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  • Print publication year: 2017
  • Online publication date: May 2017

Conclusion générale par

Summary

De l'ensemble des contributions regroupées dans ces quatre volumes, trois puissantes vagues de fond se dégagent et répondent clairement à notre questionnement. Oui, le fait de se tourner vers la mer quel que soit le temps, le lieu, est le moteur le plus puissant qui soit pour impacter positivement les trajectoires historiques. C'est que la mer est l'accélérateur du développement économique et politique (1) ; le moteur de la prédominance et du rayonnement (2) ; le moteur de l'Histoire (3).

LA MER, MOTEUR DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE

Les sites archéologiques de Pinnacle Point en Afrique du sud, des îles de Haida Gwaï et de On Your Knees sur l'île du Prince de Galles, qui recèlent les plus anciens témoignages d'une économie de subsistance exploitant les mammifères marins, phoques, otaries, cétacés, ainsi que des poissons, parfois de grande taille, de coquillages comme des moules et des escargots de mer, montrent combien la mer a toujours été pour les populations littorales un important complément de ressources. Les traces isotopiques d'un homme de vingt ans daté de 10 300 ans, révèlent un régime alimentaire composé principalement de nourritures venues de la mer.

Apport alimentaire, mais aussi apport vestimentaire, et utilisation monétaire avant l'heure par le biais des coquillages, objets utilitaires et artistiques. Très tôt la mer a été par la dynamique des activités, des échanges, un élément structurant de la sociabilité économique des populations littorales que ce soit en Asie, en Europe, en Afrique, aux Amériques.

Plus que cela, la mer, par la facilité du mode de transport qu'elle offre, le flottement d'une coque sur l'eau nécessitant infiniment moins de débours énergétiques que l'acheminement par voie terrestre, a été le principal vecteur des échanges. C'est par voie de mer que l'on est allé chercher, de plus en plus, et de plus en plus loin, les compléments alimentaires et autres produits dont on avait besoin.

La civilisation mésopotamienne en offre déjà, dès le troisième millénaire avant notre ère, un parfait exemple. La Mésopotamie, littéralement terre du milieu des fleuves, riche en denrées agricoles pour être située sur le croissant fertile, manquait, par contre, cruellement de ressources naturelles.