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La prostitution florentine au XVe siècle

  • Richard C. Trexler (a1)

Extract

« … La città mercatrice, ma che dico, meretrice ! »

Aeneas Sylvius décrivant Florence

En avril 1403, le gouvernement de Florence institua un « Office de l'Honnêteté » (Onestà confiant à une juridiction permanente, pour la première fois dans l'histoire de la Cité, le soin de veiller à la moralité publique. Son objectif spécifique était de détourner les hommes de l'homosexualité, en favorisant la prostitution féminine. Il fallait pour cela bâtir ou acheter un édifice susceptible d'être utilisé comme bordel, et recruter des prostituées étrangères et des souteneurs pour y travailler ; mais il fallait aussi leur assurer des ressources et une protection qui les encourageraient à rester, et en attireraient d'autres. Le présent article étudie la démographie de ces immigrants et des tenanciers qui les hébergeaient, ainsi que des clients fréquentant les bordels; en revanche, il n'abordera pas le monde des bains publics et de la prostitution en dehors de la zone qui lui était assignée. Notre travail débute, et s'achève, en considérant la prostitution dans son contexte urbain et culturel, comme le faisaient les contemporains.

Summary

Population and life in the official brothel of fifteenth-century Florence is the subject of this article. Through the records of the Office of Decency, it first studies the provenance, housing, and longevity of the professional personnel. Then it identifies the origins and occupations of the clients. An examination of the Office of Decency's court records shows that it did in fact protect the prostitutes from their clients as well as settle internal disputes and regulate whore activities. Finally, this article places brothel prostitution within the larger context of a crisis of womanhood at the end of the fifteenth century which involved as well nuns, foundlings, servants, and old women. An office begun (1403) in a period of low population with the intention of combatting male homosexuality through sponsoring female prostitution began the new century by trying to stop prostitution's spread in a period of increasing population.

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References

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Notes

* « La cité marchande, ou plutôt : la cité putain », pape Pie II, / Commentari, éd. et trad. par G. Bernetti, I, Sienne, 1973, 15 (livre IV, chap. 7). Je voudrais remercier ici Bernice Trexler, Christiane Klapisch-Zuber, David Ransel et Vernon Burton pour leur lecture critique d'une première version de cet article.

1. Archivio di Stato, Florence (cité après ASF), Prowisioni, 92, fol. 9 r°-10 r° (20 avril). Ces textes et toutes les lois concernant cette magistrature sont commodément rassemblés dans ASF, Ufficiali dell’ Onestà, 6, ff. 3 r°-7 v° et passim. La loi fut ensuite incorporée aux Statuta populi et communis Florentiae de 1415, 3 vols, Fribourg, 1778-1783, III, pp. 41-45.

2. « Construi et deputari facere unum locum aptum ad postribulum retinendum in civitate Florentiae… Et possint dicti offitiales imponere pretia solvenda meretricibus venturis, prout eis videbitur… Et quod dicti officiales… valeant punire… quascumque personas… molestiam inferentes alicui dictarum meretricium » ; Statuta, III, pp. 42, 44. « Officiales… pro conducendo et conduci faciendo feminas et meretrices ad civitatem florentinam, servatis servandis dederunt… salvum conductum… », ASF, Miscellanea Republicana, 33, n. 6 (Actes de l'Onestà d'avril-octobre 1436 : dans la suite du texte, « 1436 »), fol. 13 v° (5 octobre).

3. Voir Larivailie, P., La vie quotidienne des courtisanes en Italie au temps de la Renaissance (Rome et Venise, XVe et XVIe siècles), Paris, 1975.

4. Pour l'utilisation de la prostitution comme une arme contre l'homosexualité, à Lucques ( 1348 seq), Venise (début du Quattrocento) et Sienne (1421), voir Compton, T.Sodomy and civic doom », Vector, II, n° 2, 1977, 57 ; Rezasco, G., « Segno délie meretrici », Giornale linguistico, XVII, 1890, p. 162 , 187 ss, qui montre également qu'à Lucques, la prostitution et le taux de natalité étaient soumis aux mêmes aléas. La plupart des travaux récents sur la prostitution ne traitent de l'homosexualité et des problèmes démographiques connexes que de manière allusive : Builough, V., The history of prostitution, New Hyde Park, N. J., 1964, p. 67 ; Brundage, J., « Prostitution in the médiéval canon law », Signs, I, 1976, p. 830. Par ailleurs, Rossiaud, J.Prostitution, jeunesse et société dans les villes du Sud-Est au xvc siècle », Annales E.S.C., n° 2, 1976, pp. 289325), a trouvé les édiles préoccupés des problèmes de population causés par le viol, non par l'homosexualité ; ibid., pp. 298, 307 ss et 324, n. 83 pour l'unique allusion possible à l'homosexualité dans cet article. La crainte du viol n'est jamais invoquée dans les sources florentines pour justifier la prostitution. En 1427, par exemple, Bernardin de Sienne déclara à ses auditeurs siennois qu'ils pouvaient sans crainte laisser vagabonder leurs filles, mais non leurs fils, qui pouvaient être enlevés par des homosexuels ; Le prediche volgari, P. Bargellini éd.. Milan, 1936, p. 908. On observe un renversement de la situation à la fin du xvc siècle : Savonarole avertit les citoyens de ne pas laisser sortir leurs servantes, car elles pourraient se prostituer; Prediche sopra Amos e Zaccaria, 3 vols, Rome, 1971-1972, III, p. 233. J'ai eu connaissance trop tard pour l'utiliser ici de l'étude de Pavan, E., « Police des moeurs, société et politique à Venise à la fin du Moyen Age », Revue historique, 264, 1980, pp. 241288.

5. Sacchetti, Franco, ll trecentonovelle, Pernicone, V. éd., Florence, 1946, 227 (nov. CI). En 1425, Bernardin de Sienne dit que Dieu avait apporté « la soupe du Déluge » parce que les hommes avaient confondu les sexes et méconnu les parentés; Le prediche volgari, Florence, 1425, C. Cannarozzi éd., vols III-IV, Florence, 1940, IV, p. 46. Il dénonça les homosexuels, et non les prostituées, comme les pires ennemis des femmes de bien ; Bernardin dans Bargelijni, pp. 410,910. Sur les problèmes sexuels, voir Trexler, R. C., Public life in Renaissance Florence, New York, 1980, p. 379 ss.

7. Le gouvernement essaya sans succès de mettre en vigueur une telle loi en 1421 ; Biblioteca Nazionale, Florence (citée après BNF), Conventi soppressi, C-4-895 (Priorista Pietrobuoni), fol. 105 r°. Bernardin continua à réclamer cette loi en 1424 ; Le prediche volgari, Florence, 1424, Cannarozzi éd., vols I-II, Pistoia, 1934, II, p. 47. Lucques édicta une loi semblable en 1454 etCittàdi Castello en 1465 ; Rezasco, « Segno », 188 ss.

6. Les hommes mariés pouvaient bien entendu pratiquer le coït anal, ou d'autres actes « contre nature » avec leurs épouses, se rendant par là coupables de « sodomie » avec elles. La sodomie au sens strict qualifiait tous les actes sexuels accomplis en dehors du vagin. Mais d'une manière générale, quand les moralistes parlaient de « sodomie », ils voulaient dire « homosexualité masculine », et se souciaient moins de sa variété hétérosexuelle. Voir Herijhy, D. et Klapisch-zuber, C., Les Toscans et leurs familles. Une étude du catasto florentin de 1427, Paris, 1978, pp. 439442.

8. Au sujet des fonds nécessaires, voir Molho, A., Florentine public finances in the early Renaissance, 1400-1433, Cambridge, Mass., 1971 ; A. Momoeu. Kirshner.” Thedowry fund and the marriage market in early Quattrocento Florence », Journal of modem History, L, 1978, pp. 430- 438. Cf. aussi, Heruhy et Klapisch, Les Toscans, p. 416 ss.

9. La loi somptuaire de 1433 déclarait par exemple que, bien que les femmes aient été « créées pour peupler cette libre cité », leur habillement coûteux dissuadait les jeunes gens de se marier, texte cité dans Brucker, G. éd., The society of Renaissance Florence, New York, 1971, p. 181.

10. Dans sa forme originale, la loi constitutive de l'Office de l'Onestà contenait de telles dispositions coercitives. Plus tard, les mesures antihomosexuelles furent prises séparément.

11. Quelques auditeurs essayaient de convaincre les prédicateurs que l'homosexualité était licite. Pour preuve, ils faisaient valoir que le Christ ne l'avait pas condamnée, mais plutôt louée ; Bernardin dans Cannarozzi, II, p. 143, et Bernardin dans Bargeuini, p. 410. Bernardin répondit que même le Diable, étant une créature naturelle, détestait l'homosexualité ; ibid., p. 902. Les prédicateurs affirmaient que les femmes s'habillaient comme des prostituées pour éloigner les hommes des autres hommes, non des femmes ; voir Public life, p. 380, et Rezasco, « Segno », p. 214, qui cite Franco Sacchetti au sujet des prostituées et des « femmes de bien » rivalisant entre elles dans leurs toilettes.

12. « Nefandi facinoris ipsique naturae contrarii, et enormis criminis putredinem abhorrentes, quale est vitium sodomiticum, et volentes in hoc pro extirpatione huiusmodi criminis in augumentum aliorum ordinamentorum possetenus providere, decernimus quod… », Statuta, III, p. 41. Sur la médiation bénéfique des prostituées, favorisant la vertu de virginité chez les « filles sages », voir Rossiaud, « Prostitution », pp. 298-301.

13. La discussion qu'il y eut au Conseil de la Cité au sujet de l'activité de ces prêtres est citée par Brucker, Society, p. 201. La loi se trouve dans ASF, Prov., 105, ff. 248 r°-249 r° (23 décembre). Ces bordels destinés aux quartiers de Santo Spirito et de Santa Croce ne furent jamais construits.

14. Les Ufficiali délia Notte furent constitués par ASF, Prov., 123, ff. 31 v°-36 v°, 12 avril, loi citée partiellement par Brucker, Society, p. 203 ss. Il n'y inclut pas le préambule de la loi, qui avertissait les nouveaux fonctionnaires que, si l'homosexualité n'était pas réprimée, une sanction divine menacerait d'extinction la Cité ; voir également Compton, « Sodomy », p. 97.

15. Le terme donne cortesi se trouve dans ASF, Catasto (cité désormais « AC »), 79, fol. 303 r°. Les contemporains distinguaient les « femine meretrici, di partito e cantoniere » ; ASF, Acquisti e doni, 292 (ci-après, Carnesecchispoglio), « Otto di guardia, bandi » (6 juillet 1504). Au sens strict, une donna di partito était une prostituée « en maison », tandis qu'une cantoniere faisait le trottoir ; La vita del beato leronimo Savonarola, édition attribuée à P. Ginori Conti, Florence, 1937, p. 92. En 1504, des prostituées qui venaient d'arriver de certaines villes touchées par la peste durent quitter Florence ; Carnesecchi Spoglio, loc. cit. Tous les souteneurs furent bannis de la Cité et de son territoire le 6 février 1520 (stilus florentinus) ou 1521 (stilus communis) ; ibid., à cette date.

16. « Le piu vecchie e schife…, le quali s'erano ragunate a Santa Caterina… Fu da molti questa pietà empia e crudele riputata » ; Varchi, B., Storia fiorentina, Florence, 1963 , livre IX, chap. 99 ; Rezasco, « Segno », p. 172, cite l'exemple de la ville de Mantoue, chassant les prostituées dont la présence avait provoqué, pensait-on, la colère divine.

17. ASF, Onestà, 6, fol. 44 v° (Archevêque Alessandre de Médicis).

18. 1436, ff. 4 v°-5 v°, 9 mai ; ASF, Onestà, 2 (Libro di Condannazioni, cité désormais « LC »).

19. On dénombrait toutes les femmes, mais parmi les hommes, seulement les souteneurs, les hôteliers et les cuisiniers des bordels. Les zones géographiques de provenance correspondent pour la plupart à des divisions politiques ou culturelles de notre époque ; ainsi les Brabançons sont inclus dans les Pays-Bas. Le tableau sous-estime les effectifs des Pays-Bas et surestime ceux de l'Allemagne actuelle, car les mots « tedesco » ou « d'Alamannia » pouvaient désigner un Brabançon ou un Flamand ; Battistini, M., La confrérie de Sainte-Barbe des Flamands à Florence, Bruxelles, 1931, p. 6 et passim. La plupart des prostituées originaires des pays slaves du Nord étaient polonaises. Celles des pays slaves du Sud venaient surtout de l'actuelle Yougoslavie. Chaque décennie débute le 13 novembre ( 1441, 1451, etc.), et s'achève le 12 novembre (1451, 1461, etc.).

20. De même, les tenanciers florentins : par exemple à Avignon où les Buzaffi tenaient un bordel (Rossiaud, « Prostitution », p. 314, n° 10) et à Lucques, où Checco de Florence opérait en 1416. Un Florentin demanda 30 florins à Checco en échange de sa femme, mais celui-ci n'en offrit que 16 florins au plus, « car elle est pauvrement vêtue et je vais devoir lui fournir une nouvelle garderobe », Brucker, Society, p. 199.

21. Les femmes espagnoles pouvaient être arrivées par Naples, qui dépendait des rois d'Aragon.

22. Je n'ai rencontré qu'une Magdalena qualifiée d'esclave (schiava)et une autre mention où il s'agit probablement d'un sobriquet (Magdalena vocata Ischiavetta) ; LC, ff. 61 r°, 64 r°.

23. Ceci pourrait s'expliquer par la présence de travailleurs allemands du textile à Florence. Voir Battistini, Confrérie…, et ci-dessous, à la n. 29. Cependant, on n'a pu identifier dans le LC aucun souteneur qui fût en même temps impliqué dans le commerce de la laine ; un règlement de 1406 interdit aux souteneurs d'être tisserand ; Doren, A., Deutsche Handwerker und Handwerkerbruderschaften im millelalterlichen Italien, Berlin, 1903, p. 131.

24. Voir ci-dessous, à la n. 131. On ne peut dire avec certitude si la padrona mentionnée dans le poème de Panormita (voir plus loin) était une entremetteuse ou une gouvernante.

25. Durant cette période, chaque groupe semestriel des Officiers de l'Onestà condamnait préventivement l'ensemble des prostituées pour non-comparution à l'appel (la mostra), la sentence étant ensuite annulée si elles comparaissaient à temps.

26. Rezasco, « Segno », p. 194 ss, où il résume les récits fameux de l'Arétin et d'autres.

27. Une femme ne pouvait pas prendre un souteneur sans une licence de l'Office, Statuta, III, p. 43. et beaucoup n'en prenaient pas (voir plus loin, n. 62). Le texte invoqué figure ci-dessus, n. 2.

28. Pour l'utilisation de ces stéréotypes, voir Panormita, infra, n. 110. Mention des Irlandais dans 1436, fol. 5 v° ; des Espagnols dans LC, fol. 92 v° (1474).

29. Le manque de preuves à cet égard est mentionné ci-dessus, n. 23. Je n'ai pu trouver aucune indication selon laquelle les prostituées des bordels (publics) pourraient être les filles de ces ouvriers, installés sur place : une comparaison des listes de membres de la confrérie allemande de Santa Barbara avec celle des prostituées dont les pères sont nommés dans LC n'a rien donné ; Battistini, Confrérie, p. 65 ss, p. 73 ss, pp. 82-85, 101-147. Pour plus de détails sur la colonie allemande, cf. Herlihy et Klapisch. Les Toscans, p. 311 ss. et Cohn, S., The laboring classes in Renaissance Florence, New York, 1980, pp. 102 , 110-113.

30. Ainsi, en 1436, 5 couples viennent d'Italie, 4 des Flandres, 3 du Brabant, mais je n'ai pu trouver dans LC plus d'un couple parlant la même langue ; 1436, ff. 4 v°-5 v°, et LC.

31. Beccadelli, A. (dit II Panormita), Hermaphroditus, Coburg, 1824 , Livre II, chap. 37. Les vers étaient dédiés à Cosme de Médicis, dont la famille était étroitement liée au quartier des bordels ; cf. infra, à la n. 47. Nous traduisons littéralement : « Si tu fais peu de cas des avis de ton maître, va, fuis, mais / gagne les murs de Florence, petit livre. / Au centre de cette ville est un lieu plein de joie, / va donc là-bas, voici comment tu pourras le trouver. / Cherche la haute demeure de Santa Reparata [le Dôme], / ou demande le temple magnifique du dieu qui porte l'agneau [San Giovanni]. / Arrivé là, prends à droite ; avançant quelque peu, / fais halte et, dans ton épuisement, demande où est le Marché Vieux. / Toute proche est la borne de ton chemin, et le joyeux bordel aussi / qu'on repère aux odeurs qu'il exhale. / Entre donc, et salue de ma part maquerelles et putains, / toutes vont t'accueillir au sein de leurs caresses. / Elena la blonde s'approchera de toi avec la douce Matilda, / elles savent, l'une comme l'autre, bien remuer de la fesse. / Giannetta viendra à toi, suivie de sa chère Catella / qui, chienne câline avec sa patronne, avec les hommes est câline maîtresse. / Ensuite arrive Clodia. ayant peint ses seins nus, / Clodia, fille recherchée pour ses caresses. / Galla, au pénis ou au con — car les deux sont pour toi — / portera sans rougir les mains. / Anna, prévenante, s'offrira à toi, avec une chanson allemande, / et, quand elle chante, Anna, son haleine sent le vin qu'elle a bu. / Pitho, sans pareille pour se tortiller, t'accueillera aussi, / et, avec elle, Ursa, délice du bordel. / Pour aller saluer Thaïs, passe dans la venelle / voisine, qui prend son nom du boeuf mené à l'abattoir. / Tout ce qu'il est. enfin, de putains dans cette ville célèbre / t'abordera, s'attroupantjoyeusesdetavenue. / Ici, tu peux dire, tu peux faire tout ce qui est obscène, /jamais tu n'essuyeras un refus qui rougirait ton front. / Ici, ce que tu peux, ce que tu brûles de faire, [tu le feras] / à satiété, tu baiseras, ô mon livre, et te feras baiser. »

32. LC. fol. 150 r° (1488).

33. lbid., fol. 2 r°, 3 r°, 5 v° (1441-1442).

34. 1435. fol. 3 r° ; Archivio Arcivescovile, Florence, Z-IV-3 (Visite de 1514), fol. 7 v° ; BNF. II.IV.505, fol. 89 r° (Catasto ecclésiastique de 1427).

35. « Quecunque meretrix que turpissimo modo et contra naturam prestiterit corpus suum », ASF, Onestà, 6, ff. 13 v°-14 v° ( 14 mars 1463/ 1464). La première mention que j'ai repérée de son utilisation se rapporte à un homme qui avait battu une femme, LC, fol. 144 r° (1483).

36. Au sujet de ce fameux Palagione, voir Carocci, G., Studi storici sut centra di Firenze, Florence, 1899, p. 64. Mention de la tour dans AC, 79, fol. 170 r°.

37. Pour le « berceau », voir AC, 79, fol. 346 r°-v°, pour la « bouche », ibid., 55, fol. 475 r° ; pour la Piazza del Frascato, ibid., 79, ff. 87 v°, 330 r°. Les prostituées de Pérouse habitaient aussi dans un Chiasso délia Malacucina ; Rezasco, « Segno », p. 175.

38. LC, fol. 118 v° (1484).

39. Carnesecchi spoglio, s. p., avec référence au vol. V, n° 87 : spoglio par Carlo Strozzi.

40. Antonin avait été choisi comme arbitre par les propriétaires concernés et par l'Onestà ; LC, fol. 25 v° (6 septembre 1452), fol. 31 r° (19 juin 1454).

41. « Una stalla atta a becchai, posta… sul Chiasso de’ Buoi » ; AC, 79, fol. 8 r° (famille Carnesecchi). Voir ASF, Notarile Antecosiminiano, G. 284 (1433-1453), fol. 186, pour la même propriété peut-être. Cette dernière m'a été signalée par Brenda Preyer.

42. LC, fol. 74 r° (1466). fol. 188 v°(1499).

43. Ibid., fol. 123 v°.

44. Ils possédaient une part de capital dans la Macciana qui leur en donnait le contrôle ; AC, 79, ff. 302 v°-303v°( 1427); 625, fol. 305 v°( 1442); 1019, lrc partie, fol. 345 r°( 1480).

45. Ibid., 79, fol. 346 r°-v°, 378 r° (1427); LC, fol. 39 v° (1457). L'architecte fameux n'appartenait pas à la famille Brunelleschi. On trouvera de plus amples détails sur l'aménagement de l'hôtel des Brunelleschi dans Brucker, Society, p. 191.

46. AC,79,ff. 170r°-174r°, 329 r°-331 r° ;52, fol. 399 v° ; 54, fol. 475 r°(tousen 1427) ; 1018. lrc partie, ff. 120 r°-12I v° et 2e partie, fol. 393 r° (1480). Une autre famille possessionnée dans le quartier des bordels était celle des Ghezzo délia Casa ; ibid., 79, fol. 72 v°.

47. LC, ff. 122 r°, 127 v° (1485-1486). Benedetto Dei identifiait ainsi, en 1410, la Piazza de’ Medici ; Romby, G. , Descrizioni e rappresentazioni délia cittù di Firenze net XVsecolo, Florence, 1976. p. 57. A titre de donation pour des services religieux, Laurent de Médicis affecta une propriété en bordure du « Chiassolino (Malacucina) par où l'on va au Frascato » ; ASF, Not. antecos., M 565 ( 1481 -1484), fol. 79 v°, et Trexler, R.. « Lorenzo de’ Medici and Savonarola, Martyrs for Florence », Renaissance Quarterly, XXXI, 1978, p. 298 ss. Après examen de AC, 826, 827, il n'est pas sûr que parmi les nombreuses propriétés de Cosme de Médicis dans cette zone se trouvaient inclus des bordels. D'autres branches de la famille étaient directement concernées : AC. 79, fol. 79, ff. 87 r°- 93 r° ; et 52, ff. 317 r°-322 v° (Bernardo d'Alamanno di Salvestro, 1427) ; 55, fol. 760 r° (Rosso di Giovanni, 1427), textes traduits par Brucker, Society, p. 190 ; AC, 625, fol. 355 v° (héritiers de Jacopo di Bartolomeo, 1442).

48. Les loyers mensuels sont mentionnés, ibid., 1019, lre partie, fol. 345 r°. Beltramone délia Tosa et Bernardo d'Alamanno avaient été membres de la Seigneurie. Le second était un officier de l'Onestà, unique cas indiscutable de propriétaire foncier dans le quartier des bordels en même temps qu'officier ; LC, fol. 24 r° (1450-1451). Il était aussi membre influent de la Confrérie des Mages ; Hatfield, R., « The Compagnia de’ Magi », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, XXXIII, 1970, pp. 132, 156 ss.

49. Les références respectives sont AC, 1019, lre partie, fol. 345 r° (1480); 79, fol. 303 r° (1427) ; 52, ff. 396 r°-399 v° (1427).

50. « E quando ci è cortte dil papa, cie instanno apigionati…, ma quando non ci è il papa, instanno spigionati, perché sono in chattivo luogho » ; ibid., 625, fol. 355 v° (héritiers de Jacopo di Bartolomeo de’ Medici, 1442).

51. Beltramone délia Tosa, ibid., 1018, Impartie, ff. 120 r°-121 v°(1480).

52. Ibid., 52, fol. 317 r° ; 79, fol. 87 v° (Bernardo de’ Medici, 1427).

53. Ibid., 52, fol. 399 r° (Beltramone délia Tosa, 1427).

54. De chacune des villes de Ferrare, Venise et Lucques viennent deux hôteliers, des autres villes un seul pour chaque cité ; 1436, ff. 4 v°-5 v° ; LC.

55. Les séjours les plus longs, en ordre descendant, sont de 17, 14, 10(3 fois), 5 (3 fois) années. L'un d'eux est Arrigo di Giovanni délie Fanciulle da Colonia, signalé par Doren, Deutsche Handwerker, p. 143.

56. « Legnaiuolo e abergattore », AC, 52, ff. 497 r°-498 v° ; 79, fol. 406 r°-v°.

57. Les prostituées étaient autorisées à avoir une « matronam, seu unam dominam cum commissione (…), et cum provisione (…) et émoluments, prout visum fuerit, et placebit dictis offitialibus…, Statuta, III, 43. Mais le terme n'est pas utilisé dans LC.

58. AC, 52, ff. 497 r°-498 v°.

59. Nombreuses mentions dans LC d'hôteliers se portent caution pour « leurs » filles. On trouvera un exemple d'un client faisant de même, plus loin à la n. 84. Les avances pour achats vestimentaires ont été mentionnées plus haut à la n. 20.

60. AC, loc. cit.

61. La signification exacte du terme n'est pas claire. On relève en particulier dans LC, fol. 97 r°, que la prostituée Solisa est appelée la patrona de Fernand d'Espagne, qui n'était certainement pas son souteneur ; voir ibid., fol. 92 v° (1474).

62. Pour la situation à cet égard dans le sud-est de la France, voir Rossiaud, « Prostitution », p. 301 ss.

63. Ci-dessous, p. 1000.

64. Mais le lieu de résidence n'est indiqué que pour 9 souteneurs. D'autre part, dans les nombreux cas où souteneur et prostituée figurent ensemble sur la liste, seul le domicile de cette dernière est indiqué : cela pourrait signifier que les souteneurs étaient censés vivre avec leurs femine.

65. La mention de la nature du délit indique habituellement si un client était impliqué. Mais comme les clients ne sont pas identifiés en tant que tels, le tableau a été élaboré en comptant tous les hommes, moins ceux qui sont connus pour être souteneurs, tenanciers, officiers (de l'Onestà) ou cuisiniers de bordels, tous les hommes qui habitaient dans le quartier de la prostitution, et tous ceux que l'on cite à comparaître pour obtenir leur licence.

66. Pierre Léopold « abolit… les femmes publiques » dans toute la Toscane, excepté à Livourne, « où l'afflux d'étrangers et de navires méritait une attention particulière » ; Relazioni sul governo délia Toscana, A. Salvestrini éd., I, Florence, 1969, p. 141.

67. « Matteus famulus domini Johannis délia Mirandola », LC, fol. 171 r°(28 septembre 1490).

68. Cinq peintres étaient mentionnés dans LC. Ils ne sont pas inclus dans le tableau parce que deux d'entre eux ne furent pas l'objet d'une sentence criminelle. Il s'agissait de : Filippo (voir plus loin, à la n. 98) ; Baccio dit Baccionino, LC, fol. 96 v° (1474) ; l'artiste bien connu Leonardo di Giovanni dit Lo Scheggia, ibid., ff. 172 v°, 185 v° (1490, 1497) ; Leonardo d'Antonio da Pisa, ibid., fol. 203 r°(1505) ; Biagio, ibid., fol. 213 v°(1516). Voir aussi un certain Mariotto di Filippo de'Lippi, ibid., fol. 186 v° (1497). Le seul juif mentionné fut Angelo Musetto da Pesaro, condamné pour avoir voulu coucher avec une prostituée (chrétienne), ibid., fol. 25 r° (1451).

69. Bernardin dans Cannarozzi, IV, p. 211.

70. Deux mentions de batteurs d'or, de teinturiers, de bouchers, de tisserands et de barbiers ; une mention de cordonnier, de fourreur, de purgeur de laine.

71. L'accusation portée contre six personnages n'était pas spécifiée, et la sentence fut plus tard annulée. Bernardo di Bartolomeo de’ Gherardi avait été plusieurs fois porte-étendard de la Justice ; lui et le dinandier Francesco di Buonaccorso de’ Corsellini étaient d'anciens accoppiatori ; le fabricant de ceintures Andréa di Lapo Guardi, et Battista di Berto da Filicaia étaient arroti dans la commission extraordinaire de 1458. Piero di Tommaso de’ Minerbetti et Antonio di Guido Giuntini faisaient aussi partie du reggimento. A leur sujet, voir Rubinstein, N., The government of Florence under the Medici (1434 to 1494), Oxford, 1966, pp. 282 , 284, 288, 290.

72. Giovanni Cambi nous raconte comment les Huit de Garde réagissaient quand on venait se plaindre devant eux de certains citoyens et de leurs prostituées : « Quand j'aurai achevé mon mandat, je veux pouvoir rentrer chez moi le soir sans me faire blesser ou assassiner », Istorie florentine, dans Delizie degli eruditi toscani, I. Da San Luigi éd., XXI, Florence, 1780, p. 254.

73. Davidsohn, R., Geschichte von Florence, IV, 3e partie, Berlin, 1927, p. 322 ss. La loi d'interdiction du transvestisme est dans les Statuta, II, p. 271.

74. «Quia in diebus carnisprivii tulerunt berrectinum maschilem » ; LC, ff. 127 r°, 128 r° (1486). Sur les usages à Rome, Rezasco, « Segno », p. 201.

75. « Quod est species sodomie », ibid., p. 182. Une référence au décret de 1506 se trouve dans LC, fol. 202 r°.

76. Ci-dessus, à la n. 35.

77. « Intentavit suponere contra naturam Solisam spagniolam », LC, fol. 94 v°.

78. « Perché sodomita contra a natura la Domenica… contra la sua voglia », ibid., fol. 218 v° : « per sodomiti », ibid., fol. 219 v°.

79. Carnesecchi spoglio, sur lequel Elaine Rosenthal a aimablement attiré mon attention. Machiavel fut secrètement dénoncé parce qu'il « fotte la Lucrezia vocata La Riccia nel culo », ibid.. Tamburazioni, 27 mai 1510. C'est aussi de Machiavel qu'il s'agirait dans LC, fol. 213 r°(26 février 1516), quand « Ipolita del Machiavello » fut condamnée par l'Office.

80. Le dommage causé habituellement était : « anum fregit ». L'idée que le coït anal était dénoncé surtout en cas de dommage corporel est renforcée par une amusante histoire du Piovano Arlotto. Un homme se plaignit auprès des Officiers de la Nuit, chargés de la répression antihomosexuelle, qu'un autre homme lui avait vendu une mule si rude à monter qu'elle lui avait « ruiné le postérieur » ; Motti e facezie del Piovano Arlotto, G. Folena éd., Milan et Naples, 1954, p. 182 ss.

81. La victime était une servante de Lorenzo Segni, peut-être le père du fameux historien ; LC, fol. 104 r° (1476).

82. « Quia dicta Sancta extulit de capite ser Antonii berretum, et fuit causa suprascripti malificii commissi per dictam Lodovicam (contra ser Antonium). Et (eam condemnavit) etiam quia… fuit induta pannibus virilibus » ; ibid., fol. 113 r°(1482). Ceci me semble signifier qu'elle fut condamnée pour port de vêtements masculins du fait qu'elle avait mis le béret.

83. L. Duchamp m'a transmis la notice concernant le ballo di cappella, et C. Klapisch celle sur la scapigliata, tirée de Corso, R., « Gli sponsali popolari », Revue des Études ethnographiques et sociologiques, I, 1908, p. 493 ss, et Patti d'amore e pegni di promessa, S. Maria C. V., 1924, pp. 67- 75.

84. 1436, f° 29 r°-v°. On notera la situation inverse dans le cas d'une prostituée avouant qu'un artisan du voisinage, père de son enfant, n'était pas son mari (vir) comme elle l'avait d'abord prétendu ; ASF, Not. antecos, M. 569, III, Piero Migliorelli (1458-1460), f° 170 v° (2 mai 1450).

85. Facezie (Modène, 1927). Voir Terroine, A., « Le roi des Ribauds de l'Hôtel du roi et les prostituées parisiennes », Revue d'Histoire du Droit français et étranger, LVI, 1978, pp. 253267 , sur les attributions des offices chargés ailleurs de la justice sur les prostituées.

86. Comme le tableau I, les comptes commencent au 13 novembre des années 1441, 1451, etc. Pour chaque sexe est enregistré le nombre de cas (et non pas d'individus ou d'événements) où une personne de ce sexe fit l'objet d'une accusation. L'inflation des années 1480 a été expliquée plus haut (cf. n. 25). Pour les années 1454, 1467, 1469, 1477, 1501, 1519, 1521, 1523, ce furent des souteneurs, mais aucune prostituée, qui furent poursuivis et pour les années 1441, 1452, 1480, 1496 des prostituées mais aucun souteneur. Aucune poursuite contre les uns ou les autres en 1468, 1508-1510, 1512-1513.

87. LC, fol. 46 r°-v°(l8 mai). L'archevêque Antonin venait de mourir. Cf. la pax entre deux trios de souteneurs « et leurs partisans » en 1454, ASF, Not. antecos, M. 569, II (1453-1458), fol. 1 r°-v° (27 mars 1454).

88. LC, fol. 31 v°(1455).

89. « Che vengha il cacasanghue a te e a Giovanni Ciecho tuo ruffiano che a arofianate le sue sirocchie » ; ibid., fol. 17 v° (1447).

90. « Eycazot'inculoateeagliufficiali », etalzandopannosdixit :” Iorincatoteegli ufficiali » ; ibid., fol. 45 v°(1459).

91. L'information était que Filippo agissait pour son propre compte et correspondait avec le pape ; Carnesecchi spoglio, Tamburazioni, 6 février 1527/1528.

92. L'Onestà avait compétence pour les délits de tout genre, sauf l'homicide qui relevait de tribunaux plus importants.

93. 1436, fol. 64(21 mai).

94. Ibid., fol. 11 v°(!6 août).

95. Les Statuts du début du xivc siècle interdisaient seulement aux prostituées de tenir un hôtel, ce qui semble indiquer que les souteneurs, eux, pouvaient le faire, et donc appartenir à la guilde ; Sartini, F. éd., Statuti deliarte degli albergatori delta città e contado di Firenze, Florence, 1935, pp. 151 , 238.

96. AAF, Bénéficiai Paganucci, VIII (1527-1528), fol. 449 r°-v° (fides d'un document du 3 avril 1467).

97. « Item, amore charitatis reliquit societati lenonum seu ruffianorum, de qua ipse testator est, florenos duos aureos, pro gaudendi, et bonum tempus facere » ; copié par Manni dans la Biblioteca Riccardiana, Florence, ms. Moreniana, II, 230, document III.

98. LC,f° 67 r°(1465). Un espace est laissé en blanc dans le texte pour la suite du nom de l'artiste. Rappelons qu'il existait une autre confrérie d'« Allemands », du nom de Santa Barbara, en l'église des Servites ; Battistini, Confrérie.

99. Ailleurs, des couvents de ce type étaient appelés « Magdalenes » ; Bullough, History, p. 115 ss. Au xvie siècle, le sermon de Carême de Marie-Madeleine était l'occasion d'exhorter les prostituées au repentir et aussi de les recenser officiellement ; ASF, Onestà, I, fol. 15 v° (vers 1568).

100. ASF, Onestà, I, ff. 14 v°, 18 r°, 26 r°, 33 v°-35 v° ; 6, ff. 36 v°-37 r°, 41 v°. Voir aussi 1. Gallioo, , Circa ad alcuni antichi e singolari document'! inediti riguardanti la prostituzione, tratti daliarchivio centrale di stato di Firenze, Milan. 1869, p. 7 ss. Sherill Cohen poursuit une recherche sur ce type d'institution florentine.

101. A partir de 1470, on observe une croissance explosive du nombre de couvents et de leur population à Florence. Vers 1500, 1 200 femmes peut-être y vivaient; et en 1552, 13 % de la population féminine de Florence (3 419 religieuses et soeurs laies) étaient des célibataires ; Trexler, R., « Le célibat à la fin du Moyen Age : les religieuses de Florence », Annales ESC, 1972, n°6, pp. 13291350.

102. En 1458, les religieuses déclaraient mourir de faim, ASF, Prov., 148, ff. 441 r°-442 r° (20 février 1457/1458). Dans une liste de la presque totalité des nonnes, en 1460, 7 sur 17 étaient de Florentia, ASF, Not. antecos. (réf. perdue). Les cas de Florentines débauchées que l'on enfermait chez les Converties sont rassemblés dans Carnesecchi spoglio, Partiti, 29 septembre 1503, 2 et 20 mars 1503/1504 i non numéroté: 24 décembre 1517.

103. Les documents semblent indiquer que les prostituées faisaient l'amour sans en avoir d'enfants. En 1441, par exemple, 34 des 100 premiers enfants recueillis au nouvel hospice des Innocents avaient pour mère des esclaves, mais je n'ai rencontré nulle part la mention d'un enfant trouvé dont la mère aurait été une prostituée ; Trexler, , « The foundlings of Florence, 1395-1455 », History ofChildhood Quarterly, I, 1973, p. 270 ss. La contraception était probablement fréquente, de même que les avortements (des filles de la campagne arrivaient à Florence pour avorter : voir Carnesecchi spoglio, Tamburazioni, 30 janvier 1511 /1512) et l'infanticide, bien que je n'aie trouvé aucune prostituée impliquée dans une affaire de ce genre ; « Infanticide in Florence : new sources and first results », History of Childhood Quarterly, I, 1973, p. 103.

104. ASF, Not. antecos., M. 569, III (1458-1460), fol. 121 v° (20 décembre 1459).

105. En 1516, la prostituée Laura de Ferrare fut condamnée pour avoir amené une petite fille à Florence, l'avoir mise chez les Converties où elle la faisait élever à ses frais, avec l'intention de la reprendre quand elle arriverait à maturité « et de lui enseigner (alors) à faire le trottoir » ; Carnesecchi spoglio, sans titre, 5 janvier 1515/1516. Dans ses Ragionamenti, l'Aretin déclare que les prostituées romaines avaient coutume d'adopter dans ce but des enfants trouvées ; / Ragionamenti, A. Toschini éd.. Milan, i960, p. 294.

106. Il est probable que l'âge de la retraite était une raison courante pour se convertir chez les prostituées comme il l'était pour quelques hommes qui entrèrent à cette époque dans les ordres.

107. Auparavant, le séjour le plus prolongé dont nous soyons sûr est de quatre années, le plus long qui soit seulement probable est de treize années, et pour la période suivant 1490, de dix ans ; LC.

108. Le séjour le plus long qui soit certain avant cette date est de 8 années, et après cette date d'un an seulement ; LC.

109. Pour la description des effets causés par une prostituée dans la campagne florentine, cf. ASF, Prov.. 119, ff. 241 v°-242 v° (22 octobre 1428).

110. Hermaphroditus, livre II, chap. 30.

111. Sur cette remise en cause, voir Rossiaud, « Prostitution », p. 311 ; Bullough, History, p. 126 ss. Une rigueur nouvelle se manifeste également dans les statuts synodaux de Florence ; Trexler, R., Synodal law in Florence and Fiesole, 1306-1518, Cité du Vatican, 1971, p. 123.

112. Il s'agit du premier commentaire tant soit peu substantiel relatif à la prostitution de toute l'historiographie florentine ; Istorie, XXI, p. 253.

113. Voir à la n. 13.

114. Il y eut une foule d'expulsions de la via délia Scala en 1475 (LC, ff. 99 r°-100 v°), mais à part cela, peu d'indications sur d'éventuels efforts de l'Onestà pour débarrasser d'autres quartiers de leurs prostituées. Nous n'en saurons plus sur cette question qu'avec la découverte d'autres Délibérations de cet Office.

115. LC, fol. 2 v° (Gomito dell’ Oro près Borgo La Noce). Dans les alentours immédiats, mentions fréquentes des Bains allemands (ibid., fol. 29 r° ss) ; de la populaire via Porciai, près du Borgo La Noce, dénommée en 1487 postribulum Porciaidbid., fol. 103 r° ss, fol. 143 r° ss) ; du Borgo Panicale (ibid., fol. 49 v°) ; de Aile Marmeruche (ibid., fol. 101 r° ss). Quant à la via Nuova (ibid., fol. 86 v° ss), il s'agissait d'une ancienne zone de malavita et, en 1329, il avait été question d'installer un bordel dans la paroisse San Lorenzo, mais à l'extérieur des murs de la ville, ASF, Libri Fabarum, 14, fol. 19 r° (27 juillet).

116. LC, fol. 56 r°ss. Dénommé en 1483 le lupanario Baldache, ibid., fol. 113 v°.

117. En 1487, le Chiasso San Jacopo (LC, fol. 143 ss), en 1500, le Canto dei Quattro Pagoni (ibid., fol. 192 r°-v°), etc. Pour la répartition des bordels du voisinage au Cinquecento, voir ASF, Onestà, 6, ff. 33 v°-34 r° (bando des résidences en 1547). Le recensement des prostituées de ces quartiers se trouve dans Galligo, Documenti inediti, pp. 13-20 ( 1569) ; Battara, P., Lapopolazione di Firenze alla meta del ‘500, Florence, 1935, pp. 1519.

118. Les écoles de danse furent condamnées par Savonarole et réglementées ensuite, au début du xvic siècle, parles Huit de Garde ; ASF, Otto di Guardia, 222, fol. 16 r°. Audébutduxvu0 siècle, elles étaient installées dans les bordels, mises aux enchères au plus offrant par le gouvernement, et taxées ; ASF, Onestà, 4. ff. 89 r°, 104 v°, 159 v° ; I, ff. 5 r°-v°, 32 r°.

119. « Poste in Firenze e nel gonfalone del Carro e nel popolo di San Piero Scheraggio o San Stefano di Firenze o nella via del Chiasso d'Oro, Baldracca, o de’ Castellani », etc. ; copiés dans Carnesecchi spoglio, Partiti, 24 juillet. La loi de 1498 se trouve dans ASF, Prov., 189, ff. 100 v°- 101 v° ( 18 novembre 1498). Les seuls documents réglementaires antérieurs que j'ai pu trouver pour le Quattrocento sont : I ) une loi de 1454, du temps de l'archevêque Antonin de Florence, interdisant aux prostituées de résider à moins de 300 mètres d'un couvent ; ASF, Prov., 145, ff. 2 v°-3 r° (10 avril), avec une note en marge se référant à une loi similaire de 1418/1419 (voir ASF, Prov., 108, fol. 219 r°) ; 2) un décret du 14 mars 1493/1494 avec restrictions relatives à la fréquentation des églises par les prostituées, aux heures où elles pouvaient quitter les bordels et obligation d'avoir la tête et les épaules couvertes quand elles sortaient ; Carnesecchi spoglio, non numéroté.

120. Ibid., Tamburazioni, 8 mars 1510-1511.

121. Le dénonciateur anonyme promettait que, si les Huit punissaient Caterina, ils seraient loués par des prédicateurs. Sur ces servantes, cf. Klapisch-zuber, C., « Célibat et service féminins dans la Florence du xve siècle », Annales de Démographie historique, Paris, 1981.

122. Sur la population des couvents à une époque plus ancienne, Trexler, « Célibat », 1337. La courbe d'accroissement démographique figure dans Herlihy et Klapisch-zuber, Les Toscans, p. 182 ss.

123. Sur la prostitution occasionnelle en France, voir Rossiaud,” Prostitution », p. 303 ss.Surla prostitution comme unique alternative à l'entrée au couvent, Trexler, « Célibat ».

124. Trexler, R., « A widow's asylum of the Renaissance. The Orbatello of Florence », dans Stearns, P. éd., Old âge in pre-industrial society, New York, 1982.

125. Trexler, « Foundlings », p. 270 ss.

126. Les chansons de carnaval florentines mentionnent souvent la destinée des filles et des femmes ; Singleton, C. éd., Canti Carnascialeschi del Rinascimento, Bari, 1936, p. 29 ss, et p. 56 ss.

127. La rage des filles enfermées est un thème bien connu. Bernardin de Sienne fait dire à une jeune religieuse : « Ils m'ont mise ici pour que je n'aie pas d'enfants, mais j'en aurai pour les contrarier » ; Bernardin dans Cannarozzi, V, p. 204 ss.

128. « E agiunto in vicinanza le meretricie, facieva, che ogni charne erachorotta, se none in atto, almancho in mente » ; Cambi, htorie, XXI, p. 253.

129. Cambi, au sujet des négociations préalables au mariage : « E facievasi chom'è merchatare drappi, e lane », ibid., p. 257. Sur les marchandages pour faire entrer des filles au couvent, Trexler, « Célibat », pp. 1339-1342. Les familles ou les corporations faisaient aussi construire des couvents destinés spécialement à leurs membres.

130. LC, ff. 114 r°, 165 r°, 166 r°-v°.

131. Ibid., fol. 115 v°. Au sujet d'une femme hospes de la Baldracca, ff. 154 v°, 155 v° ( 1488).

132. Les officiers faisaient observer qu'en transformant leurs maisons en bordels, ces femmes corrompaient « même des adolescent(e)s » ; ibid., ff. 116 r°, 119 v°, 120 r° ; voir le cas similaire de 1382 cité par Brucker, Society, p. 130. Mais dans les textes tardifs, l'insistance mise à dénoncer les entremetteuses implique pour le moins une préoccupation masculine vis-à-vis du pouvoir féminin, ou, au plus, leur présence de facto de plus en plus visible.

133. L'un de ces couvents était S. Catarina in Cafaggio ; Archivio Capitolare, Florence, parchemins nos 1028, 910, 360, 1066. Les documents d'enquête sont conservés à l'Archivio Vescovado, Fiesole.

134. Istorie, XXI, p. 253.

135. « La legge de’ fazzolettidi colore », ASF, Prov., 201, fol. 14r°-v°(ll avril) ; ff. 23 v°-24 r° (28 avril); ibid., 206, ff. I4r°-18° (16 juin 1527). Ces lois sont copiées dans ASF, Onestà, 6, ff. 22 r°-v°, 24 v°, en même temps qu'une loi de 1514, édictée contre la sodomie masculine et féminine ﹛ibid., fol. 23 r°), qui exemptait à prix d'argent de ces prescriptions et de la soumission à l'Onestà, légitimant une barrière de classe entre prostituées riches ou pauvres. L'intérêt des Converties était, cependant, que les riches courtisanes et leurs biens demeurent sous l'autorité de l'Onestà.

136. Prediche sopra Aggeo, Rome, 1965, p. 219 (au milieu d'un sermon réclamant une loi contre les homosexuels). Pour d'autres commentaires du dominicain sur la prostitution, voir Prediche sopra Amos e Zaccaria, I, p. 322 ss, p. 325 ss ; II, p. 71 ; III, p. 233.

137. Les rapports entre frères ou entre soeurs pouvaient être également responsables d'une idéologie de classe ; R. Trexler, « Charity and the défense of urban élites in the Italian Communes », dans Jaher, F. éd., The rich. the well born, and the powerful, Urbana, 1973, p. 103 ss.

La prostitution florentine au XVe siècle

  • Richard C. Trexler (a1)

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