Israël State Archives, Box 3511/file 1/ Document 4, n° 287-268. Pour plus de détails sur Zar'in, voir Firestone, op. cit., et Stein, op. cit., pp. 72-75.

67. Oliphant, op. cit. ; Conder et Kitchener, op. cit., vol. 1, p. 46.

68. C. Conder (Tent Work in Palestine, Londres, 1878, vol. 2, p . 25) fixe le feddan dans les plaines à 112-144 dunams turcs (1 dunam turc = 0,09193 hectares). Dans les années 1880, les autorités fixent le feddan étalon à 100 dunams (Schumacher, op. cit., pp. 163-164). Pendant le Mandat, le dunam turc est remplacé par un dunam métrique qui vaut 1/10 d'hectare. Parfois, le feddan double, ou « grec » ﹛feddan roumî), est l'unité de superficie reconnue. Ainsi, les terres masha'a de Zar'in mesurent 85 feddan roumi, chaque feddan roumi comprenant 250 dunams. A Zar'in, les parts de terre sont distribuées directement aux détenteurs et non pas, comme à ‘Umm el- Fahm, indirectement par l'intermédiaire des hamayil. De cette façon, chaque part est comptabilisée comme une fraction des 85 feddan roumi de la collectivité villageoise.

69. La plupart des villages ayant de forts hamayil redistribuent périodiquement les terres aux hamayil. Chaque hamula, à son tour, redistribue les parcelles entre les foyers qui la composent, par tirage au sort. A ‘Umm el-Fahm, en revanche, les redistributions périodiques ne se font qu'à l'intérieur de la hamula, et non pas d'abord entre les hamayil. Voir Auhagen, op. cit., p. 50.

70. Voir à ce sujet S. Atran, « Managing Arab Kinship and Marriage », Information sur les Sciences Sociales, 1985, 24, pp. 659-696.

71. Peel Report, op. cit., p. 219.

72. Voir à ce sujet Abner Cohen, op. cit. et I. Lustick, Arabs in the Jewish State : Israel's Control of a National Minority, Austin (Texas), 1980.

73. S. Atran, « Hamula Organization and masha'a Tenure in Palestine », Mon, 21, 1986. Entre janvier 1979 et novembre 1980, j ‘ a i rassemblé des données concernant le régime agricole à Isfiyya et à ‘Umm el-Fahm. Je remercie la rédaction de Man de m'avoir autorisé à reproduire quelques données sur le village d“Umm el-Fahm.

74. S. Atran, « Démembrement social et remembrement agraire dans un village palestinien », L'Homme, 1985, 25, pp. 111-135.

75. Voir à ce sujet Nayshif, T., « Palestinian Arab and Jewish Leadership in the Mandate Period », Journal of Palestine Studies, 1977, 6, pp. 112121.

76. K. Karpat, , « The Transformation of the Ottoman State, 1789-1908 », International Journal of Middle East Studies, 1972, 3, pp. 243281.

77. Baldensperger, op. cit., p. 193.

78. Après un déclin initial de la production céréalière et légumière (E. Sawer, « Report of Departmental of Agriculture, Forests and Fisheries », dans Palestine AnnualReport, 1925, Jérusalem, p. 29), le revenu agricole augmente régulièrement pour dépasser le niveau d'avant-guerre. Bien que le marché ne dépende que pour moins de 20 % des exploitations extensives en masha'a, cette proportion pour l'ensemble du pays dépasse 50 % dans les années 1930, dont 10 °/o pour les agrumes. Voir à ce sujet, Veicmanas, C., « Internai Trade », dans Himadeh, S. éd., Economie Organization of Palestine, Beyrouth, 1938, pp. 345346.

79. Brown, M., « Agriculture », dans Himadeh, S. éd., Economie Organization of Palestine, Beyrouth, 1938, p. 209.

80. Warriner, op. cit., pp. 74-75.

81. Une situation différente apparaît dans une importante monographie anthropologique sur la relation historique entre l'organisation sociale et le régime agraire dans un groupe de villages masha'a du Levant, dans le Hatay (autrefois en Syrie sous les Ottomans et les Français, aujourd'hui en Turquie) : B. Aswad, Property Control and Social Stratégies. Settlers on a Middle Eastern Plain, Anthropological Papers, n° 44, Muséum of Anthropology, Ann Arbor (Michigan), 1971. Elle montre que les villages restés en masha'a ont été épargnés par les méfaits socio-économiques associés à la fragmentation des terres.

82. Cohen, Aharon, Israël and the Arab World, New York, 1977, pp. 199200.

83. Voir à ce sujet, Poncet, op. cit., et Ageron, op. cit. Pour un processus semblable dans le sud des États-Unis après 1848 sur les propriétés communales ejido, dans les territoires conquis sur le Mexique, voir Buys, W. De, Enchantment and Exploitation : the Life and Times of a New Mexico Mountain Range, University of New Mexico, 1986.

Le Masha'a et la Question Foncière en Palestine, 1858-1948

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