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Histoire et idéologie : Karl Wittfogel et le concept de « Mode de production asiatique »*

  • Pierre Vidal-Naquet (a1)

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A-t-il existé et existe-t-il une forme sociale particulière à laquelle on puisse donner le nom de « société asiatique » ou de « despotisme oriental », quitte à englober dans ce singulier « Orient » le Pérou Inca ou les Chaggas d'Afrique ? Après bien d'autres, Karl Wittfogel répond par l'affirmative, mais avec une volonté systématisante et une documentation d'une ampleur jusque-là inégalée. Aboutissement d'une recherche et d'une polémique qui dure depuis plusieurs décennies, Oriental Despotism est un livre qui provoque le lecteur et ne peut pas ne pas susciter la discussion.

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Pour l'essentiel, ces pages sont extraites de l'introduction à l'édition en langue française de l'ouvrage de K. Wittfogel, Oriental Despotism à paraître aux Éditions de Minuit (N.D.L.R.).

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1. Publié en 1957 par la Yale University Press, Oriental Despotism a été plusieurs fois réimprimé et vient de paraître sous forme de « paper-back ».

2. Je les ai rappelées ici-même, n° 4, 1963, p. 712.

1. Seigneurie et Féodalité I, Paris, Aubier, 1959, pp. 217-291.

2. Trois études récentes permettent de faire le point : R. Koelbnkr, « Despot and Despotism : Vicissitudes of a political term », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes 1951, pp. 275-302 ; S. Stelling-Michaud, « Le mythe du despotisme oriental », Schweizer Beitrdge zur Allgemeinen Geschichte 1960, pp. 328-346; F. Venturi, « Despotisme Orientale », Rivista Storica Italiana 1960, pp. 117-126 repris, complété et traduit en anglais in Journal of the History of Ideas 1963, pp. 133-142.

3. Cf. à ce propos Weïl, Françoise, « Montesquieu et le Despotisme », Actes du Congrès Montesquieu, Bordeaux, 1956, pp. 191215 . Dans une étude récente, P. Gourou montre bien tout ce qui relève dans la pensée de Montesquieu de la formation de l'esprit scientifique au sens où l'entendait G. Bachelard (” Le Déterminisme physique dans l'Esprit des Lois », L'Homme sept.-déc. 1963, pp. 5-11).

1. Dans la mesure où il entendit parler effectivement de l'Asie, Montesquieu fut violemment critiqué par certains de ses contemporains, notamment par Anquetildoterron qui joua un rôle capital dans la naissance des études orientales en France ; cf. F . Venturi, loc. cit. pp. 136-138. Anquetil-Duperron accusait Montesquieu et les théoriciens du despotisme oriental de justifier ainsi la conquête de l'Orient par l'Occident. Plus généralement, l'Orient des hommes du XVIIIe siècle est à la fois juge et jugé ; aux Lettres Persanes succède VEsprit des Lois. Dans ses travaux sur la Vie d'Anquetil-Duperron (Paris, 1934) et la Renaissance Orientale (Paris, 1950), R. Schwab n'a malheureusement pas envisagé ces problèmes.

1. On trouvera les textes essentiels des fondateurs du marxisme sur la question asiatique fort heureusement rassemblés dans le recueil : Marx, K. et Engels, F., India Cina Russia, il Saggiatore, Milan, 1960 , avec une préface et des notes très précieuses de B. Maffi. Une étude en voie de publication de M. Godelier donnera à ce sujet une bibliographie complète. Voir, en attendant, Lichtheim, G., « Marx and the Asiatic Mode of Production », St. Antony papers, 14, Londres, 1963, pp. 86112 .

2. Lettre à Engels du 2 juin 1853, in Correspondance Marx-Engels d'après la trad. J. Molitor, Iii, p. 220.

3. Lettre à Marx, loc. cit. p. 224. Dans sa réponse, K. Marx souligne que la stabilité des despotismes orientaux s'explique par la superposition de l'appareil gouvernemental à l'économie villageoise (loc. cit. p. 233). Ces thèmes sont repris dans un article de K. Marx publié dans le New York Daily Tribune du 25 juin 1853, India Cina Russia pp. 56-62.

4. « Formen die der kapitalischen Produktion vohergehen », in Grundrisse der Kritik der politischen Oekonomie (Rohentwurf) lr e édition, Moscou, 1939; 2e édition, Dietz Verlag, Berlin, 1953, pp. 375-413. Il en existe une bonne traduction italienne : Forme che precedono la produzione capitalistica Edizioni Rinascita, Rome, 1956, mais pour l'instant, aucune traduction française. Ce texte a fait récemment l'objet d'une analyse détaillée d'un marxiste hongrois, M. F. Tokei, dans une conférence prononcée en juin 1962, au Centre d'Études et de Recherches Marxistes. Nous remercions vivement le Centre de nous avoir remis une copie ronéotypée de l'exposé, parfois contestable, mais très riche, de M. Tokei.

1. C'est ainsi qu'il manifestait l'espoir (Neue Rheinische Zeitung 2 mars 1850 ; Nachlass éd. F. Mehring, Iii, p. 445 ; India Cina Russia pp. 31-32) que lorsque les Européens réactionnaires se dirigeraient vers la Grande Muraille de Chine pour trouver refuge dans le dernier bastion du vieux monde, ils seraient accueillis par l'inscription : « République Chinoise : Liberté-Ëgalité-Fraternité ».

1. Édition de la Pléiade, I, pp. 1482-1484. Texte « quasi trotskyste », dit à ce sujet G. Lichtheih, op. cit. p. 108. Nous ne prétendons pas résumer par cette citation une attitude qui fut complexe et parfois hésitante. Naturellement, même si le mir doit servir de base à une société de type nouveau, ce ne peut être qu'au prix d'une transformation qui en modifie radicalement la signification sociale.

2. Cf. les remarques, sévères pour Karl Wittfogel, de M. Rubel, OEuvres de Marx, édition de la Pléiade, I, p. 1679.

1. Aussi Engels n'évoque-t-il brièvement le régime de la propriété dans les États « asiatiques » que lorsqu'il traite de la communauté patriarcale. Il ne nous paraît pas contestable que le livre d'Engels, isolé de son contexte historique et intellectuel, a beaucoup contribué à répandre l'idée d'un mode universel de développement. Je suis donc moins optimiste quant au caractère bénéfique de l'influence de ce livre, que Maxime Rodinson (” L'étude des sociétés « primitives » à la lumière de l'ouvrage d'Engels », la Pensée mars-avril 1956, pp. 7-22). Sans doute tous les systèmes ethnologiques contemporains et même postérieurs (jusque vers 1914) étaient-ils caractérisés par le même schéma unilinéaire, mais le livre d'Engels a seul acquis — tout à fait indépendamment de son auteur — un caractère de dogme qui a rendu son influence en fin de compte néfaste.

1. Il faut toutefois rappeler que c'est seulement en 1939 que sera publiée à Moscou l'étude sur les « formations précédant la production capitaliste » que nous avons mentionnée ci-dessus.

2. A cette date il ne s'agissait pas d'une condamnation de la thèse du « mode asiatique de production », mais de son application à l'histoire récente de la Chine. Cf. K. Wittfogel, China Quarterly oct.-déc. 1962, pp. 159-167.

3. C'est, semble-t-il, pour une raison identique que certains communistes égyptiens ont donné une interprétation « féodale » de l'Egypte prénassérienne. Cf. les remarques de Maxime Rodinson, Les Temps modernes avril 1963, pp. 1872-1874. Sur les causes politiques de la condamnation de 1931, cf. Laqueur, W. S., The Soviet Union and the Middle East, Londres, 1959, pp. 9192 .

1. Œuvres 82, Paris et Moscou, 1962, p. 355.

2. Op. cit. pp. 373-374.

1. Œuvres 36, Paris et Moscou, 1962, p. 619. Ce texte longtemps tenu secret n'a été publié que tout récemment.

2. Dans son exposé cité ci-dessus, F. Tokei affirme que c'est bien cette assimililation, qu'il repousse pour sa part entièrement, qui a entraîné la mise à l'index de la notion de « mode de production asiatique ».

3. Voir notamment les textes rassemblés dans De la Révolution Éditions de Minuit, 1963.

4. Texte recueilli dans Les Bolcheviks contre Staline Paris, s.d., Quatrième Internationale.

1. Compte rendu d'un livre de P. Vipper sur Ivan ‘le Terrible, Krasnaja Nov' mai-août 1922, pp. 275-276. Cet article est cité dans L'Histoire de la Révolution russe de Trotski sans référence, ce qui risque de le faire confondre avec l'article cité oi-dessous.

2. M. N. Pokrovskij : « t Est-il vrai qu'en Russie l'absolutisme ait existé en contradiction avec le développement social ? Au sujet de la préface du livre du camarade L. D. Trotski, 1905 », ibid. pp. 144-151. Rappelons ici que Pokrovskij fut jusqu'à sa mort, en 1932, le leader des historiens marxistes russes. Il fut condamné post mortem en 1934, comme dogmatiste. Sur le mouvement d'ensemble de l'historiographie russe, cf. le livre informé, mais tendancieux, publié sous la direction de Black, C. E., Rewriting Russian History, Soviet Interprétation of Russia's Past, New York, 1957 (sur Pokrovskij, voir notamment p. 41 sq.) et le fascicule qui lui a été consacré par Saeculum 1960, Heft 1-2.

1. « Sur les particularités du développement historique de la Russie », la Pravda 1” et 2 juillet 1922, reproduit dans Thotski, L., Histoire de la Révolution russe, trad. M. Parijanine, éd. du Seuil, Paris, 1962, p. 1078 sq.

2. La date de l'introduction du dogme varie suivant les domaines. Pokrovskij pouvait être librement critiqué en 1922, comme il pouvait lui-même librement critiquer Trotski. En ethnographie, l'introduction du dogme tiré des Origines de la famille date de 1928. Cf. R. Schott, « Das Geschichtsbild der sowjetischen Ethnographie J, Saeculum 1960, p. 27 sq.

3. Cité par Pierre Soblin, dans son remarquable article : « La crise du parti communiste bolchevik et les débuts du Bol'levik » (avril 1924-avril 1925), Revue d'histoire moderne et contemporaine 1962, pp. 81-110.

1. Sur cette évolution, cf. outre l'article cité ci-dessus, P. et Sorlin, I., Lénine, Trotski, Staline, Paris, Armand Colin (collection Kiosque), 1962 . J e cite ce dernier livre parce qu'il donne, à partir de l'étude de la presse, une image extrêmement vivante de la naissance du dogmatisme, mais il serait évidemment possible d'invoquer ici toute une bibliothèque. Sur l'ensemble du problème, cf. notamment Marcuse, H., Le Marxisme soviétique, trad. Cazes, B., Paris, Gallimard, 1963 .

2. Bien entendu, nous simplifions, car deux raisonnements à la fois contradictoires et complémentaires apparaissent dans l'idéologie de la période stalinienne : d'une part le régime soviétique a réussi à transformer un pays arriéré ; de l'autre, la Russie a toujours été, et dans tous les domaines, le pays le plus avancé. S. Cf. les indications de L. Yabksh, in C. E. Black, op. cit. p. 48.

4. L. Yaresh, loc. cit. p. 54 sq.

1. Cf. les renseignements très précis donnés par L. Yaresh, dans son étude historiographique, The Formation of the Gréai Russian State, op. cit. pp. 198-223. Un dogme qui devait jouer un rôle capital fut fixé par Staline, lors du Xe congrès : l'État centralisé a précédé en Russie l'abolition du féodalisme. Cf. Œuvres V, Paris, 1955, p. 24.

2. Histoire de l'antiquité sous la direction de V. Diakov et S. Kovalev, Éditions en langues étrangères, Moscou, s.d. (1962), p. 76-77. Le même manuel croit devoir invoquer l'autorité de Karl Marx, avec deux lignes de référence, pour signaler que l'époque de Périclès « marque le zénith, l'épanouissement de la Grèce » ou que « l'immense essor extérieur de la Grèce coïncide avec l'époque d'Alexandre » (p. 400 et 449). Ce manuel traduit cependant une réaction contre les théories en honneur pendant les années 30. On avait alors introduit la féodalité jusque dans le Moyen-Orient ancien et, bien entendu, dans la Chine pré-impériale et impériale.

3. Voir par exemple la discussion, d'ailleurs intéressante, entre Chtaerman, E. et Kovalev, S., in Recherches internationales à la lumière du marxisme, 2, 1957, pp. 113 178 . Aucun de ces deux auteurs ne souligne que le Bas-Empire présente bien des traits d'un « despotisme oriental ».

1. Un exemple presque caricatural : dans une étude sur la « société esclavagiste chinoise », reproduite in Recherches internationales à la lumière du marxisme 2, 1957, pp. 31-51, Kouo MO-JO explique qu'un stade esclavagiste est une nécessité absolue, que les textes étant à peu près silencieux, il faut faire parler l'archéologie… qui n'en peut mais. Dans la même revue, on notera au contraire l'étude théorique plus prudente de MM. Guenther et Schrot, pp. 7-29, qui, comparant 1’ « esclave » dans les sociétés orientales et l'esclave de la société classique, s'efforcent, non sans habileté, de réconcilier le dogme et les faits.

2. La position de Lattimore, M. Owen, telle qu'il l'exprime dans un ouvrage publié sous sa direction, Pivot of Asia, Sin-Kiang and the inner Asia frontier of China and Russia, Boston, 1950, p . 182 sq., est beaucoup plus nuancée que ne l'indique M. Wittfogel, puisqu'il oppose à des cycles de « centralisation », pendant lesquels les représentants de l'empire chinois faisaient des chefs locaux leurs vassaux et établissaient « la centrally controlled bureaucracy » — expression que ne désavouerait pas M. Wittfogel —, des cycles de « décentralisation » pendant lesquels dominent les aristocraties locales. On notera que selon M. Lattimore (op. cit. p. 159 sq.), l'irrigation est assurée au Sin-Kiang depuis la fin du x v m e siècle par des qanats. On sait que ces « mines d'eau », comparables aux foggaras sahariennes, présentent un caractère local ; leur entretien incombe au seigneur plutôt qu'à l'État. Cf. H. Goblot : « Dans l'ancien Iran, la technique de l'eau et la grande histoire », Annales 1963, pp. 499-519. Un tel mode d'irrigation ne favorise pas la formation d'une société « hydraulique ». Sur la question générale du « féodalisme », M. Lattimore a donné, depuis, son point de vue, expliquant notamment, dans une revue d'inspiration généralement marxiste, qu'il « n'avait jamais été capable de comprendre avec précision ce que les marxistes et particulièrement les marxistes russes appellent féodalisme… » (Past and Présent novembre 1957, p. 540).

1. C'est ce que lui a vivement reproché, dans un compte rendu d'ailleurs très sévère, Pulleybank, E. G., qui parle d'une « highly melodramatie view of history », Journal of the économie and social history of the Orient, 1, 1957-1958, p. 352 .

1. Nous entendons ici par marxistes les courants majoritaires du mouvement communiste mondial. Il est bien évident que les thèses staliniennes n'avaient aucune influence sur les courants qui étaient, par définition, anti-staliniens. Étudier leur position ici serait sans intérêt pour notre sujet. Un homme comme B. Souvarine, dans son Staline (Paris, Pion, 1934), donnait par exemple du stalinisme une explication fort proche de celle de Karl Wittfogel. Dans un tout autre esprit, Naville, P. rappelait les textes de Marx sur la « clef du ciel oriental » (la Chine future, Éditions de Minuit, 1952, p. 88 sq.).

2. Signalons notamment le livre d'Elisabeth Welskonf, C., Die Produktionverhâltisse im alten Orient und in der griechischrômischen Antike, Berlin 1957 , voir surtout p. 423 sq. Ce livre a le mérite de rassembler les principaux textes marxistes officiels (de Marx à Staline) sur la question et de montrer les difficultés qu'ils soulèvent, sans toutefois faire allusion aux problèmes des sociétés « asiatiques » modernes et sans donner une explication véritablement historique. D'autres études sont parues depuis dans les démocraties populaires (Hongrie et Tchécoslovaquie). En France, la Pensée doit consacrer un numéro spécial en 1964 au problème en utilisant une documentation qui reste d'un accès difficile. Nous avons pu lire en manuscrit, pendant que s'imprimaient ces pages, une étude de M. Maurice Godelier qui met l'accent, beaucoup plus que nous n'avons pu le faire, sur l'histoire conceptuelle du mode de production asiatique. En Italie, signalons, outre le recueil de textes de Marx et Engels présenté par B. Maffi et cité ci-dessus, le curieux article paru dans Rinascita hebdomadaire du parti communiste italien, du 3 octobre 1963, qui contient en même temps qu'une critique de Karl Wittfogel une étude assez objective des avatars de la thèse de Marx. L'article est signé Asiaticus pseudonyme utilisé par Karl Wittfogel, entre autres, dans la presse communiste allemande. Cet article a été complété dans le même journal le 23 novembre 1963.

3. An Introduction to the Study of Indian History Bombay, 1956. Sur la querelle « asiatique », cf. pp. 9-11 et p. 15. Sur le contrôle exercé par le gouvernement à l'époque Maurya, cf. p. 206 sq. On trouvera dans le livre de Palme Dutt, R. P., l'Inde aujourd'hui et demain, trad. Meier, P., Paris, Éditions sociales, 1957, pp. 4556 , une brève analyse de la pensée de Marx sur l'Inde.

4. Voir la présentation d'ensemble qu'en fait M. Rodinson, « L'Egypte nassérienne au miroir marxiste », les Temps modernes avril 1963, pp. 1859-1887. Sur l'influence de Karl Wittfogel, cf. p. 1873, M. Rodinson signale le rôle transmetteur du libraire « trotskysant » Luftallah Soliman, qui est aujourd'hui à Alger un des anima- teurs du « Bureau d'animation du secteur socialiste » et de l'équipe de Révolution africaine.

1. Abdel-Malek, A., Egypte, société militaire, Paris, Éditions du Seuil, 1963 . Hassan Riad a exprimé ses idées dans une série d'articles dont on trouvera la liste dans M. Rodinson, loe. cit. p. 1867, n. 15 ; ajouter : « E n Egypte, société militaire et capitaliste d'État i, Révolution 1963, I, pp. 68-74, I I , pp. 42-52. Dans le même esprit, cf. l'article anonyme publié dans Révolution 3 novembre 1963, pp. 50-65, sur les « Luttes de classes en Afrique occidentale ». On peut cependant reprocher à toutes ces études de formuler les problèmes théoriques de façon très insuffisante et notamment de ne pas distinguer les problèmes posés par le « mode de production asiatique » de ceux que pose l'accumulation capitaliste primitive.

2. Op. cit. p. 843.

3. Hassan Riad, « Les trois âges de la société égyptienne », Partisans n° 7, novembre-décembre 1962, p. 25.

4. Partisans n° 8, janvier-février, 1968, p. 47.

1. Voir par exemple Métraux, A., les Incas, Paris, Édition du Seuil, 1962 , qui reconnaît du reste, p. 22 sq., sa dette envers Marx. Il a connu les analyses sur le mode de production asiatique à travers l'oeuvre de Karl Wittfogel. J'emprunte par ailleurs à Condominas, G., Fokori'olona et collectivité rurale en Imérina, Paris, Berger-Levrault, 1960, p. 29 , cet extrait d'un discours du roi Andrianampoinimerina, fondateur de l'État malgache moderne (1787-1810) : « Je vous rappelle que le sol de ce pays m'appartient ainsi que le pouvoir, je vais donc vous distribuer des terres. Vous vivrez sur les parcelles que je vous aurai assignées, mais la lettre reste à moi… je vous établis donc à l'origine des sources, dans les terres irriguées dont je suis seul maître. » On ne saurait rêver commentaire plus explicite au texte de Marx cité ci-dessus.

2. D'après le fac-similé du document, que je dois à l'obligeance de M. Felipe Ruiz, j ‘ a i rectifié quelques légères erreurs de graphie de M. Vigneras.

1. La « primera vista » (lieu le premier aperçu) figurera sur la carte (1544) de Sébastien Cabot (sous la forme « prima tierra vista ») qui participait à ce voyage de 1497.

1. Nous tenons pour acquis que l'« Almirante Mayor » est bien l'Amiral des Indes.

2. Son nom n'est pas prononcé, mais il n'y a pas de doute qu'il s'agisse de lui.

3. Lettre aux Rois catholiques publiée, entre autres, par Tahuucci, F., Di Giovannie Sebasliano Gaboto, Venise, 1892 .

4. « Caboto, Juan en Espafia », Revista de Indias, xvi, 1943 ; et « La clave de los descubrimientos de Juan Cabot », dans Studi Colombiani Gênes, 1952, vol. n, pp. 553-561.

5. Bien que ses homonymes soient frequents

1. Cedulas de Camara, lib. 4, f. 252 r°.

2. Voir Carus-Wilson, E. M., The Overseas Trade of Bristol in the later Middle Ages, Londres, 1986, n° 128, p. 113 ; p. 281.

8. Il serait intéressant d'étudier les particularités de cette langue.

4. Eileen Power, Cf. et Postan, M. M., Studies in English Trade in the Fifteenth Century, Londres, 1988, chap. « The Overseas trade of Bristol ».

5. L'étude la plus fouillé sur l'« Inventio » est de G. R. Taylor, « A letter dated 1577 from Mercator to John Dee », dans Imago Mundi 1956, pp. 56-69. Nous la résumons ici.

1. Sans doute des Esquimaux, pense Miss Taylor, qui admet derrière ce récit un substrat historique et géographique réel.

2. Pohi, Fr. J ., La découverte de VAmérique par les Vikings, trad. fr., Paris, 1954 .

1. Au cbap. IX (tome II, p. 69, de l'édition de Rinaldo Caddeo). Cette partie des Historié est sûrement authentique, même d'après un critique aussi averti que M. A. Cio- Kanescu (Primera biografia de Cristobal Colon : Fernando Colon y Bartolomé de Las Casas Ténériffe, i960). Cf. Las Casas, Historia de las Indias 1. I, ch. 13.

2. Orthographiée Juvenzio Fortunato par la faute du traducteur italien (car, on le sait, nous n'avons plus le texte original de Fernand, écrit en espagnol). D'ailleurs la phrase n'est pas claire : la mention de VInventio est peut-être un glose de Fernand (reproduite par Las Casas).

3. On pense aujourd'hui que c'est à l'île du Cap-Breton (toute proche du littoral canadien) que Jean Cabot aurait abordé.

4. « Se présume cierto averse fallado e descubierto en otros tiempos el cabo de la dicha tierra por los de Bristol que fallaron el Brasil, como dello tiene noticia Vestra Seftoria, la quai se dezia isla de Brasil, e presumese e creese ser tierra firme la que fallaron los de Bristol. »

4. Mais pour les Italiens, le mot « brasil » (braise) s'appliquait à un bois de teinture rouge, puis il désigna une île imaginaire, où l'on pensait que ce bois abondait. Sur les cartes des xrve et xvB siècles figurent parfois deux « îles Brazil » : l'une au large de l'Irlande, l'autre au large de Brest ; la première seule représenterait la tradition gaélique. Le Brésil actuel tire son nom de la seconde acception du mot, à cause de l'abondance du « palo de brasil » que l'on y trouva. Cf. Paolo Revelli, Cristoforo Colombo e la scuola cartografica genovese Gênes, 1937, pp. 355, 359, 880, 381.

1. Un des motifs avancés dans les tentatives faites de Bristol vers «BraBil” était qu'on y trouverait de la morue en abondance, ce qui dispenserait de l'acheter en Islande.

2. Dans Annales E.S.C. 1950,1, p. 94. M. Chaunu a le tort d'ajouter : « le curieux épisode (de la découverte inconsciente de l'Amérique) n'a pas laissé de traces ; … dès le Xiie siècle les brumes du Grand Nord, que Leif Erikson avait un instant entrebâillées, se referment à nouveau. »

3. Bien que, d'après David B. Quinn, il n'y ait pas là-dessus certitude absolue. Cf. « The argument for the english discovery of America beetween 1480 and 1494 », Geographical Journal t. 127, 3, sept. 1961.

4. Ainsi John Jay se trouvait à Lisbonne en mai 1480 (E. Carus-Wilson, The Overseas trade of Bristol p. 281) juste avant son voyage d'exploration. Il aurait pu y rencontrer Colomb… Simple hypothèse que nous formulons pour suggérer les incessantes occasions qu'avaient alors les hommes de mer d'échanger non seulement des marchandises, mais des projets, des rêves. Autre fait curieux, rapporté par Ch. DE LA RonciÈre, Histoire de la Marine française II, 1900, pp. 397-399 : un corsaire breton, Coetanlem, vint s'installer à Lisbonne en 1484, avec l'équipage de cinq navires de Bristol qu'il avait capturés. Certains marins anglais ont pu parler de « Brasil »…

1. Eton, « Remarques sur le commerce de la Perse » (1779), Aech. Aff. ÉTR., Corr. polit. Russie 102, fol. 298-304.

* Pour l'essentiel, ces pages sont extraites de l'introduction à l'édition en langue française de l'ouvrage de K. Wittfogel, Oriental Despotism à paraître aux Éditions de Minuit (N.D.L.R.).

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